Musique norvégienne

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La musique norvégienne est intimement liée à celle des autres pays scandinaves, et notamment celle du Danemark qui dirigea le pays de 1380 à 1700, empêchant tout développement national propre, par les échanges entre Cours royales, puis avec celle de Suède, qui fut uni au pays de 1812 à 1905, et qui vit un déplacement fréquent de la Cour et de ses fastes, en Norvège, amorçant une vie musicale locale.

C'est donc dans les zones rurales et dans le folklore qu'il faut voir la source de la musique en Norvège puisque tous les compositeurs en ont intégré des éléments dans leurs œuvres.

Musique traditionnelle[modifier | modifier le code]

Joueur de hardanger

La musique folklorique folkeviser peut être scindée en deux types, selon qu'elle provienne des Norvégiens de souche germanique ou des autochtones Samis :

  • La musique vocale norvégienne inclut le kveding comprenant des ballades, des chants courts improvisés en quatrains stev (anciennement gammelstev), des chants à danser slåttestev, des chants de travail, des hymnes, des berceuses et skillingsvise. Chanté a cappella, on parle par exemple de trollviser ("chant de troll"), de kjempeviser ("chant de géant") ou encore de draumkvedet ("rêve profane").
  • La musique samie (des Saamis ou Lapons) tourne autour de styles vocaux appelés joik et qui consistent en "portraits musicaux", car ce chant a une fonction sociale. Souvent a cappella, il décrit de manière expressive et musicale (plutôt qu'avec des mots), les traits caractéristiques d'une personne, d'un évènement ou d'un lieu digne de souvenir.

La tradition de musique à danser slåtter est similaire aux pays voisins, avec accompagnement de vièles (hardanger (ou hardingfele) et setesdals-fele. Parmi les danses de couple rurales (bygdedans) on recense pols, springleik, rull (ou vossarull), gangar (ou opplandsgangar et bonde) et springar, qui étaient liées aux fêtes calendaires. La danse halling est réservée aux hommes car acrobatique.

Au cours du XIXe siècle, cette musique paysanne (slått) devint l'occasion de compétitions et fut développée par les apports de certains musiciens émigrés un temps aux États-Unis, notamment Lars Fykerudqui organisa des concerts pour les citadins.

De nouvelles danses (fandango, reinlander, waltz, polka, pols (ou polskdans) et mazurka) furent aussi importées d'Europe en ce temps, sans doute par des Rroms (Tatters), notamment Karl Fant ; ces nouvelles formes s'appellent runddans ("ronde") ou gammeldans ("vieille danse").

Parmi les chanteuses traditionnelles on peut citer Agnes Buen Garnås.

Instruments de musique[modifier | modifier le code]

Hardinger

Vents :

Cordes :

Percussions :

Ole Bull

Musique classique[modifier | modifier le code]

Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que des compositeurs classiques font leur apparition en Norvège, sous l'influence amicale des compositeurs suédois séjournant à la Cour de Christiania (Oslo). Le pays devait bien vite adhérer au romantisme, et grâce au talent du violoniste virtuose Ole Bull (1810 - 1880), connu comme le Paganini nordique, conquérir la scène internationale. Ce même musicien fut de plus influencé par les vièlistes traditionnels de Hardanger (Myllarguten entre autres) et inclut à sa musique des éléments traditionnels, avant qu'il ne joue lui aussi du Hardanger, présentant pour la première fois des pièces folkloriques ou des musiciens ruraux au public classique. Ceci devait inspirer Edvard Grieg.

Par ailleurs, des musiciens étrangers commencèrent à s'établir en Norvège, alors que dans le même temps quelques Norvégiennes s'adonnaient aussi à la composition. Cette intensification de l'activité musicale devait amorcer l'âge d'or de la musique norvégienne sous les auspices de Halfdan Kjerulf et de Ludvig Mathias Lindeman (un ethnomusicologue avant l'heure). Les plus grands compositeurs en furent Johan Svendsen et Edvard Grieg, intégrant tous deux des éléments folkloriques au genre classique. Christian Sinding et Johan Halvorsen suivirent leurs traces.

À la suite de la séparation d'avec la Suède en 1905, le nationalisme se développa encore guidé par David Monrad Johansen, Geirr Tveitt, Bjarne Brustad, Ludvig Irgens Jensen, Harald Sæverud, Klaus Egge et Eivind Groven. Ce n'est qu'à partir des années 1930 que quelques compositeurs tels Pauline Hall et Fartein Valen furent influencés par les styles étrangers.

