Musique algérienne

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Sur le plan musical, l'Algérie est réputée pour son riche répertoire. Plusieurs styles de musique sont inclus : classique arabo-andalou algérienne, le Chaâbi, le Raï qui est originaire de l'Oranie, la musique kabyle, la musique moderne comme le rock, le rap ou la musique diwane. Il se distingue également par la richesse linguistique de son répertoire mêlant arabe classique, arabe algérien, le français et l'amazigh (dites berbères) telle que kabyle, chaoui, touareg, etc.

Genres musicaux[modifier | modifier le code]

Musique classique algérienne dite arabo-andalouse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique arabo-andalouse.
Orchestre algérien de musique andalouse

Remarque : "Musique andalouse" et "musique arabo-andalouse" sont des appellations récentes introduites par des musicologues occidentaux tels que J. Rouanet, l'appellation "musique classique maghrébine" serait plus indiquée).

À l'origine il y avait vingt-quatre nouba, une pour chaque heure de la journée, mais malheureusement seulement seize (dont quatre inachevées) ont été préservée jusqu'à aujourd'hui en Algérie[1]. Cela fait de l'Algérie le pays où subsiste le plus grand nombre de nouba, ceci n'est pas dû au hasard, en effet, l'Algérie a accueilli des réfugiés Andalous et Morisques[2]. Selon le baron d'Erlanger, la musique classique arabo-andalouse, d'expression arabe (classique), est présente en Algérie, à travers trois importantes écoles : le Gharnati de Tlemcen qu'est lié à l'école de Grenade, la Ça'naa d'Alger qui se réclame de Cordoue et le Malouf de Constantine qui se rattache à l'école de Séville[3]. Chacune de ces écoles pratiquent cette musique avec certaines nuances. Dans les trois écoles cette pratique est représentée par la nouba, qui correspond à une composition instrumentale et vocale qui se déroule selon un ordre établi et des règles rythmiques et modales bien déterminées. Chaque nouba est construite sur un mode (Tab) précis duquel elle tire son nom.

Selon la monographie de la ville de Tlemcen établie par Jacques Soustelle, cette dernière fut la capitale de la musique arabo-andalouse de référence en Algérie. Elle a été la ville d'origine de grands artistes de ce genre musical. Deux anciennes écoles de musique arabo-andalouse existent en Algérie. Celle de Tlemcen et de Constantine. L'école d'Alger s'est vu renaitre que tardivement sous l'influence de l'école de Tlemcen. Cette ville est un berceau du hawzi, un autre genre musical qui découle de la musique andalouse dont le musicien-poète Ben Messaîb (XVIIe siècle) est un représentant.

Les différents mouvements qui composent la nouba de Tlemcen et qui vont en s'accélérant, sont les suivants :

  1. Daira : Pièce vocale de rythme libre exécutée à l’unisson strict.
  2. Mestekhber : Prélude instrumental de rythme libre, exécuté à l’unisson.
  3. Touchia : Pièce instrumentale servant d’ouverture, composée sur un rythme binaire ou quaternaire (2/4; 4/4).
  4. Mçedder : Pièce vocale et instrumentale la plus importante de la Nouba, jouée sur un rythme 4/4.
  5. Btayhi : Deuxième pièce vocale et instrumentale, construite sur le même rythme que le Mçedder (4/4 moins lent).
  6. Derj : Mouvement vocal et instrumental construit sur un rythme binaire, plus accéléré que les deux précédentes pièces.
  7. Touchiat el inçirafate : Pièce instrumentale annonçant une partie accélérée et vive, construite sur un rythme ternaire.
  8. Inçiraf : Mouvement vocal et instrumental à rythme ternaire (5/8).
  9. Khlass : Ultime pièce chantée de la Nouba, il est exécuté sur un rythme alerte et dansant (6/8).
  10. Touchiat el Kamal : c’est une pièce instrumentale construite sur un rythme binaire ou quaternaire.

Les modes fondamentaux de la musique andalouse algérienne sont au nombre de sept : moual, âraq, jarka, reml maya, zidane, sika, mezmoum. Les modes dhil, rasd dhil, maya dérivent du mode moual. Les modes h'sine et ghrib dérivent du mode âraq. Le mode rasd dérive du mode reml maya. Les modes m'jenba et reml dérivent du mode zidane. En Algérie, la musique andalouse compte en tout seize modes sans compter le mode Sahli connu à Constantine sous la dénomination de R'haoui. Ce mode est propre à la musique populaire citadine comme le Chaâbi ou le Mahjouz, mais récemment le professeur Noureddine Saaoudi a composé une nouba dans le mode sahli qu'il a dénommée: Nouba d'ziria.

Les modes fondamentaux possèdent tous un istikhbar (prélude vocal improvisé sur un rythme libre). Le mode ghrib qui dérive du mode âraq possède lui aussi un istikhbar. Sur les 24 noubas hypothétiques, on n'en connaît que douze complètes. Il s'agit : Nouba Dhil, Nouba Ghrib, Nouba Hsine, Nouba Maya, Nouba Mezmoum, Nouba M'jenba, Nouba Rasd, Nouba Rasd Dhil, Nouba Reml, Nouba Reml Maya, Nouba Sika, Nouba Zidane. À côté de ces Nouba complètes on a quelques Inçiraf et Khlass dans les modes Moual, Araq et jarka. Le mode ghribat h'sine possède une touchia.

  • Inqilab : En plus de la "nouba", nous avons aussi en Algérie, l' inqilab qui est une pièce vocale et instrumentale utilisant les mêmes textes que ceux de la nouba mais les mélodies de ces chants isolés (indépendants de la nouba)sont généralement plus légères. L'inqilab occupe une partie de choix dans la musique andalouse algérienne. Avant d'interpréter l'inqilab, on exécute un istikhbar dans un mode musical choisi suivi d'un koursi qui est une petite composition musicale de quelques mesures qui sert d'introduction à l'inqilab. Le koursi comme l'istikhbar sont construits sur le même mode de l'inqilab. pour ses compositions musicales, l'inqilab utilise les sept modes fondamentaux. Il arrive aux musiciens d'interpréter un inqilab tout au début d'une nouba, à la place de la touchia bien que l'inqilab ne faisant pas partie de la nouba. Souvent les orchestres de la musique andalouse interprètent un "istikhbar" juste après le btayhi et avant le derj.
  • Qadiriyya : Parfois à la suite d'un khlass on interprète une qadiriyya qui est une pièce vocale appartenant au répertoire populaire, réservée aux femmes, mais de par son allure et ses modes, elle se rattache à la musique andalouse.

