Thomas de Treil de Pardailhan

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Thomas-François de Treil de Pardailhan (Paris,1er juillet 1754, Pardailhan, 2 août 1822) est l'aîné d'une famille languedocienne anoblie, originaire de la région de Saint-Pons-de-Thomières.

D'abord officier dans la Maison Militaire du Roi, le baron Thomas de Treil de Pardailhan occupe à la fin de l'Ancien Régime la charge de Maître d'hôtel du Roi, à la Cour de Versailles. Les écrits le montrent pourtant, dès cette époque, opposé aux privilèges de l'aristocratie et favorable aux idées nouvelles des philosophes des Lumières.

La Révolution marque une rupture avec son milieu : partisan d'une profonde réforme de la société, il est notamment élu député de Paris en 1791. Il reste toutefois attaché à une monarchie constitutionnelle et il est détenu comme suspect sous la Terreur. Ruiné par de mauvaises affaires sous le Directoire et par les pertes de revenu pendant la Révolution, il termine son existence dans son château de Pardailhan en 1822.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès son plus jeune âge Thomas de Treil de Pardailhan s'engage dans une carrière militaire : ainsi il est reçu à l'âge de dix ans gendarme de la garde du roi, puis mousquetaire, et enfin enseigne des gardes suisses de Monsieur frère du roi, avec grade de lieutenant-colonel. Après vingt ans de services, il est fait chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis.

Thomas de Treil de Pardailhan.

Les écrits de sa jeunesse le montrent très critique envers les privilèges de l'aristocratie et l'hypocrisie de la société d'Ancien Régime. En 1781, à la recherche d'un idéal de fraternité, il devient franc-maçon, membre de la loge Saint Jean d'Écosse du Contrat social à Paris ; il est également, lors de ses séjours en Languedoc, membre associé de la loge «La Liberté» de Saint-Chinian.

Après son mariage en 1782 avec Charlotte Gautier de Vinfrais, il devient seigneur de Pardailhan (Hérault) et prend le titre de « baron de Pardailhan ».

En 1785, il approche le roi Louis XVI à Versailles en occupant l'office essentiellement honorifique de « Conseiller Maître d'hôtel du roi ».

Dès les premiers événements de 1789 Thomas-François s’engage avec passion dans la vie politique ; il est délégué en mars 1789 par les représentants rassemblés des trois ordres de Saint-Pons, pour soutenir le projet d’une constitution.

Tombe du baron à Pardailhan.

En 1790, il est électeur du canton de Villejuif, en 1791, administrateur du département de Paris (conseiller général). En septembre 1791, il est élu député du département de Paris ; il se fait connaître par des propositions de loi concernant l’organisation des armées, (particulièrement une proposition portant condamnation à mort des officiers émigrés).

Il est connu pour avoir proposé à l'Assemblée législative la création d'une décoration militaire, considérée comme un précédent de la Légion d'honneur. Treil-Pardailhan est membre du Comité diplomatique, impliqué dans le déclenchement de la guerre contre les puissances européennes.

En 1794, pendant la Terreur, il est emprisonné comme modéré à la prison Saint-Lazare à Paris. Il échappe de peu à la guillotine, lorsqu'il est mis en cause dans la conspiration des prisons. Sous le Directoire, il fonde une compagnie chargée de l’approvisionnement des armées de la République. D'autres investissements hasardeux l'entrainent dans une situation financière de plus en plus difficile.

En 1800, ruiné, il se rallie au régime de Bonaparte. Poursuivi par ses créanciers, il s’exile en 1806 à Milan en Italie, d’où il apprend son expropriation du domaine de Pardailhan, par son propre frère Alexandre. Revenu en France, il s’installe définitivement au château de Pardailhan, racheté par son épouse Charlotte.

À la Restauration en 1815 il est nommé maire de la commune de Pardailhan. Il est décédé le 2 août 1822 au château de Pardailhan.

La commune de Pardailhan conserve le tombeau du député Treil-Pardailhan, récemment restauré.

Discours et opinions[modifier | modifier le code]

  • Discours de M. Treilh-Pardailhan, député de Paris, sur les récompenses militaires, du 31 mai 1792 (texte imprimé - Assemblée Nationale)
  • Question proposée par T.-F. Treil-Pardailhan, ... Le titre de membre d'une association particulière est-il compatible avec celui de législateur ? (texte imprimé - Assemblée Nationale)
  • T.-F. Treil, député de Paris, à ses collègues, le 9 juillet 1792 (texte imprimé - Assemblée Nationale)
  • Lettres de plusieurs députés [Descrots d'Estrées, Nicolas Beaupuis, Treil-Pardailhan] qui font hommage à l'Assemblée nationale de leurs décorations militaires. Imprimés par ordre de l'Assemblée nationale...

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nobiliaire universel de France ou Recueil général des généalogies historiques - Johann Lanz, Nicolas Viton de Saint-Allais, Ducas, Lespines, de Saint-Pons (1875)
  • Catalogue général et alphabétique des familles nobles de France admises dans l'ordre de Malte - de Saint-Allais (1872)
  • Dictionnaire de la Révolution et de l'Empire - Dr Robinet
  • Familles nobles et bourgeoises de Saint-Pons - Joseph Sahuc (Bulletin de la Société Archéologique de Béziers 1907)
  • Un Saint-Ponais député de Paris à l'Assemblée Législative, Th.-F. de Treil de Pardailhan - Dr Vincent Joecker (Bulletin de la Société Archéologique de Béziers 2001)
  • Dictionnaire de biographie héraultaise - Pierre Clerc (2006)
  • Dictionnaire des législateurs 1791-1792 - Edna Hindie Lemay, Mona Ozouf (2007)

Liens externes[modifier | modifier le code]