Cheikha Remitti

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Cheikha Remitti (1923-2006).

Cheikha Remitti, née le 8 mai 1923 à Tessala, près de Sidi-Bel-Abbès et décédée le 15 mai 2006 à Paris était une chanteuse populaire algérienne de raï traditionnel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née en Algérie à Tessala (ville située près de Sidi Bel-Abbès, en Oranie) [1], Cheikha Rimitti est l'une des chanteuses algériennes les plus appréciées du Maghreb.

Elle baigne dans le chant rural. Orpheline, élevée par des « patrons » qu’elle a quittés à l’adolescence pour suivre une troupe de musiciens nomades les Hamdachis, la jeune Saida connait la misère avant de se lancer dans la chanson dans les années 40, à Relizane, Oran et Alger. Comme pour Cheikh Hamada, il serait simpliste de dire qu'elle est une chanteuse de raï.

Après l'indépendance, ses chansons lui valent d'être censurée par certains politiques algériens. Rimitti provoqua à la fois en effet le gouvernement censeur et l'Islam strict. Chantant l'amour, la femme, l'alcool, les corps emmêlés, la liberté, le féminisme… et présidant des fêtes arrosées, elle a très vite été ignorée par l'Algérie officielle.

Elle s'attire une réputation sulfureuse dès son premier succès, en 1954, avec « Charrak gatta », dans lequel certains voient une attaque contre le tabou de la virginité.

Pour l'anecdote, on raconte qu'elle gagne son surnom en chantant dans les bars, celui-ci proviendrait en effet de l'injonction « Remettez, remettez-moi ça ! » (une tournée) : « rimitti », avec l'accent.

Cheikha Rimitti arrive à Paris en 1979, où elle anime les soirées dans des cafés communautaires. Bien que mise à l'écart par les siens, elle devient peu à peu l'ambassadrice internationale, paradoxalement, du raï; alors qu'elle ne supportait tous « ces jeunots tricheurs », comme elle le disait elle-même. Elle atteint même un nouveau public à la fin des années 1990 composé d'Algériens de France, leurs enfants et même des européens et des spécialistes en musique.

Certains diront qu'elle a été mal managée ses dix dernières années puisque son amant agent refusait, sans qu'elle le sache, des concerts internationaux, demandant « pour elle » des cachets astronomiques. C'est le cas pour un concert Place de la République à Paris, notamment.

Cheikha Rimitti sort un dernier album, « N'ta Goudami » (littéralement, « toi,devant moi »).

Cheikha Rimitti s'est éteinte le 15 mai 2006, deux jours après son concert au Zénith de Paris où elle chantait avec les «chebs", notamment Khaled. Avec son humour légendaire, elle disait qu'elle comptait bien les remettre à leur place.

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

  • 1954 : « Charak Gatâa » - Pathé
  • 1994 : « Sidi Mansour » -
  • 1996 : « Ghir al Baroud » -
  • 1996 : « Cheika » -
  • 2000 : « Trab Music » -
  • 2000 : « Nouar » -
  • 2001 : « L'etoile du Rai » -
  • 2001 : « Live European Tour 2000 » -
  • 2001 : « Salam Maghreb »-
  • 2005 : « N'ta Goudami » -

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.musiqueray.org/cheikha-rimitti-biographie.html

Liens externes[modifier | modifier le code]