Craonne

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Craonne
L'hôtel de ville.
L'hôtel de ville.
Blason de Craonne
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Aisne
Arrondissement Laon
Canton Craonne (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Chemin des Dames
Maire
Mandat
Thierry Melotte
2014-2020
Code postal 02160
Code commune 02234
Démographie
Population
municipale
77 hab. (2011)
Densité 8,9 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 26′ 27″ N 3° 47′ 15″ E / 49.4408333333, 3.7875 ()49° 26′ 27″ Nord 3° 47′ 15″ Est / 49.4408333333, 3.7875 ()  
Altitude Min. 59 m – Max. 192 m
Superficie 8,62 km2
Localisation

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Craonne

Craonne[1], est une commune française située dans le département de l'Aisne en région Picardie.

L'ancien village de Craonne a été complètement détruit au cours de la Première Guerre mondiale lors des différentes batailles du Chemin des Dames. Le nom de Craonne est rendu célèbre par la Chanson de Craonne, chanson contestataire entonnée par des soldats français durant la guerre entre 1915 et 1917 et, notamment, par des soldats qui se sont mutinés après l'offensive meurtrière du général Nivelle au Chemin des Dames en 1917.

Localement, Craonne se prononce /krɑn/, et non /Krɑon/ »[2]. En fait, la prononciation fautive /krɑon/ s'est développée avec des interprétations erronées de la Chanson de Craonne.

Ses habitants sont appelés les Craonnais (pron. : /kranais/)[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Craonne est à mi-chemin entre Laon et Reims (à environ une trentaine de kilomètres par la route de chacune de ces villes). Le village avant 1914 avait une forme triangulaire correspondant aux trois rues principales et il s'étendait sur les pentes du plateau du Chemin des Dames, prenant à cet endroit le nom de « plateau de Craonne ». Le nouveau village a été installé dans la vallée, au sud-ouest de l'ancien village.

La commune se trouve à 18,5 km au sud-est de la ville préfecture, Laon[4], à 118,7 km au sud-est de la capitale régionale, Amiens[5], à 26,8 km au nord-ouest de Reims[6], et à 122,9 km au nord-est de la capitale, Paris[7].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Craonne
Bouconville-Vauclair Bouconville-Vauclair, Corbeny Corbeny
Bouconville-Vauclair Craonne Corbeny
Bouconville-Vauclair Craonnelle, Pontavert La Ville-aux-Bois-lès-Pontavert

Relief et géologie[modifier | modifier le code]

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Voies de communications et transports[modifier | modifier le code]

Voies routières[modifier | modifier le code]

Entrée sud-ouest de Craonne (D18).

Craonne est accessible par la route par :

Transports en commun[modifier | modifier le code]

La gare la plus proche est celle de Guignicourt située à 17 km à l'est de Craonne. Cette gare est desservie par les trains du réseau régional TER Picardie et permet d'accéder aux gares de Laon ou de Reims en 20 minutes environ[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

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Craubenna Xe siècle ; Craonna en 907 ; Cranna, Credona, Corona, Creona

Le nom viendrait du celtique "Craon", la Caverne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Foire de Craonne[modifier | modifier le code]

Établissement à Craonne d'une foire franche annuelle de trois jours en 1482, à commencer du 2 novembre[réf. nécessaire].

Vin de Craonne[modifier | modifier le code]

La culture du raisin et du vin est très ancienne à Craonne. Les habitants payaient au Prieur de Saint-Marcoul la dime du vin qui était un vingtième de leur récolte[réf. nécessaire].

Craonne au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le village de Craonne entre dans l'histoire nationale en 1814. C'est là que Napoléon Ier remporte une de ses dernières victoires : il parvient à repousser les troupes russes et prussiennes lors de la campagne de France. Cette bataille, lors de laquelle ont été engagées les Marie-Louise, fut particulièrement meurtrière : on compta 5 400 morts ou blessés.

Au XIXe siècle, le village situé sur les pentes du plateau du Chemin des Dames se consacre à l'agriculture et à la viticulture. Avec l'arrivée du train, les villageois délaissent la vigne pour se consacrer au maraîchage. Sur le haut plateau surplombant la colline se trouvait un saloon américain appelé la Californie créé par Henry Vasnier associé des champagnes Pommery. En sus d'un service d'hôtellerie, d'un zoo, et d'un jardin exotique de plantes amérindiennes, l'endroit était connu pour être une maison de plaisir fréquentée par la bourgeoisie rémoise. Par la suite, le plateau prendra le nom de plateau de Californie. Il est encore possible de découvrir des plantes exotiques ayant survécu à la Première Guerre mondiale.

Craonne lors de la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Emplacement de l'ancien village de Craonne détruit pendant la Première Guerre mondiale.

Le 31 août 1914, la 5e armée française installe son QG dans la commune, au petit château.

Craonne acquiert une tragique notoriété lors de la Première Guerre mondiale. En 1914, après la première bataille de l'Aisne, le village est occupé et sa population est déplacée : le village se situe en effet sur la ligne de front. Avec l'offensive Nivelle, le village fut entièrement rasé au printemps 1917 par les bombardements massifs : 5 millions d'obus sont tombés sur le Chemin des Dames entre le 6 et 16 avril 1917. Les combats y sont terribles lors de cette offensive : la 1re division d'infanterie qui monte à l'assaut se trouve bloquée au niveau des caves de Craonne. Puis le 4 mai, une seconde offensive est lancée par la 36e division d'infanterie qui aboutit à la reprise de Craonne et à la progression sur le plateau de Californie[9].

