Association française pour l'information scientifique

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Association française pour l'information scientifique
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Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
Zone d’influence Pays francophones
Fondation
Fondation 1968
Fondateur Michel Rouzé
Identité
Siège 4 rue des Arènes 75005 Paris
Présidente Anne Perrin
Secrétaire général Roger Lepeix
Membres 700 (en 2010)[1]
Site web

L'Association française pour l'information scientifique (AFIS) est une association loi de 1901, fondée par Michel Rouzé en novembre 1968[2] et dont le siège est à Paris. Composée de bénévoles, elle tire ses ressources du magazine qu'elle édite, Science et pseudo-sciences, et des cotisations de ses adhérents.

Issue du courant rationaliste français, elle se donne pour objectif de « promouvoir la science » et de donner « un éclairage sur des sujets de société qui sont traités de manière pseudo-scientifique et font l'objet de désinformation ou polémiques. »

L'association fait l'objet de diverses critiques, notamment pour ses prises de positions jugées favorables aux OGM.

Objectifs et thèmes abordés[modifier | modifier le code]

Selon ses propres termes, l'AFIS « se donne pour but de promouvoir la science contre ceux qui nient ses valeurs culturelles, la détournent vers des œuvres malfaisantes ou encore usent de son nom pour couvrir des entreprises charlatanesques. Elle apporte un éclairage sur des sujets de société qui sont traités de manière pseudo-scientifique et font l'objet de désinformation ou polémiques, notamment autour de la santé, des nouvelles technologies et de l'environnement[3]. »

Selon Stéphane Foucart, l'AFIS est une « émanation de la prestigieuse Union rationaliste[4] ». Elle a des « engagements utiles contre l'astrologie, les pseudo-médecines, l'archéologie fantastique, etc.[4] ».

L'AFIS aborde également des thèmes tels que l'alimentation, le créationnisme, l'énergie nucléaire, l'homéopathie, les médicaments, les ondes électromagnétiques, les organismes génétiquement modifiés, le paranormal et la psychanalyse[5].

Astrologie[modifier | modifier le code]

Dans le domaine de l’astrologie, l'AFIS a pris l'initiative, en 2001, de l'examen critique de la thèse de doctorat de sociologie de l'astrologue Élizabeth Teissier[6],[7]. N'acceptant pas certaines critiques du contenu de son mémoire, celle-ci a qualifié les membres de l'association de « talibans de la culture »[8].

Vaccination[modifier | modifier le code]

Les campagnes des mouvements anti-vaccinations donnent lieu de la part de l'AFIS à des analyses sur le sujet[9]. Elle a également dénoncé, en 2017, l'invitation par la députée européenne Michèle Rivasi, dans le cadre d'une initiative publique du mouvement anti-vaccination organisée au Parlement européen, de l'ancien médecin auteur d’une fraude avérée, Andrew Wakefield, à l'origine de la rumeur d'un lien entre autisme et vaccination[10].

Maladie de Lyme[modifier | modifier le code]

La maladie de Lyme fait l'objet d’une importante controverse[11]. L'AFIS met en garde contre le remplacement des recommandations actuelles issues d'un consensus scientifique[12]. Elle rappelle qu'aucune agence sanitaire ne reconnaît de forme chronique de la maladie et que les traitements proposés sont au mieux inefficaces[12]. Elle s'inquiète également du complotisme concernant les tests de dépistage de la maladie que certains soupçonnent d'être faits pour sous-estimer le nombre de malades[12].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Les positions de l'AFIS, s'inscrivant sur les grands sujets controversés, suscitent logiquement de nombreuses discussions. En 2012, d'après Le Monde : « L'AFIS n'hésite pas à critiquer vertement les médias ou les personnalités qui diffusent des informations en flagrant décalage avec l'état des connaissances scientifiques, sur les sujets à l'interface entre la science et la société. Ce qui ne va pas sans heurts. L'association a ainsi été, à plusieurs reprises, au centre de vives polémiques au cours de ces dernières années[13]. »

Positionnement concernant les OGM[modifier | modifier le code]

L'AFIS est à l'initiative d'une pétition s'opposant à un moratoire d'un maïs OGM en France en 2007, qui selon elle ne reposerait pas sur des arguments scientifiques[14],[15]. Elle a également organisé un colloque au Sénat en janvier 2008[16], lors de la discussion de la loi sur les OGM, au cours duquel les intervenants ont présenté les bénéfices de l'utilisation des OGM et les risques que la France prendrait en les refusant[17],[18].

En mars 2008, Marcel-Francis Kahn, membre du comité scientifique de l'association, décide de le quitter, jugeant que « l'AFIS s'est transformée – sans que notre avis soit sollicité – en un véritable lobby pro-OGM »[19], évoquant également l’existence possible de « liens avec Monsanto ou ses filiales » de deux membres de l'AFIS[13], que ces derniers ont par la suite formellement démentis[20],[21], de même que l'AFIS[22], qui déplore que cette « rumeur » soit largement diffusée sur le Web[23].

