Caverne du dragon

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Caverne du dragon
Intérieur de la Caverne du dragon
Intérieur de la Caverne du dragon
Présentation
Date de construction XXe siècle
Destination initiale Carrière de pierre
Protection  Inscrit MH (2006, Carrière)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Aisne
Localité Oulches-la-Vallée-Foulon
Localisation
Coordonnées 49° 26′ 29″ N 3° 43′ 57″ E / 49.441468, 3.7324149° 26′ 29″ Nord 3° 43′ 57″ Est / 49.441468, 3.73241  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Caverne du dragon

Géolocalisation sur la carte : Aisne

(Voir situation sur carte : Aisne)
Caverne du dragon

La Caverne du dragon se situe sur le Chemin des Dames, dans l'Aisne, en Picardie. Il s'agit d'un lieu stratégique lors de la Première Guerre mondiale et plus précisément lors de l'offensive Nivelle.

Ce sont les Allemands qui, lors de leur occupation de la caverne, l'ont surnommée la caverne du dragon (Drachenhöhle en allemand). Les flammes des lances-flammes, sortant des entrées de la caverne au cours des combats, leur faisaient penser aux flammes crachées par les dragons depuis leurs grottes[1].

Un lieu stratégique[modifier | modifier le code]

Vue depuis la caverne du dragon du versant nord de la vallée de l'Aisne.

La caverne est à l'origine une carrière souterraine construite au Moyen Âge dans le calcaire du plateau du Chemin des Dames. Ses pierres ont notamment servi à la construction de l'abbaye de Vauclair[2].

Ces carrières, ou creutes, que l'on retrouve en Somme comme dans l'Aisne, ont été utilisées comme abris, postes de secours, pour accueillir des états-majors ou bien, comme c'est le cas ici, comme poste défensif avancé.

La Caverne du dragon est en effet située à proximité de l'isthme de l'Hurtebise, c'est-à-dire là où le plateau est le plus étroit. En outre, sa position en rebord de plateau offre un large panorama sur la vallée de l'Aisne.

La Caverne du dragon pendant la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

C'est pour conforter leurs positions sur le plateau du Chemin des Dames que les Allemands lancent une attaque victorieuse sur la caverne le 25 janvier 1915 : ils se trouvent désormais à six-cents mètres de la première ligne française et quatre-vingt mètres au-dessus[3]. Ce poste avancé est alors protégé et aménagé : les Allemands y amènent l'électricité et le téléphone, un puits y est creusé et une chapelle est même édifiée. Enfin, ils relient la Caverne avec les lignes arrières par l'intermédiaire d'un tunnel. Ainsi, en cas d'attaque, les renforts et les munitions arrivent rapidement et sans encombres tandis que les blessés sont évacués.

Le 16 avril 1917, lors de l'assaut de l'offensive Nivelle, les hommes sortant de la Caverne du dragon prennent à revers les Sénégalais qui s'étaient lancés à la conquête de l'isthme d'Hurtebise. Les Sénégalais sont désorientés et cèdent à la panique : cela met un coup d'arrêt à leur avancée. L'existence de nombreuses creutes reliées à l'arrière par des tunnels est une des explications de l'échec brutal de l'offensive.

Stèle en souvenir des morts de la 164e division au dessus de la caverne du dragon.

Les Français, après plusieurs attaques en avril et mai 1917, tiennent quelques tranchées au niveau de l'isthme de l'Hurtebise. Le 25 juin, la 164e division d'infanterie est chargée de mener une nouvelle attaque pour contrôler l'ensemble de l'isthme et, si les circonstances le permettent, d'occuper la sortie nord de la Caverne du dragon. En préparation de cette attaque, les Français envoient des gaz asphyxiants dans les entrées sud de la grotte et prennent les Allemands au piège. L’assaut est mené à 18 heures par le bataillon Lacroix du 152e RI - le régiment des Diables Rouges - et le bataillon Moréteaux du 334e Régiment d'Infanterie. Les nids de résistance sont nettoyés aux appareils lance-flammes Schilt. Dans leur progression, les troupes françaises repèrent trois descentes permettant d'accéder à la grotte. L'exploration des boyaux révèle la présence de troupes allemandes qui, après négociation, acceptent de se rendre. "Le chiffre des prisonniers dénombré atteint 340, dont 10 officiers" (communiqué du 27 juin). Cette passe d'armes est alors célébrée comme une grande victoire militaire en France.

La caverne du Dragon, aujourd'hui musée. Vue sur la terrasse du musée et au-delà sur la vallée de l'Aisne.

Aujourd'hui, la Caverne du dragon a été aménagée par le Conseil général de l'Aisne en un espace muséographique consacré à la Première Guerre mondiale. Elle est inscrite au titre des monuments historiques en 2006[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « histoire de la caverne du dragon », sur le site du musée du Chemin des Dames et de la caverne du dragon (consulté le 31 août 2013).
  2. Picardie, Baie de Somme, Michelin, coll. « Guide Vert »,‎ 18 février 2013, 354 p. (ISBN 978-2-06-718631-6), p. 201.
  3. Thierry Hardier, La Caverne du Dragon in N. Offenstadt, Le Chemin des Dames. De l'évènement à la mémoire, Stock, 2004
  4. « Carrière dite Caverne du dragon », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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