Culture algérienne

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La culture algérienne est riche, variée et très ancienne, chaque région, chaque ville ou oasis constitue un espace culturel particulier. La Kabylie, les Aurès, l'Algérois, les Hauts plateaux, la vallée du Mzab, le Gourara, le Hoggar, la Saoura, l'Oranie sont chacune des région avec des particularités culturelles et parfois linguistiques.

Les premières manifestations culturelles sont vieilles de milliers d'années, tels les fascinants témoignages d'art rupestre du Tassili n'Ajjer, en passant par tous les beaux édifices érigé tout au long de l'histoire de ce pays, en arrivant à l'artisanat toujours très présent et richissime. L'art algérien reflète les chapitres d'histoire qu'a passé ce pays et les différentes influences qu'il a eues.

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues d'Algérie.
Pancarte de bienvenue multilingue de la commune d'Isser (Boumerdès) transcrit en arabe, en berbère (tifinagh), et en français.
Pourcentage de berbérophones dans chaque wilaya en 1966

L’arabe classique est la langue officielle du pays, et depuis avril 2002 le berbère est reconnu langue nationale[1]. Dans la vie courante, les Algériens arabophones parlent en général un arabe dialectal, le dardja,qui diffère de l'arabe littéral par sa morphologie, sa syntaxe, sa prononciation et son vocabulaire. Le dardja a conservé certains mots et structures syntaxiques berbères[2] et a emprunté des termes au français et dans une moindre mesure au turc et à l'espagnol [3].

Le berbère ou tamazight se décline en plusieurs variantes régionales : chaoui dans les Aurès, chenoui dans la région du Chenoua, kabyle en Kabylie, mozabit dans le Mzab, le touareg au Sahara, le Zénètes, le chleuh à la frontière marocaine. L'Algérie grâce aux populations touarègues a conservé aussi le système d'écriture du berbère : le tifinagh qui fut ensuite réintroduit chez les autres communautés berbérophones.

Il est difficile de connaître le nombre exact d’arabophones et de berbérophones. Cependant, d’après certaines estimations, le chiffre varie de 70 à 85 % pour les Algériens arabophones, et de 35 à 50 % pour les berbérophones[4],[2]. Le français est également extrêmement répandu : avec près de 16 millions de locuteurs francophones, l'Algérie est le deuxième pays francophone au monde, en nombre de locuteurs[5] après la France. Le français est considéré comme langue étrangère. L'État algérien n'adhère pas à la Francophonie, mais il assiste aux réunions organisées par les pays membres.

Les colonisations ont eu une certaine influence linguistique. En effet, certains mots employés par les Algériens sont d’origine française, alors que ces mêmes mots ont leur équivalent berbère ou arabe, en usage avant la colonisation de l’Algérie par la France. Aussi depuis l’indépendance de l’Algérie, le gouvernement algérien a entamé une politique d’arabisation systématique du pays, consistant à imposer à la population, et dans tous les domaines, l'arabe classique au détriment du dardja et du berbère[6]. Les langues étrangères comme l'anglais, l'espagnol, le russe et l'allemand sont enseignées dans les écoles et aux universités depuis les arrêtés du 4/08/75 et 13/02/76. Plusieurs réformes des différents gouvernements ont apporté des rectifications dans le volume horaire à enseigner[7].

Architecture[modifier | modifier le code]

Arts[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peinture algérienne contemporaine.

L’Algérie aura toujours été une source d’inspiration intarissable pour les différents peintres qui ont tenté d’immortaliser la prodigieuse diversité des sites qu’elle offre et la profusion des facettes que transmet sa population, ce qui offre par exemple aux Orientalistes entre le XIXe et le XXe siècles, une saisissante inspiration pour une très riche création artistique à l’image d’Eugène Delacroix avec son fameux tableau Femmes d'Alger dans leur appartement ainsi qu'Étienne Dinet (devenu Nassr Eddine Dinet) et ses magnifiques peintures de Bou Saâda ou encore d’autres peintres de renommée mondiale à l’image de Renoir ou Pablo Picasso avec son tableau Femmes d’Alger.

De leur côté les peintres algériens à l’image de Mohamed Racim ou encore Baya ont tenté de faire revivre le prestigieux passé antérieur à la colonisation française, en même temps qu’ils ont contribué à la sauvegarde des valeurs authentiques de l’Algérie. Dans cette lignée, Mohamed Temam et Mohamed Ranem ont également restitué à travers cet art, des scènes de l’histoire du pays, les us et coutumes d’autrefois et la vie du terroir. De nouveaux courants artistiques emmenés notamment par M’Hamed Issiakhem et Bachir Yellès sont apparus également sur le paysage de la peinture algérienne, délaissant la peinture figurative classique pour aller à la recherche de nouvelles voies picturales, avec le souci d’adapter la peinture algérienne aux nouvelles réalités du pays à travers son combat et ses aspirations. D'autres artistes, Guermaz, Khadda, Benanteur, Aksouh font appel à la non-figuration.

