Lounès Matoub

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Lounès Matoub

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Lounès Matoub, peinture murale sur la façade de sa maison transformée en musée (Taourirt Moussa)

Informations générales
Nom de naissance Lwennas Meɛtub
Naissance 24 janvier 1956
Taourirt Moussa (Algérie)
Décès 25 juin 1998 (à 42 ans)
Thala Bounane, Beni Aïssi (Algérie)
Activité principale Chanteur, auteur-compositeur-interprète
Genre musical World music
Instruments Voix, guitare, darbouka, mandole
Années actives 1978 - 1998
Statue en cire de Lounès Matoub dans sa maison transformée en musée.
(Taourirt Moussa, kabylie.)

Lounès Matoub (en kabyle : Lwennas At Lewnis معتوب الونّاس écrit en tifinagh ⵍⵡⴻⵏⵏⴰⵙ ⵎⴻⵄⵜⵓⴱ), communément appelé Matoub Lounès, né le 24 janvier 1956 à Taourirt Moussa (en Algérie) et assassiné le 25 juin 1998 à Thala Bounane, est un chanteur, parolier et compositeur algérien de musique kabyle.

Il a été militant de la cause identitaire Amazigh en Algérie et son rôle a été immense dans la revendication et la popularisation de la culture Amazigh. Il fut aussi à la pointe du combat pour la démocratie et la laïcité en Algérie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lounès Matoub est né le 24 janvier 1956 à Taourirt Moussa Ouamar, un village de la tribu et actuelle commune Ait Mahmoud dans la daira de Ath Douala dans la wilaya de Tizi-Ouzou (intégrée à la commune mixte Fort National, dans l'époque de l'Algérie française). Il meurt le 25 juin 1998, assassiné sur la route qui relie Tizi Ouzou et son village au lieu-dit Taberquqt à Ait Aïssi.

La vie de Lounès était très agitée, il a vécu des moments tragiques qui ont marqué sa carrière d'artiste. Sa carrière artistique était indissociable de son combat politique.

Depuis la sortie de son premier album A Yizem anda tellid ? (Ô lion où es-tu ?) Lounès Matoub célèbre les combattants de l'indépendance et fustige les dirigeants de l'Algérie auxquels il reproche d'avoir usurpé le pouvoir et de brider la liberté d'expression. Chef de file du combat pour la reconnaissance de la langue berbère, Lounès Matoub est grièvement blessé par un gendarme en octobre 1988. Il raconte sa longue convalescence dans l'album L'Ironie du sort (1989).

Violemment opposé au terrorisme islamiste, Lounès Matoub condamne l'assassinat d'intellectuels. Il fut cependant enlevé le 25 septembre 1994 par un groupe armé, puis libéré au terme d'une forte mobilisation de l'opinion kabyle[réf. souhaitée]. La même année, il publie un ouvrage autobiographique Le Rebelle et reçoit le Prix de la Mémoire des mains de Danielle Mitterrand.

En 1995, Lounès Matoub participe à la marche des rameaux en Italie pour l'abolition de la peine de mort, alors qu'en mars 1995, le S.C.I.J. (Canada) lui remet Le Prix de la Liberté d'expression.

Le 25 juin 1998, Lounès Matoub fut assassiné sur la route menant de Tizi Ouzou à Ath Douala en Kabylie (Algérie) à quelques kilomètres de son village natal. Les conditions de ce meurtre n'ont jamais été élucidées. Les funérailles du chanteur drainèrent des centaines de milliers de personnes et la Kabylie a connu plusieurs semaines d'émeutes et de deuil. Son dernier album Lettre ouverte aux…, paru quelques semaines après son assassinat, contient une parodie de l'hymne national algérien dans laquelle il dénonce le pouvoir en place.

Enfance[modifier | modifier le code]

Lounès Matoub, plus jeune, debout à gauche, à sa gauche sa mère et sa sœur Malika
Lounès Matoub agé de 17 ans en 1973.
Ses débuts dans la chanson au milieu des années soixante-dix.

Le 24 janvier 1956, au milieu d'une conjoncture marquée par la guerre d'Algérie, naquit Lounès Matoub au sein d'une famille humble, dans la région d'Aït Douala dans la Kabylie montagneuse, à une vingtaine de kilomètres de Tizi Ouzou.

À l'aube de son enfance, commença à pousser chez Lounès un germe d'indocilité, un germe qui fera de lui un « rebelle ». En revanche, au cours de cette période où l'on ne trouve guère place à l'innocence, il essaya de refouler toute idée d'oppression en risquant de mettre le feu à son village ; c'est sa façon à lui, en tant qu'enfant de s'insurger, de s'extérioriser, de dire non à la domination.

Parti en compagnie d'un groupe d'enfants turbulents comme lui dans une cabane pour fumer discrètement. Il met par accident le feu à la cahute. Les troupes françaises se déplacent sur les lieux et une double enquête, sur les troupes françaises et sur les maquisards a lieu. Finalement ce n'était qu'un petit enfant, innocent et révolté, appelé Lounès Matoub. Il en était fier !

