Nexus (revue)

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Nexus
Langue anglais, français, allemand, italien, grec, polonais, roumain
Périodicité bimestrielle
Genre information indépendante
Fondateur Ramses H. Ayana
Date de fondation 1986

Directeur de publication Duncan Roads
Site web (en) International
Nexus
Image illustrative de l'article Nexus (revue)

Pays France
Langue français
Périodicité bimestrielle
Genre information indépendante
Prix au numéro France : 7,90 

DOM : 8,40 €
Belgique : 8,50 €
Canada : 14 CAD
Suisse : 8,50 CHF

Date de fondation 1999
Éditeur MOAN S.A.R.L.
Ville d’édition Plazac

Directeur de publication David Dennery
Directeur de la rédaction Sylvie Gojard
Site web Nexus.fr

Nexus est un magazine bimestriel d'information indépendant australien fondé en 1986 par Ramses H. Ayana et repris en 1990 par Duncan Roads. Il a ensuite été édité dans diverses langues, dont le français depuis 1999.

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Pour Stéphane François et Emmanuel Kreis, la revue offre un « mélange d'articles sur la santé (para-médecine), la para-science, l'écologie, la spiritualité, le conspirationnisme, la crypto-histoire et l'ufologie », traités avec un style New Age[1].

Selon le magazine, « nous avons le choix soit d'entretenir le semblant de consensus qui nous conduit dans le mur, soit de sortir du cadre, de bousculer les dogmes, de dénoncer les grandes mystifications, de revisiter les concepts établis. C'est cette dernière option que Nexus retient pour participer à son échelle, à une compréhension plus vaste de notre époque et de ses enjeux. C'est pour tous ceux qui partagent cette envie d'une information libre — quitte à être inquiétante — que Nexus s'efforce de documenter au mieux ces révélations, ces découvertes, ces innovations et ces initiatives qui dérangent. »[2].

Stéphane François nuance cette affirmation en déclarant qu'on trouve « dans les thèmes récurrents [de Nexus] une forte occurrence d’articles condamnant les « élites mondialisées » ouvertement conspirationnistes, d’autres aux thématiques ésotériques/spirituelles, d’autres enfin de contenu écologique ; le tout baignant dans une vision pessimiste du monde »[3].

D'après Alexandre Moatti, « la rédaction traduit le titre latin, Nexus, en « entrelacs de causes et d'effets ». Son sous-titre est « Science et alternative » ; la revue souhaite donner « une information négligée par les instances médiatiques clairement liées à l'élite dirigeante » »[4].

Le directeur de publication de l'édition française, David Dennery, déclare que l'évolution de l'humanité est liée à des interventions extérieures d'extraterrestres. Il refuse à la fois le créationnisme et l'évolutionnisme[5].

Historique[modifier | modifier le code]

Le magazine fut créé en Australie en 1986 par Ramses H. Ayana, il parait d'abord comme un trimestriel puis est repris en 1990 par Duncan Roads et passe à une parution bimestrielle. À ses débuts, Nexus est un magazine écologiste alternatif avec une orientation multiculturelle et libérale, des intérêts pour le New Age, la santé et les problèmes du Tiers-Monde, mais après avoir eu des problèmes financiers, il est repris par Roads qui l'a métamorphosé et en a fait le magazine qu'il est aujourd'hui[6],[7].

L'édition française est une adaptation de la revue australienne du même nom apparue en mars 1999[1].

En 2006, le renouvellement de son inscription à la Commission paritaire des publications et des agences de presse (CPPAP) lui a été retiré car selon cet organisme, « il ressort des pièces versées au dossier, et notamment des numéros 37 à 43, que cette publication, en contestant dans de nombreux articles les acquis positifs de la science, mettant en doute l’innocuité des vaccins, et, partant, le principe même de la vaccination ou celui des greffes d’organes, est susceptible, si elle est lue au premier degré, d’inquiéter les esprits les plus fragiles »[8]. Ce retrait de l'aide fait passer le taux de TVA de 2,1 % à 20 % et ne donne plus droit à des tarifs postaux préférentiels.

En 2010, la CPPAP renouvelle l'inscription de Nexus.

Commentaires[modifier | modifier le code]

Positifs[modifier | modifier le code]

En 1994, David Icke, ancien footballeur et présentateur d'émissions sportives reconverti dans le conspirationnisme, salue Nexus dans son ouvrage The Robots' Rebellion pour son incomparable capacité à fournir « des informations difficiles à obtenir sur les changements de la société »[9].