Musique algérienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique algérienne.

Sur le plan musical, l'Algérie est réputée pour son riche répertoire. On y retrouve plusieurs styles de musique : classique arabo-andalou algérienne, le Chaâbi, le Raï qui est originaire de l'Oranie, la musique kabyle, la musique moderne comme le rock, le rap ou la musique diwane. Il se distingue également par la richesse linguistique de son répertoire mêlant arabe classique, arabe algérien, le français et l'amazigh telle que kabyle, chaoui, touareg, etc.

Musique classique algérienne dite arabo-andalouse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique arabo-andalouse.

Remarque : « musique andalouse » et « musique arabo-andalouse » sont des appellations récentes introduites par des musicologues occidentaux tels que:J.Rouanet, l'appellation « musique classique maghrébine » serait plus indiquée[Pourquoi ?].

À l'origine il y avait vingt-quatre nouba, une pour chaque heure de la journée, mais malheureusement seulement seize (dont quatre inachevées) ont été préservée jusqu'à aujourd'hui en Algérie[8].

Cela fait de l'Algérie le pays où subsiste le plus grand nombre de nouba, ceci n'est pas dû au hasard, en effet, l'Algérie a accueilli des réfugiés Andalous et Morisques[9].

Selon le baron d'Erlanger, la musique classique arabo-andalouse, d'expression arabe (classique), est présente en Algérie, à travers trois importantes écoles : le Gharnati de Tlemcen qu'est lié à l'école de Grenade, la Ça'naa d'Alger qui se réclame de Cordoue et le Malouf de Constantine qui se rattache à l'école de Séville[10]. Chacune de ces écoles pratiquent cette musique avec certaines nuances. Dans les trois écoles cette pratique est représentée par la nouba, qui correspond à une composition instrumentale et vocale qui se déroule selon un ordre établi et des règles rythmiques et modales bien déterminées. Chaque nouba est construite sur un mode (Tab) précis duquel elle tire son nom.

Selon la monographie de la ville de Tlemcen établie par Jacques Soustelle, cette dernière fut la capitale de la musique arabo-andalouse de référence en Algérie. Elle a été la ville d'origine de grands artistes de ce genre musical. Deux anciennes écoles de musique arabo-andalouse existent en Algérie. Celle de Tlemcen et de Constantine. L'école d'Alger s'est vu renaitre que tardivement sous l'influence de l'école de Tlemcen. Cette ville est un berceau du hawzi, un autre genre musical qui découle de la musique andalouse dont le musicien-poète Ben Messaîb (XVIIe S) est un représentant.

En Algérie, la musique andalouse compte en tout seize modes sans compter le mode Sahli connu à constantine sous la dénomination de R'haoui. Ce mode est propre à la musique populaire citadine comme le Chaâbi ou le Mahjouz, mais récemment le professeur Noureddine SAAOUDI a composé une nouba dans le mode sahli qu'il a dénommée : Nouba d'ziria

Gharnati[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Gharnati.

Le gharnati (en arabe nom de la ville espagnole de Granada), est la forme musicale arabo-andalouse issue de la grande école de Tlemcen. Ce genre a été préservé et s'est développé à Tlemcen, de par la position de la cité qui fut la jumelle de Grenade en Afrique, les deux villes ont partagé une histoire commune à travers les alliances entre Nasrides et Zianides. À la suite de la chute de Grenade, des milliers de familles andalouses se réfugièrent à Tlemcen.

D'autres écoles de cette forme musicale arabo-andalouse existent, telles que: Nedroma, Oran, Sidi Bel Abbès, etc.

Ça'nâa[modifier | modifier le code]

Le ça'naa est la forme algéroise de la musique arabo-andalouse, à la suite de l'installation des réfugiés andalous et morisques, en majorité cordouans, à Alger, un genre spécifique s'est développé dans cette ville. Il a été influence par l'école de Cordoue.

Parmi les autres écoles du même genre musical arabo-andalous on compte: Blida, Bejaia, Cherchell, Mostaganem, etc.

Malouf[modifier | modifier le code]

Le malouf est le répertoire de la musique andalouse de constantine, il s'agit d'une variante de la musique arabo-andalouse. Elle est à l'origine influencée par l'école de Séville, et plus tard, par la musique ottomane.