À l'ombre d'une situation difficile, marquée par l'émigration des algériens en France - à la recherche d'un emploi pour assurer une certaine vie à sa famille, le petit Lounès est contraint de vivre loin de son père parti en exil. Il deviendra ainsi le « petit homme » du foyer, aux côtés de sa mère et grand-mère qui occupaient ensemble leur maison à Taourirt Moussa. Après la naissance de sa sœur Malika, en 1989, il garda toujours son statut de « l'homme de la maison », il demeurait, alors, gâté en dépit des carences multidimensionnelles dues à la misérable situation où sombrait l'Algérie colonisée. Pour se consoler de l'absence de son père, Lounès nourrit un puissant attachement à sa mère qu'il considérait « merveilleuse ». En effet, c'était elle qui veillait sur les besoins de la maison en l'absence de son mari. En ces moments rudes, la mère de Lounès endossait toutes les charges ; elle se soumettait aux exigences de la vie quotidienne, chez elle ou ailleurs, et prenait en charge son enfant. Tout en s'absorbant dans le travail, qu'il soit à la maison, aux champs… elle chantait - afin de se consoler - ce qui avait suscité chez son enfant une vigoureuse volonté de s'aventurer dans la chanson. Héritant le critère oral qui détermine la culture berbère, elle racontait à son fils, chaque soir, des contes kabyles desquels le futur chanteur acquiert un lexique d'une richesse « terrible ».

Consciente de ce que vaut l'instruction, la mère de Lounès insistait pour que son fils fréquente l'école avant d'atteindre l'âge requis. Mais, Lounès voyait en celle-ci une cellule, une prison qui le privait de beaucoup de préoccupations puériles ; il lui réservait moins d'importance.

Scolarisé en 1961 à l'école de son village, une des vieilles écoles de Kabylie construite à la fin du siècle dernier, Lounès était un enfant bavard et ce durant toute sa scolarité. Ce qui lui a valu d'être renvoyé de l'école à plusieurs reprises.

Cependant, il préférait courir derrière la « liberté », celle qu'il retrouvait quelque part ailleurs, loin de l'école, à la chasse « pratiquement kabyle » ; poser des pièges, tendre des lacs… Véhiculé par l'innocence et l'inconscience enfantine, il se souciait moins de ses devoirs scolaires que des aventures puériles.

Tout en se référant au combat opposant l'armée française à l'ALN, les enfants tel que Lounès, qui estimait les maquisards, fabriquaient des « armes » afin de peindre ce combat et lui donner une image qui leur est propre.

Étant un petit enfant, Lounès n'était pas apte à garder en mémoire tous les événements qui se sont produits durant la guerre, néanmoins il se rappelait bien quelques scènes qui ont marqué son enfance, demeurant gravées dans sa mémoire. C'est le cas des ratissages dont faisait l'objet son village, les tableaux représentant la complicité des harkis…

Lounès se rappelait également, très bien, le jour où les Kabyles qui vivaient à Alger débarquèrent chez eux fuyant l'OAS. Il s'en souvenait très bien puisque leurs enfants ramenèrent leurs jouets de qualité. Bien que l'école ne l'intéresse pas, l'image des pères blancs qu'il apprécie autant qu'il respecte leur enseignement marquera sa mémoire. Pour lui, ces « religieux » représentaient une lueur lui éclairant - et pour tous les enfants de sa génération - une vision sur un monde moderne qui tient ses racines de l'ancien, plutôt des ancêtres. D'ailleurs, d'après lui toujours, ils leur enseignaient même des cours d'histoire, de « notre civilisation » ; celle de Jugurtha. En outre, ils apprenaient aux filles à coudre, à tisser et presque toutes les activités manuelles… Plus loin encore, ils s'impliquaient dans le mouvement de la guerre aux côtés des Algériens. Par conséquent, ces instructions ont contribué à faire de Lounès un homme, auquel la question identitaire devient une priorité, une préoccupation fondamentale, objet de son anxiété même. Dans un sens large, il était reconnaissant à cette qualité d'enseignement qui incarnait l'ouverture d'esprit pour ainsi devenir un véritable militant de la démocratie.

Issu donc d'une école, peut-on le dire, française, il avait le privilège de maîtriser la langue de Voltaire qui suscitera son appétit à la lecture. Il lut alors Mouloud Mammeri, Albert Camus, Jean Amrouche… et Mouloud Feraoun. Mais en 1968, la loi de Boumédiène portant l'arabisation de l'école - Ahmed Taleb alors, ministre de l'éducation s'en est chargé - vint tel un coup d'épée. Lounès la considérait arbitraire, telle une provocation, et même une agression à toute une région de l'Algérie qu'est la Kabylie. Il éprouvait dès lors un rejet catégorique à la langue arabe et de même à l'école coranique de l'époque dite « Zawiya ». Bien que conscient du danger auquel il s’exposait par cette décision il n'hésitera guère, plus tard, à crier haut et fort que le FIS, plutôt tous les intégristes soient un produit, pur et net, d'une école algérienne sinistrée.

