Abbaye de Corbie

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Page d'aide sur l'homonymie L'abbaye royale Saint-Pierre de Corbie ne doit pas être confondue avec l'abbatiale Saint-Pierre de Corbie, qui est l'église principale de l'abbaye.
Abbaye de Corbie
L'Abbatiale dans l'Abbaye de Corbie en 1677
L'Abbatiale dans l'Abbaye de Corbie en 1677

Ordre Bénédictin, Congrégation de Saint-Maur au XVIIe siècle
Abbaye mère rattachée directement au Saint-Siège
Fondation 662
Fermeture 1790
Diocèse Amiens
Fondateur reine Bathilde
Dédicace Saint-Pierre
Protection Logo monument historique Classée MH (1907, Porte d'honneur)
Localisation
Emplacement Corbie (Somme)
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 49° 54′ 32″ N 2° 30′ 37″ E / 49.90889, 2.5102849° 54′ 32″ Nord 2° 30′ 37″ Est / 49.90889, 2.51028  

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Abbaye de Corbie

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Abbaye de Corbie

L’ancienne abbaye royale Saint-Pierre de Corbie était un monastère de moines bénédictins fondé en 657 par la reine Bathilde, mère du roi franc Clotaire III, non loin de la confluence de la Somme et de l'Ancre, en un lieu appelé Corbie (France). L'abbaye qui, par la production de son scriptorium et l'activité de ses missionnaires, joua un rôle de premier plan dans la Renaissance carolingienne fut supprimée en 1790.

La fondation[modifier | modifier le code]

La reine Bathilde (vers 635-680), régente de Neustrie et de Burgondie pendant la minorité de Clotaire III (657-665), imagina dès 650 de transformer en abbaye le fort de Corbie dominant la vallée de la Somme. Le roi Clotaire II avait donné une part du fisc royal au comte Guntland (ou Gundoland). À cette part fut ajouté l'usufruit d'un très grand territoire sur lequel le comte avait droit de haute et basse justice, prélevait, sur les paysans, le cens pour le compte du roi en échange du service de guerre. À la mort de Guntland en 639, ces terres revinrent au fisc royal.

La reine Bathilde, Jardin du Luxembourg à Paris

La reine Bathilde, très pieuse, put, après la mort de son époux Clovis II, en 659, mener à bien son projet. Comme Clovis et Clotilde avaient fondé l'abbaye Sainte-Geneviève à Paris, elle fonda l'abbaye de Corbie, lui donnant les terres de Guntland et celles de Frodin qui s'étendaient au nord d'Amiens, des environs de Doullens jusqu'à la forêt de La Vicogne. L'ensemble de la dotation s'élevait à 22 000 ha environs. Nul doute qu'elle ne vit là le moyen d’évangéliser la région et d'exprimer sa foi intense. L’abbaye fut créée en 652 et terminée en 657. La reine fit construire deux basiliques : Saints Pierre et Paul et Saint Étienne. L'abbaye fut placée sous l'autorité directe du pape et son territoire jouissait de l'Immunité[1].

Le premier abbé, Théofroy, un moine de l'abbaye de Luxeuil, prit ses fonctions en 662 accompagné d'une soixantaine de moines venant de Luxeuil. Suivant les usages de Luxeuil, l'abbaye adopta la règle de saint Colomban.

Galerie photographique[modifier | modifier le code]

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Un foyer de création culturelle et de débat théologique[modifier | modifier le code]

Lors de la grande expansion monastique en Europe occidentale, Au VIIIe siècle, le monastère adopta la règle de Saint-Benoît, les moines devinrent donc des bénédictins.

Le monastère forma d'emblée des moines lettrés, tels Leutcharius, Abellinus et Martin de Corbie qui fut précepteur du futur maire du palais, Charles Martel. Théofroy eut pour successeurs : Erembert, Maurdramne, Adalard de Corbie (le fondateur de l'abbaye-sœur de Corvey en Westphalie), Wala, et les théologiens Paschase Radbert et Ratramne de Corbie

Maurdramne fit rédiger une Bible en sept écritures différentes (dont la minuscule caroline).

Paschase Radbert et Ratramne de Corbie y débattirent de la transsubstantiation au IXe siècle.