  • Zjoul :À Constantine il existe un autre genre musical majeur, aussi ancien que la nouba, connu sous la dénomination de Zjoul (ce sont des azjel propre à l'école de Constantine et non interprétés dans la nouba). Les thèmes des Zjoul ont trait à la nature. On interprète les zjoul sur une musique monocorde qui se termine par une envolée élégante. Ce genre musical utilise les modes musicaux connus dans l'école andalouse de Constantine mais avec des rythmes qui lui sont propres. Le chant des Zjoul s'accompagne souvent par les frappes des mains.

Il existe dans d'autres villes de l'est algérien des associations musicales qui pratiquent le malouf comme à Annaba, Collo, Biskra, Guelma en suivant la tradition de l'école de Constantine (Algérie).

Musique populaire citadine[modifier | modifier le code]

Musique née au début du XXe siècle, exprimée en Arabe algérien, elle dérive de la musique arabo-andalouse ( dite Musique classique algérienne). Elle comprend en son sein trois formes :

  • le Haouzi qui dérive du Gharnati, est un genre poétique qui est né dans les faubourgs de Tlemcen et s'est répandu au sein des populations citadines.
  • l'âroubi qui dérive de la Ça'nâa et récemment (XXe siècle) l'apparition du Chaâbi ;
  • le Mahjouz qui dérive du Malouf, est un genre musical populaire qui dérive du Malouf où le chant est fortement scandé et accompagné d'une musique composée sur les modes musicaux du Malouf, mais avec des rythmes différents de ceux de la Nouba.

Chaâbi[modifier | modifier le code]

Mourad el Baez
Article détaillé : Chaâbi algérois.

Le chaâbi est une musique citadine qui appartient à la musique arabo-andalouse mais enrichie aujourd'hui par diverses influences : arabe, européenne et africaine dans ses mélodies, et gnawa et berbère dans ses rythmes[11].

Le chaâbi (populaire en Arabe algérien) est né au début du XXe siècle dans la région d'Alger[11] notamment par la diaspora kabyle[12], cependant il est apprécié dans toute l'Algérie, pour l'aspect moral et social de ses textes, les maitres Hadj M'hamed El Anka et Cheikh Nador sont considérés comme les créateurs du genre[11].

Raï[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Raï.

Le Raï est un genre musical Algérien en Arabe algérien apparu au début du XXe siècle autour d’Oran.

L’origine du mot raï, qui signifie « opinion », « avis » ou « point de vue », viendrait de l’époque où le cheikh (maître), poète de la tradition wahrani, prodiguait sagesse et conseils sous forme de poésies chantées en dialecte local. Cependant, dans le contexte de la complainte populaire, le chanteur qui se plaint de ses propres malheurs sans vouloir accuser personne s'accuse lui-même. Et plus exactement, il s'adresse à sa propre faculté de discernement, à son raï qui, cédant aux sentiments, l'a conduit à prendre les mauvaises décisions. Le chant commence ainsi : Ya Raï (ô mon discernement).

Née dans la région d'Oran sous sa forme première ou traditionnelle et le Raî s'est popularisé par étapes dans le reste de l'Algérie ; elle conquiert le monde après avoir subi de nombreux enrichissements et perfectionnements en Occident.

Cette musique vient d'une occidentalisation de tous les genres musicaux existant en Algérie (en particulier le châabi) utilisant une orchestration moderne occidentale (synthétiseurs, guitares électriques, etc.).Cette nouvelle musique nécessitait donc un phrasé plus souple et moderne d'où l'emploi de l'arabe algérien mélangé à des mots français ou anglais.

Musique kabyle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique Kabyle.
Idir lors d'un concert gratuit à Bondy le 21 juin 2008, pour la fête de la musique et la 20e édition du festival "Ya d'la banlieue dans l'air".

Style traditionnel de la Kabylie, d'expression kabyle, il dérive essentiellement de l'achewiq.

Entre les années 1950 et les années 1970, plusieurs chanteurs et chanteuses kabyles ont introduit la musique occidentale dans leur musique qui resteront dans le style savant ou classique méditerranéenne. Dans les années 1960, la chanteuse kabyle Nouara une des pionnières de la musique algérienne de langue kabyle dans l'introduction de la musique moderne dans certaines de ses chansons.

Dans les années 1970 des tentatives d'occidentalisation de la musique berbère et maghrébine ont débuté avec des artistes kabyles comme Idir qui a composé et interprété la chanson célèbre A Vava Inouva et qui a fait le tour du monde.