Pour la réalisatrice Marie-Monique Robin, dont le documentaire Le Monde selon Monsanto a fait l'objet de critiques de la part de l'AFIS sous la plume de Marcel Kuntz[24], l'argumentaire de l'AFIS « ne se distancie guère » de celui de Monsanto. Elle mentionne qu'une journaliste brésilienne ayant demandé une interview à Monsanto France s'est d'ailleurs vue renvoyer à l'AFIS[25].

Le biologiste Pierre-Henri Gouyon critique la « posture » de l'AFIS, qu'il juge « systématiquement favorable aux OGM et systématiquement opposée à l'écologie ». Il observe par ailleurs qu'« [i]l suffit de se rendre sur le site Internet de l'Office américain des brevets pour se rendre compte que certains des membres de l'AFIS les plus engagés à défendre les OGM ont déposé des brevets avec des entreprises de biotechnologies »[13].

Selon Stéphane Foucart, l'AFIS est « farouchement pro-OGM » et « l'une des principales organisations à entretenir l'amalgame entre opposition aux OGM et irrationalité. Être contre les OGM, c'est comme être contre l'astrologie en somme. Il y a pourtant quantité de raisons parfaitement rationnelles de s'opposer à ces cultures. » [4]

Réchauffement climatique[modifier | modifier le code]

Dans son dossier de 2010, l'association donne la parole à Michel Petit, climatologue actif au sein du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)[26],[27], mais publie aussi les contributions de climato-sceptiques tels que Vincent Courtillot ou Benoît Rittaud[28],[29]. Ceci a soulevé des critiques de certains climatologues ainsi que de l'Union rationaliste[13]. Un dialogue à ce propos avec Sylvestre Huet, journaliste scientifique à Libération, déçu par un traitement « aussi médiocre » du sujet, a fait l'objet d'une publication sur le site de l'association[30].

Accusations de parti pris idéologique[modifier | modifier le code]

Sur Rue89, une tribune intitulée « Afis : information scientifique ou manipulation de l’opinion ? » de Fabrice Flipo critique les erreurs et « partis pris idéologiques » de tribunes publiées dans le même média par Jérôme Quirant, membre du comité de rédaction de la revue de l'AFIS. Jérôme Quirant a répondu dans une lettre argumentée[31], soulignant que « dès le titre, l’article est trompeur, puisqu’il cite l’AFIS alors qu’il n’en sera plus question dans le papier. »

En novembre 2013, Francis Chateauraynaud et Josquin Debaz, membres du Groupe de sociologie pragmatique et réflexive de l'EHESS publient un rapport, co-édité par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), dans lequel ils présentent l'AFIS comme opposée aux « dispositifs favorisés par le régime régulatoire fondé sur le principe de précaution » et évoquent « la dimension polémique des textes de l’AFIS [...]. Mais cela va plus loin, car il y a un véritable réseau à l’œuvre et il s’agit de promouvoir, sous couvert de discussion critique, non seulement des thèses mais également leurs porteurs »[32]. Dans une lettre de réponse d'avril 2014 adressé à l'ANSES, Louis-Marie Houdebine, en tant que président de l'AFIS, écrit : « nous nous étonnons que l’ANSES couvre de son autorité des propos sur notre association qui ne relèvent pas de l’analyse sociologique mais d’un a priori hostile et ouvertement malveillant, non étayé, voire fondé sur des propos prêtés à l’AFIS ou inventés[33] ». Interrogée sur cette publication, la directrice de communication de l'ANSES a répondu au téléphone que « pour l'Agence, le logo de l'ANSES n'aurait pas dû se trouver sur le rapport. L'ANSES ne s'estime pas engagée par des travaux qu'elle ne fait que financer[33] ».

Selon Le Monde, « les entorses faites à la science sont plus férocement dénoncées quand elles sont le fait des écologistes[13]. »

Choléra en Haïti[modifier | modifier le code]

En octobre 2014, Le Monde met l'AFIS en cause pour avoir publié un article en 2013 à l'origine d'une légende urbaine selon laquelle les autorités haïtiennes auraient refusé d'utiliser des produits chlorés pour traiter l'eau lors de l'épidémie de choléra de 2010, favorisant sa propagation[34],[35],[36]. Le 23 octobre 2014, l'AFIS ajoute un entrefilet à l'article dans lequel elle présente ses excuses pour ne pas avoir précisé qu'il s'agissait de l'opinion de l'auteur[36].

