Musique inuite

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La musique inuite est l'œuvre des Inuits (appelés aussi Esquimaux), des populations répandues dans les régions circumpolaires du Canada (Nunavut, Nunavik, Nunatsiavut, Territoires du Nord-Ouest), des États-Unis (Alaska), du Groenland et de la Russie (Sibérie).

Étrangement, il n'existe pas de mot ou de concept pour le terme « musique » en langue inuktitut. Le vocable nipi décrit plutôt un phénomène sonore incluant musique, son de la voix ou bruit. Il n'existe pas non plus de musique instrumentale : les sifflets, rhombes, tambours et autres guimbardes sont uniquement destinés à l'accompagnement.


Musique traditionnelle[modifier | modifier le code]

Chanteuses inuites

La musique traditionnelle est simple et se caractérise par un chant récitatif à ambitus restreint (d'une sixte), une mélodie favorisant les tierces et une rythmique complexe. On y distingue une musique vocale katajjaq et une musique à danser, toujours accompagnées de tambours. Ces productions musicales sont liées au chamanisme (cérémonie pour la chasse ou le jeu) ou à des considérations pratiques (berceuses). Avant l'arrivée des Européens (surtout Écossais et Irlandais), il n'existait ni chant de travail ni chant de courtoisie ou d'agrément. Depuis, on trouve le piseq (ou piserk), un chant personnel contant la vie quotidienne ou les superstitions.

Le chant de gorge comporte diverses appellations selon les régions :

Il consiste en une courte joute oratoire ludique entre deux femmes (pendant les longues périodes d'absences des hommes partis à la chasse), où l'une chante une forme rythmique en ménageant des espaces, tandis que l'autre l'accompagne discrètement en remplissant ces espaces, et inversement, jusqu'à ce que les deux voix se confondent, notamment par l'imitation de cris d'animaux, et que l'une des femmes s'essouffle, ou s'esclaffe. Comme elles se font face de très près, il arrive un moment où l'une des chanteuses se sert de la cavité buccale de l'autre à titre de résonateur amplificateur ; cette intimité est souvent la cause du rire final. Des tapotements de pieds accompagnent parfois les onomatopées vocales.

C'est l'un des très rares exemples de chant diphonique féminin, et le seul sur le continent américain, pratiqué uniquement parmi les Inuites du Canada ; il ressemble au chant disparu rekkukara des Aïnous du Japon.

Ce chant a été l'occasion de quelques représentations cinématographiques :

Instruments de musique[modifier | modifier le code]

Cordes

Percussions

Musique actuelle[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, le guitariste Charlie Panigoniak fut le premier artiste moderne inuit. Susan Aglukark et Tanya Tagaq Gillis, le duo Tudjaat et le groupe Pamyua ont acquis une renommée similaire en métissant le chant de gorge à la musique pop.

On notera aussi le travail de Jean Malaurie, en particulier Chants et tambours inuit, de Thulé au Détroit de Béring – 70’43 (Ocora C 559021, Paris, 1988)

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]