D’après les recherches récentes du médiéviste allemand Klaus Zechiel-Eckes, Paschase Radbert serait l'auteur des Fausses décrétales, un apocryphe que l'historien Johannes Haller juge comme l'une des plus grandes falsifications historiques[2].

Le scriptorium[modifier | modifier le code]

Première page du Psautier de Corbie, Ms. 18 de la Bibliothèque municipale d'Amiens).

Le scriptorium de l'abbaye de Corbie fut, avec celui de l'abbaye de Fulda, l'un des plus importants du Moyen Âge. Les historiens s'accordent à dire que c'est ici que fut mise au point la minuscule caroline. Un nombre important de manuscrits semble avoir été produit sous la direction du bibliothécaire de l'abbaye, Hadoard. Parmi les textes de l'Antiquité préservés par le travail des moines de Corbie, on trouve :

Le scriptorium a également joué un rôle important dans la diffusion des connaissances mathématiques, car on y a recopié les géométries de Boèce et de Cassiodore[5].

Le déclin[modifier | modifier le code]

L’abbaye de Corbie fut mise à sac et incendiée par les Vikings en 881 mais fut bientôt reconstruite ; elle bénéficia par la suite de plusieurs privilèges royaux, sans toutefois retrouver le rayonnement politique et culturel qui était le sien dans la première moitié du IXe siècle.

Une nouvelle abbatiale est mise en chantier en 1501. Elle sera terminée au XVIIIe siècle.

En 1638, 400 manuscrits sont transférés à la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris[6].

Puis à la Révolution l'abbaye ferme ses portes et sa congrégation est dispersée conformément à la loi supprimant les ordres réguliers. Au fil des années qui suivent les bâtiments de l'abbaye sont progressivement démantelés.

Par un décret de la Convention nationale, les 300 manuscrits qui restaient à Corbie sont rassemblés à Amiens. Ils rejoignent la bibliothèque d'Amiens (aujourd'hui Bibliothèques d'Amiens Métropole) à sa création. Quant aux manuscrits de Saint-Germain-des-Prés, ils sont pillés et mis en vente : quelques rares manuscrits seront rachetés par la suite par un diplomate russe, Piotr Doubrovsky, et sont aujourd'hui consultables à la Bibliothèque nationale russe (ex Saltykov-Chtchédrin), à Saint-Pétersbourg. D'autres manuscrits de Corbie appartiennent à la Bibliothèque nationale de France. Au total, plus de deux cents manuscrits du scriptorium de Corbie ont survécu jusqu'à aujourd'hui.

L'abbatiale subsistante[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abbatiale Saint-Pierre de Corbie.

L'église abbatiale est le principal vestige subsistant de l'ancienne abbaye. Sous le nom de Saint-Pierre de Corbie, elle sert d'église paroissiale. Elle est classée Monument historique en 1919.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

