Musique irakienne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La musique irakienne (en arabe, موسيقى عراقية) appartient à l'aire de la musique arabe, mais elle a des particularités en vertu de la proximité géographique et culturelle (chîite), de la musique iranienne et de sa propre composante, la musique kurde.

L'histoire de la musique en Irak remonte à la Mésopotamie. Tout comme la musique égyptienne ancienne, elle a toutefois disparu avec l'avènement de l'Islam et de la culture arabe. Baghdad devint au Moyen Âge, un centre musical et culturel important pendant le règne des Abbassides.

Musique savante arabe[modifier | modifier le code]

C'est le compositeur turkmène Rahmat Allah Shiltegh (1798-1872) qui donna une forme moderne à cette musique au XIXe siècle.

Les maqâmat interprétés en Irak sont au nombre de 70 environ, et se distinguent quelque peu de leurs versions syriennes, par leurs rythmes lents, leurs mélismes accentués, leurs mélodies plus simples, leurs libres ornementations rythmiques et la dominance des modes mineurs. De plus le terme de maqâm désigne ici non seulement un mode mais aussi une suite musicale, avec un prélude taqsim, puis une introduction tahrir, un poème matan et enfin une conclusion taslim. Il existe cinq cycles nommés aussi fasl.

Chalghi Baghdadi

Les textes poétiques (de Mohammad Mehdi Al-Jawahiri (en), al-Mutanabbi, Ábû Nuwâs et Hafez ou Omar Khayyám) peuvent être non seulement en arabe, mais aussi en turc, arménien, turkmen, hébreu, araméen ou en persan.

Groupe de théâtre musical, Baghdad, 1920s.

Au-delà des formes classiques de la musique arabe (qasidah, mawwal (en)…), il s'est développé en Irak au XXe siècle un genre de chanson légère, le pesteh ou pastâ ("lien"), concluant un maqâm, dont Selima Murad (en) et Nazem Al-Ghazali (en) (1920-1963) furent des interprètes connus.

Parmi les chanteurs, ou chanteuses, les plus prisés on peut retenir : Rachid Al-Qundarchi (1887-1945), Youssouf Omar (1918-1987), Salim Shibbeth (1908- ), Hassan Chewke (1912-1962), Najim Al-Sheikhli (1893-1938), Mohammed Al-Qubanchi (1900-1989), Husayn Ismail Al Asami, Hamid Al Saadi et Farida Mohammad Ali (1963- ), auxquels ont succédé, de manière plus populaire, Shatha Hassoun, Dalli, Rahma Mezher, Majid Al Muhandis et Kadhem Saher.

Il existe depuis longtemps des musiciens juifs, issus de la diaspora, dans les cités iraqiennes[1]. Parallèlement au Conservatoire, une école pour musiciens juifs aveugles fut fondé à Baghdad en 1930. Bien des élèves de ces formations participèrent au Congrès du Caire sur la musique arabe en 1932. En 1936, la radio iraqienne fut fondée avec un ensemble instrumental juif par Saleh et Daud Al-Kuweity qui y introduisirent le ney et le violon. Dès cette époque, les nightclubs étaient aussi redevables aux musiciens juifs. Les chanteurs étaient quant à eux soit musulmans, soit juifs, soit chrétiens.

Musique folklorique[modifier | modifier le code]

Comme bon nombre de ses voisins, l'Irak possède un patrimoine musical folklorique axé sur la paire hautbois (zurna)-tambour (tabl). Ceux-ci accompagnent les danses populaires dabkas, où les hommes se mettent en cercle ou demi-cercle, lors des festivités de mariages notamment.

Comme ailleurs dans le monde arabe, les femmes chantent des halahils à l'occasion des mariages.

Dans le désert, on retrouve la musique bédouine autour de l'ataba, un chant long narratif accompagné à la vièle.

Instruments[modifier | modifier le code]

Joueur de nay

Les instruments utilisés dans la musique savante, dont l'ensemble tchalghi de Baghdad (Al-Tchalghi Al-Baghdad Ensemble, Ensemble Al-Kindi, etc.) est la formation typique, sont :

Auxquels s'ajoutent pour le folklore :

Il existe une grande école instrumentale en Irak, notamment pour le oud, dont Ezra Aharon, Ahmed Mukhtar, Munir Bashir et Jamil Bachir sont les interprètes les plus connus[2]; Nasseer Shamma et Omar Bachir ayant pris la relève… Munir bachir a introduit quant à lui la forme du récital de oud entièrement fondu dans le taqsim, tout en intégrant des éléments nouveaux tels l'emploi des harmoniques et de nuances (diminuendo, sforzando et crescendo) ; il a aussi interverti la corde la plus grave du oud, avec la plus aiguë. On pourra également citer Simon Shaheen

Références[modifier | modifier le code]

  1. Kojaman Yeheskel, Jewish Role in Iraqi Music, Journal of Babylonian Jewry, The Exilarch's Foundation, 1999, Tel Aviv.[1].
  2. Manasseh Sara, An Iraqi samai of Salim Al-Nur, Arts and Humanities Research Board Research Centre for Cross-Cultural Music and Dance Performance, London [2]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bill Badley et Zein al Jundi, « Europe Meets Asia », 2000, in World Music, Vol. 1: Africa, Europe and the Middle East, de Simon Broughton et Mark Ellingham, avec James McConnachie et Orla Duane (éd.), p. 391-395, Rough Guides Ltd, Penguin Books (ISBN 1-85828-636-0)
  • Schéhérazade Qassim Hassan, Les instruments de musique en Iraq, EHESS, Paris, 1980.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]