Les grands maîtres (chioukhs) de cette musique sont Mohamed Ben Teffahi, Rédouane Bensari, Cheikh Larbi Bensari, Abderezzak Fakhardji, Mahieddine Bachetarzi, Abdelkrim Dali, Dahmane Ben Achour, Cheïkha Yamna, Cheikha Tetma, Mohamed Khaznadji, Saddek el Bedjaoui, Sid Ahmed Serri, Mohamed Sfindja, Hadj Moulay Benkrizi. Pour la nouvelle génération nous avons d'excellents interprètes comme: Mourad El Baez[4], Habib Guerroumi, élève assidu au sein de l'association El Mossilia d'alger depuis l'âge de huit ans, au chevet du grand maitre Sid Ahmed Serri; à l'origine de deux albums chantés en solo dans la pure tradition de zyriab accompagné de son oud, paru en 1994 et 1995, puis de trois autres albums en compagnie de son épouse Hassina à la derbouka et enfin deux autres album dans le cadre de la revisite du patrimoine andalous en compagnie de deux musiciens du monde classique occidental.Moderne[5],[6],[7], Beihdja Rahal est une chanteuse surnommée la diva de la musique classique[8],[9] et elle est aussi chercheuse et enseignante dans le domaine de la musique classique arabo-andalouse[10]. Saâdane Benbabaâli et Beihdja Rahal ont élaboré un livre complet sur la musique arabo-andalouse dont le titre est La plume, la voix et le plectre[11].

Gharnati[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gharnati.

Le Gharnati (en arabe nom de la ville espagnole de Granada), est la forme musicale arabo-andalouse issue de la grande école de Tlemcen. Ce genre a été préservé et s'est développé à Tlemcen, de par la position de la cité qui fut la jumelle de Grenade en Afrique, les deux villes ont partagé une histoire commune à travers les alliances entre Nasrides et Zianides. À la suite de la chute de Grenade, des milliers de familles andalouses se réfugièrent à Tlemcen. Le Gharnati est pratiqué aussi dans d'autres villes de l'ouest de l'Algérie comme: Nedroma, Oran, Sidi Bel Abbès. Parfois, il arrive qu'on retrouve plusieurs associations de Gharnati dans une même ville. Au Maroc aussi, beaucoup d'associations musicales perpétuent la tradition de l'école de Tlemcen dans les villes de Oujda et de Rabat. Ce fut un Algérien du nom de Mohamed Bensmaïn qui fonda en 1919 la première association de Gharnati Tlemcenien au Maroc. Il s'agit de l'association "el andaloussia" de Oujda. Plus tard un autre maître algérien du nom de Mohamed Benghabrit fonda à son tour une association de musique GHARNATI à Rabat. Au début XXe siècle, les Marocains ont commencé d'abord par appeler ce genre musical: Dziri (qui veut dire: Algérien) afin de le différencier de la musique arabo-andalouse du Maroc appelé " al âla ".

Orchestre d'El Widadia de Blida, ensemble de musique « haouzi »
Lili Boniche (1921-2008), chanteur algérois de musique arabo-andalouse. Son répertoire comprend des styles variés comme le chaâbi, rumbas


Ça'nâa[modifier | modifier le code]

Le ça'naa est la forme algéroise de la musique arabo-andalouse, à la suite de l'installation des réfugiés andalous et morisques, en majorité cordouans, à Alger, un genre spécifique s'est développé dans cette ville. Alger a subi l'influence de l'école de Cordoue. Les villes du centre de l'algérie comme: Blida, Bejaia, Cherchell suivent aussi la tradition de l'école andalouse d'Alger. Mostaganem est la seule ville de l'ouest Algérien où on pratique la ça'nâa Algéroise.

Malouf[modifier | modifier le code]

Mohamed Tahar Fergani, brillant interprète du malouf et altiste virtuose.

Le malouf est le répertoire de la musique andalouse de Constantine, il s'agit d'une variante de la musique arabo-andalouse. Elle est à l'origine influencée par l'école de Séville, et plus tard, par la musique ottomane. Les noubas du malouf constantinois sont les suivantes: Nouba Dhil, Nouba Maya, Nouba Mezmoum, Nouba M'jenba, Nouba Rasd dhil, Nouba Reml maya, Nouba Reml, Nouba Sika, Nouba Zidane, Nouba H'sine saba (h'sine transposé sur le mi).

Zjoul : À Constantine il existe un autre genre musical majeur, aussi ancien que la nouba, connu sous la dénomination de Zjoul (ce sont des azjels propre à l'école de Constantine et non interprétés dans la nouba). Les thèmes des Zjoul ont trait à la nature. On interprète les zjoul sur une musique monocorde qui se termine par une envolée élégante. Ce genre musical utilise les modes musicaux connus dans l'école andalouse de Constantine mais avec des rythmes qui lui sont propres. Le chant des Zjoul s'accompagne souvent par les frappes des mains.

La présence ottomane en Algérie commence dès 1515 et va durer environ 300 ans. Mais elle se limitera à quelques régions, son influence sur la musique se fera sur le malouf en ce qui concerne le bachraf (ouverture instrumentale qui tient la place de la touchia dans le malouf). Mais les Constantinois savent faire la différence entre un bashraf de l'école de Constantine basé sur les modes andalous et un bashraf turc comme le "mahor" par exemple.

Il existe dans d'autres villes de l'est algérien des associations musicales qui pratiquent le malouf comme à Annaba, Collo, Biskra, Guelma qui suivent la tradition de l'école de Constantine (Algérie). Parmi les maîtres du malouf peuvent être inclus : Abdelkrim Bestandji, Omar Chenoufi dit Chaqleb Esseghir, Abderrahmane Karabaghli, Mohamed El Kourd, Mohamed Tahar Fergani, Cheikh Raymond, Abdelmoumene Bentobal, Ahcène El Annabi, Simone Tamar, Mustapha Remli. Les grands maîtres des Zjoul ont pour noms: Maâmmar Berrachi et Cheïkh Hassouna.