1962-1980[modifier | modifier le code]

Lounès Matoub pendant son service militaire de 1975 à 1977.

Après l'indépendance en 1962, la paix semble s'installer, et la violence cherchait un autre compartiment. Cependant, juste une année plus tard, la violence reconquiert la Kabylie. De cette façon, Lounès et sa génération assistent au conflit qui oppose le régime de Ben Bella, président de l'Algérie indépendante, aux officiers de la wilaya III à leur tête Hocine Aït Ahmed président du FFS (Front des forces socialistes). Le conflit fit plus de 400 morts et des milliers de blessés. Belkacem Krim, un homme politique reconnu, signataire des Accords d'Évian, se démarque de ce conflit. Matoub considérera cet antagonisme comme première déchirure de la Kabylie, mais ce qui le traumatisera le plus est le fait que, 23 ans plus tard, en 1985, ces deux personnalités (Hocine Aït Ahmed et Ben Bella), en conflit aigu, se rencontrent dans l'objectif de constituer une alliance contre le régime en place ; par la suite, il qualifie cette initiative d'absurde et aberrante ! En produisant un album pour exprimer son rejet à cette fallacieuse alliance, certains journaux français le qualifient de fasciste.

Son destin est ainsi tracé. À l'âge de neuf ans, il fabrique lui-même sa première guitare artisanale à l'aide d'un vieux bidon d'huile. Il commence à gratter sur les fils en plastique en jouant l'air populaire le plus connu : « Ah a madame serbi latay ». (Ah madame sers-moi du thé).

Lounès Matoub n'a jamais appris la musique à l'école : « Je n'ai jamais étudié ni la musique, ni l'harmonie. Même lors des galas, je n'ai ni partition, ni pupitre. Rien. J'ai toujours travaillé à l'oreille et j'ai acquis cette oreille musicale en écoutant les anciens, en assistant aux veillées funèbres, là où les chants sont absolument superbes, de véritables chœurs liturgiques. Mais on n'y chante pas Dieu, on parle de misère sociale, de vie, de mort. Ce sont des chants de notre patrimoine, que des générations d'hommes et de femmes ont chantés. Là est ma seule culture musicale. À part cela, je reconnais être incapable de lire la moindre note de musique, au point qu'il m'est impossible de distinguer, sur une partition, mes propres compositions. Tout ce que je fais, je le fais à l'oreille. Je prends mon mandole et j'essaie. Je trouve les accords, puis je compose des airs qui deviennent mélodies. À force de faire et de refaire, je les enregistre dans ma mémoire et je les retiens. J'accorde mes instrument à la voix, je n'utilise pas de diapason. Je sais que cela risque de surprendre un certain nombre de musiciens, mais je n'ai jamais utilisé de diapason. Je ne sais pas ce qui est un "la" et j'ignore la différence entre une clé de "sol" et une clé de "fa". Tout cela m'est étranger.

Sur scène, je demande aux musiciens de se régler sur ma voix. C'est toujours ainsi que j'ai fonctionné, et toujours ainsi que j'ai enregistré mes disques. Plusieurs fois, je me suis dit qu'il serait temps d'apprendre la musique d'une manière rigoureuse. Puis j'ai estimé que cette "contrainte" risquait finalement de plus m'embarrasser que me faire progresser. Cela pouvait même me bloquer. J'y ai donc renoncé, et je m'en porte très bien. Et même si je n'ai aucune notion de musique, au sens académique du terme, je sais parfaitement quand quelqu'un joue ou chante faux, ou quand mon mandole est désaccordé. C'est, chez moi, une question d'instinct. Même en matière de musique, je suis anticonformiste, rebelle aux carcans des règles et des lois. Et puisque cela fonctionne ainsi, pourquoi se poser des questions ? »

C'est en 1972 qu'un miracle s'opère pour Lounès. Son père rentre au pays après 30 ans d'émigration en France. À son retour, il lui offre un mandole, acheté à Paris chez Paul Beuscher;le plus beau cadeau qu'il ai jamais reçu, car venant de son père. Une année plus tard, au cours d'une partie de poker, il mise sur le mandole et perd sa mise. L'année suivante, il se débrouille pour s'acheter une guitare puis commence à animer régulièrement des fêtes.

Durant l'année 1974, alors qu'il est interne au lycée de Bordj Menaïel, il est renvoyé à plusieurs reprises par le surveillant général pour cause de mauvaise conduite. C'est à cette époque qu'un grave incident lui arrive. Il blesse un jeune garçon à coup de rasoir à la suite d'une bagarre qui a éclaté dans un salon de coiffure. Interpellé par la gendarmerie, il devait être relâché le lendemain. Au tribunal, Lounès a osé demander au procureur une cigarette. Ce dernier abasourdi par un tel comportement décide de l'incarcérer. Lounès purge alors un mois de prison. À sa sortie, il fait un stage de mécanique générale à Alger, après avoir été reçu à l'examen final, il enchaîne avec six mois de formation en ajustage.