En 2001, Jonathan Eisen, le directeur néo-zélandais du magazine conspirationniste Uncensored[10] qui a publié certains de ses travaux dans Nexus, dédicace son ouvrage Suppressed Inventions (en français : Inventions supprimées) à Duncan Roads et le remercie dans la préface, en disant que « dans un monde où le bon sens est souverain, Nexus continue de publier des informations sur le développement de nouvelles technologies non polluantes et défend vaillamment la pensée indépendante, des idées provocatrices et des solutions réalisables »[11].

Négatifs[modifier | modifier le code]

Mélange de sujets scientifiques détournés, pseudo-scientifiques et conspirationnistes[modifier | modifier le code]

L'historien et essayiste Nicholas Goodrick-Clarke, dans son ouvrage Black Sun: Aryan Cults, Esoteric Nazism and the Politics of Identity[12], indique que le magazine Nexus surfe sur la vague grandissante des théories du complot apparues aux États-Unis dans les années 1990 et qui se sont vites propagées à l'Europe à la suite de l'élargissement du fossé entre le peuple et les élites. En offrant un mélange fascinant « de prophéties, d'OVNIs, de « Big Brother », de technologies supprimées de façon inexplicables, d'Histoire manipulée et autres ». Des articles sur la cuisine macrobiotique, l'aromathérapie et le trou dans la couche d'ozone côtoient des exposés sur la fluoration de l'eau, les expériences de contrôle mental menées par la CIA et les escroqueries des groupes pharmaceutiques. Tout cela amène les lecteurs à mélanger les préoccupations pour leur santé, pour l'environnement et pour leur mode de vie avec des angoisses liées aux abus cachés et aux complots gouvernementaux[13].

Propagande anti-gouvernementale et paramilitariste[modifier | modifier le code]

Goodrick-Clarke dit plus loin que Nexus sert de journal de propagande pour les mises en garde et les théories de conspiration du mouvement des miliciens américains. Un appel de l'avocate Linda Thompson (en) à marcher sur Washington afin de traduire en justice les membres du Congrès pour haute trahison a été rapporté par le magazine et sa vidéo du siège de Waco, qui aurait influencé Timothy McVeigh, le responsable de l'attentat d'Oklahoma City, a été distribuée par Nexus en Europe. En juin 1994, le magazine publie une analyse approfondie du film et conclut par ce message prophétique : « Un très grand mouvement souterrain est en train de se construire aux États-Unis. Chaque nuit, quelque part en Amérique, quelqu'un présente cette vidéo à une poignée d'amis. Personne n'y reste insensible. Elle est contagieuse, alors prenez garde[14] ! »[15].

Création d'un sentiment de rejet face aux programmes d'aide gouvernementaux[modifier | modifier le code]

Nexus a également publié un article sur l'Agence fédérale des situations d'urgence (Federal Emergency Management Agency, FEMA) par Linda Thompson où elle affirme que malgré les procédures de grande envergure prévues en cas de situations graves, seulement 6 % du budget est consacré à la gestion des urgences et que la majeure partie du financement est utilisé pour construire des installations gouvernementales souterraines secrètes et de nouveaux centres de détention. Elle énumère quatorze ordres exécutifs autorisant la FEMA à prendre en charge tous les aspects de la vie civile une fois la Constitution suspendue[16], créant chez le lecteur un sentiment que les autorités le négligent et veulent contrôler ses faits et gestes[15].

Négationnisme et antisémitisme[modifier | modifier le code]

En 1997, le Stephen Roth Institute (en) a classé le site web international de Nexus comme l'un des « principaux sites qui hébergent ou promeuvent activement l'antisémitisme »[17].

Selon Goodrick-Clarke, le représentant britannique du magazine Nexus croit en la véracité des Protocoles des Sages de Sion (une contrefaçon qui se présente comme un plan de conquête du monde établi par les juifs et les francs-maçons), admire l'écrivain négationniste David Irving et nie l'existence des chambres à gaz d'Auschwitz[18],[7].

Alexandre Moatti, en parlant de l'édition française, note que « les thèmes classiques de la théorie historique du complot son présents dans Nexus : Les nazis mis au pouvoir par Prescott Bush et les banques américaines, le conspirationnisme du 11 septembre. Le géopoliticien souverainiste Aymeric Chauprade (né en 1969) estime dans Nexus que le 11 septembre était un complot israélo-américain et que le Hamas a été installé par le Mossad pour affaiblir l'OLP D'ailleurs les deux arguments se renforcent l'un l'autre : « Si Israël a joué la carte du Hamas, pourquoi n'aurait-il pas joué la carte de Al-Qaida [pour le 11 septembre][19]? »[4].