Musique chaouie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique Chaouie.

Musique essentiellement chantée en chaoui (berbère des Aurès). Le folklore est diversifié dans les régions des Aurès. La musique traditionnelle est bien représentée par nombreux chanteurs Aurassiens. Les premiers chanteurs qui ont connu un succès international sont Aissa Jermouni et Ali Khencheli[13]. Le style de musique Rahaba est propre à toute la région des Aurès. De plus, plusieurs styles de musique existent comme le style arabo-andalous, l'un des chanteurs chaouis connu est Salim Hallali. Plusieurs chanteurs des Aurès se sont inspirés de ce style comme Youcef Boukhantech.

Les femmes ont pu avoir leur place dans la scène national. La télévision algérienne diffusait les chansons de Thelja (Ya Saleh) et de Beggar Hadda dans les années 1970. Aussi, Houria Aïchi a fait plusieurs albums en France.

Un autre genre de musique moderne chaouis s'est imposé dans la région. Cette musique est un mélange de rock (Les Berbères (groupe de rock chaoui)), de blues, de folk (Smaïl Ferrah) et de raï en langue chaoui (berbère) et en arabe. Quelques chanteurs et musiciens s'inspirent de la musique arabe classique.

La danse chaouis est formée d'un regroupement d'hommes ou de femmes dansant face à face en entonnant des chants polyphoniques accompagnés de gasbas et de bendirs.Le rythme particulier du bendir chez les Chaouis se retrouvent dans quasiment toutes les chansons des Aurès.

Musique du Sahara[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gnaoua.

La musique Tergui est un style traditionnel du Sud algérien d'expression tergui et arabe (dialectal). Il s'agit d'une musique ancestrale importée de l'Afrique noire vers le Maghreb par les dynasties régnant sur le Maghreb ; La musique Tergui sera influencée, entre autres, par le Tindé (style de l'extrême-Sud algérien) et l'Ahellil du Gourara.

La musique Gnawa d'Algérie s'appelle en réalité la musique Diwane; on l'appelle aussi Diwane-Gnawa afin de mieux l'identifier car sa consœur GNAWA marocaine est internationalement la plus connue. La musique Diwane d'Algérie et ses consœurs ont pour point commun une origine africaine subsaharienne et certains rites. Toutefois, ces musiques " GNAWA " d'Algérie, du Maroc de de Tunisie, de Libye et d'Égypte vont se spécifier en fonction des populations, des histoires propres à chacun de ces pays ou régions et ne connaitront pas le même parcours ou les mêmes influences.

Musique actuelle[modifier | modifier le code]

Rachid Taha, célèbre au Québec, en Algérie et en France

Depuis le début des années 1970, la musique algérienne s'est diversifiée au contact de la culture occidentale et orientale. Les Charles Aznavour, Oum Kalsoum, Farid El Atrache, Jimi Hendrix, Beatles, et autres Michael Jackson et Madonna ont largement influencé plusieurs artistes algériens les poussant à adapter différents styles musicaux venus d'Occident et d'Orient à la culture algérienne. C'est comme ça que l'on a vu apparaître de la variété (tendance occidentale et tendance orientale), rock, le rap, le jazz ou encore le reggae en Algérie.

Des artistes algériens exilés rencontrent un succès en Europe comme Biyouna, Idir, Djurdjura ou Souad Massi lors de la Victoire de la musique en 2006 pour son troisième album.

Autres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Allaoui.

La 3e musique populaire de fête [réf. nécessaire] d'Algérie est le "staifi" après le raï et la musique Kabyle. Basée sur le rythme zendari rythme originaire de Constantine et aussi sur un accompagnement présent du clavier, cette musique est aujourd'hui très présente dans toutes les fêtes algériennes.

L'allaoui est une danse traditionnelle guerrière de la région Ouest de l'Algérie. Plus précisément autour des villes de Oran, Tlemcen, Nedroma, Maghnia, Ghazaouet, etc. Cette musique et danse guerrière ancestrale est dansée par des mouvements d'épaule au rythme des percussions.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Théâtre algérien.

Les origines du théâtre algérien remontent au début du XXe siècle, à cette époque sans rayonnement important en raison notamment de la censure qu’exerçait la tutelle coloniale qui craignait notamment que les pièces ne dérivent vers des sujets d’ordre subversif, par conséquent les éternelles questions domestiques constituaient les thèmes principaux, mais qui étaient cependant loin de refléter la réalité socioculturelle des Algériens. À partir des années quarante, de grands noms du théâtre émergent tels que Mahiedine Bachtarzi, Rachid Ksentini, Bach Djarah, Mme Keltoum, ces figures allaient constituer le premier noyau de dramaturges algériens qui allaient accompagner de façon soutenue, le mouvement d’affranchissement qui s’est saisi du peuple algérien, puisque durant la révolution algérienne, des troupes théâtrales faisaient des tournées à travers plusieurs pays du monde, dans le but de faire connaître le combat que menaient les Algériens contre la domination coloniale.