En 1975, Lounès Matoub est appelé sous les drapeaux. Il rejoint Oran pour passer ses deux années de service militaire. À sa sortie, il est embauché à l'économat du collège d'enseignement moyen d'Ait Douala où son père était cuisinier depuis 1972. Pressentant le succès lors des fêtes qu'il anime dans son village, il décide de se consacrer davantage à la chanson en tentant sa chance en France.

C'est en 1978 qu'il débarque en France. Un soir, il anime une soirée dans un café où il gagne 4 000 F, ce qui l'encourage à monter à Paris. C'est là que le rêve commence à devenir réalité. Aussitôt arrivé à Paris, il se produit dans les cafés très fréquentés par la communauté émigrée Kabyle. C'est pendant cette période que Jacky Sehaki lui présente le chanteur Idir. Ce dernier l'invite même un jour à chanter en compagnie d'autres chanteurs au palais de la Mutualité lors d'un grand récital intitulé « La nouvelle chanson berbère » organisé par la coopérative Imedyazen en collaboration avec le groupe d'Étude Berbère de l'Université de Vincennes. C'est au cours de ce concert que Matoub fait la connaissance de deux grands noms de la chanson kabyle : Slimane Azem et Hnifa. Il réadapte même quelques-unes de leurs chansons. Il manifeste, même dans ses textes, son affliction quant au sort de ces deux figures, l'une condamnée à l'exil et l'autre au cadavre abandonné après sa mort.

Lounès se souvient du jour où Idir l'accompagna dans une maison d'édition pour faire son premier enregistrement. Premier disque, premier succès. Puis les événements se précipitent.

1980-1988[modifier | modifier le code]

Lounès Matoub en tenue camouflage lors d'un concert à l' Olympia après les évènements du printemps berbère du 20 avril 1980

En avril 1980, la Kabylie était en plein effervescence, Matoub Lounès se produit à l'Olympia, dans une salle archicomble. Ce concert le contraint à suivre les événements de loin par le biais de la presse, depuis la France. En guise de solidarité avec la population kabyle, il monte sur scène à l'Olympia, la guitare à la main en portant un treillis militaire, une tenue de combat estimant que la Kabylie était entrée en guerre.

Ne pouvant rester indifférent aux événements berbères de Kabylie, il tente avec quelques militants kabyles, d'organiser une manifestation devant l'ambassade d'Algérie à Paris. La manifestation fut interdite, Lounès s'est fait embarqué par la police en compagnie de ses camarades en se retrouvant entassé dans des cellules minuscules. Depuis, Lounès Matoub a toujours répondu favorablement lors des célébrations du printemps berbère où il a animé plusieurs galas dans les milieux universitaires, notamment durant la décennie 80-90.

À l'avènement du multipartisme, pour Lounès, toujours fidèle à lui-même, la question identitaire demeurait l'objet de son militantisme et essaya, tant soit peu, d'éviter les clivages partisans. D'autant plus qu'il voyait en le MCB (Mouvement Culturel Berbère) un cadre rassembleur en dépit de toutes les césures. En effet, un certain 25 janvier 1990, date d'une marche historique, il a été désigné pour remettre un rapport à l'APN (Assemblée Populaire Nationale). Lounès déplore les divisions du mouvement : «malheureusement, c'est là où le bât blesse, lorsqu'on voit le mouvement s'effriter, alors que c'est notre force de frappe et de persuasion. Pour ma part, je ne prête pas attention à ce genre de discours. Le MCB est un mouvement qui draine énormément de foules donc sujet à des exploitations ».

Matoub qui contestait le régime sous le règne de Boumédiène, garda de similaires positions pour celui de Chadli qui maintenait son indifférence à la calamité succédant le 20 avril 1980. Il lui fait grief également, à lui et son gouvernement, d'être à l'origine de ce qui s'est passé le 5 octobre 1988.

1988-1994[modifier | modifier le code]

Lounès Matoub en octobre 1988 après ses blessures par balles (clinique des orangers à Alger)
Lounès Matoub (au centre) à sa sortie d'hôpital Beaujon en France, le 29 mars 1989

Les événements d'octobre 1988, ont laissé des séquelles dans le corps de Lounès. C'était le 9 octobre 1988 quand Matoub en compagnie de deux étudiants, à bord de son véhicule, a pris la destination de Ain El Hammam (ex Michelet) venant de l'université de Tizi Ouzou pour distribuer un tract appelant la population à une grève générale de deux journées et au calme à la suite des manifestations d'Alger. Intercepté par des gendarmes qui le suivaient, l'un d'eux tire à bout pourtant sur Lounès après l'avoir insulté tout en passant les menottes aux deux étudiants. Lounès Matoub s'effondre ; il est atteint de cinq balles dont l'une lui traverse l'intestin et fait éclater le fémur droit. Il est ensuite évacué vers l'hôpital de Ain El Hammam puis à l'hôpital de Tizi Ouzou. Ensuite il est transféré à la clinique des orangers à Alger. Il y est resté six mois avant d'être transféré en France pour des soins plus intensifs à l'hôpital Beaujon le 29 mars 1989. Six semaines plus tard, il anime un gala au stade de Tizi-Ouzou devant une immense foule alors qu'il portait des béquilles. En dix-huit mois, il a subi quatorze opérations chirurgicales.