Emmanuel Kreis et Stéphane François mentionnent que dans le deuxième numéro de la revue française de mai-juin 1999, la suite de l’article sur les banques centrales reprend certains éléments du Livre Jaune no 5 — où s'entrecroisent le New Age, l’ufologie nazie, le conspirationnisme antijudéo-maçonnique et l'aryosophie[20] — de l'auteur conspirationniste et ésotériste Jan van Helsing et que cet ouvrage sert notamment de sources à d'autres articles de ce numéro[1].

Dans l'éditorial du numéro de janvier-février 2016 de Nexus, David Dennery s'oppose énergiquement aux accusations d'antisémitisme contre l'édition française, rappelant par ailleurs ses propres origines juives[21].

Promotion de la pseudo-science[modifier | modifier le code]

Selon l'avis de l'Association française pour l'information scientifique (AFIS), Nexus serait un « magazine de désinformation et d’apologie sectaire » et « cette revue est en effet spécialisée dans tout ce qui est guerre contre la science, de la physique à la biologie en passant par les pratiques médicales. Elle souscrit à toutes les thèses les plus folles pourvu qu’elles soient contestataires et sectaires, voit des complots partout, mais se targue d’esprit libre »[8].

L'archéologue Jean-Loïc Le Quellec indique que les journalistes de Nexus ne connaissent pas certains faits scientifiques, ou omettent de les signaler, et qu'« en publiant ainsi des textes très superficiels et en ignorant souverainement l’avis des spécialistes, les revues de ce genre ne peuvent aucunement prétendre à divulguer une « information scientifique » »[22].

Selon Alexandre Moatti, concernant l'édition française, « en médecine, la revue propose aussi une « alternative santé » […] : elle s'oppose à la vaccination, qu'elle considère comme faisant partie du complot ; quant au cancer, ce pourrait être un simple champignon, à traiter au bicarbonate de soude. La diffusion par Nexus de ce genre d'idées lui à fait perdre l'agrément paritaire de la presse (avec taux réduit de TVA et de frais postaux y afférant) ». Pour lui, « la principale caractéristique de Nexus, qui semble être sa raison d'être, est l'explication exogène de l'humanité […]. La théorie de Darwin est une plaisanterie, mais sans doute moins que ne l'est la « fable de la Création », indique Nexus. Il s'agit de discréditer aussi bien la théorie scientifique explicative (Darwin) que la théorie alternative des croyants (la Création), ce au profit d'une explication exogène de l'humanité — la vie sur Terre a été amenée par des extraterrestres »[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Kreis et François 2009b.
  2. Magazine Nexus, no 100, septembre-octobre 2015
  3. François 2012.
  4. a et b Moatti 2013, p. 140.
  5. Bernard 2011.
  6. Goodrick-Clarke 2003, p. 292.
  7. a et b Kalman et Murray 1995.
  8. a et b Lenoire 2006.
  9. Goodrick-Clarke 2003, p. 290-291.
  10. Television New Zealand 2010.
  11. Eisen 2001, p. ix.
  12. Titre en français : Soleil noir : Cultes aryens, nazisme ésotérique et politiques de l'identité (Goodrick-Clarke 2007).
  13. Goodrick-Clarke 2003, p. 289-290.
  14. Blumenfeld 1994, p. 16-19 et 65.
  15. a et b Goodrick-Clarke 2003, p. 290.
  16. Thompson 1994, p. 16.
  17. Stephen Roth Institute 1997.
  18. Goodrick-Clarke 2003, p. 293.
  19. Chauprade 2009.
  20. Kreis et François 2009a.
  21. « Éditorial », Nexus,‎ (lire en ligne), [PDF]
  22. Kindo et Le Vigouroux 2011.
  23. Moatti 2013, p. 140-141.

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

Articles de Nexus cités[modifier | modifier le code]

  • Édition en anglais :
    • (en) Samuel L. Blumenfeld, « Waco... the untold story », Nexus, no 20,‎
    • (en) Linda Thompson, « F.E.M.A. », Nexus, no 18,‎
  • Édition en français :
    • Aymeric Chauprade, « Nous sommes entrainés dans un choc des civilisations », Nexus, no 62,‎ .

Liens externes servant de source[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]