Après l’indépendance, le théâtre va suivre la même trajectoire que le cinéma. Cependant, l’avantage du théâtre a été d’être plus critique à l’égard de certaines transformations sociales, politiques et culturelles que connaissait la société algérienne ; animées par des dramaturges de talent à l’image de Kateb Yacine, ces pièces avaient pour thèmes dominants les principales préoccupations des Algériens face au changement de statuts et de mœurs. Par la suite, une nouvelle vague de jeunes comédiens et de dramaturges font leur apparition sur la scène théâtrale, cette épopée fut menée par des figures telles que Abdelkader Alloula, Azeddine Madjoubi, Benguettaf et Slimane Benaïssa. Leurs créations ont été nombreuses et souvent de bonne qualité, parmi les pièces connues il y a Bab El-Foutouh brillamment interprétée par Madjoubi et Lejouad, écrite et interprétée par Alloula,. De nos jours, l’activité théâtrale est marquée par des programmes de création locale et d’adaptation de pièces de grande renommée, l’Algérie dispose à ce titre d’un théâtre national, de sept théâtres régionaux et de nombreuses troupes dites de « théâtre amateur ».

Danse[modifier | modifier le code]

En 1963 est fondé le Ballet national algérien qui développe les danses traditionnelles algérienne, mais également dans une moindre mesure met à son répertoire la danse classique et depuis 2009 la danse contemporaine sous l'impulsion du chorégraphe Abou Lagraa dans le cadre d'un « pont culturel avec la France » grâce à l'aide de la ministre Khalida Toumi[14],[15].

Littérature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Littérature algérienne.

L’Algérie recèle, au sein de son paysage littéraire, de grands noms ayant non seulement marqué la littérature algérienne, mais également le patrimoine littéraire universel dans trois langues : l’arabe, le berbère et le français.

Dans un premier temps, la littérature algérienne est marquée par des ouvrages dont la préoccupation était l'affirmation de l'entité nationale algérienne par la description d'une réalité socioculturelle qui allait à l'encontre des clichés habituels de l'exotisme, c'est à ce titre qu'on assiste à la publication de romans tels que la trilogie de Mohammed Dib, avec ses trois volets que sont la Grande Maison, l'Incendie et le Métier à tisser, ou encore le roman Nedjma de Kateb Yacine[16] qui est souvent considéré comme une œuvre monumentale et majeure. D'autres écrivains connus contribueront à l'émergence de la littérature algérienne parmi lesquels on peut citer Mouloud Feraoun[17] ,[18], Moufdi Zakaria, Mouloud Mammeri, Frantz Fanon, Jean Amrouche et Assia Djebar. Au lendemain de l'indépendance plusieurs nouveaux auteurs émergent sur la scène littéraire algérienne, ils s'imposeront notamment sur plusieurs registres comme la poésie, les essais ainsi que les nouvelles, ils tenteront par le biais de leurs œuvres de dénoncer un certain nombre de tabous sociaux et religieux, parmi eux il y a Rachid Boudjedra[19], Rachid Mimouni, Tahar Djaout, Leila Sebbar, Abdelhamid Benhadouga, Yamina Mecharka et Tahar Ouettar.

Actuellement, une partie des auteurs algériens a tendance à se définir dans une littérature d’expression bouleversante, en raison notamment du terrorisme qui a sévi durant les années 1990, l'autre partie se définit dans un autre style de littérature qui met en scène une conception individualiste de l'aventure humaine. Parmi les œuvres récentes les plus remarquées, il y a L’Écrivain, Les Hirondelles de Kaboul et L’Attentat de Yasmina Khadra, Le Serment des Barbares de Boualem Sansal, Mémoire de la chair de l'écrivain d'expression arabe Ahlam Mosteghanemi et enfin le dernier roman d'Assia Djebar Nulle part dans la maison de mon père.

Sculpture[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cinéma algérien.