Au cours de son séjour à la Clinique des Orangers à Alger, Isabelle Adjani lui rend visite, ce qui le réconforte considérablement. Deux ans plus tard, et après un fragile rétablissement il replonge dans le même bain ; cette fois-ci, c'est son voisin l'agresseur qui poignarde Lounès dans les locaux mêmes de la gendarmerie.

Le 29 juin 1994, lors de la marche organisée à Alger pour exiger la vérité sur les circonstances de l'assassinat du président Mohamed Boudiaf, il se trouve aux côtés de Saïd Saadi et Khalida Toumi quand une bombe explose au niveau de l'hôpital Mustapha faisant deux morts et plusieurs blessés.

Le regretté s'intéressait autant aux talentueuses plumes algériennes d'expression française, qu'il soit Tahar Djaout, Said Mekbel, Mahfoud Boucebci, Kateb Yacine, Jean Amrouche… et son ami Ali Dilem, un jeune caricaturiste qui lui inspirait l'humour, surtout l'audace et le courage. En effet, les empreintes de ces personnes illuminaient le parcours du Rebelle ; il se référait maintes fois à leurs idéaux - "Tu parles, tu meurs, tu te tais, tu meurs alors parle et meurs", "On veut nous emprisonner dans un passé sans mémoire et son avenir" -

À propos des initiateurs des doctrines obscurantistes, l'exemple de Belhadj, Abassi Madani, Kebir…, Lounès était pris de nausées à chaque fois qu'on y faisait allusion. Depuis un très jeune âge, il manifestait publiquement son hostilité absolue envers ces courants.

Ses positions étaient formelles face aux hordes du GIA. Cette attitude failli lui coûter la vie quelques années plus tard. Le 25 septembre 1994, à 21h environ, il est enlevé par un groupe armé qui le surprend dans un café-bar, pas loin de Tizi Ouzou.

Son enlèvement bouleverse la Kabylie tout entière, qui se solidarise jusqu'à sa libération survenue le 10 octobre aux environs de 20h dans un café à Ait Yenni. Durant ces seize jours de séquestration, Lounès Matoub est condamné à mort par un tribunal islamique. Grâce à la mobilisation de la population, Lounès Matoub retrouve les siens sain et sauf. Cet enlèvement suscite beaucoup de spéculations, à tel point que certains l'accusent d'avoir monté un scénario lui-même pour accroître sa notoriété et sa popularité. Malgré les « tortures » psychologiques endurées pendant sa séquestration et les menaces qui pesaient sur lui, il ne cesse de chanter et continue son combat pour la cause berbère, la démocratie et contre l'intégrisme islamiste. On l'a jugé pour ses chansons. Il raconte dans son livre Rebelle le procès de déroulant dans une forêt : « « C'est toi l'ennemi de Dieu. » Je n'ai pas répondu. Ensuite, il a passé en revue tous ce qu'ils avaient à me reprocher. J'ai compris à ce moment-là que mon « procès » se préparait. En tête des chefs d'accusation, évidemment, mes chansons. « C'est à cause de tes chansons que la Kabylie est en train de sombrer dans le néant, c'est toi le responsable. » Je n'avais donc que d'autre choix que d'abandonner, je devais cesser de chanter. L'exemple, le modèle qu'ils me citaient sans cesse était celui de Cat Stevens, que tous appelaient de son nom musulman, Yusuf Islam. Ce très grand chanteur avait décidé du jour au lendemain de quitter sa vie passée pour embrasser l'islam et rejoindre " les rangs du djihad " »

En revanche, on lui reprochait ses "blasphèmes" réitérés à l'encontre de l'Islam et du Coran, La chanson qu'il avait écrite après la mort de Boudiaf, L'Hymne à Boudiaf, lui a valu une interpellation particulièrement vive : " Comment as-tu pu écrire sur ce chmata, cette saleté ? Tu ne sais pas qu'il a envoyé dix mille de nos frères dans le Sud algérien dans des camps de concentration ? " Et il le comparèrent à Salman Rushdie. Enfin le 10 octobre de la même année, après un long interrogatoire qui dura des jours, ils le libérèrent en lui confiant un message aux Kabyles.

