Raï

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Raï
Origines stylistiques AlgérieMusique algérienne.
Origines culturelles Début du XXe siècle en Algérie
Instrument(s) typique(s) Bendir, Derbouka, Nay, Accordéon, Synthétiseur, Violon
Popularité Musique traditionnelle populaire dans toute l'Algérie, et dans tout le monde arabe.

Genre(s) dérivé(s) Raï'nb.
Genre(s) associés(s) aucun.
Scènes régionales Oran, Rif, Sidi-Bel-Abbès, Alger, Sétif, Algérie,Marseille,Paris,Nador, Casablanca, Tanger, Tunisie et tout le Maghreb.

Voir aussi Musique arabo-andalouse

Le raï est un genre musical algérien apparu au début du XXe siècle autour d’Oran (Ouest de l'Algérie: Sidi-Bel-Abess, Temouchent,Ghazaouet, Rilizane, Mostaganem, Annaba) et qui s'est répandue dans une moindre mesure au Rif oriental voisin (Nador, Kebdana, Alhoceima, Berkane, Melilla, Ceuta).

L’origine du mot raï, signifie « opinion », voire« avis » ou « point de vue », selon le journaliste Mohamed Balhi (« Dis moi mon sort », Algérie-Actualité, 10/08/1980), qui, le premier, a étudié ce genre musical, alors banni officiellement, en le popularisant dans les médias, viendrait de l’époque où le cheikh (maître), où le poète de tradition melhoun (héritée des Almohades) et plus précisément sa variante le wahrani, prodiguait sagesse et conseils sous forme de poésies chantées en darija. Al malhoun aurait en effet eu ses prémices à l’époque almohade où de nombreuses productions maghrébines et andalouses du zajal ont vu le jour selon Ibn Khaldoun. La forme première du malhoun était véhiculée par les maddahin, s’accommodait en effet très bien avec la mission de diffusion d’information que s’étaient assigné les premiers Almohades.

Cependant, dans le contexte de la complainte populaire, le chanteur qui se plaint de ses propres malheurs sans vouloir accuser personne s'accuse lui même. Et plus exactement, il s'adresse à sa propre faculté de discernement, à son raï qui, cédant aux sentiments, l'a conduit à prendre les mauvaises décisions. Le chant commence ainsi : Ya Raï (ô combien est riche mon discernement).

Sommaire

[modifier] Histoire

[modifier] Débuts

Depuis les années 1920, les maîtres et maîtresses du raï traditionnel oranais tels Cheikh Khaldi, Cheikh Hamada ou Cheikha Remitti, représentent la culture bédouine traditionnelle. Leur répertoire est double. Le registre officiel célèbre la religion, l'amour et les valeurs morales lors des fêtes des saints des tribus, les mariages ou les circoncisions. Le registre irrévérencieux (une échappatoire aux rigueurs de la morale islamique) est interdit et chanté essentiellement dans les souks et les tavernes. Danseuses et musiciens ambulants y parlent de l'alcool et des plaisirs de la chair. Ces deux formes sont à l’origine du raï moderne.

Dans les années 1930, on chante le wahrani, adaptation du melhoun accompagnée à l’oud, à l’accordéon, au banjo ou au piano. Cette musique se mélange aux autres influences musicales arabes, mais aussi espagnoles, françaises et latino-américaines. C’est ainsi que, vers les années 1950, avec Cheikha Remitti (Charak gataâ), cette musique qui, à l’origine, ne rassemble que quelques chanteurs, finit par s’étendre, après l’indépendance, à l’ensemble de l’Algérie. Les instruments traditionnels du raï (nay, derbouka, zoukra et bendir) s’accommodent de la guitare électrique et sa pédale wah wah comme chez Mohammed Zargui ou de la trompette et du saxophone comme chez Bellemou Messaoud.

Dans les années 1960 apparaissent deux orchestres qui font bouger la ville d'Oran : l'orchestre « Les Adam's », et l'orchestre « Les Student's ».