Le cinéma algérien est né, essentiellement, après l'indépendance des années 1960. Pendant la guerre d'indépendance, l'absence d'image du côté des Algériens, comparée à celle des images officielles de l'armée française, est significative du déséquilibre du conflit entre les armées régulières d'un État puissant, et des maquisards. Les films militants, tournés du côté algérien, de René Vautier (L'Algérie en flemme) ou Yann Le Masson (J'ai 8 ans) sont soumis à la censure officielle et ne sont pas distribués en salles. Après l'indépendance de 1962, se voulant en rupture avec le cinéma colonial pour qui « l'indigène » apparaissait comme un être muet, évoluant dans des décors et des situations « exotiques », le cinéma algérien témoigne d'abord d'une volonté d'existence de l'État nation. Les nouvelles images correspondent au désir d'affirmation d'une identité nouvelle. Elles se déploient d'abord dans le registre de la propagande, puis, progressivement, dévoilent des « sujets » de société.

À l'origine du cinéma algérien, il y a cette question des films « vrais », « authentiques », celle de l'équilibre fragile entre la nécessité de raconter la vraie vie du colonisé et le besoin de s'échapper du ghetto identitaire construit par l'histoire coloniale. Entre sentimentalisme exacerbé et discours politiques, les premières histoires ont le mérite de rendre compte que les gens ne sont pas seulement en guerre contre un ordre ou soumis à lui, mais aussi se par lent et même se racontent des histoires personnelles. Dans les années 1970, Mohamed Lakhdar Hamina s'empare du thème avec Le Vent des Aurès, tourné en 1965, l'histoire d'un jeune qui ravitaille des maquisards, se fait arrêter, et que sa mère recherche désespérément dans les casernes, les bureaux, les camps d'internement. Décembre, sorti en salles en 1972, montre la capture de Si Ahmed et « interrogé » par les parachutistes français. Chronique des années de braise (palme d'or au festival de Cannes 1975) qui ne traite pas directement de la guerre d'indépendance, son récit s'arrêtant à novembre 1954, alternent les scènes de genre (la misère de la vie paysanne) et recherche d'émotion portées par des personnages fragilisés (une famille emportée dans la tourmente de la vie coloniale).

Patrouille à l'Est d'Amar Laskri, (1972), Zone interdite d'Ahmed Lallem, (1972) ou L'Opium et le bâton, d'Ahmed Rachedi, sont autant de titres programmes qui, sur le front des images, dessinent le rapport que les autorités algériennes veulent entretenir avec le « peuple en marche ». Le cinéma algérien examine, fouille alors dans le passé proche, mais il n'y a pas d'image première de référence. Tout est à reconstruire à partir de rien. Quelque chose relève ici de l'insolence des pionniers, ceux pour qui tout n'est que (re)commencement. Cette image sans passé (il n'y a rien sur les figures anciennes du nationalisme algérien, de Messali Hadj à Ferhat Abbas, ou de Abane Ramdane à Amirouche) cache peut être aussi la hantise de se voir dévoré par des ancêtres jugés archaïques. Ce cinéma décomplexé vis-à-vis d'aînés peut donc avancer rapidement, et la production première de films sur la guerre d'indépendance est importante. L'absence de mélancolie apparaît comme une différence centrale avec les films français sur l'Algérie et la guerre, travaillés quelquefois par les remords, et la sensation permanente d'oubli.Car il existe une perpétuelle sensation d'absence de films français de cinéma de fiction sur la guerre d'Algérie.

Éducation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éducation en Algérie.

Questions de Société[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

Musées et institutions culturelles[modifier | modifier le code]

Médias[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médias en Algérie.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme en Algérie.

L'Algérie est le plus grand pays du continent africain et le 10e pays le plus grand au monde en termes de superficie totale. Situé en Afrique du Nord, une des principales attractions touristiques en Algérie est le Sahara, le plus grand désert au monde. Quelques dunes de sables peuvent atteindre 180 mètres de hauteur. L'Algérie est membre de l'Organisation mondiale du tourisme depuis 1976 mais le tourisme en Algérie n'en est pourtant qu'à ses débuts. Les revenus liés au tourisme ne dépassent pas les 10 % du produit intérieur brut et le pays se classe au 147e rang mondial. Le secteur du tourisme en Algérie représente 3,9 % du volume des exportations, 9,5 % du taux des investissements productifs et 8,1 % du Produit Intérieur Brut.

Les événements tragiques du début des années 1990 ont retardé le développement des infrastructures et découragé bon nombre de touristes d'y séjourner. Cependant la tendance tend à s'inverser avec un retour des étrangers, principalement un tourisme d'affinité venu de France. On note par exemple une augmentation de 20 % de touristes entre 2000 et 2005. Un projet développé lors des "Assises Nationales et Internationales du Tourisme" a vu le jour prévoyant une nouvelle dynamique d'accueil et de la gestion du tourisme en Algérie. Ce projet est appelé Horizon 2025. Les investisseurs étrangers, principalement français, sont en cours de développement pour dominer le marché d'ici à 2010 et axé principalement sur une clientèle d'affaire.