Il était aussi un fervent supporter de la JSK depuis longtemps. Il a d'ailleurs composé plusieurs chansons sur le club kabyle, bien que les dirigeants de la JSK n'étaient pas favorables à ce que ce club soit une tribune d'expression pour la revendication identitaire. Le jour de l'enlèvement de Lounès, un ami à lui, tenta vainement de persuader les dirigeants de la JSK d'annuler la rencontre l'opposant à un club des Aurès (un autre club berbère), Il écrit dans son livre "Rebelle" : « Un ami est allé trouver la JSK pour demander aux responsables du club d'annuler la partie. Refus. Il a proposé alors que les joueurs portent un brassard noir à la mi-temps. Nouveau refus. Ou les responsables ne se sentaient pas concernés, ou ils craignaient d'éventuelles représailles. Ils ont souvent manqué de courage. La preuve : je leur avais demandé de sponsoriser le Mouvement culturel berbère lors d'un match important…». « Leur refus a été catégorique, sous prétexte que le danger était trop grand. Le danger terroriste, bien sûr. Les dirigeants de la JSK à mon sens, ne sont pas réellement sensibles à la cause berbère. ».

Le 24 novembre 1994, il a été l'hôte du directeur de l'UNESCO, en présence de nombreux hommes des arts, des lettres et des journalistes lui rendant hommage pour son combat pour la démocratie. À l'issue de cette rencontre, Lounès Matoub a remis à son hôte le coffret complet de son œuvre. Aussi, en guise de reconnaissance et de récompense pour son combat pour la démocratie, il reçoit le 6 décembre de la même année, le Prix de la Mémoire que lui décerne Madame Danielle Mitterrand à l'amphithéâtre de l'université de la Sorbonne à Paris. Il devient le chanteur le plus médiatisé. Sa popularité ne cesse de prendre de l'ampleur. Sa carrière de chanteur s'approfondit considérablement en faisant dans l'innovation artistique. Ses dernières productions parlent d'elles-mêmes tant sur le plan musical qu'à travers les textes.

En dehors de la France où il se produit très souvent, Lounès Matoub a animé un gala le 16 janvier 1993 à Montréal, à l'occasion du nouvel an berbère, puis à New York le 20 janvier 1993 et en Californie le 13 mars de la même année.

1995-1998[modifier | modifier le code]

En janvier 1995, il publie aux éditions Stock, à Paris, un livre sur sa vie qu'il considère comme un reflet de son parcours, il disait à propos de cela : « cet ouvrage est la somme de toutes les souffrances passées. Mon rapt, puis ma libération grâce à la mobilisation de la population a été le déclic qui déclenché le besoin d'écrire. C'était un moment important dans ma vie. Quand j'ai été blessé, la population a été pour moi d'un grand réconfort psychologique. Par contre le dernier épisode a été très fort, très douloureux. 15 nuits de séquestration c'est 15 morts consécutives. J'en garde encore des séquelles. C'est ce qui m'a motivé pour écrire ce livre. L'écrit reste comme un témoignage impérissable du péril islamiste auquel certains osent trouver des circonstances atténuantes et vont même jusqu'à le soutenir ».

Deux années après ce succès, en 1997 le rebelle rencontrera Nadia qui deviendra sa troisième femme. Le 25 juin de l'année suivante, revenant de Tizi Ouzou, afin de rentrer chez lui en compagnie de sa femme et ses belles sœurs, Lounès Matoub fut assassiné par un groupe armé qui l'assaillirent en tirant sur son véhicule d'une bourrasque de balles de kalachnikov. Tel un coup de tonnerre, l'information jaillissait de partout la Kabylie. Une grande révolte des populations de Lounès succéda à sa disparition…

Bouleversé par les événements, attaché par fidélité à son combat et contraint de mener sa vie telle que voulue pour cause d'insécurité, telle était la situation dans laquelle s'était retrouvé Lounès Matoub. C'est son choix : « Moi j'ai fait un choix. Tahar Djaout avait dit : "il y a la famille qui avance et la famille qui recule". J'ai investi mon combat aux côtés de celle qui avance. Je sais que je vais mourir. Dans un, deux mois, je ne sais pas. Si on m'assassine, qu'on me couvre du drapeau national et que les démocrates m'enterrent dans mon village natal Taourirt Moussa. Ce jour-là, j'entrerai définitivement dans l'éternité ».

De par ses textes, ses chansons, ses interventions… nul ne peut nier ni le talent de Lounès dans la chanson, ni son combat pour une Algérie debout, ni son militantisme zélé pour l'aboutissement de la revendication identitaire.

Dans son dernier album il reprend l'hymne national à sa manière, malgré les dangers auxquels il s’exposait : « Je sais que ça va me valoir des diatribes, voire un enfermement, mais je prends ce risque, après tout il faut avancer dans la démocratie et la liberté d'expression »

Il était aussi un fervent défenseur du système fédéral qu'il considérait comme solution à tous les maux de l'Algérie : « Le régionalisme est une réalité politique, il s'agit de l'assumer dans un système fédéral. L'histoire a façonné le peuple algérien suivant des composantes distinctes, qui expriment aujourd'hui des aspirations contradictoires. Il faut dédiaboliser cette notion de fédéralisme qui est une forme d'organisation très avancée. Régionaliser, c'est donner plus de pouvoir aux régions. C'est pour le bien de tout le pays. Plusieurs exemples dans le monde montre l'efficience de cette forme d'organisation ».

