Musique birmane

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La musique birmane est un métissage entre la musique chinoise, la indienne et la thaïlandaise étant donnée la situation de la Birmanie (ou Union du Myanmar).

Remontant au IXe siècle, la harpe birmane (saung) semble être le plus ancien témoin de cette tradition qui dix siècles plus tard voyait lors de la dynastie Konbaung (1752-1885), des musiciens de cour tels la reine Ma Mya Galay, la princesse Hlaing Hteikhaung Tin, le ministre Myawaddy Mingyi U Sa et le vice-roi de Taungû, Nat Shin Naung.

La musique classique occidentale semble avoir pris racine à la suite de l'occupation britannique.

Les tendances modernes pop, rap, ou rock sont représentées dans les grandes villes auprès de la jeunesse.

Musiciens birmans à la Pagode Shwedagon de Rangoon, vers 1895.

Musique traditionnelle[modifier | modifier le code]

La musique traditionnelle est liée aux rituels religieux et aux formes de théâtre traditionnel : nat-pwèet (danse d'invocation des esprits), yok thei pwè (théâtre de marionnettes) et zat kyi (danse de cour). L'ensemble percussif hsaìng waìng, proche du gamelan indonésien, sert à toutes ces occasions.

La structure principale de cette musique est similaire à celles du Sud-Est asiatique, avec des rythmes à multiples de quatre temps, 4/4 (na-yi-se), 2/4 (wa-let-se) et 8/16 (wa-let-a-myan), dont le quatrième est accentué.

Le répertoire de la musique traditionnelle consiste en sept cents chants dont les textes forment les Maha Gitá et Gitá Wi thàwdani (ou gita wi htou théni), mais dont les mélodies pentatoniques sont transmises oralement de maître à disciple depuis le XVIIe siècle.

Les instruments sont joués sur une échelle musicale de sept notes associées avec un animal, censé produire le son, par une opération chamanique :

  • Usabha, ton produit par la vache, Ré (Khunhit pauk)
  • Phevata, ton produit par le cheval, La (Thone pauk)
  • Chajja, ton produit par le paon, Do (Tapauk)
  • Gandhara, ton produit par la chèvre, Mi♭ (Chauk pauk)
  • Majjhima, ton produit par la grue, Fa# (Nga pauk)
  • Panzama, ton produit par le coucou, Sol (Lay pauk)
  • Nisada, ton produit par l'éléphant, Si♭ (Ngha pauk)

Chaque ton peut être altéré (bémol, dièse ou naturel), ce qui offre 21 combinaisons. Les lignes mélodiques sont variables d'un musicien à l'autre. L'harmonie n'est pas recherchée, mais la variation.

Ensemble hsaing waing[modifier | modifier le code]

Son nom dérive de son instrument principal, le pat waing, consistant en un ensemble de 21 tambours placés sur un socle en cercle, à l'intérieur duquel un seul musicien (saing saya) prend place. Il comporte en outre les carillons kyi waing, un maung hsaing, les hautbois nhai, des flûtes et des tambours. C'est un grand ensemble sonore pour la musique d'extérieur. Il intervient lors de fêtes calendaires religieuses ou non, à partir du répertoire vocal traditionnel.

Ensemble kyì waìng[modifier | modifier le code]

Son nom vient aussi de son instrument principal consistant en un ensemble de gongs sur un socle en cercle. Il est accompagné de hautbois, tambours et cymbales.

Musique folklorique[modifier | modifier le code]

La musique folklorique issue des diverses ethnies peut être classée en trois catégories dominées par les rythmes de gongs : celle des tribus kachin influencées par les hymnes chrétiens ; celle des tribus bouddhistes shan, liées à des groupes thaïs, avec des musiques de gongs, flûte et orgue à bouche ; celle des tribus karen qui subissent aussi l'influence chrétienne.

Instruments de musique[modifier | modifier le code]

Ils sont classés en six groupes (mais pour des raisons d'harmonies nous gardons les distinctions occidentales) :

  • kyei : métallophones
  • thay-ye : membranophones
  • kyo : cordes
  • lei : vents
  • let-ko : claves
  • patala : xylophones

Percussions :

Cloche de Mingun, près de Sagaing
Harpe saung

Vents :

Cordes :

Musique moderne[modifier | modifier le code]

À la suite de l'occupation britannique et de l'influence occidentale, le piano a été adapté au jeu de la musique traditionnelle dans les années 1930, imitant les techniques du patala et de la saung. Gita Lulin Maung Ko Ko (U Ko Ko) en est l'interprète emblématique. Dans les années 1960, Jimmy Jack, plus connu pour son Lwun Bwel Lashio Thein Aung, enregistre I find a love. Les personnes âgées sont fort éprises de la musique classique occidentale.

Les jeunes subissent aussi l'influence des tendances modernes rock et punk, avec des groupes tels Iron Cross, Emperor et BigBag.

Les adolescents ne jurent que par le hip-hop et le rap, avec des artistes tels Yelay, Sai-Sai, J-me, Shwe Htike, Khin Phone et No.

Liens externes[modifier | modifier le code]