Timothy McVeigh

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Timothy McVeigh
image illustrative de l’article Timothy McVeigh
Information
Nom de naissance Timothy James McVeigh
Naissance
Lockport (New York), États-Unis
Décès (à 33 ans)
Pénitencier de Terre Haute, Terre Haute (Indiana), États-Unis
Cause du décès Injection létale
Surnom Tim Tuttle
Darel Bridges
Robert Kling
Condamnation puis
Sentence Peine de mort
attentats à la bombe
Affaires Attentat d'Oklahoma City
Victimes au moins 168 morts et 680 blessés
Période 1996-1997
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Ville Oklahoma City
Arrestation

Timothy James McVeigh, né le à Lockport et exécuté le au pénitencier de Terre Haute, est un terroriste américain. Vétéran de l'armée américaine, il fabrique, conduit et fait exploser un camion piégé devant le bâtiment fédéral Alfred P. Murrah de Oklahoma City au matin du . L'attentat d'Oklahoma City tue 168 personnes et en blesse plus de 680 autres. C'est l'acte de terrorisme le plus meurtrier de l'histoire des États-Unis jusqu'aux attentats du 11 septembre 2001.

Sympathisant du mouvement des miliciens, McVeigh agit pour se venger du gouvernement fédéral et de sa gestion du siège de Waco qui a abouti à la mort de 76 personnes exactement deux ans plus tôt. Il espère inspirer une révolte contre ce qu'il considère être un gouvernement tyrannique. Reconnu coupable de onze infractions aux lois fédérales, il est condamné à mort. Ses anciens frères d'armes Terry Nichols et Michael Fortier sont condamnés à des peines d’emprisonnement pour leur complicité dans cet attentat. Le , McVeigh est exécuté au pénitencier de Terre Haute.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et famille (1968-1984)[modifier | modifier le code]

Timothy James McVeigh naît le mardi à h 19[a 1]. Il est le premier fils de sa mère Mickey McVeigh, née Hill, et de son père Bill McVeigh, le deuxième enfant après sa Patty, sa sœur aînée[a 1]. Après s'être rencontrés en dans un championnat de bowling catholique, ses parents se sont mariés en [a 1]. Il apprend à faire du vélo avec son père qu'il suit également sur les parcours de golf[a 1]. En , la famille part habiter dans un ranch plus grand à Lockport à proximité du grand-père paternel de Timothy, Edward dit Ed[a 1]. Ce dernier prend sa retraite en pour passer du temps avec ses petits-enfants[a 1]. En , le troisième enfant de la famille, Jennifer, naît[a 1].

Jeune, Timothy multiplie les blessures et les incidents, sa tête heurte un portail alors qu'il a à peine un an, nécessitant quatre points de suture au-dessus de l'œil droit ou encore en il se fracture le poignet droit en tombant d'un lit superposé[a 1]. À 4 ans, il contracte une pneumonie[a 1]. À l'été , alors qu'il joue avec son voisin et ami Todd Carter dans le jardin, il perd son équilibre et se blesse au crâne, ce qui nécessite cinq nouveaux points de suture[a 1]. Avec Todd, Tim passe des après-midi à jouer et créé des souvenirs comme lors du blizzard de 1977 (en)[a 1]. Lors de cette tempête de neige, sa mère, agent de voyages, reste bloquée dans un hôtel avec ses collègues[a 1]. Les rumeurs liées à ce qu'il aurait pu se passer dans l'hôtel pendant le blizzard ébranle le couple McVeigh[a 1]. En , pour l'anniversaire de la mère de famille, le foyer déménage dans une maison plus grande toujours dans le comté de Niagara[a 1].

En , ses parents divorcent alors qu'il est âgé de 10 ans[a 1],[1],[2]. Sa mère Mildred s'ennuie de son père et décide de partir s'installer à Pensacola en Floride[a 1]. Ils laissent le choix à leurs enfants, les deux filles suivent leur mère et Timothy McVeigh décide de rester vivre avec son père à Pendelton[a 1],[1]. Son grand-père Edward prend plus d'importance dans l'éducation de Timothy[a 1]. Il lui apprend les tâches domestiques, à conduire un tracteur ou encore à cuisiner sur un barbecue[a 1]. Les deux hommes sont très proches et partagent un intérêt commun pour les armes, une passion qui ne fera que grandir pour Timothy[a 1].

