Musique hébraïque

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La musique hébraïque (qu'on ne peut limiter à la musique israélienne et qu'on distinguera de la musique juive liturgique) a un héritage s'étalant sur trois mille ans d'histoire avec naturellement une variété de ses constituants. De nombreuses cultures musicales sont à l'arrière-plan de l'évolution de cette musique comme celle des civilisations antiques et helléniques à l'époque des patriarches et des Temples, et celles de tous les pays de la Diaspora pendant environ deux mille ans de dispersion.

On connait peu de chose sur les origines lointaines de cette musique. Grâce aux découvertes de S. Haik Ventura, qui est arrivée à déchiffrer les signes inscrits sur les manuscrits des Bibles hébraïques[1], par la suite des études ont permis la reconstitution de la gamme musicale hébraïque à 8 sons[2].

S. Haik Ventura a pu retrouver la composante musicale sur laquelle se chantaient tous les textes bibliques, en constatant que la mélodie suivait le sens des mots, donnait un relief au texte pour l'enrichir. Cette cantilation est très ancienne et remonte à l'époque de l’Exode[3]. Les chœurs exécutaient, probablement à l’unisson, la même mélodie sacrée, d'une composition simple, divisée en une partie masculine et une partie féminine, chantée à l'octave supérieure. En France, Esther Lamandier s'est attachée à retrouver et interpréter ce répertoire particulier en araméen et en hébreu.


Musique liturgique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique juive.

Musique séfarade[modifier | modifier le code]

Musique judéo-arabe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique arabo-andalouse.

Il y avait bon nombre de musiciens juifs au sein du Califat qui régnait sur l'Espagne au Moyen Âge. De même, on en retrouve aussi à la Cour d'Alphonse X de Castille dit El Sabio (le sage ou le savant), où ils participeront à l'élaboration des Cantigas de Santa Maria.

Cette harmonie des cultes ne devait pas durer et lors de la Reconquista, bon nombre de musiciens juifs furent contraint à l'exil en même temps que les Arabes ou musulmans. Il y eut plusieurs vagues d'émigrations qui portèrent au Maghreb ces réfugiés. Ils y furent bien reçus et purent continuer leurs activités musicales (piyyut) en se regroupant au sein de quelques cités. Ils adoptèrent alors l'arabe comme langue et pratiquèrent le répertoire arabo-andalou (puis l'aroubi), d'autant plus facilement que les Musulmans avaient des réticences vis-à-vis de la musique instrumentale. Cette tradition et cette cohabitation dure depuis des siècles sans faillir. Nombre des grands interprètes de musique arabo-andalouse (la musique savante officielle des pays arabes ou musulmans du Maghreb) du XXe siècle sont de confession juive, ainsi Cheikh Raymond, Cheikh El Afrit, Sami El Maghribi ou Reinette l'Oranaise. Ce style s'est exporté vers la France à la suite de la décolonisation, mais aussi vers Israël.

Bon nombre de juifs installés en Irak, en Égypte ou en Syrie, ont pu bénéficier aussi de l'apport du répertoire arabe classique de cette région avant leur retour en Israël.

Musique judéo-espagnole[modifier | modifier le code]

Après la Reconquista advint peu après l'interdiction du judaïsme en terre espagnole en 1492, si bien que nombre de Juifs furent encore contraints à l'exil, mais cette fois plutôt en direction du Machreq et des pays méditerranéens, où ils furent aussi bien assimilés et où les musiques locales servirent bientôt de support (contrafacture) à des chants profanes en ladino (aussi appelé djudezmo ou haketiya) : le romancero, formé de romances et de coplas, et le kansyonero, formé de cantigas ou kantigas. En France, plusieurs chanteuses, parmi lesquelles on peut citer Esther Lamandier, Françoise Atlan, Marlène Samoun, Sandra Bessis, se sont attachées à l'interprétation et la diffusion de ce répertoire.

Musique ashkénaze[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Klezmer.

Le klezmer est une tradition musicale à danser des Juifs ashkénazes (d'Europe centrale et de l'Est). Elle s'est développée à partir du XVe siècle, ses origines - discutées et dépourvues de sources documentaires d'époque - seraient les musiques du Moyen-Orient et de Turquie (héritage originel des Ashkénazes descendants des Hébreux en royaume d'Israël), ainsi que les musiques d'Europe centrale et d'Europe de l'Est (Slaves et Tziganes).

Le mot klezmer vient de l'association des mots klei et zemer, instrument de chant. À l'origine le mot klezmer (pluriel : klezmorim) désignait donc les instruments. Le sens a glissé et on a également appelé les interprètes les klezmorim ; du fait des conditions de vie précaires de ces musiciens itinérants, ce mot pouvait avoir un aspect péjoratif. En raison de ses origines, la langue de prédilection de la chanson klezmer est le yiddish, mais les langues locales étaient aussi utilisées.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En Genèse 4.21, il est écrit que : Youbal fut l’ancêtre de tous ceux qui jouent de la harpe et du chalumeau. Ainsi, la Bible donne à la musique une place importante dans les activités humaines, au même titre que l’agriculture et l’artisanat
  2. ou échelle lydienne
  3. La cantillation formalise le chant rituel de la Bible. Techniquement, c'est plus une forme de prononciation et d'élocution que de la mélodie, bien qu'elle ne soit pas absente de l'exercice. C'est pourquoi les juifs (comme les musulmans) parlent de "récitation" et de "lecture", comme pour un hymne métrique

Bibliographie et liens[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]

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