Engagement[modifier | modifier le code]

Lounès Matoub s'est toujours battu contre deux fronts, d'un coté le pouvoir corrompu qui était et qui est toujours en place depuis 1962. (ce pouvoir exerçant une politique d'arabisation de l’Algérie et utilisant les diversités de ce pays pour diviser le peuple algérien afin de mieux régner), et d'un autre coté les islamistes à qui Lounès reproche l'assassinat d'intellectuels et leur volonté d'appliquer la charia en Algérie.Il fut enlevé le 25 septembre 1994 par le GIA (Groupe Islamique Armé), puis libéré par la pression exercée par la mobilisation de toute la Kabylie. La même année, il publie un ouvrage autobiographique, Rebelle, et reçoit le Prix de la mémoire des mains de Danielle Mitterrand.

Ses chansons révèlent que Lounès Matoub était partisan de la laïcité et de la démocratie, et s'est fait le porte-parole des laissés-pour-compte et des femmes. Il se disait être un « Algérien autochtone de ce pays ».

Il s'oppose à la politique d'arabisation de l'Algérie. Il parle le kabyle, le français, et comprend l'arabe algérois sans l'employer.

En 1996, il participe à la marche des rameaux en Italie pour l'abolition de la peine de mort alors qu'en mars 1995, le S.C.I.J.(Canada) lui remet Le Prix de la Liberté d'expression.

En 1998, il sort les albums Tabratt i lḥukem et Ilḥeq-d zzher. Ces derniers sont de genre chaâbi. Il y dénonce la lâcheté et la stupidité du pouvoir algérien. Le morceau Tabratt i lḥukem de l'album éponyme, est construite en « kacide » (enchaînement de musiques différentes). Le dernier morceau est une parodie de Kassaman, l'hymne national algérien.

Le 25 juin 1998, il est assassiné sur la route menant de Tizi Ouzou à At Douala en Kabylie à quelques kilomètres de son village natal (Taourirt Moussa). Les conditions de ce meurtre n'ont jamais été élucidées. Les funérailles du chanteur drainèrent des centaines de milliers de personnes, tandis que toute la région connut plusieurs semaines d'émeutes.

Le 30 juin 1998, le GIA revendique son assassinat.

Mort[modifier | modifier le code]

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La Mercedes-Benz W124 de Lounès Matoub criblée de balles lors de son assassinat le 25 juin 1998 à Thala Bounane (Kabylie)
Tombe de Lounès Matoub située à côté de sa maison à Taourirt Moussa (Kabylie)


Le 25 juin 1998 à la mi-journée, Lounès Matoub est abattu près de son village au cœur de la Kabylie au lieu-dit Tiberquqin relevant du village Tala-Bounan dans la commune de Ait Aïssi. Cet assassinat a bouleversé la Kabylie. La population kabyle a aussitôt déferlé sur Tizi Ouzou. Des manifestations publiques ont gagné la Kabylie entière. Quelques heures après cet assassinat, Nordine Aït-Hamouda intervient dans les médias internationaux (comme France Info) pour affirmer que les assassins sont les islamistes du GIA, idée fixe également développée par Khalida Toumi, alors députée RCD au parlement algérien. C’est ainsi une véritable "pression" médiatique qui s’exerce pour faire admettre la thèse du GIA dans l’assassinat de Lounès. Même Malika Matoub, la sœur de Lounès, déclare que les assassins sont les islamistes du GIA.

Malgré cette pression, les jeunes manifestants de Kabylie envahissant les rues clamaient fort « Pouvoir assassin ! ».

Quelques jours plus tard, Malika Matoub revient sur ses déclarations initiales et, avec sa mère, demande à ce que toute la vérité soit faite sur l’assassinat. Elles exigent qu’une véritable enquête soit diligentée. Elles relèvent plusieurs points[Lesquels ?] d’ombre dans la gestion faite par les autorités de cette affaire. À ce jour[Depuis quand ?] elles ne cessent de demander à ce que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

C’est au tour de Nadia Matoub, par la suite, de se joindre aux voix de Malika et sa mère pour demander une enquête sur l’assassinat. Elle n’exclut aucune piste quant aux auteurs et commanditaires de l’assassinat.

Dans un texte rendu public par le MAOL, Mouvement algérien des officiers libres, en désaccord avec les généraux au pouvoir, il est donné des détails très accablants concernant l’assassinat de Matoub Lounès[réf. nécessaire]. Des responsables du RCD à l’époque de l’assassinat de Lounès, en l’occurrence Nordine Aït-Hamouda et Khalida Toumi, ont été cités dans ce texte. D’après le MAOL, Nordine Aït-Hamouda aurait joué un rôle important dans le complot de l’assassinat de Lounès commandité par le haut commandement militaire algérien dans le but de déstabiliser Zeroual et le pousser au départ.