Musique populaire citadine[modifier | modifier le code]

Exprimée en arabe dialectal, elle dérive de la musique arabo-andalouse et comprend en son sein quatre formes:

  • Le Hawzi qui dérive du Gharnati.
  • L' âroubi et récemment le Chaâbi (XXe siècle) qui dérivent de la 'Ça'nâa.
  • Le Mahjouz qui dérive du Malouf.

Haouzi[modifier | modifier le code]

Fadhéla Dziria, (1917-1970), l'une des figures les plus marquantes de la chanson citadine dite « Haouzi »

Le haouzi est un genre poétique qui est né dans les faubourgs de Tlemcen et s'est répandu au sein des populations citadines. En l'absence de documents situant précisément son émergence, on peut affirmer que Khaled El Mendassi a été le premier poète populaire au cours du XVIe siècle à l'avoir consacré.

Le haouzi est au gharnati ce que le zadjal est au muwashah. Du point de vue linguistique, il se distingue par l'emploi de la langue usuelle populaire de l'époque. C'est une longue poésie qui compte des strophes constituées en refrains (Aqfal) et en couplets (Adouar). Les spécialistes en attribuent avec certitude l'origine socio-historique à la ville de Tlemcen et ses alentours. Pour ses compositions musicales, le Haouzi utilise huit modes sur seize connus dans le répertoire de la musique classique algérienne dit " musique andalouse " à savoir: Moual, âraq, Ghrib, Reml maya, Jarka, Zidane, Sika, Mazmoum. Ses principales variantes sont appelées M'senaa, Goubahi, Bérouali, Zendali. Les concepteurs de ce genre sont tous d'origine tlemcenienne et ils se sont inspirés du patrimoine arabo-andalou pour y apporter les dernières perfections savantes. Parmi les plus célèbres de ces poètes et musiciens, on peut citer Mohamed BENMSAÏB et son fils Boumediène, Ahmed BENTRIKI ou encore Mohammed BENSAHLA.

Toutefois, il est nécessaire de signaler que la forme musicale de l'école de Tlemcen est aussi le Gharnati (de Grenade) que côtoyait justement le genre haouzi et c'est la spécialité de la ville de Tlemcen.

Mahjouz[modifier | modifier le code]

Le Mahjouz est un genre musical populaire qui dérive du Malouf où le chant est fortement scandé et accompagné d'une musique composée sur les modes musicaux du Malouf, mais avec des rythmes différents de ceux de la Nouba. Dans ce genre musical, la zorna (instrument à vent de la famille des hautbois) tient la place du f'hel (petite flûte faite à partir de la tige d'un roseau). Les textes du Mahjouz sont en arabe populaire algérien, dont les auteurs sont des poètes issus du sud-est constantinois de l'époque.

Chaâbi[modifier | modifier le code]

Hadj El Anka (1907-1978), précurseur et maître de la chanson chaâbi.
Article détaillé : Chaâbi algérois.

Le chaâbi est une musique citadine qui appartient à la musique arabo-andalouse mais enrichi aujourd'hui par divers influences arabe, européenne et africaine dans ses mélodies et gnawa et berbère dans ses rythmes[12].

Le chaâbi (populaire en Arabe algérien) est né au début du XXe siècle dans la région d'Alger [12]notamment selon Hadj Miliani par le diaspora kabyle[13], cependant il est apprécié dans toute l'Algérie, pour l'aspect moral et social de ses textes, les maitres Hadj M'hamed El Anka et Cheikh Nador sont considérés comme les créateurs du genre[12].

Bedoui[modifier | modifier le code]

Cheikh Hamada (1889-1968). Maitre de la chanson bedoui.
Ahmed Wahby (1921-1993), un des grands maitres de la chanson oranaise influencée par le bedoui.

Le « bedoui », qui signifie rural, désigne une musique populaire apparu en Oranais (Ouest algérien) au XIXe siècle, l'un des ses plus anciens brade est Mestfa Ben Brahim. La musique badoui est considérée comme l'ancêtre du Raï. Comprenant chant, tambour galal et, en général, deux flûtes gasba. Le genre a pénétré les villes au début du siècle, s’y est modernisé et a abordé des sujets parfois très engagés (notamment le colonialisme). Au fil du siècle, le bedoui empruntera de plus en plus à la musique moderne et s’adaptera à la standardisation des chansons plus courtes. Il va se fondre dans le Raï, oubliant ses origines mélodiques rurales. Le terme gharbi désigne le même style à l’ouest du pays. Le bedoui est basé sur une poésie en langue populaire ou melhûn. Il faut ajouter à cela le fait que quelques grands chanteurs populaires de l’oranais dont Cheikh Hamada et les cheikhat comme Cheikha Rimitti chantaient des textes très populaires, souvent mal considérés parce qu’elles y parlaient de l’amour, de l’alcool, de leur vie difficile, sur un accompagnement semblable à celui de la musique bedoui ou gharbi, à savoir essentiellement deux flûtes et une percussion. Une musique que l’on a souvent appelée Raï des champs. Une nouvelle génération de chanteurs influencée par le badoui comme Ahmed Wahby et Blaoui Houari l'ont révolutionné ce qui a donné un nouveau style connu sous le nom : El Asri












Raï[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Raï.
Cheikha Remitti (1923-2006), chanteuse de raï traditionnel et de bedoui, considérée comme la mère spirituelle du Raï. Tous styles, générations confondues.
Festival de la chanson Raï en France (1986), de gauche à droite : Cheb Mami, Cheb Khaled, Cheb Hamid, Cheb Sahraoui
Le groupe mythique Raïna Raï, formé en 1980, qui se démarque de tout ce qui se fait à l’époque sur la scène musicale algérienne et très célèbre à l'étranger.
De gauche à droite : Djilali Amarna, Kada Zina, Hachemi Djellouli et Lotfi Attar.
Les frères Rachid et Fethi, qui ont possédé dans les années 1980-90, le plus grand studio d'enregistrement moderne à l'échelle africaine et ce sont les premiers qui ont modernisé profondément à l'occidental la musique raï et propulsé plusieurs chebs sur la scène artistique comme : Anouar, Khaled, Houari Benchenet et Sahraoui, voir même certains chanteurs kabyles.

Le Raï est un genre musical Algérien en Arabe algérien issu du bedoui et apparu au début du XXe siècle en Oranie.

