Ahmed Wahby

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Ahmed Wahbi

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Informations générales
Nom de naissance Ahmed Driche Tidjani
Naissance 15 novembre 1921
Marseille, France
Décès 28 octobre 1993
Alger, Algérie
Activité principale Auteur, compositeur, interprète
Genre musical Chanson oranaise
Années actives Années 1940 - 1993
Influences Poésie algérienne, Farid El Atrache, musique arabe
Ahmed Wahby, chante pour les enfants dans un camp de réfugiés algériens en Tunisie en 1958 pendant la guerre d'Algérie.

Ahmed Wahbi (أحمد وهبي), de son vrai nom Ahmed Driche Tidjani, né à la clinique « Ste Anne » de Marseille (Sud de la France) le 15 novembre 1921 et mort à Alger le 28 octobre 1993, est l'un des fondateurs avec Blaoui Houari du genre musical nommé El Asri. Un genre nouveau né à Oran dans les années 1940, et influencé par les grands maîtres de la musique arabe comme Mohamed Abdelwahab et Farid El Atrache, qui tout en empruntant son style à l'Orient utilise les rythmes et le langage poétique typiquement oranais. Il est enterré au cimentière Sidi Yahia de Bir Mourad Raïs à Alger.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né d'un père Algérien et d'une mère Française d'origine Italienne, sa mère décède alors qu'il était encore nourrisson, il grandira avec sa sœur dans le quartier de M'dina Jedida à Oran chez son grand père. Son père est le chanteur Dader qui fut membre du groupe S'hab El Baroud ou Banda Zahouaniya du quartier de M'dina Jedida, Ahmed Wahbi va trouver sa vocation de chanteur à travers le réseau du scoutisme et notamment avec la création en 1937 du groupe de scouts musulmans d'Oran - En-Najah - dont il fera partie avec Hamou Boutlélis et Kada Mazouni. Son talent se révélera lors des longues veillées qui se déroulaient dans la forêt de Misserguine au cours desquelles il reprenait le répertoire de Mohamed Abdelwahab.

Le mois de mai 1992, Driche-Tedjini Ahmed, plus connu sous le nom d’Ahmed Wahbi, était la neuvième personnalité du monde de la culture et des arts à être décoré de la médaille « Achir », alors qu’il était sur son lit d’hôpital, à Ben Aknoun, dans la banlieue d’Alger.

Sur le petit écran, les téléspectateurs découvrirent un homme amaigri, méconnaissable…Il s’éteindra quelques mois après, le 29 octobre 1993 et sera, selon ses vœux, enterré dans la capitale, loin d’Oran, sa ville d’adoption. Wahbi avait 71 ans et un parcours fabuleux dans le monde de la chanson, durant 40 ans.

Auteur compositeur dans le registre de la chanson oranaise, il a interprété plus de 800 chansons, depuis l’enregistrement de son premier disque 78 tours, en 1949, à la maison d’édition « Pacific ». En fait, sa première apparition en public remonte à l’année 1946 à la salle « Atlas » d’Alger, avec Rouiched, Keltoum, Abderrahmane Aziz, Mohamed Touri, Missoum et Cheikh Er-Rouge. Orphelin dès son jeune âge, il fut recueilli et élevé après le décès de sa mère, par ses grands parents qui habitaient à Médina Djedida, à Oran.

Cependant, avant d’être un artiste reconnu, Ahmed Wahbi a connu la gloire dans le milieu de l’athlétisme et de la natation, après avoir été sacré champion dans le 110 mètres haies[réf. nécessaire]. Après s’être investi dans la chanson, dans les années 1940, l’année 1950 sera une période faste, après sa rencontre avec Cheikh Abdelkader ElKhaldi. Il signera ses plus belles chansons dont « Ya Touil Erragba », « El Ghezal », « Yemna ». Son répertoire sera également enrichi, grâce à l’apport d’un autre chantre du « Chi’r El-Malhoune », Cheikh Mostefa Benbrahim.

Ahmed Wahbi fut aussi un militant nationaliste durant la guerre de libération nationale (1954-1962), lorsqu’il rejoint en août 1957, la base frontalière de l’Est, Ghardiamaou, pour renforcer la troupe artistique du FLN et participer à des tournées de galas dans les pays amis d’Europe, d’Asie et du Moyen-Orient, pour représenter l’Algérie et son peuple en lutte pour sa liberté. À la base Ben M’hidi, (Maroc), et dans les centres de soins ouverts dans la bande frontalière de algéro-tunisienne, Ahmed Wahbi apporta réconfort et bonheur, à travers des interprétations de son répertoire, au profit des Djounoud, de l’Armée de Libération Nationale (A.L.N). Après l’indépendance, son itinéraire artistique sera jalonné de succès avec ses chansons telles « Wahran, Wahran »[1].