Après l'échec de cette offensive et les pertes graves subies, des pertes de plus de 130 000 hommes en 10 jours, l'armée française doit faire face à de nombreux actes d'insoumission concernant plus de 150 unités : on parle alors de mutineries. La Chanson de Craonne associe le village à ces insoumissions et au pacifisme.

François Flameng, peintre officiel des armées françaises, a réalisé de nombreux croquis et dessins des événements sanglants qui s'y déroulèrent, et qui furent publiés dans la revue L'Illustration.

La reconstruction[modifier | modifier le code]

Vue du nouveau village.

Après la guerre, la reconstruction du nouveau village se fit en contrebas du plateau de Californie, dans la plaine, sur un espace plus propice à une agriculture moderne. L'ancien village était situé en zone rouge, le village devait donc disparaître. C'est la ténacité de quelques villageois revenus à Craonne qui oblige les responsables politiques à reconstruire un village.

Aujourd'hui, le village accueille colloques et manifestations autour de la Première Guerre mondiale. C'est là que se réunit en particulier le Collectif de recherche international et de débat sur la guerre de 1914-1918.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Vie politique locale[modifier | modifier le code]

Siège de la Communauté de communes du Chemin des Dames à Craonne.

Le nombre d'habitants de la commune étant inférieur à 100, le nombre de membres du conseil municipal est de neuf[10].

La commune est rattachée administrativement à l’arrondissement de Laon et politiquement au canton de Craonne représenté par le conseiller général Noël Genteur (IGG) et à la Première circonscription de l'Aisne représentée par le député René Dosière (PS).

Avec ses 76 habitants, Craonne est le chef-lieu de canton le moins peuplé de France.

La commune est membre de la Communauté de communes du Chemin des Dames, dont elle est le siège, qui regroupe trente communes[11].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Noël Genteur IDG Conseiller général
Les données manquantes sont à compléter.

Services publics[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 77 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
847 861 924 864 1 058 1 056 1 003 918 913
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
855 852 826 765 708 694 692 665 675
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
653 630 608 44 143 166 136 144 150
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
150 140 96 78 68 67 65 65 76
2011 - - - - - - - -
77 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2004[13].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune de Craonne fait partie de la paroisse catholique « Saint Rémi de l'Ailette » au sein du diocèse de Soissons, Laon et Saint-Quentin. Le lieu de culte est l'église Saint-Martin[14].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Martin.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'or au pal d'azur chargé d'une grappe de raisin surmonté d'une couronne et soutenue d'une gerbe de blé, le tout du champ, le pal accosté de deux épées de gueules chargées chacune d'un écusson de sinople, portant à dextre la date 1814 d'or et à senestre la date de 1914 du même.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Yves Gibeau, auteur d'Allons z'enfants, est enterré dans l'ancien cimetière de Craonne depuis 1994.

Dans son discours du 5 novembre 1998 à Craonne, le Premier ministre de l'époque Lionel Jospin a souhaité que les soldats « fusillés pour l’exemple », « épuisés par des attaques condamnées à l’avance, glissant dans une boue trempée de sang, plongés dans un désespoir sans fond », qui « refusèrent d’être des sacrifiés », victimes « d’une discipline dont la rigueur n’avait d’égale que la dureté des combats, réintègrent aujourd’hui, pleinement, notre mémoire collective nationale » [19]. Dans le contexte de cohabitation, cette initiative fut critiquée par le président de la République Jacques Chirac[réf. nécessaire].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

Insee[modifier | modifier le code]

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. « Fiche communale », sur le site de l'Insee (consulté le 23 novembre 2013).
  2. Stéphane Audoin-Rouzeau, 2000 ans d'histoire, France Inter,‎ 24 avril 2007
  3. David Malescourt, « Aisne > Craonne (02160) », sur le site habitants.fr d'une société commerciale (consulté le 23 novembre 2013).
  4. « Orthodromie entre Craonne et Laon », sur le site lion1906.com de Lionel Delvarre (consulté le 23 novembre 2013).
  5. « Orthodromie entre Craonne et Amiens », sur le site lion1906.com de Lionel Delvarre (consulté le 23 novembre 2013).
  6. « Orthodromie entre Craonne et Reims », sur le site lion1906.com de Lionel Delvarre (consulté le 23 novembre 2013).
  7. « Orthodromie entre Craonne et Paris », sur le site lion1906.com de Lionel Delvarre (consulté le 23 novembre 2013).
  8. « Recherche d'itineraires », sur le site internet TER Picardie (consulté le 24 novembre 2013).
  9. La bataille de l'Aisne sur le site du CRID (Collectif de Recherche International et de Débat sur la Guerre de 1914-1918)
  10. art L. 2121-2 du code général des collectivités territoriales
  11. « Présentation de la Communauté de communes du Chemin des Dames », sur le site de la Communauté de communes du Chemin des Dames (consulté le 16 novembre 2013).
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  14. « Paroisse Saint Rémi de l'Ailette », sur le site du diocèse de Soissons, Laon et Saint-Quentin (consulté le 24 novembre 2013).
  15. « Notice no IA02001845 », base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 24 novembre 2013.
  16. « Craonne, route de Pontavert, Eglise paroissiale Saint-Martin », sur le site de l'Inventaire du Patrimoine Culturel de Picardie (consulté le 24 novembre 2013).
  17. « Notice no IA02001850 », base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 24 novembre 2013.
  18. « Notice no IA02001849 », base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 24 novembre 2013.
  19. Le discours intégral du Premier Ministre en 1998