L’origine du mot raï, qui signifie « opinion », « avis » ou « point de vue », viendrait de l’époque où le cheikh (maître), poète de la tradition wahrani, prodiguait sagesse et conseils sous forme de poésies chantées en dialecte local. Cependant, dans le contexte de la complainte populaire, le chanteur qui se plaint de ses propres malheurs sans vouloir accuser personne s'accuse lui-même. Et plus exactement, il s'adresse à sa propre faculté de discernement, à son raï qui, cédant aux sentiments, l'a conduit à prendre les mauvaises décisions. Le chant commence ainsi : Ya Raï (ô mon discernement).

Née dans la région d'Oran sous sa forme première ou traditionnelle et le Raî s'est popularisé par étapes dans le reste de l'Algérie ; elle conquiert le monde après avoir subi de nombreux enrichissements et perfectionnements en Occident.

Cette musique vient d'une occidentalisation de tous les genres musicaux existant en Algérie (en particulier le châabi) utilisant une orchestration moderne occidentale (synthétiseurs, guitares électriques, etc.).

Cette nouvelle musique nécessitait donc un phrasé plus souple et moderne d'où l'emploi de l'arabe algérien oranais mélangé à des mots français ou anglais. Soutenue en Occident par les jeunes immigrés d'origines maghrébines diverses en recherche d'une musique à leur image, cette musique s'est surtout affirmée en France (puis en Europe et le monde entier) avant de reconquérir une population algérienne plus large ; Le Raî des débuts avait été boudé par la population (en dehors des jeunes citadins) et les médias officiels.

Citons comme exemples, la collaboration du compositeur français JJ Goldman avec le chanteur Cheb Khaled qui lui écrira l'un de ses plus grands tubes mondiaux Aicha ou la collaboration de Cheb Mami avec le chanteur international Sting et des groupes de musique celtique français. Le chanteur Rachid Taha du groupe "carte de séjour" est plus à classer dans la catégorie Rock même si ce plus ancien artiste maghrébin sur la scène française a parfois interprété des chansons Raï ou RnB.

Ces dernières années le raï s'essouffle et certains chanteurs de raï, comme Cheb Mami, essaient de le revitaliser en allant vers le Jeel égyptien actuel, très populaire dans tout le Moyen-Orient et qui gagne de plus en plus le Maghreb (voir Musique égyptienne).

Plus récemment d'autres artistes comme Cheb Najim - connu aussi pour être l'initiateur du raï-guetton mélange entre raï et reggaeton.

Aujourd'hui des artistes arabo-musulmans se sont appropriés le raï et ses variantes nées en Europe et l'ont transformé selon les spécificités culturelles et musicales de leur pays, comme cela se passe pour tous les genres musicaux.














Musique kabyle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique Kabyle.
Abranis, groupe kabyle, il est le premier groupe de musique rock algérien et au niveau maghrébin et arabe, fondé en 1967.
Slimane Azem (1918-1983), Poete et fabuliste de la musique kabyle
Lounis Aït Menguellet, brade actuel, le « Bob Dylan kabyle », est assurément l'un des plus grands chanteurs kabyles.
Lounès Matoub (1956-1998), surnommé le « rebelle » à cause de ses chansons contestataires, assassiné, le 25 juin 1998. Il est considéré comme le chantre de la culture berbère . La photo date de avril 1980, en tenue de para, lors d'un concert à l' Olympia après les évènements douloureux du printemps berbère du 20 avril 1980.
Idir, l'une des grandes figures de la musique kabyle moderne, est l'ambassadeur du parler kabyle à travers le monde. Son tube « Avava Inouva » diffusé dans 77 pays et traduit en 15 langues.

Style traditionnel de la Kabylie, d'expression kabyle, il dérive essentiellement de l'achewiq. Entre les années 1950 et les années 1970, plusieurs chanteurs et chanteuses kabyles ont introduit la musique occidentale dans leur musique qui resteront dans le style savant ou classique méditerranéenne comme Farid Ali (50) Nouara (60), Cherif Khedam (60), Oultache Arezki (50), Les Abranis (70), Noureddine Chenoud (70), Meksa (1973), Mjahed Hamid (70), Yugurten (70), Syphax (70).

Dans les années 1960, la chanteuse kabyle Nouara une des pionnières de la musique algérienne de dialecte kabyle dans l'introduction de la musique moderne dans certaines de ses chansons.

Dans les années 1970 des tentatives de modernisation de la musique berbère et maghrébine ont débuté avec des artistes kabyles comme Idir qui a composé et interprété la chanson célèbre A Vava Inouva et qui a fait le tour du monde.

Les interprètes les plus connus : Slimane Azem, Allaoua Zerrouki, Cheikh El Hasnaoui, Cherif Kheddam, Salah Sadaoui, Chérifa, Lounès Matoub, Lounis Aït Menguellet, Idir, les Abranis, Rabah Asma, Brahim Izri, Agraw Boudjemaa, Takfarinas, Djamel Allam, Massa Bouchafa, Allaoua Zarouki, Mohamed Allaoua, Hanifa, Sami Djazaïri, Akli Yahyaten, Bahia Farah, Nouara, Taos Amrouche, Djurdjura, Chérif Hamani, Hamidouche, Brahim Saci...

Il existe des chansons de style moderne qui sont souvent écoutées lors de festivités (mariages...ce genre de chansons est en fait le pur folklore kabyle dont la musque est désormais composée d'une façon plus légère et soutenue par des instruments modernes, le synthétiseur essentiellement, et dont les paroles abordent l'amour au premier lieu en tentant de rompre les tabous ancrés dans la société berbère notamment sur les relations amoureuses des jeunes, ce qui amènent les chanteurs à user de duo homme femme) et qui sont l'œuvre d'artistes comme Mohamed Allaoua. Actuellement ce genre de musique connait une expansion et est écouté en dehors des zones berbérophones en Algérie.