Bien qu'ils soient séparés, ses parents tentent de refonder leur famille à plusieurs reprises et organisent des vacances ensemble à de nombreuses reprises, à Toronto, au Lac George ou au complexe de loisirs Darien Lake[a 1]. Dans son adolescence, Timothy est solitaire et explore le comté de Niagara sur son vélo[a 1]. En , le couple se sépare définitivement, Bill vend la maison et fait construire une maison plus modeste[a 1].

Adolescent indépendant (1984-1988)[modifier | modifier le code]

Timothy McVeigh apprend très vite à se débrouiller par lui-même, sa mère étant partie et son père travaillant de nuit dans un centre de production automobile[1]. L'adolescent enchaîne les heures de travail à Burger King[a 1]. Deux semaines avant son 17 e anniversaire, il s'achète une Dodge Monaco de avec ses économies[a 1]. Il développe une passion pour l'informatique qui le captive dans sa chambre[a 1]. Grâce à son père, il a deux Commodore 64 et est connu sur internet sous le pseudonyme « The Wanderer »[note 1]. Avec un groupe d'amis, il se lance dans le hacking et apprend à contrôler à distance d'autres ordinateurs[a 1]. Pendant l'été , il fait la rencontre d'une femme mariée de plus de dix ans son aînée au restaurant dans lequel il travaille puis d'une autre femme, plus jeune, qui est l'une de ses collègues[a 1]. Timothy obtient son diplôme à la sortie du lycée et une bourse d'études de l'État de New York[a 1].

Après avoir obtenu son diplôme, Timothy McVeigh quitte son emploi à Burger King, vend ses deux ordinateurs et dépasse l'argent sur sa voiture[a 2]. Il passe son temps chez lui à ne rien faire, à méditer sur lui-même et sur sa place dans le monde[a 2]. Il décide de devenir survivaliste[a 2]. Pour ne pas perdre sa bourse d'étude de 5 000 dollars annuels, son père le convainc d'essayer sa chance à l'université Bryant & Stratton où Timothy accepte d'entrer dans un cursus d'analyste des systèmes informatiques[a 2],[2]. Bien qu'il y réussisse, McVeigh abandonne après un semestre, jugeant les cours trop ennuyeux, pour retourner à un emploi dans un autre Burger King[a 2],[2]. Il multiplie les lectures de magazines sur les armes et commande les livres ont ils font la publicité[a 2]. Timothy commence à investir dans les armes à feu comme le conseille une partie du mouvement survivalisme[a 2]. Pour financer sa nouvelle collection, il souhaite avoir un deuxième emploi comme agent de sécurité[a 2]. Il obtient un permis d'arme et construit un stand de tirs dans son jardin[a 2]. À l'automne , McVeigh décroche un emploi comme garde armé de convois pour l'entreprise Burke Armored Car à Buffalo[a 2],[2]. Il y découvre le racisme envers les Afro-Américains et est respecté pour son honnêteté et sa capacité aux tirs[a 2]. Alors qu'il lui ai donné la responsabilité de transferts de fonds importants, il décide en , sans prévenir, de s'engager dans l'armée[a 2].

Engagement militaire (1988-1991)[modifier | modifier le code]

Le , Timothy McVeigh conduit jusqu'au bureau de recrutement de Lockport et s'engage dans l'armée américaine[a 3]. Tous les recruteurs des différents corps de l'armée s'intéressent à lui après qu'il réussisse son examen d'entrée brillamment[a 3]. Souhaitant rejoindre l'infanterie, McVeigh rejoint les rangs de l'United States Army[a 3]. Il débute sa formation de trois mois sur la base de Fort Benning le [a 3]. McVeigh est assigné à un programme expérimenté intitulé COHORT pour Cohesion, Operational Readiness and Training qui le contraint à rester au moins trois ans dans l'armée[a 3]. À Fort Benning, Timothy McVeigh rencontre Terry Nichols, la recrue la plus âgée de la classe de militaires[a 3]. Immédiatement, les deux hommes sont « comme des frères »[a 3]. McVeigh a un profond respect pour l'agriculteur du Michigan avec qui il discute du deuxième amendement, des armes et du gouvernement américain[a 3]. McVeigh s'épanouit à l'armée, il se muscle et prend confiance[a 3]. Il conclut sa formation générale en avec d'excellentes notes et part à Fort Riley au Kansas pour une formation spécialisée[a 3],[2].