Néanmoins, cet historique ne correspond qu'à une partie du raï "traditionnel" ; à cela il faut ajouter, les influences des populations judéo-algériennes, européennes d'Algérie (principalement française), et d'artistes berbères sur cette musique, celle-ci incorporera aussi du châabi. Entre les années 1960 et la fin des années 1980, le raï traditionnel subira encore de nombreuses transformations avant d'arriver à sa première forme connue en France, forme qui permettra le début de son internationalisation.

[modifier] Modernisation et Popularisation

À la fin des années 1970[réf. nécessaire], les synthétiseurs et les boîtes à rythmes font leur apparition, le raï s’imprègne des styles rock, pop, funk, reggae et disco avec notamment Mohammed Maghni, mais aussi Rachid Baba Ahmed et Fethi Baba Ahmed qui développent la production raï.

La modernisation de la chanson Kabyle a joué un rôle déterminant dans le mouvement de modernisation de la musique Raï (voir musique kabyle moderne des années 70). En effet, en 1967 le premier groupe de rock kabyle nommé Les Abranis (1967) voit le jour et provoque dès le début des années 70 une vague d'artistes ayant adopté un style moderne; entre autres on peut citer : Meksa (1976), Ferhat Mehenni (1976), Djamel Allam (1974) ou Idir (1973) qui par sa chanson A Vava Inouva, enregistrée en 1976, sera le premier artiste algérien et du "monde arabe" à connaitre un succès international : diffusion dans 82 pays et traduction en 15 langues. D'autres géants de la chanson algérienne d'expression kabyle qui ont précédé ce mouvement de musique aux influences modernes: on peut évoquer sans nul doutes e la légende de Cheb Hasni qui est souvent associé à son titre " La Maison Blanche ", enregistré en 1930, dans lequel il introduit des touches de musique occidentale et s’illustre dès lors en créant un style reconnaissable à sa cascade de voix grave, aux sonorités lancinante du banjo et à ses textes qui évoquent la douleur sentimentale, ou bien du maître. Chérif Kheddam (1963) qui était le premier à utiliser des tempos brésiliens dans sa musique qui associe un style traditionnel, classique et moderne sans oublier Nouara (1965) la diva de la chanson kabyle qui était réputée par sa voix de rossignol et son militantisme en faveur de la culture amazighe et des droits de la personne.

C'est seulement à partir du milieu des années 1980 que le raï va véritablement être catapulté au rang de musique nationale avec l'arrivée de nouveaux chanteurs, les Chebs (« jeune », féminin cheba) : Cheb Hasni, Cheba Fadila (You Are Mine, 1988), Cheb Khaled (Kutche, 1989), Cheb Mami (Let Me Rai, 1990), Cheb Sahraoui, Chaba Zahouania, Cheb Kader (From Oran to Paris), Abdel Ali Slimani, Ahmed Saber, les Frères Bouchnak, etc. Il existe également des groupes comme Raïna Raï (Hagda, Zina), très populaire en Algérie, qui colore ses morceaux avec d'autres genres musicaux. Il existe également plusieurs artistes féminines de raï (qui viennent souvent de Meddahates) telles que Chaba Zahouania ou Fadela.

Cette nouvelle musique mélange instruments traditionnels, synthétiseurs, batterie électronique et basse, remettant au goût du jour de vieilles mélodies. Le premier Festival Raï a lieu à Oran en 1985. Face à l’engouement des jeunes algériens, le gouvernement reconnut officiellement le raï. D'autre part des groupes de fanatiques [???pas sur! certains proches du défunt chanteur pensent à un assassinat d'intérêt avec le sboites de prod] assassinèrent le père du raï sentimental Cheb Hasni dont les paroles étaient jugées intolérables par certains groupes islamistes.