  • 662-675 : Saint Théofroy
  • 675-6?? : Rodogaire
  • 6??-716 : Erembert
  • 716-741 : Sébastien Ier
  • 741-751 : Grimoald
  • 751-765 : Léodegaire
  • 765-771 : Addo
  • 771-780 : Mordramnus (Maurdramne)
  • 780-820 : Adalard Ier, dit l’Ancien
  • 820-824 : Adalard II dit le Jeune
  • 824-836 : Wala
  • 836-840 : Heddo
  • 840-843 : Isaac
  • 843-851 : Paschase Radbert
  • 851-860 : Odon
  • 860-862 : Angelbert
  • 862-875 : Trasulphe
  • 875-884 : Hildebert
  • 884-890 : Gonthaire
  • 890-891 : Heilo
  • 891-893 : Francon d’Amiens
  • 893-914 : Evrard
  • 914-929 : Bodon
  • 929-937 : Gautier Ier
  • 937-03/09/945 : Bérenger
  • 03/09/945-??/11/945 : Héribald
  •  ??/11/945-986 : Ratold
  • 986-1014 : Maingaud
  • 1014-1033 : Herbert
  • 1033-1048 : Richard
  • 1048-1097 : Foulques Ier le Grand
  • 1097-1123 : Nicolas Ier
  • 1123-1142 : Robert
  • 1142-1158 : Nicolas de Moreuil[7]
  • 1158-1172 : Jean Ier de Bouzencourt
  • 1172-1185 : Hugues Ier de Pérone
  • 1185-1187 : Josse
  • 1187-1193 : Nicolas III de Rouais
  • 1193-1196 : Gérard
  • 1196-1198 : Jean II de Brustin
  • 1198-1201 : Foulques II de Fouilloy
  • 1201-1209 : Gautier II
  • 1209-1221 : Jean III de Cornillon
  • 1221-1240 : Hugues II
  • 1240-1254 : Raoul Ier
  • 1254-1261 : Jean IV de Fontaines
  • 1261-1269 : Pierre Ier de Mouret
  • 1269-1287 : Hugues III de Vers
  • 1287-1315 : Garnier de Bouraine
  • 1315-1324 : Henri Ier de Villers
  • 1324-1351 : Hugues IV de Vers
  • 1351-1363 : Jean V d’Arcy
  • 1363-1395 : Jean VI de Goye
  • 1395-1418 : Raoul II de Roye
  • 1418-1439 : Jean VII de Lion
  • 1439-1445 : Jean VIII de Bersée
  • 1445-1461 : Michel de Dauffiné
  • 1461-1475 : Jacques de Ranson
  • 1475-1479 : Jean IX Dansquennes
  • 1479-1483 : François Ier de Maillers
  • 1483-1485 : Vacance
  • 1485-1506 : Pierre II d’Ottreil
  • 1506-1522 : Guillaume III de Caurel

Abbés commendataires

Source : Dictionnaire d'Histoire et de Géographie Ecclesiastique

Moines et missionnaires[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • XIIIe centenaire Corbie, 20 mai 1962, programme.
  • Roger Caron, Corbie en Picardie de la fondation de l'abbaye à l'instauration de la commune et l'adoption de la réforme de Cluny, Amiens, 1994, Éditions Corps Puce (ISBN 2-907525-70-0).
  • Ph. Pinchemel, J. Godard, R. Normand et C. Lamy-Lassalle, Visages de la Picardie, Paris, Horizons de France, coll. « Provinciales »,‎ 1949, 18,5x23,5 cm, 180 p., « La Picardie intellectuelle et littéraire », p. 90, « L'abbaye de Corbie »
  • L.D. Reynolds et N.G. Wilson (trad. C. Bertrand, P. Petitmengin), D'Homère à Erasme : la transmission des classiques grecs et latins [« Scribes and scholars : A Guide to the Transmission of Greek and Latin Literature »], Paris, Éditions du CNRS,‎ 1986 (réimpr. 1986, 1991), 16x24 cm, XVI pl. + 262 p. (ISBN 2-222-03290-3)
  • Les Amis du Vieux Corbie et le Collège Eugène Lefèbvre, Les Manuscrits de l'Abbaye de Corbie, exposition du 10 au 16 novembre 1991.
  • Philippe Seydoux, Abbayes de la Somme, Paris, Nouvelles Editions latines, 1975 (notice BnF no FRBNF34572163w)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Caron, Corbie en Picardie de la fondation de l'abbaye à l'instauration de la commune et l'adoption de la réforme de Cluny, Amiens, 1994, Éditions Corps Puce.
  2. « …ein der größten Betrug der Weltgeschichte ». Ces pseudo-décrétales visaient à justifier l'autonomie des évêques vis-à-vis des archevêques (métropolites) et du pouvoir temporel
  3. (en) Recensements des livres de la bibliothèque de Corbie
  4. L'origine de ce corpus d'écrits hérétiques n'est toujours pas clairement identifiée.
  5. [PDF] Marie-Thérèse Zenner, « Villard de Honnecourt and Euclidian geometry », Nexus journal (consulté le 18 mai 2008).
  6. Sur la bibliothèque de l’abbaye de Corbie, cf. Léopold Delisle, Mémoires de l'académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 24 : Recherches sur l’ancienne bibliothèque de Corbie, Paris,‎ 1861, partie 1, p. 266-342.
  7. http://www.ch-corbie.fr/html/les_origines.htm