Auteur compositeur, interprète, Ahmed Wahbi se préoccupa aussi du devenir des autres artistes, en présidant durant deux mandats successifs aux destinées de l’UNAL (Union Nationale des Arts Lyriques), en qualité de secrétaire général. Il sera l’invité de nombreuses émissions télévisées après sa rencontre avec Saïm Hadj son principal parolier. Il produira 19 œuvres de qualité. Ce fut une rencontre féconde que le chanteur mettra à profit pour mettre en musique les belles qacidas, comme « Fat elli fat », « Cha’lat la’youne ».

Ahmed Wahbi a participé dans des galas en parcourant d’autres villes du pays. Sa personnalité s’est forgée aussi dans ses séjours à l’étranger, comme à Paris où il se produisit au cabaret « El-Djazaïr » de la rue de la Huchette, dans le quartier latin. Il est vrai que Wahbi a donné à la chanson oranaise, une dimension qui a dépassé les frontières du Maghreb. Il s’inspirait toujours des grands maîtres de la chanson orientale classique et aimait évoquer de lointaines anecdotes nées de la rencontre avec Farid El Atrache ou Mohamed Abdelwahab et aussi son admiration pour Ryadh Soumbati.

Son retour dans la ville qu’il a toujours adulée sera une halte assez longue pour réfléchir à un projet qui lui tenait tant à cœur. Au crépuscule de sa vie, Ahmed Wahbi avait à cœur de manager un institut pour la promotion de la chanson oranaise avec des enseignants et un programme pédagogique élaboré. Le décor était planté dans le projet de réaménagement du Palais des Arts et de la Culture d’Oran (PACO) mais le projet n’a pas pu être concrétisé.

Ahmed Wahbi va connaître les pires moments de sa vie. Son épouse va décéder suite à une maladie. Ce qui l’affecta énormément. Ensuite, son fils Dader, fut ravi à la fleur de l’âge, victime d’un accident de la circulation. Ce fut le coup de grâce. L’auteur de Wahran, Wahran ne se relèvera jamais. Il dépérit et ne résista pas aux aléas de la vie. Cette ville sera quand même reconnaissante en mentionnant son nom sur le fronton du conservatoire entièrement rénové. C’est le seul souvenir qui rappelle ce monument d’une richesse inestimable.

Le poète de « l'oranité profonde »[modifier | modifier le code]

Auteur de plusieurs de ses chansons, il fera appel à d'autres poètes pour des textes authentiquement oranais. C'est ainsi qu'il sollicitera le poète Abdelkader Khaldi - l'auteur de Bakhta qui eut une grande influence sur la chanson oranaise - ou encore certains maîtres de la poésie populaire comme Mestfa Ben Brahim, Cheikh Saïd ou Cheikh Benkablia. En 1950, il enregistre chez Pathé-Marconi sa chanson phare sur le thème de l'exil qui le consacre dans la tradition algérienne : Wahran Wahran. Chanson où il évoque son père Dader.

L'essentiel de son œuvre se fera dans l'exil puisqu'il vécut à Paris de 1947 à 1957 avant de rejoindre Tunis où il fonde la troupe musicale du FLN. Période où il mène une activité de propagande pour la cause nationale. Résidant à Oran depuis l'indépendance, il ne quittera cette ville qu'à deux reprises : de 1965 à 1967 en séjournant à Paris puis de 1969 à 1971 pour le Maroc. De retour à Oran, il prendra la direction musicale du Théâtre régional d'Oran.

Poursuivant une œuvre qu'il appellera « l'aventure de la chanson algérienne », Ahmed Wahby est contraint au fil des ans de réduire son activité suite à des problèmes de santé. Il meurt à Alger en 1993.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

Singles[modifier | modifier le code]

  • Wahran wahran
  • Seredj ya fares
  • bayet aalel jemar netguela"
  • Alach tloumouni
  • Alf hila ou hila
  • Bakhta
  • Choufou el-hila
  • H'kem ya rabi
  • Kheira
  • Mada j'ra
  • Nabouni
  • Ya arisna
  • Ya moulate el-sac
  • Ya ouchek el-zine
  • Ya ouelfi
  • Ya sayelni
  • Yamna
  • Bekit besslama watni
  • Lasnamia
  • Matoual da el-lil
  • Wahd el-ghozal
  • Ya dzayer
  • Yamina zend'ha ichali
  • Fet eli fet

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]