Les années 1970 ont vu naître plusieurs groupes artistiques qui se revendiquaient de la musique moderne. associés à la chanson contestataire ; ces groupes et chanteurs ont su introduire des instruments modernes comme la guitare folk, classique, électrique, piano... etc parmi ces groupes, on peut citer : inaslyen, idheflawen, inemlayen, debza, imnayen, les abrasais.... des chanteurs également ont marqué cette période par les revendications politiques qu'ils portaient mais aussi par une ouverture artistique nouvelle qui a révolutionné la mentalité kabyle. parmi ces chanteurs on peut citer l'un des plus connu en Algérie mais aussi dans le monde : Idir est devenu le symbole de la chanson moderne kabyle notamment grâce à sa chanson phare A Vava Inouva qui a été traduite dans plusieurs langues. ferhat m'henni alias ferhat imazighen imoula, syphax, djamel allem... actuellement, la scène artistique kabyle est très diversifiée. on y trouve comme toujours la chanson contestataire, mais aussi de la musique purement commerciale qui trouve sont publique parmi les jeunes qui sont de plus en plus désœuvrés, et de la variété qui méle romantisme, société et vie de tous les jours. les chanteurs les plus en vue sont, entre autres : Ali Amran, oulahlou, Zimu, Si Moh, brahim tayeb, Cheikh Sidi Bémol...etc






















Musique patrimoniale et folklorique[modifier | modifier le code]

Gasba[modifier | modifier le code]

À droite, gasba

La gasba est une flûte oblique et à ce titre, elle se joue en posant la flûte sur le côté de la bouche et non de face comme pour un joueur de flute à bec (flûte à conduit et non oblique). Le joueur maîtrise son instrument après des années d'exercice. Il doit principalement trouver le son juste avant de reprendre le répertoire traditionnel de la musique Chaoui. La gasba a un son rauque, à la limite de la vibration qui n'est pas sans rappeler le son du vent dans les Aurès.

Du côté de l'Oranie (Ghazaouet Oran Temouchent Ayt Snous), la tamja (sorte de gasba qui est longue) est jouée de manière grave pour accompagner les danses guerrières régionales (voir musique des tribus rifaines). Dans la musique algérienne, elle accompagne encore de nos jours des musiciens de raï traditionnels. Le Pays Chaoui ou la Numidie de l’Antiquité (d'Annaba à Biskra en passant par Batna, Sétif ou Guelma) connaît aussi un essor de l'utilisation de la gasba avec de jeunes chanteurs et chanteuses qui l'intègrent dans une musique électronique, créant ce que l'on appelle de plus en plus le "chaoui moderne", en opposition au style chaoui plus traditionnel.

Le taqsebt est un des acteurs principaux des issalan[réf. nécessaire] qui signifient en berbère « les nouvelles » encore appelée dans les plaines des Aurès, ilhaben et rahaba en arabe algérien. Les issalan sont dansées par des groupes d'hommes ou femmes, qui interprètent des chants berbères chaoui polyphoniques séculaires fondés sur, ou inspirés de, l'histoire des Aurès et la culture chaoui.

Aissawa[modifier | modifier le code]

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La confrérie des Issawa a été constituée à l'origine par les disciples de Sidi Mohamed Ben Aissa, un saint homme également nommé Cheikh al- Kamel (le Parfait), disparu en 1526. On raconte qu'à sa mort, l'un des disciples bouleversé se mit en transe et lacéra ses vêtements et son corps. Dans cet état, il alla jusqu'à dévorer crus un mouton et une chèvre. Cette légende est à l'origine de deux pratiques fondamentales de la confrérie : la hadra (pratique collective de la transe) et la frissa, particulière aux Issawa, qui consiste à dévorer un animal vivant.

À l'instar des autres mouvements confrériques nés au XVe et XVIe siècles, la communauté issawia tire ses sources de la tradition soufie et lors de sa création, elle se chargeait de l'éducation des "muridin" (volontaires) dont la principale activité consistait à lire et à réciter le Coran. Après la mort de Cheikh al-Kamel, maître spirituel et auteur d'une anthologie de textes religieux, ses disciples ont étendu leurs activités, associant à la psalmodie, aux implorations de pardon et aux hymnes à la gloire du Prophète, certaines pratiques gestuelles accompagnées de musique aboutissant au ravissement et à la transe. S'y sont ajoutées occasionnellement diverses pratiques spectaculaires, en vigueur également chez d'autres confréries : absorption de poison, exposition au feu, perforation de diverses parties du corps avec des broches et des épées.
Plusieurs circonstances religieuses ou sociales offrent l'occasion de célébrer le cérémonial issawa : les moussems, le mawled (anniversaire de naissance du Prophète), les réunions du vendredi après la prière du âsr, les mariages, les naissances et circoncisions. Les fidèles peuvent aussi se rassembler juste pour communier et se purifier. Cependant la saison de célébration du culte de Cheikh Al-Kamel demeure la principale opportunité de regrouper tous les adeptes, ceux des villes comme ceux des campagnes, ainsi que ceux qui sont éparpillés dans le désert. Cette manifestation se distingue par une série de rites puisant à la fois dans le soufisme et dans le creuset des pratiques ancestrales.

Les issawas estiment que cette commémoration est parée de vertus à la fois religieuses, symboliques et thérapeutiques. Ce pluralisme les aide à se délivrer de leurs soucis quotidiens et à se fondre dans une relation intime avec Dieu, mais leur vaut, en revanche, l'hostilité des musulmans orthodoxes et plus particulièrement des théologiens qui les taxent d'hérésie.

Nombreuses sont les caractéristiques définissant le chant, les rythmes et les danses des issawa et en premier lieu, les textes, essentiellement fondés sur des prières rédigées par le fondateur ou inspirés du Guide des Bienfaits, entre autres. Les mélodies, elles, sont surtout un mélange de schémas musicaux utilisés traditionnellement dans les répertoires populaires ou arabo-andalou. Le chant est généralement collectif, surtout dans les séquences "agitées" où il symbolise la communion spirituelle de tous les adeptes entre eux et avec Dieu; mais certaines parties du rituel, notamment le dhikr, font appel à un soliste qui vocalise en alternance avec le chœur. Le volet rythmique est un élément prépondérant du chant issawa; il est soutenu par des instruments à percussion tels que les tambours de formes diverses, tbal, taârija, bendir, tara, et des idiophones comme la tasa, composée d'une pièce de cuivre frappée avec des baguettes.
Enfin, la danse demeure un des aspects les plus spectaculaires de la cérémonie. À l'instant de son exécution, les danseurs se tiennent en ligne droite ou forment un cercle puis se livrent soit à un simple balancement d'avant en arrière, laissant entrer le rythme en eux, soit à des figures plus complexes. Il est d'ailleurs fréquent de voir, au cours de ces danses, des femmes et des hommes tomber en transe, l'orchestre étant alors de jouer jusqu'à ce qu'ils soient apaisés.