[modifier] Internationalisation et naissance d'autres variantes

Au début des années 1980, Mohamed Balhi fait écouter de la musique raï au journaliste français Jean Louis Hurst de Libération, qui lui consacrera des articles. C'est à cette époque que Chebba Fadila était au sommet de son art avec son titre "Birra arbi, wiskhy gueouri". Arrivé en France à la fin des années 1980, le raï y atteint une forte popularité dans les années 1990 grâce d'une part à son enrichissement et son perfectionnement au contact des artistes et studios d'enregistrement français et d'autre part au soutien des jeunes issus de l'immigration maghrébine à la recherche d'une musique leur ressemblant. Les artistes les plus connus en France sont Cheb Khaled (Didi un tube qui fit le tour du monde), Rachid Taha (reprise de Ya Rayah, musique Chaâbi de Dahmane El Harrachi) et Faudel (Tellement n'brick). Cheb Mami est célèbre à l'échelle internationale avec une chanson en duo avec Sting.

Cheb Mami fut le premier artiste Raï a proposé des fusions raï-rap, raï-musique kabyle, raï-musique celtique...

Son succès s'étendra et se renforcera lorsque des compositeurs de styles différents se joignent au mouvement (Jean-Jacques Goldman compose Aïcha pour Khaled) et beaucoup de chansons sont interprétées en français. Le raï en profite pour se mélanger à d’autres formes de musique comme le rap, le reggae, le rock, ou la musique techno. Et plus récemment (été 2004) l'émergence d'une nouvelle vague musicale qui conjugue raï et rhythm and blues, grâce à la compilation Raï'n'B Fever qui a réunit des grands noms des deux genres musicaux.

C'est donc au contact de l'Occident (à Marseille principalement) que le raï, né dans sa forme première à Oran, gagnera ses lettres de noblesse et d'où naitront de nouvelles variantes. Citons par exemple le RAÏ-RnB du chanteur algérien Mohamed Lamine ou de la chanteuse Leslie. Le rôle prépondérant de la France principalement (collaborations et influences d'artistes, studios d'orchestration, public...) explique pourquoi les chanteurs de RAÏ les plus connus à travers le monde ont fait leur révolution ou leur début en France. Le soutien des jeunes de la diaspora maghrébine francophone pour cette musique a été fondamental dans l'expansion de cette musique.

Depuis 2001, en France, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (France) (CSA) a reconnu le raï comme un genre musical à part entière en lui attribuant deux fréquences en région parisienne pour la radio FM Only raï fondée et lancée par Ahmed Ben Abla. Elle est joignable sur les fréquences 94.6 MHz et 91.5 MHz et diffuse ses programmes 24h/24.

Toutefois, le terme raï est parfois généralisé à des musiques arabo-musulmanes ou orientales occidentalisées et modernisées d'origine non algérienne : citons le cas de la chanteuse Égypto-Belge Natacha Atlas, Le groupe Hispano-marocain ALABINA, la Chanson "Salama ya Salama" de la chanteuse Italo-égyptienne Dalida ou encore les tubes de Chanteurs Turco-allemands. Avec d'autres courants musicaux arabo-musulmans, le RAÏ a participé au succès en Occident du métissage musical Orient-Occident.

En juillet 2007, nait "Wah'Raï" la première radio qui émet du Raï en direct depuis Oran sur le web "Wah'Raï" ou l'on retrouve les plus grands artistes de Raï comme Cheb Hasni ou l'artiste en vogue actuellement en Algérie : Cheb Abbes

En 2008, Aminoss, célèbre compositeur et arrangeur algérien de jazz et de musique contemporaine reprend avec brio deux chansons incontournables du Raï, en l'occurrence Mazal Galbi Melkiya Ma Bra du regretté Cheb Hasni ainsi que Ma Tejebdoulish composée par Toufik Boumalah et chantée par Chebba Djenet dans sa version originale. Le Raï est mis à l'honneur en Tunisie par le musicologue et chanteur cheb Wissem.

[modifier] Ses interprètes

[modifier] Notes et références

[modifier] Annexes

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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