Les éléments du MAOL ne peuvent être qu’une frange de la junte militaire algérienne[précision nécessaire] ; ils sont donc du sérail[évasif] et s’ils ont évoqué l’affaire Matoub ce n’est que parce qu’ils ont un quelconque intérêt et ce n’est sans doute pas le désir de contribuer à faire connaître la vérité sur cette affaire qui les anime[précision nécessaire]. Mais dans leurs déclarations ils ont cité des noms[Lesquels ?] et ont évoqué des faits[Lesquels ?] ; ce sont ces éléments qui nous[Qui ?] intéressent. Et aux personnes citées[Qui ?] de se prononcer et donner leurs versions quant aux faits relevés par le MAOL. Ces personnes[Lesquelles ?] doivent notamment démentir les déclarations des officiers du MAOL s’il y a diffamation.

L’autre épisode ayant marqué l’affaire Matoub est le reportage réalisé par la chaîne de télévision française Canal+, dans le cadre de son émission "90 minutes", consacré à l’affaire Matoub et intitulé « la grande manip ». Ce que l’on[évasif] peut retenir de ce reportage c’est la convergence de l’ensemble des témoignages vers la thèse d’un assassinat organisé par la junte militaire algérienne[précision nécessaire]. Les témoignages de Malika et Nadia Matoub incitent à se poser des questions quant à l’intérêt du RCD[évasif], ou du moins de certains de ses membres dont Nordine Aït-Hamouda, à vouloir imposer à l’opinion la thèse du GIA dans l’assassinat de Matoub. Ainsi Malika Matoub affirme être félicitée par Nordine Aït-Hamouda pour avoir soutenu que le GIA était le responsable de l’assassinat. Il lui aurait même proposé de lui faire rencontrer des personnes du haut commandement militaire qui sont satisfaits de ses déclarations. Nadia Matoub, affirme néanmoins que des éléments du RCD lui avaient promis des visas pour elle et ses sœurs ; en contrepartie, elle devait tenir une conférence de presse à Tizi-Ouzou pour laquelle ils lui ont rédigé la déclaration préliminaire qui disait en substance que les assassins étaient des éléments du GIA.

Dans leur ouvrage [1] publié récemment chez les éditions La Découverte, Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire reviennent sur l’assassinat de Lounès et donnent un certain nombre de détails sur l’avant et après assassinat. Ils nous apprennent, par exemple, que le jour de l’assassinat un barrage de gendarmerie s’est mis en place sur la route d’At Douala et les gendarmes se sont mis à dévier la circulation de cette route : seule la Mercedes noire de Lounès sera autorisée à emprunter cette route sur laquelle elle sera mitraillée quelques minutes plus tard…

La région du chanteur Lounès Matoub a connu beaucoup de mouvement et de répression et encore des cas d’enlèvement. En septembre 2002, Bouzegzi Samir et Boudarene Ahcene du village Taguemount Azouz ont été enlevés trois jours après leurs déclarations dans la presse où ils ont dénoncé le vote « nous sommes contre le vote, l’état algérien est responsable de tout ce qui se passe en Kabylie».

Legs[modifier | modifier le code]

Maison de Lounès Matoub à Taourirt Moussa, transformée en musée

Une fondation portant le nom du chanteur a été créée par ses proches pour perpétuer sa mémoire, faire la lumière sur l'assassinat et promouvoir les valeurs d'humanisme défendues pendant la vie de Lounès Matoub.

Pour lui rendre hommage, de nombreuses communes ont choisi d'inaugurer une rue de la ville portant le nom de Lounès Matoub en France :

Une maison du quartier (inaugurée en octobre 2002) et une crèche portent aussi son nom dans la ville de Montreuil, en Seine-Saint-Denis.

Sa musique s'appuie sur l'usage d'instruments traditionnels comme le mandole et reprend les thèmes du folklore kabyle.

En 2001, le groupe corse Canta U Populu Corsu rend hommage à sa lutte et ses souffrances dans l'album Rinvivisce.

Discographie[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Lounès Matoub se compose de 28 albums (ou 34 volumes).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lounès Matoub (en collaboration avec Véronique Taveau), Rebelle, Éditions Stock, 1995, (ISBN 2234044405)
  • Malika Matoub, Matoub Lounès, mon frère, Éditions Albin Michel, 2000, (ISBN 2226108327)
  • Nadia Matoub, Pour l'amour d'un rebelle, Éditions Robert Laffont, 2000, (ISBN 222109185X)
  • Lounès Matoub (présentation et traduction de Yalla Seddiki), Mon nom est combat, Éditions La Découverte, 2003 (ISBN 2-7071-4093-7)
  • Abderrahmane Lounès, Le barde flingué, Éditions Publisud, 2006, (ISBN 2866009975)
  • Abderrahmane Lounès, Le testament, Éditions Publisud, 2006, (ISBN 2866009983)
  • Rachida Fitas : Matoub Lounes. Tafat N-wur&u. (lumiere de brulure) (tome I). Édition Mehdi, Tizi-Wezu, 2004. ISBN 9961-834-14-3.

Noter que l’œuvre est bilingue : Tamazi&t/ Français.