Fkirette[modifier | modifier le code]

Les Fkirettes, terme désignant "les pauvres" et qui exprime l'idée de dépouillement dans le sens religieux, sont des ensembles de femmes qui jouent exclusivement pour un auditoire féminin lors des fêtes religieuses, mariages, circoncisions, etc. On chante alors à la mémoire des prophètes, des Saints Patrons de la ville, de l'amour ou des chagrins de l'existence. Ce groupe de Fkirettes a la particularité d'accueillir un homme Hadj Nasser, pilier rythmique de la formation à la personnalité volcanique et à la voix expressive. Hadj Nasser et sa sœur Z'hour perpétuent la pratique de leur père, ancien cheikh et chanteur religieux de la confrérie Issawa d'Annaba. Z'hour accompagne son frère depuis toujours. Elle est sûrement la voix la plus marquante des Fkirets de l'Est algérien. En juin 2002, lors de leur première venue en France, le groupe s'est fait remarquer au cours du festival Latitudes Maghreb à la Grande halle de la Villette et la Cité de la Musique.

Musique Tergui et Ahellil[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ahellil du Gourara.
Othmane Bali (1953 2005), icône du style targui

Style traditionnel du sud algérien d'expression tergui et Arabe algérien. La musique Tergui sera influencée, entre autres, par le Tindé (style de l'extrême-Sud algérien), l'Ahellil de Timimoun.

Dans le Gourara, l'Ahellil est encore largement pratiquée, surtout pendant certaines fêtes religieuses, ce genre musical consiste à effectuer des chansons en chœur, la danse et la participation de l'auditoire. Il prévoit la participation de nombreux participants, un chef de chœur qui dirige le mouvement du chœur, soliste (abecniw) flanqué de deux ou trois joueurs (au moins un tambour pâte (gellal) et un bengri joueur (une sorte de luth ) ou flûte (temja), tandis que deux danseurs viennent devant lui face et ensuite la marche arrière, tout en participant à la chorale, un bon nombre de villageois, faire un cercle autour d'eux, en serrant l'épaule à épaule, se déplacer lentement dans une direction, clap antihoraire et de répondre à la soliste. En 2008, l'UNESCO a inscrit l'Ahellil du Gourara sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Allaoui[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Allaoui.

L'allaoui, ou aalaoui, est une danse traditionnelle guerrière à plusieurs variantes issue des hauts plateaux oranais (Algérie) On la retrouve à Oran, Tlemcen, Nedroma, Maghnia, Ghazaouet en Algérie, et elle s'est diffusée au Maroc, dans l'Oriental.. Cette musique et danse guerrière ancestrale, est dansée par des mouvements d'épaule au rythme des percussions. Elle trouve ses origines dans les danses tribales des hauts-plateaux oranais[14]. Le chercheur algérien Yazli Benaamar nous renseigne que le nom "Allaoui" (à ne pas confondre avec la dynastie Alaouite) fait référence à une famille arabe descendant des Idrissides du Maroc qui se sont réfugiés dans le Djebel Amour en Algérie après la chute du Royaume de Fès.[réf. nécessaire] Il est important de ne pas confondre ce style musical avec le Reggada, danse berbère originaire du Rif. Les deux styles sont semblables, mais différents.

Les hommes dansent en se tenant coude à coude, comme soudés les uns aux autres en scandant leurs corps[14], frappant des pieds pour exprimer leur attachement à leur terre et montrer leur capacité d’endurance. Cela signifierait l'unité indissoluble qui devait, autrefois, lier les guerriers face à l'ennemi[réf. nécessaire], chacun d'eux tenant un fusil ou une canne dans la main. Pour ce qui est des femmes, elles font le safe (rang), elles forment deux lignes parallèles et dansent dans un mouvement « avançant/reculant »[14], tout en tapant sur des bendirs.

Zorna[modifier | modifier le code]

La Zorna est une musique d'origine militaire turque, jouée dans les anciennes villes de garnison telles Alger, Béjaia, Blida et Koléa du XVIe siècle jusqu'à la conquête coloniale. Elle s'est développée dans la pratique rituelle religieuse et elle s'est attachée à la musique citadine Chaâbi pour lequel elle servait d'ouverture[15].

Musique staifi[modifier | modifier le code]

La deuxième musique populaire de fête [réf. nécessaire] d'Algérie est le "staifi" après le "raï" suivi du chaoui et du kabyle. Basée sur le rythme zendari rythme originaire de Sétif et aussi sur un accompagnement présent du clavier, cette musique est aujourd'hui très présente dans toutes les fêtes algériennes. Les premiers furent cheb Khalass, Samir Staifi, Bekhachi El Khier, Djamel, Nordine, bentoumi mohamed et d'autres.

Musique chaoui[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique Chaouie.
Aïssa Djermouni (1886-1946), chanteur chaoui, il est le premier chanteur algérien, arabe et africain à se produire à l'Olympia en 1937.
Djamel Sabri, comme Aïssa Djermouni natif à Oum El Bouaghi, chanteur chaoui, il chante du Rock, Bleus, Jazz avec un mélange du style traditionnel chaoui comme Bechtola

Musique essentiellement chantée en chaoui (berbère des Aurès) .Le folklore est diversifié dans les régions des Aurès. La musique traditionnelle est bien représentée par nombreux chanteurs Aurassiens. Les premiers chanteurs qui ont connu un succès international sont Aissa Jermouni et Ali Khencheli[16]. Le style de musique Rahaba est propre à toute la région des Aurès. De plus, plusieurs styles de musique existent comme le style arabo-andalous, l'un des chanteurs chaouis connu est Salim Hallali. Plusieurs chanteurs des Aurès se sont inspirés de ce style comme Youcef Boukhantech.

