Abbaye de Corvey

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Abbaye de Corvey
Image illustrative de l'article Abbaye de Corvey
Massif occidental médiéval de l'abbatiale, et bâtiments conventuels d'époque moderne
Présentation
Culte Catholicisme
Type Abbaye
Début de la construction IXe siècle
Fin des travaux Reconstruite au XVIIe siècle
Style dominant Architecture baroque
Géographie
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Land Flag of North Rhine-Westphalia (state).svg Rhénanie-du-Nord-Westphalie
Ville Höxter
Coordonnées 51° 46′ 40″ N 9° 24′ 36″ E / 51.7778, 9.4151° 46′ 40″ Nord 9° 24′ 36″ Est / 51.7778, 9.41  

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Abbaye de Corvey

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Abbaye de Corvey

L’abbaye de Corvey est un monastère bénédictin dans le land allemand de Rhénanie-du-Nord-Westphalie à 2 km au nord-est de Höxter, fondé vers 820 par l'empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, et Saint Adalhard, abbé de Corbie en Picardie, d'où le nom est originaire.

En 1801, l'abbaye de Corvey fut donnée, avec celle de Fulda, au stadhouder (gouverneur) de Hollande Guillaume V d'Orange-Nassau en dédommagement de l'invasion de la Hollande par les Français en 1795.

Intérieur du massif occidental de l'abbatiale de Corvey
Intérieur du massif occidental

Histoire[modifier | modifier le code]

Plan de l'abbaye

Corvey est une ancienne abbaye de bénédictins à Höxter dans l'actuelle Rhénanie-du-Nord-Westphalie. C'était l'un des couvents carolingiens les plus considérables, disposant d'une des bibliothèques les plus riches du pays et de nombreux évêques dépendaient de lui. Il prit une part décisive dans les premières tentatives missionnaires au Danemark et en Suède. C'est là que fut élevé Anschaire (en allemand Ansgar), surnommé l'« apôtre du nord ».

C'est en mémoire de son père Charlemagne que l'empereur Louis le Pieux fonda en 815 à Hethis, non loin de Corvey, un monastère qui fut acheté par les moines bénédictins de Corbie-sur-Somme, et appelé Corbeia nova, le nouveau Corbie. Ils le déplacèrent en 822 à l'emplacement actuel de Corvey où il se développa aux IXe et Xe siècles jusqu'à devenir un des centres culturels les plus importants d'Europe du Nord. La basilique à trois nefs fut commencée en 830 et consacrée en 844. De 873 à 885 la partie occidentale fut ajoutée sur le modèle de la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle et constitue aujourd'hui non seulement en Westphalie la plus ancienne construction monumentale et un vénérable sanctuaire de la Westphalie, mais encore le plus ancien ouvrage architectural de ce type qui ait subsisté en Occident. Les fresques du IXe siècle qu'on peut y admirer présentent des motifs anciens tirés de l'Odyssée.

La façade de type massif occidental est réputé être l'exemple le plus ancien encore debout de cette particularité carolingienne.

C'est aux alentours des années 962-965 que Widukind de Corvey y écrivit ici son Histoire des Saxons.

Sous l'abbé Wibald de Stavelot (1146-1158), l'ouvrage occidental reçut sa forme actuelle et l'abbaye obtint son immédiateté impériale. Il put aussi se constituer un petit domaine de 5 km2 avoisinant directement celui du prince-évêque de Paderborn dans le diocèse de qui il se trouvait aussi. En 1500 Corvey fut annexé au cercle impérial de Basse-Rhénanie-Westphalie.

Pendant la Guerre de Trente Ans, l'abbaye fut détruite puis reconstruite sous sa forme baroque actuelle. Comme de la fondation dépendaient alors quelque 12 000 habitants, qui lui donnaient un revenu annuel d'environ 100 000 thalers, elle essaya de se libérer de la dépendance de l'évêque de Paderborn. Elle y était fortement poussée parce qu'elle était menacée de disparaître : en 1786 le chapitre ne comptait plus que 13 membres du fait qu'il n'accueillait comme que des nobles et que les candidats faisaient défauts : une abbaye en déclin n'attirait pas et on préférait tenter d'obtenir un évêché.

Après différentes transactions avec les seigneurs des environs et l'évêque de Paderborn l'abbaye obtint en 1779 le rang d'abbaye territoriale exempte. En présence de l'abbé le chapitre décida que la messe qui se déroulait toujours suivant le rite bénédictin, ne devait pas être altérée après une sécularisation de l'abbaye, ce qui impliquait un déroulement toujours sévère de la journée conventuelle. Pour la célébration des messes, on fit appel à des élèves du séminaire, ouvert en 1786, puisque la plupart des moines étaient trop vieux pour supporter la durée entière de la cérémonie. En même temps, le nombre des futurs chanoines était fixé à douze et leurs prébendes à 500 thalers. On réforma aussi en grande partie la Vita communis et on supprima la clôture.

En 1788 l'abbaye reçut du pape un bref de sécularisation. Ferdinand de Lüninck s'était particulièrement activé pour l'obtenir et il en fut récompensé par un canonicat à la cathédrale. Le pape supprima le cloître en 1792 et attribua à l'évêché le domaine de la fondation avec ses 10 paroisses. Les membres du chapitre devinrent alors chanoines non capitulaires de la cathédrale. Simultanément la nouvelle cathédrale reçut six vicaires. Enfin, l'abbé Théodore de Brabeck devenait évêque et le prieur doyen du chapitre. Les vêtements et les droits étaient les mêmes que pour les autres chapitres de cathédrale en Allemagne. En 1794 le document fut ratifié par l'empereur et le nouvel évêché, qui ne comprenait que l'ancien domaine de la fondation devint suffragant de l'archevêché de Mayence (voir Province ecclésiastique de Mayence). Ferdinand de Lüninck succéda en 1794 à Théodore de Brabeck comme prince-évêque. Bientôt tard, la principauté de Corvey elle-même fut supprimée en 1803 par sécularisation, mais le titre relevé par héritage par la famille de Hohenlohe-Schillingsfürst. L'évêché de Corvey se maintint jusqu'à la mort de Ferdinand de Lüninck en 1825.

À Corvey se trouve la tombe du poète Hoffmann von Fallersleben qui y fut bibliothécaire de la bibliothèque princière du duc de Ratibor et prince de Corvey et qui compte environ 74 000 volumes.

La maison ducale de Ratibor et Corvey est restée jusqu'à aujourd'hui propriétaire du château de Corvey.

L'on trouve près de l'abbaye des vestiges de la ville de Corvey qui fut fondée par les abbés autour de la fondation de Niggenkerken dépendant de Corvey pour faire concurrence à Höxter. La colonie déclina peu à peu après une attaque de l'évêque de Paderborn et des habitants de Höxter en 1267 et fut définitivement abandonnée au XVIe siècle. Également à proximité directe de l'abbaye, se trouve la ruine de la prévôté dépendante de Roden.

Le massif occidental de l'abbatiale

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joachim Poeschke (Hg.): Sinopien und Stuck im Westwerk der karolingischen Klosterkirche von Corvey. Rhema-Verlag, Münster 2002, ISBN 978-3-930454-34-1

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]