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Présidents[modifier | modifier le code]

Conseil scientifique et comité de parrainage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Rapport d'activités », sur Science et pseudo-sciences, .
  2. Droit de réponse de l'AFIS sur lexpress.fr.
  3. « Sciences… et pseudo-sciences », sur Science et pseudo-sciences (consulté le 31 janvier 2017).
  4. a, b et c Stéphane Foucart, La Fabrique du mensonge. Comment les industriels manipulent la science et nous mettent en danger, Éditions Gallimard, (ISBN 9782072545580, lire en ligne), p. 132.
  5. « Science et pseudo-sciences » (consulté le 13 mai 2018), onglet « Dossiers ».
  6. Hervé Morin, « Elizabeth Teissier, docteur en sociologie, ascendant astrologie », Le Monde, .
  7. Bernard Lahire, Philippe Cibois, Dominique Desjeux, Jean Audouze, Henri Broch, Jean-Paul Krivine, Jean-Claude Pecker et Jacques Bouveresse, « Analyse de la thèse de Madame Élizabeth Teissier », (consulté le 4 avril 2016).
  8. « à propos de ma thèse de sociologie à la Sorbonne le 7 avril 2001 », sur eteissier.com : « Après qu'un jury de six professeurs (dont deux par écrit) m'aient accordé la mention très honorable, le groupuscule de l'AFIS s'est acharné contre moi en exigeant que ma thèse soit réexaminée par des scientifiques ! […] Comme leur chantage n'aboutissait pas, ces talibans de la culture critiquèrent mon travail publiquement à partir du lendemain de la soutenance, toujours sans avoir lu une ligne de ma thèse. Tenue par le devoir de réserve avant la réception de l'attestation du doctorat, quelque six semaines plus tard — comme chaque étudiant doctorant —, je ne pouvais m'expliquer moi-même, mais j'assistais presque quotidiennement dans la presse à un feu d'artifice de mauvaise foi et de critiques partiales. ».
  9. « Contre-attaque rationaliste face aux campagnes antivaccination », Ruptures,‎ (lire en ligne).
  10. Jean-Yves Nau, « Autisme, vaccins et croyances : Luc Montagnier, ou l’étrange « revenant qui a mal tourné » », Journalisme et Santé Publique,‎ (lire en ligne)
  11. « Maladie de Lyme : des tiques et un micmac », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  12. a, b et c « Maladie de Lyme : l'AFIS met en garde contre le complotisme », sur www.enviscope.com (consulté le 14 mai 2018)
  13. a, b, c, d et e « Le rationalisme, au risque du biais « anti-écolo » », Le Monde, .
  14. « Des scientifiques s'en prennent aux anti-OGM », L'Express, .
  15. Michel Naud, « Rapport d'activité, assemblée générale 17 mai 2008 », sur Science et pseudo-sciences, p. 11.
  16. « Biotechnologies & Agriculture durable, un post-Grenelle de l'environnement » (version du 21 septembre 2013 sur l'Internet Archive).
  17. Jade Lindgaard, « Comment le Sénat et les lobbies ont réécrit le projet de loi OGM », sur Mediapart, .
  18. Hervé Morin, « Au Sénat, les partisans des OGM confortent leurs vues », Le Monde, .
  19. « Témoignage de Marcel-Francis Kahn sur l'AFIS », sur criigen.org (consulté le 10 juillet 2016).
  20. « Petite mise au point concernant les diffamations du dénommé Marcel-Francis Kahn, rhumatologue », sur http://www.marcel-kuntz-ogm.fr, .
  21. Marc Mennessier, « OGM : les experts de l'Afssa se plaignent d'être dénigrés », Le Figaro,
  22. « Elle court, elle court la rumeur », sur Science et pseudo-sciences, .
  23. « La rumeur court toujours… » », sur Science et pseudo-sciences, .
  24. « Le monde selon Monsanto - Un film de Marie-Monique Robin (2007) », sur Science et pseudo-sciences, (consulté le 13 mai 2018).
  25. Marie-Monique Robin, Le Monde selon Monsanto : De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien, La Découverte, (ISBN 9782707159168, lire en ligne), p. 265.
  26. « La réalité du changement climatique », sur Science et pseudo-sciences, .
  27. « Questions de base, controverse et dimension sociétale », sur Science et pseudo-sciences, .
  28. « Et le Soleil dans tout cela ? », sur Science et pseudo-sciences, .
  29. « Un point de vue sceptique sur la thèse « carbocentriste » », sur Science et pseudo-sciences, .
  30. « Réchauffement climatique : dialogue avec Sylvestre Huet », sur Science et pseudo-sciences, .
  31. « Réponse à Mr Flipo »
  32. « Rapport 2013 Convention GSPR/EHESS : une pragmatique des alertes et des controverses en appui à l'évaluation publique des risques », sur www.anses.fr, (consulté le 13 mai 2018) : « Cela fait plusieurs années que l’on observe l’organisation d’une contre-offensive auto qualifiée de « rationaliste » contre les dispositifs favorisés par le régime régulatoire fondé sur le principe de précaution. L’AFIS (Association Française pour l’Information Scientifique) n’a cessé d’intervenir sur toutes sortes de dossiers, du nucléaire aux champs électromagnétiques, des OGM – en particulier via Marcel Kuntz – aux gaz de schiste. »
  33. a et b « Une lettre adressée à l'ANSES », sur Science et pseudo-sciences (consulté le 13 mai 2018)
  34. « Le chlore aux temps du choléra », Le Monde (consulté le 15 mai 2018).
  35. « Choléra en Haïti : autopsie d'une légende urbaine », Le Monde (consulté le 1er juin 2016).
  36. a et b Bernard Meunier, « Certains préfèrent les microbes à l'eau de Javel », sur Science et pseudo-sciences, (consulté le 2 février 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]