Edvard Grieg par Eilif Peterssen

Après guerre, la musique s'éloigna de ses influences nordiques ou germaniques et se tourna vers les styles américain, britannique ou français, notamment chez Johan Kvandal, Knut Nystedt, Edvard Hagerup Bull et Egil Hovland. Le néo-classicisme et le sérialisme apparuent avec Finn Mortensen, et l'électro-acoustique avec Arne Nordheim.

D'autres compositeurs se tournèrent plutôt vers le passé tels Kåre Kolberg, Alfred Janson et Ragnar Søderlind.

D'autres enfin, la tendance la plus récente, intégrèrent les styles de la musique actuelle (jazz, pop et rock), ainsi de Olav Anton Thommessen, Per Christian Jacobsen, Magne Hegdal, Åse Hedstrøm, Asbjørn Schaatun, Tor Halmrast, Glenn Erik Haugland, Nils Henrik Asheim, Cecille Ore, Ketil Hvoslef et Lasse Thoresen.

Musique actuelle[modifier | modifier le code]

La Norvège a quelques styles propres et des artistes de renom international, toujours friands de métissages.

Ainsi le guitariste de blues Knut Reiersrud s'inspire de l'accord du langeleik. Bjørn Berge, un autre guitariste blues a créé la "delta-funk" musique, confluence du blues du delta et du funk.

La musique électronique et le R&B sont représentés par Noora Elweya Qadry, Winta, Mira Craig et Röyksopp. Parmi les groupes de hip-hop, la Norvège compte entre autres Madcon.

La scène country-folk est dominée par le groupe Hellbillies qui chante en dialecte Hallingdal. On note aussi Heidi Hauge, Bjøro Håland, Salhuskvintetten et Vinskvetten. Gåte, Lumsk et Odd Nordstoga ont popularisé ce style en le métissant avec le metal. La chanteuse Mari Boine s'inspire des joiks sami. La vièliste Annbjørg Lien produit aussi une musique folk-rock.

Grâce aux efforts de Don Cherry (américain mais installé à Stockholm) et Jan Garbarek, la Norvège est pionnière dans le mélange entre world music et le jazz. De nombreux musiciens de stature internationale sont présents en Norvège, tels Jon Christensen, Terje Rypdal, Arild Andersen. Parmi la jeune génération, Øystein Sevåg, Trygve Seim, Terje Isungset, Christian Wallumrød, Per Jørgensen (no), Jon Balke, Tore Brunborg, Jarle Vespestad, Frode Haltli, Frode Berg, Helge Lien, Bjørn Kjellemyr, Ketil Bjørnstad, Geir Lysne, Arve Henriksen, Christian Wallumrød, Tord Gustavsen, Mathias Eick (no) Odd-Arne Jacobsen, Tord Gustavsen, Håvard Wiik, Mats Eilertsen, Rune Arnesen, Eivind Opsvik, Mathias Eick ou Lage Lund assurent un renouveau acoustique, tandis que Nils Petter Molvær, Eivind Aarset, Bugge Wesseltoft, Supersilent ou Jaga Jazzist et Wibutee expérimentent le mélange avec la musique électronique. Paal Nilssen-Love et Ingebrigt Håker Flaten sont actifs dans le free jazz.

Rolf Lislevand joue une musique inspirée de celle de la renaissance.

Sidsel Endresen et Sinikka Langeland jouent une musique inspirée par la tradition. Le jazz vocal trouve ses représentants parmi Solveig Slettahjell, Silje Nergaard ou Sissel Kyrkjebø

Un musicien d'origine tanzanienne Ras Nas (Nasibu Mwanukuzi) est connu pour ses reggae et soukous.

La scène metal bénéficie d'un apport national (Norwegian black metal) avec Taake, Darkthrone, Mayhem, Burzum, Immortal, Emperor, etc.

La pop est représentée par le super-groupe a-ha ainsi que par Furia Norway, Bertine Zetlitz, M2M, Marit Larsen, Alexander Rybak etc. La chanteuse Sissel Kyrkjebø a aussi conquis le marché international.

La scène rock norvégienne comprend les groupes Turbonegro, Gluecifer, Bigbang, Madrugada, Kaizers Orchestra, DumDum Boys, CC Cowboys, Seigmen et Kakkmaddafakka.

Liens externes et sources[modifier | modifier le code]