Il y a des petites chansonnettes qu’on appelle en berbère des Izlen, ils se composent de 4 à 5 vers, répétitifs que l’on retrouve dans les Aures en Kabylie, au Hoggar. La région des Aures recèle de véritables trésors musicaux, du côté du Tébessa on trouve le Rekrouki ou Rakrouk qui veut dire écho, c’est un genre propre à la région de Tébessa. Les Ait selam se singularisent par un genre féminin L'Azzekar, chez les Ait Miloulpar Ajelass proches de celui de la tribu Ahidous du Maroc. Il y a aussi Tinzarine lie au Rite de la pluie Anzar (Anzar c'est le dieu de la pluie diaprée Gabriel Camps). C'est une légende célèbre laure des périodes des sècheresses on évoque par des chants le dieu de la pluie, c'est un rite païen. Il y a un autre genre de chant qui s’appelle la berceuse, Tigougaine ou Taourial, Aourial veut dire berceau. Mais la plus célébrée, c’est Ayache. Les femmes ont pu avoir leur place dans la scène national. La télévision algérienne diffusait les chansons de Thelja (Ya Saleh) et de Beggar Hadda dans les années 1970. Aussi, Houria Aïchi a fait plusieurs albums en France.

Un autre genre de musique moderne chaouis s'est imposé dans la région. Cette musique est un mélange de rock (Djamel Sabri), de blues, de folk (Smaïl Ferrah) et de raï en langue chaoui (berbère) et en arabe. Quelques chanteurs et musiciens s'inspirent de la musique arabe classique.

Les genre Zorna (avec la cornemuse), musique sétifienne, Diwan, etc. sont joués par quelques musiciens aurassiens. Quelques instruments de musique sont propres à la région comme le bendir, Gasba, etc.

La danse chaouis est formée d'un regroupement d'hommes ou de femmes dansant face à face en entonnant des chants polyphoniques accompagnés de gasbas et de bendirs. Le rythme particulier du bendir chez les Chaouis se retrouvent dans quasiment toutes les chansons des Aurès. Les interprètes les plus connus sont le regretté Katchou, Hamid Belbeche, Houria Aïchi, Nacceredine Hora, Massinissa (chanteur), Hacen Dadi, Les Berbères (groupe de rock chaoui), Tafert, Dihya (chanteuse), Messaoud Nedjahi, Numidas, Ithran, etc.




Diwane-Gnawa d'Algérie[modifier | modifier le code]

Gnaoui d'Alger avec son guembri (vers 1906), par Jean Geiser (1848-1923).
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Article détaillé : Gnaoua.

La musique gnawa d'Algérie s'appelle la musique diwan ; on l'appelle aussi diwane-gnawa afin de mieux la distinguer de la gnaoua marocaine et de la stambali tunisienne.

Le terme diwane est un mot arabe utilisé quand on parle de la partie thérapeutique de la soirée (Lyla). Les Diwane se réclament de Bilal : 1er esclave noir libéré par Mahomet qui deviendra le 1er muezzin de l'Islam. Ce genre musical existe en Tunisie, en Égypte (et aussi probablement en Libye)avec des noms spécifiques selon le pays (voir Gnaoua). La musique Diwane d'Algérie et ses consœurs ont pour point commun une origine africaine sub-saharienne et certains rites. Toutefois, ces musiques gnawa d'Algérie, du Maroc de Tunisie, Libye et Égypte vont se spécifier en fonction des populations, et des histoires propres à chacun de ces pays ou régions et ne connaitront pas le même parcours ou les mêmes influences.

En 2006, les autorités culturelles dans leur projet d'édification nationale, revendiquant l'« algériennité » de ce genre musical, souhaitent le faire renaître et reproduire en Algérie le succès des gnawa marocains ; depuis deux ans, il existe un festival de la musique gnawa[réf. nécessaire].

Le Diwane en tant que rituel est sorti de son cadre originel (la "Lila" ou le Diwan) pour investir les scènes artistiques. En plus de membres de confréries qui pratiquent ce genre sur les scènes algériennes, et même parfois étrangères, de jeunes groupes ont vu le jour, et des artistes plus confirmés pratiquent ce style musical aujourd'hui. Ce sont principalement des expériences de fusion, et des prolongements à la musique Diwane. Parmi ces groupes, on retrouve Gaâda - Diwane Bechar, Karim Ziad, Gnawa Diffusion. Ces derniers, comme le soutient Zineb Majdouli, chercheur, ont révolutionné le mot "Gnawa", mais pas le genre Diwane.

Afin de mettre en valeur les Diwanes (les initiés, membres de confréries Diwane), le Ministère de la culture algérien a institutionnalisé deux festivals culturels: le Festival national de la musique Diwane de Béchar, qui s'articule autour d'une compétition; et le Festival international du Diwane d'Alger. Mais le Diwane et ceux qui le pratiquent n'est pas suffisamment valorisé parce qu'un savoir n'a pas encore été produit sur cette culture, ce mode de vie, ce rituel, et cette musique ainsi que la danse qui l'accompagne.

Tout comme le rituel Gnawa, le rituel Diwane s'articule autour de deux grandes parties: le répertoire "Koyo" (répertoire de divertissement, joué entre 18h et 00h) et le répertoire "Mlouk" (répertoire sacré joué de 00h à 06h du matin). La répartition des "Bradj", pluriel de "Brodj" (qui signifie morceau(x), équivalent de "Trouha", pluriel de "Tarh" chez les Gnawa), et "Trig" (la voie du rituel) dans le cadre du rituel varie d'une région à une autre.




Musique orientale[modifier | modifier le code]

Warda Al Jazairia (1939-2012).

Warda Al Jazairia est une vedette algérienne de la musique classique arabe. Elle est considérée comme une « diva » de la chanson arabe, au même titre qu'Oum Kalthoum , Sabah ou Fairuz[17],[18]. Son répertoire comprend plus de 300 chansons. Durant sa carrière, Warda a vendu plusieurs dizaines de millions d'albums[17]. Il existe une panoplie d'artistes connus dans le style orientaliste.










Musique actuelle[modifier | modifier le code]

Souad Massi, ses chansons sont de style : rock américain, le folk, la pop, la country et le fado portugais

Depuis le début des années 1970, la musique algérienne s'est diversifiée au contact de la culture occidentale. Les Charles Aznavour, Oum Kalsoum, Farid El Atrache, Jimi Hendrix, Beatles, et autres Michael Jackson et Madonna ont largement influencé plusieurs artistes algériens les poussant à adapter différents styles musicaux venus d'Occident et d'Orient à la culture algérienne. C'est comme ça que l'on a vu apparaître de la varieté (tendance occidentale et tendance orientale), rock, le rap ou encore le reggae en Algérie.