Une première campagne de publicité consacrée à l'industrie a été réalisé pour attirer les investisseurs comme la clientèle étrangères, ainsi que des mesures concrètes telles que conférences, salons professionnels ou commissions.Zinédine Zidane a également été mis à contribution pour un nouveau spot publicitaire réalisé cette fois sous l’égide de l’opérateur de téléphonie, Wataniya Telecom Algérie, destiné à une clientèle individuelle.

Les principaux concurrents sont les pays du pourtour méditerranéen dont la majorité a développé une économie fortement basée dans ce secteur.

Quelques sites et régions touristiques[modifier | modifier le code]

L'Algérie bénéficie d'atouts naturels importants tel que ses plages en général encore à l'état sauvage, des paysages et des zones comme le Sahara algérien. L'Algérie compte 10 parcs nationaux parmi lesquels le Parc culturel du Tassili (100 000 ha) ou le Parc national de l’Ahaggar (Hoggar) (380 000 ha)

Les amateurs de randonnées ont accès au vastes montagnes de Kabylie. Malgré ce que l’on pense, l’Algérie dispose aussi d’un domaine skiable à Tikjda ainsi que des stations thermales.

Sur le plan architectural, on peut noter une forte influence espagnole, arabe, française consécutive à la colonisation mais aussi des œuvres plus contemporaines. La grande poste d’Alger reste un monument remarquable de type néo-mauresque, œuvre de Jules Voinot et Marius Toudoire. La Casbah d'Alger est également un lieu de visite classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1982[20].

Témoignages[modifier | modifier le code]

Certains architectes ont laissé une empreinte forte dans le panorama algérien, parmi eux Oscar Niemeyer[21] qui écrit dans ses mémoires: « j’aimais cette ville (Alger) accueillante, ses rues qui descendaient, tortueuses vers la mer. Ses criques et ses petites baies, ses plages de galets, la Méditerranée riche en légendes et mystères, les petites maisons blanches, presque aveugles, pour se protéger du vent. [...] Mais c’est à Constantine que j’ai laissé mon meilleur travail : l’université de Constantine. Je ne voulais pas faire une œuvre courante, mais une université qui soit le reflet de la technique d’aujourd’hui. »

Religions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion en Algérie.
Grande mosquée d'Alger, construite en 1660[22]

Il n'existe pas de recensement officiel en matière de religion[23]. Toutefois, il est généralement estimé que l'islam est la religion de 98 à 99 % des Algériens[24],[25]. L'État algérien a fait de sa branche sunnite la religion d'État[26]. Les musulmans sont majoritairement de rite malékite, mais on trouve également des communautés ibadites comme dans le Mzab.

Il existe aussi plusieurs confréries soufies ou autres, les zaouïas. Ces derniers ont un grand rôle dans la société algérienne.

Plusieurs cérémonies religieuses célèbrent la naissance du prophète de l'islam Mahomet depuis des siècles. À ces occasions, l'usage de pétards provoque des hospitalisations chaque année.

Les récitants du Coran et les enfants circoncis reçoivent des cadeaux de la part des différents ministères et associations comme Ihssan lors des fêtes religieuses.

Les Églises protestantes d'Algérie avançant le chiffre de 50 000 fidèles en 2008[27], le ministère des Affaires religieuses reconnaît 11 000 chrétiens dans le pays, essentiellement catholiques[28]. Roger Saïd est un algérien de confession juive représentant depuis 2009 les intérêts de la communauté juive en Algérie[29].