Sur la base de Fort Riley, il rejoint la compagnie C du bataillon d'infanterie 2/16 de la 1re division d'infanterie[a 3]. Terry Nichols et Michael Fortier font partie des camarades qui le suivent[a 3]. Fortier est dans l'équipe de huit hommes dont il fait partie[a 3]. Après le départ de Nichols au printemps , les deux hommes se rapprochent[a 3]. McVeigh poursuit ses lectures sur les armes à feu, le port d'armes et la guerre d'indépendance des États-Unis[a 3]. Il partage Les Carnets de Turner avec ses compagnons, certains lui conseillant de détruire le livre pour ne pas être associé à de a littérature raciste[a 3],[3]. Par ailleurs, son éthique est remarquée, il apprend les procédures de chaque arme et n'hésite pas à corriger ses supérieurs en cas d'erreur[a 3]. McVeigh gagne de l'argent comme usurier de la compagnie, prêtant de l'argent avec intérêts, en proposant des services de taxi, il est le seul à avoir une voiture et en jouant au poker[a 3],[4].

En , son régiment est envoyé à Heidelberg en Allemagne de l'Ouest où il apprend à combattre dans un contexte urbain[a 3]. Il y reçoit un insigne d'expert en infanterie allemand[a 3]. Il retourne ensuite au Kansas où il brille dans son apprentissage du poste d'artilleur dans les nouveaux véhicules Bradley[a 3],[2]. Il réalise des scores exceptionnels de 998/1000 et 1000/1000 lors d'essais et est sélectionné par ses supérieurs comme le meilleur de la centaine d'apprentis artilleurs[a 3]. Fier de la reconnaissance de ses pairs, McVeigh s'engage quatre années supplémentaires dans l'armée en [a 3]. Son objectif est de porter le béret vert des Special Forces[a 3],[4]. L'invasion du Koweït Saddam Hussein met son régiment en alerte et s'empêche de réaliser le test d'entrée aux Special Forces[a 3]. En décembre, il réussit à avoir deux sorties pour donner son véhicule à son père et pour aller voir son équipe préférée, les Bills de Buffalo, battre les Dolphins de Miami en match de phase finale[a 3].

Au début du mois de , McVeigh et ses compagnons de la 2/16 débarquent en Arabie saoudite pour intervenir dans la première guerre du Golfe[a 3]. Il est envoyé en reconnaissance devant huit tanks M1 Abrams, une position qu'il accepte bien qu'elle soit dangereuse, son véhicule étant dans une position de sacrifice[a 3]. Un mois après son arrivée en Arabie saoudite, il est promu sergent sur un camp à la frontière sud de l'Irak[a 3],[4]. Bien qu'il est changé de grade, il continue à nettoyer les armes du véhicule lui-même[a 3]. Il prend part à l'opération Tempête du désert, une bataille qui expose la faiblesse militaire des Irakiens qui désertent[a 3]. Il y tue plusieurs Irakiens d'un tir à longue distance, impressionnant ses camarades[a 3],[2],[4]. Il refuse ensuite de tirer sachant que ses ennemis devront se rendre rapidement[a 3]. Dans une lettre écrite depuis le désert, McVeigh regrette d'avoir tuer des hommes qui ne voulaient pas se battre mais qu'il a été obligé de le faire[a 3]. L'armée américaine commet plusieurs erreurs pendant la guerre, bombardant et tirant depuis les airs ses propres véhicules[a 3]. Lorsque McVeigh apprend la vérité et les mensonges qui lui ont été fait au retour de la guerre, renforçant son désamour pour le gouvernement[a 3]. Une semaine après le début de l'offensive au sol, le président George H. W. Bush ordonne un cessez-le-feu et met fin à la guerre[a 3]. McVeigh sort de cette expérience changé, il y a rencontré l'extrême pauvreté des Irakiens à qui il a offert des rations de nourriture bien que le règlement le lui interdise[a 3]. Sélectionné pour escorter le général Norman Schwarzkopf lorsqu'il dicte les termes de la victoires aux Irakiens en mars, McVeigh y rencontre le journaliste Tom Brokaw[a 3]. Â la fin du mois, il est appelé par les Special Forces pour retourner aux États-Unis au Fort Bragg en Caroline du Nord pour tenter sa chance à l'examen d'entrée[a 3].

