Musique srilankaise

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La musique srilankaise est intimement liée à la musique indienne toute proche, mais aussi à la musique portugaise en vertu de son passé colonial. On y retrouve ainsi la musique carnatique côtoyant des cantigas et des ballades. Les Portugais ont en outre apporté avec eux des esclaves noirs d'Afrique (Cafres et Burghers) qui ont eux aussi emmené leurs traditions musicales créoles appelées baila. Les Britanniques venus plus tard ont à leur tour également apporté leur influence.

Il existe ainsi parallèlement à une musique d'inspiration bouddhique, une importante tradition de théâtre musical ancien inspirée à la fois du Rāmāyana hindou et du christianisme.


Musique religieuse[modifier | modifier le code]

Bien qu'il existât du Ier au XIIIe siècle un ensemble pancatûrya nâda consacré aux musiques rituelles bouddhiques et de cour, l'influence du bouddhisme theravāda est encore sensible au Sri Lanka par l'importante musique percussive hêvesi déployée à l'occasion des célébrations. L'ensemble sinhârakkâra comprend un hautbois horanâva et deux tambours daula et tammâtta ; il sert autant dans le temple qu'à l'extérieur, lors de processions notamment.

Le kavikâra est un ensemble musical autrefois consacré à la cour, mais depuis 1815, il est consacré aux rituels bouddhiques, notamment lors de l'exposition de reliques. Il pratique une musique panégyrique en même temps et « à l'ombre » d'un ensemble hévesi. Il est composé de percussionnistes héréditaires, jouant de deux tambours udákki, de la cymbale tâlampota et de la clochette pantêruva. Les chanteurs s'obligent à chanter bas et au besoin changent les paroles par des non-sens ou distordent leur voix. Tout est fait pour garder cette production musicale, secrète.

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Musique savante[modifier | modifier le code]

La musique carnatique du sud de l’Inde est pratiquée dans le nord de l'île. Les Tamouls habitant de part et d'autre de la mer, partagent naturellement une même culture et langue. Cependant, cette musique des râgas est assez discrète et ne bénéficie pas d'une grande popularité.

La musique hindoustanie (appelée ragadari music) du nord de l’Inde est aussi pratiquée dans le pays, à petite échelle, depuis la visite de Rabîndranâth Tagore en 1934.

La musique classique occidentale a été introduite par les Britanniques au XIXe siècle et son enseignement est assuré par les écoles publiques, produisant des talents tel le violoncelliste Rohan de Saram.

Musique folklorique[modifier | modifier le code]

La musique folklorique est basée sur les percussions et apparaît à l'occasion des festivals car elle est liée aux rituels bouddhistes, notamment le pirit, sorte d'exorcisme pratiqué couramment à l'aide de récitations de sûtras formant le mahâpirit, le grand chant.

La musique dramatique liée aux formes théâtrales masquées du kolam et du noorthy est assez simple, basée sur quelques notes ; celle du théâtre populaire nadagam (mimé, dansé, narré, chanté) est à peine plus développée mais inclut divers instruments. Elles ne sont que des imitations apparues au XIXe siècle de genres indiens plus anciens influencés par l'apport portugais.

Les cantigas do ceilão sont des ballades accompagnées à la guitare chantées à l'occasion des événements de la vie.

Enfin on retrouve aussi des musiques accompagnant les danses srilankaises tels le kandyan, le low country, le sabaragamuwa, le bharata natyam et le kafrinha.

Instruments de musique[modifier | modifier le code]

Percussionniste

Vents :

Cordes :

Percussions :

Musique actuelle[modifier | modifier le code]

Outre les formes de théâtre tels le kolam, le sokari ou le nadagam qui sont encore très en vogue, c'est la filmi music indienne de Kollywood en tamoul qui est très largement diffusée dans les couches populaires. Quelques artistes srilankais tels Ananda Samarakone ou Sunil Shantha y ont travaillé régulièrement, mélangeant divers styles.

La musique créole, héritage portugais, est assez répandue surtout parmi les Cafres (de kaffir) et les Burghers qui jouent des manhas (de marchinhas) et des bailas (du portugais bailar, « danser ») dont la kaffrinha (ou cafrinhgai) et la chicotte (ou chikothi) sont des variantes. Elle a été réactualisée par Wally Bastien dans les années 1960 avec des instruments modernes (violon, bongo, mandoline, guitare et piano). Il en existe des variantes récentes : chorus baila et wâda baila.

Par ailleurs, de nombreux groupes tels The Moonstones, The Golden Chimes, Los Cabelleros, La Bambas, Humming Birds et Los Muchachos jouent du calypso s'inspirant du chanteur caraïbéen Harry Belafonte.

Récemment de nombreux groupes de pop ou R&B tel Bathiya and Santhush ont émergé aussi.

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]