Jazz algérien[modifier | modifier le code]

Principaux interprêtes : Aminoss, Sinouj, Madar, Azedine Tebibel. Haffyd h, Ines Mezel, Safy Boutella, Karim Ziad, Amar sundy, (Blues), Malik Hannouche... et pleins d'autre jeunes prometteurs...

Varietés occidentales[modifier | modifier le code]

Baaziz, l'une des figures de la chanson contestataire

Principaux interprêtes : Baaziz, Triana d'Alger, Mohamed Reda, Jimmy wahid, Hammidou, Souad Massi...

Rock algérien[modifier | modifier le code]

Lotfi Attar, l'un des fondateurs du groupe mythique Raïna Raï, guitariste attitré et devenu le guitariste algérien le plus célèbre de tous les temps dans son pays, au niveau international et le monde arabe, sa musique est influencée par le Allaoui, Gnaoua, Diwan, Chaâbi, Rock, Bleus et le Jazz
Rachid Taha, célèbre au Québec, en Algérie et en France
Zaho, une star du RnB contemporain.

Dans les années 1960 le groupe le Algier's et son leader charismatique Mahfoud Hadj Hamou, fut sur la scène algérienne le précurseur de la musique moderne. Rachid Bahri, intègre en 1969 ce groupe en jouant de l'orgue.

Dans les années 1970, naissait les Turkish Blend, groupe de pop/rock Algérien formé par Yacine et Malik.Ils sont originaires du quartier de saint-Eugène à Alger.Connurent un grand succès en Algérie, puis en France. C'est sous l'influence des Rolling Stones, des Pink Floyd, ou encore de Johnny Hallyday, que le rock nait en Algérie à la fin des années 1970.

Un groupe connu immédiatement un énorme succès, il s'agit de T-34, nommé ainsi car ces derniers répetaient dans la chambre 34 du bâtiment T d'une des cités universitaires d'AlgerBen Aknoun). La scène rock révéla également d'autres artistes comme Moh KG-2, ou le franco-algérien Jimmy Oihid qui ajouta à sa musique des traits de blues et de reggae. C'est dans les universités algériennes que continuaient à se reveler de nouveaux groupes de rock, et au milieu des années 1990, un rock plus dur commençait à apparaître en Algérie : le death metal, avec pour figure de proue le groupe Litham.

Principaux rockeurs et groupes de rock en Algérie : les Abranis, Les Berbères (groupe de rock chaoui), Numidas, Cheikh Sidi Bémol, Hamid Baroudi, D'zaïr, Index, Djamel Laroussi, Jimmy Oihid, Litham, HELM, Good Noise, Illusion, Moh KG-2, groupe T-34, Kamel Dynamite, Farid le rockeur Sans oublier le groupe Raïna Raï, originaire de Sidi Bel Abbes et auteurs du célèbre tube "Ya Zina". Rachid Taha, natif de Sig près d'Oran, est un chanteur et un musicien franco-algérien résidant en France[19]. Sa musique est inspirée par différents styles, tels que le raï, le chaâbi, la techno, le rock 'n' roll et le punk.

Depuis les années 1990, le rock algérien connaît une véritable traversée du désert et les médias algériens ne diffusent plus des artistes de rock, et encore moins ceux produisant du métal. Mais l'engouement du public reprend de plus belle. cette dernière décennie a vue apparaître un nombre non négligeable de jeunes groupes rock tel que les Gin's, Helter skelter, Vortex ou encore Illusion






Rap algérien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rap algérien.

Le rap fait son entrée en Algérie dans les années 1980 et prendra son essor vers la fin des 90 ; il se caractérise par son style américain et français. Le rap est né en Algérie en 1985 avec un premier titre enregistré par Hamidou : Jawla Fe Lil. Ce titre d'influence très américaine, allait ouvrir la voie à plusieurs groupes qui naissent à Alger dès la fin des années 1980, dont Hamma et Intik, mais va être freiné par le manque de confiance des éditeurs, ainsi que la censure. Le veritable essor du rap algérien a lieu au milieu des années 1990, avec la diffusion à la radio algérienne et à l'ENTV de quelques titres de rap, ainsi que l'apparition de plusieurs artistes à Oran (T.O.X, Talisman, Vixit...) et Annaba.

Une première compilation est éditée en France sous le titre d'Algerap, qui fait que rapidement deux groupes vont s'exporter à l'étranger dès 1999 : il s'agit de MBS et Intik, mais connaissent que peu de succès auprès d'un public qui ne comprend que très mal leur paroles (en arabe algérien). En Algérie, c'est un certain Lotfi double kanon (issu de la séparation du groupe Double Kanon) qui fait un tabac. Actuellement, le rap algérien (comme le rock)est peu présent dans le champ musical et « officiel » algérien et peu diffusé dans les médias.

Instruments de musique[modifier | modifier le code]

Vents[modifier | modifier le code]

Cordes[modifier | modifier le code]

Percussions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Aux sources de l’art arabo-andalou : les noubas algériennes
  2. Regard sur l'histoire de l'Algérie, Zahir Ihaddaden, p. 19
  3. Baron Rodolphe d'ERLANGER : La Musique arabe, Paris, Paul Geuthner, t.VI, 1959
  4. [1]* Le Prince de la Musique Classique Algérienne & du Chaâbi
  5. Musique/nouvel album de Mourad El Baez : un opus très coloré (La Nouvelle République 10/02/2009) sur http://www.africatime.com
  6. http://www.mouradelbaez.fr.gd
  7. Nouvel album de Mourad-El-Baz
  8. Jeune Afrique
  9. El Waten
  10. El Waten
  11. El Watan
  12. a, b et c Algérie 2011 Par Jean-Paul Labourdette, Dominique Auzias, p. 119 [2]
  13. Des Louangeurs au Home Cinema en Algerie Par Hadj Miliani, p. 93 [3]
  14. a, b et c (fr) « Origine De La Danse El-Alaoui », sur www.vitaminedz.com (consulté le 2 juillet 2010)
  15. Réminiscence - Boualem Titiche, grand maître de la «Zorna» : Le souffleur de mélodies, Horizons du 17/08/2010.
  16. Algérie, Dominique Auzias
  17. a et b Marwan Chahine, « Warda, diva hors chant », Libération,‎ 18 mai 2012
  18. (en) « Warda, giant of Arab song, dies », Associated Press,‎ 17 mai 2012
  19. Rachid Taha sur Fluctuat.net