Cultures régionales[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) - « Loi n° 02-03 portant révision constitutionnelle », adopté le 10 avril 2002, attribuant notamment à tamazight le statut de langue nationale.
  2. a et b (fr) - http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/, Jacques Leclerc, L’aménagement linguistique dans le monde. CIRAL (Centre international de recherche en aménagement linguistique).
  3. Khaoula Taleb Ibrahimi, « L’Algérie : coexistence et concurrence des langues », dans L'Année du Maghreb, vol.1 (2004) (Lire en ligne)
  4. (en) - http://www.ethnologue.com/, Ethnologue: Languages of the World, Fifteenth edition - Gordon, Raymond G., Jr. (ed.), Dallas, 2005 (ISBN 1-55671-159-X).
  5. La mondialisation, une chance pour la francophonie
  6. (fr) - « Données historiques et conséquences linguistiques »
  7. Langues étrangères en Algérie : Enjeux démocratiques, Lakhder Baraka, Sidi, Mohamed, 2002, page 6
  8. Aux sources de l’art arabo-andalou : les noubas algériennes
  9. Regard sur l'histoire de l'Algérie, Zahir Ihaddaden, p.19
  10. Baron Rodolphe d'ERLANGER: La musique arabe, Paris, Paul Geuthner, t.VI, 1959
  11. a, b et c Petit Futé Algérie 2011, Jean-Paul Labourdette, Dominique Auzias, p 119 [1]
  12. Des Louangeurs au Home Cinema en Algérie Par Hadj Miliani, p93
  13. Algérie, Dominique Auzias
  14. Du sang neuf au Ballet national d'Alger dans Le Figaro du 11 octobre 2010.
  15. «Nya» jusqu'à la folie dans Le Soir d'Algérie du 21 septembre 2010.
  16. Kateb Yacine,Nedjma, roman, Paris, Éditions du Seuil, 1956, p. 256
  17. Mouloud Feraoun, Le Fils du pauvre, Menrad instituteur kabyle, Le Puy, Cahiers du nouvel humanisme, 1950, p. 206
  18. Christiane Achour, Mouloud Feraoun, Une voix en contre point, Paris, Silex, 1986, p. 104
  19. Voir : Anthologie de la littérature algérienne (1950-1987), introduction, choix, notices et commentaires de Charles Bonn, Le Livre de Poche, Paris, 1990, (ISBN 2-253-05309-0)
  20. algeriantourism.com
  21. Oscar Niemeyer
  22. La ville mouvementée: espace public, centralité, mémoire urbaine à Alger. Par Nassima Dris, Sylvia Ostrowetsky. L'Harmattan, 2001. ISBN 2-7475-1812-4. PAGE 317 book Google.
  23. afrik.com, « Chrétiens d’Algérie : la mémoire d’une Algérie plurielle »,‎ 19 décembre 2000 (consulté le 21 février 2011)
  24. (en) The World Factbook, « Algeria », CIA,‎ 1.3.2011 (consulté en 6.3.2011)
  25. (en)[PDF]Pew Forum on Religion & Public Life, « Mapping the Global Muslim Population »,‎ octobre 2009 (consulté en 6.3.2011), p. 29
  26. (fr) - Article 2 de la constitution algérienne.
  27. Lawyer: Jail Christian converts: Africa: News: News24
  28. Algeria closes churches: Africa: News: News24
  29. El Annabi du 1 ièr juillet 2009 : Une représentation officielle de la religion juive, en Algérie

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Aspects de la culture algérienne : problèmes et perspectives, Centre culturel algérien, Paris, 1986, 178 p.
  • (fr) Claude Briand-Ponsart (dir.), Identités et culture dans l'Algérie antique (actes du colloque, Université de Rouen, 16 et 17 mai 2003), Publications des Universités de Rouen et du Havre, Mont-Saint-Aignan, 2005, 504 p. (ISBN 2-87775-391-3)
  • (fr) Jean Déjeux, Culture algérienne dans les textes, Office des Publications Universitaires, Alger, 1983 (2e éd.), 166 p.
  • (fr) Collectif, L’Algérie histoire, société et culture, Casbah, 2000, 351 p. (ISBN 9961-64-189-2)

Discographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Gnawa de Mostaganem : rituels de la Layla et du Moussem (collec. Henri Lecomte), Iris Music, Paris ; Harmonia Mundi, Arles, 2000
  • (fr) Algérie : le chaabi des grands maîtres, Institut du monde arabe, Paris ; Harmonia mundi, Arles, 2000
  • (fr) Algérie : musique andalouse d'Alger, Institut du monde arabe, Paris ; Harmonia mundi, Arles, 2002
  • (fr) Trésors de la musique algérienne, Institut du monde arabe, Paris ; Harmonia mundi, Arles, 2003
  • (fr) Voie soufie, voix d'amour (Nassima), Institut du monde arabe, Paris ; Harmonia mundi, Arles, 2005
  • (fr) Les chants de Taos Amrouche : chants berbères de Kabylie, Frémeaux & associés, Vincennes (Val-de-Marne) ; distrib. Socadisc, 2009 (5 CD)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • (ar)(fr) Vivre et écrire en Algérie, film de Dominique Rabourdin, (interviews de Boualem Sansal, El-Mahdi Acherchour, Mustapha Benfodil et al.), CNC, Paris, 2008, 79' (DVD)

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]