De retour du Golfe Persique, McVeigh reçoit un traitement de héros[a 4]. Les États-Unis célèbrent leurs vétérans comme ils ne l'ont pas fait au retour de la guerre du Viêt Nam[a 4]. Dans l'avion entre le Kansas et la Caroline du Nord, il est célébré au micro par le pilote et salué par tous les passagers du vol[a 4]. Épuisé physiquement et mentalement par ses trois mois sur le terrain, McVeigh n'est pas prêt[a 4],[3]. Les commandants proposent aux vétérans de la guerre du Golfe d'avoir l'opportunité de reporter leur test d'entrée mais ils refusent collectivement pour ne pas montrer de signe de faiblesse[a 4]. Voyant rapidement qu'il ne sera pas à la hauteur, McVeigh va voir le commandant et lui demande de se retirer du programme[a 4],[5]. Il retourne plusieurs semaines dans sa famille, notamment auprès de son grand-père avant de retourner au Fort Riley[a 4]. Désabusé, il n'est plus le même et est impliqué dans des tensions raciales[a 4]. Il envoie 20 dollars au Ku Klux Klan pour une période d'essai qu'il ne renouvelle pas mais qui lui donne un T-Shirt « White Power » qu'il porte sur la base[a 4]. Il part habiter en dehors de la base et garde des pistolets dans chaque pièce de sa maison, dans sa voiture et en tout temps, une fascination pour les armes qui surprend jusqu'à ses compagnons[a 4]. Il assiste à de plus en plus de congrès sur les armes[a 4]. De nouveau en contact avec Terry Nichols, il partage de plus en plus son dégoût pour le gouvernement[a 4]. À la fin de l'année , le commandant souhaite en faire son artilleur personnel mais McVeigh refuse et décide de quitter l'armée[a 4],[2]. Il part avec de nombreuses récompenses et décorations : l'insigne de la Big Red One, la Bronze Star, le Combat Infantryman Badge, la Commendation Medal, l'Achievement Medal, la National Defense Service Medal, la Expert Rifleman Crest et le ruban d'Asie du sud-ouest[a 4],[5].

Décompression, dépression et dettes (1992-1993)[modifier | modifier le code]

De retour à Pendleton, Timothy McVeigh cherche un travail dans l'informatique[a 5]. Sans diplôme, les employeurs ne lui font pas confiance malgré ses décorations militaires[a 5]. Il doit se tourner vers un poste d'agent de sécurité pour l'entreprise Burns Security et travaille au zoo de Buffalo puis devant une clinique pour femmes d'Amherst[a 5]. McVeigh s'engage également comme réserviste[a 5]. Alors que sa carrière professionnelle fait un bond en arrière, son mécontement envers les autorités et le gouvernement grandit à nouveau[a 5]. Il écrit une lettre dans le quotidien Union Sun & Journal de Lockport qui est publiée le dans laquelle il critique la surpopulation carcérale, la fiscalité et le disparition du rêve américain[a 5],[6]. Il est par ailleurs convaincu que la discrimination positive l'empêche de trouver un travail plus gratifiant[a 5]. Il travaille quelques semaines dans un magasin d'armes avant de démissionner[a 5]. Le jeune homme multiplie les heures de travail, fatigue, se frustre, s'énerve[a 5]. La plupart du temps, il dort sur le canapé, sa sœur Jennifer étant revenue vivre avec son père pendant son absence[a 5].

À la recherche d'un nouveau départ, il part vivre chez son grand-père Ed[a 5]. Il a des pensées suicidaires et essaie de se détendre en pariant sur les rencontres des Bills de Buffalo, ce qui empire sa situation financière[a 5],[note 2]. Plus tard, il pensera avoir subit le trouble de stress post-traumatique[a 5]. L'ennui se transforme peu à peu en déprime[a 5]. Il chasse et défend les droits de la chasse pour se nourrir dans une deuxième lettre au journal de Lockport, publiée le [a 5]. Début juin, il quitte son poste de réserviste et passe son temps libre à lire des livres anti-gouvernementaux et à raconter des histoires à sa sœur Jennifer[a 5]. Entre théories conspirationnistes et critiques de la politique monétaire américaine, Timothy pense que le gouvernement vend désarmer la population et supprimer le droit de port d'armes du deuxième amendement[a 5]. À l'été , il utilise les événements de Ruby Ridge pour prouver son avis[a 5].

McVeigh part habiter seul dans un appartement d'une chambre qu'il loue à Lockport[a 5]. Il annule son abonnement annuel à la National Rifle Association qu'il juge trop gentil dans la lutte pour le deuxième amendement[a 5]. À la fin de l'année , il reçoit la visite de Terry Nichols et de son fils Josh[a 5]. De nouveau seul, McVeigh mise des sommes importantes sur les rencontres de phase finale de National Football League, les Bills se qualifiant pour la troisième fois consécutivement au Super Bowl[a 5]. Alors que ses dettes s'élèvent déjà à 500 dollars, il décide de miser le double sur la victoire des Bills au Super Bowl, qui perdent sur le score de 52 à 17 contre les Cowboys de Dallas[a 5]. Quelques jours après le Super Bowl, il décide de quitter l'État de New York, où il juge les impôts sont élevées, sans savoir vers quelle destination il se rend[a 5]. Deux semaines plus tard, son père reçoit une lettre du service financier de la défense indiquant que Timothy a été payé 1 058 dollars de trop lors de son passage dans l'armée[5],[a 6]. Alors qu'il tente de démarrer une nouvelle vie en Floride et qu'il a trouvé un emploi dans la construction grâce au mari de sa grande sœur, cette lettre l'enrage contre le gouvernement[a 6].

Vagabondage et rapport à l'affaire Waco (1993-1994)[modifier | modifier le code]

Endetté, parti de chez lui, en vadrouille, Timothy McVeigh suit les événements du siège de Waco de très près[a 6]. Après plusieurs semaines de suivi à distance, il décide de se rendre à Waco[a 6],[7]. La police l'arrête avant qu'il ne puisse voir le site et lui indique de faire demi-tour[a 6]. Sur place, il vend des autocollants et réalise une interview avec une étudiante en journalisme dans laquelle il critique l'action de la police fédérale et la loi Brady[a 6].

Après avoir quitté Waco, il va à Kingman pour retrouver Michael Fortier et sa compagne Lori Hart[a 6]. Fortier l'initie à la drogue dans son mobile-home de l'Arizona mais McVeigh préfère garder le contrôle et arrête rapidement[a 6]. Il voyage à travers le pays de congrès d'armes en congrès d'armes, vendant des livres et des objets sur le survivalisme et rencontrant des défenseurs du deuxième amendement[a 6],[3]. Lors d'une foire en Floride, il attire l'intérêt du responsable d'une boutique d'armes Roger Moore et sa femme Karen Anderson[a 6]. En , McVeigh se déplace à Tulsa dans l'Oklahoma pour assister à la plus grande foire mondiale de ventes d'armes et de couteaux[a 6]. Il y retrouve Anderson avec qui il partage une table de vente les derniers jours de la foire[a 6]. Le couple l'invite dans l'Arkansas où ils vivent dans un luxueux ranch[a 6]. Il y reste dix jours, travaille, parfois dans les champs, parfois à la préparation de sacs de munitions[a 6]. À la mi-avril, McVeigh conduit jusqu'à la ferme de Terry Nichols à Decker (en) dans le Michigan avec l'objectif d'enrichir ses connaissances dans l'agriculture pour pouvoir être auto-suffisant[a 6]. Ses expériences militaires lui permettent de s'intégrer facilement dans les terres rurales sur lesquelles vivent les Nichols[a 6]. Il est exposé pour la première fois à la fabrication d'explosifs, les ouvriers de la ferme créant de petites bombes artisanales pour s'amuser[a 6].

McVeigh et Nichols préparent un voyage à Waco pour tenter d'aider les Davidiens lorsqu'il découvre le complexe en feu à la télévision[a 6]. Les agents fédéraux font tomber le drapeau de la secte et le remplace par un drapeau américain, un acte cruel pour McVeigh alors que plusieurs membres viennent de mourir[a 6]. Frustré, enragé, Timothy McVeigh en veut au gouvernement fédéral et souhaite se venger de l'arrogance des agents fédéraux[a 6]. L'enquête sur les agissements des agents est enterrée, faisant grandir cette rage[a 6],[note 3]. Un mois plus tard, il est de retour dans l'Arizona chez Michael Fortier[a 6]. Décidé à passer à l'action, il s'installe cinq mois à Kingman[a 6]. Il continue à rechercher des informations sur les Davidiens, écoute les enregistrements au 911 et regarde les vidéos des membres du groupe pendant le siège[a 6]. Avec Fortier, ils pensent à créer une milice, McVeigh créant quelques pages de littérature sur ses idées politiques[a 6]. Il visite plusieurs groupes de survivalistes à travers le pays[a 6]. En , il assiste au décès du fils de Fortier, étouffé avec un sac plastique d'une boîte de bananes[a 6]. La police, qui inquiète sur son décès, s'intéresse particulièrement à McVeigh qu'il s'identifie sous un deuxième nom, Tim Tuttle, qu'il utilise sur les foires d'armes[a 6]. Il n'est cependant pas inquiété et l'enquête conclut à un décès accidentel[a 6].

En , McVeigh poursuit ses discussions avec Michael Fortier sur le nouvel ordre mondial[a 6]. Le jeune homme se sent visé et empile les armes dans sa nouvelle maison à Golden Valley[a 6]. Résolu à agir contre le gouvernement, il commence à fabriquer et faire exploser des petites bombes[a 6]. Timothy ne retourne à Buffalo que pour rendre visite à l'hôpital à son grand-père, malade[a 6]. En juillet, il part habiter dans le centre de l'État du Kansas pour travailler comme ouvrier agricole à Durham[a 6]. Pendant la lune de miel du couple Fortier, McVeigh garde leur maison[a 6]. À leur retour, il part faire un voyage pour chercher la Zone 51 au Nevada pour vérifier plusieurs théories conspirationnistes et se confronter à des agents de sécurités fédéraux[a 6]. En mission, il tente en pleine nuit, torse nu, de prendre des photographies de la zone[a 6]. Il fait une étape à Sturgis pour un rassemblement de bikers dont il apprécie le style de vie[a 6]. Il part également enquêter à Gulfport car il a lu dans un magazine d'extrême droite que la ville est le relais de troupes des Nations unies[a 6]. De retour à Herington dans le Kansas, McVeigh souhaite lancer une affaire de ventes de matériels dans les congrès d'armes avec Michael Fortier[a 6]. Il a également comme idée d'ajouter un nouveau produit à son catalogue en vendant de petits sacs de nitrate d'ammonium[a 6].

Complot contre le gouvernement (1994-1995)[modifier | modifier le code]

Le , le président Bill Clinton signe la loi fédérale Federal Assault Weapons Ban qui interdit la fabrication d'armes à partir de pièces détachées de magazines ou rend illégal une partie des armes comme les lance-grenades[a 7]. Dans le débat pour une législation sur les armes d'assaut plus stricte, les rumeurs se multiplient dans les foires, certains imaginent un permis pour toute personne gardant un arsenal dans son domicile et il est même dit que l'ATF demandera un plan des bâtiments où sont stockées les armes et munitions[a 7]. McVeigh se sent visé par sa collection d'armes et pense être l'une des premières cibles de ces potentielles lois fédérales[a 7]. Au printemps , une rumeur dans la communauté patriotique que des raids policiers pourraient viser plusieurs membres des organisations d'extrême droite et des propriétaires d'armes[a 7]. Timothy McVeigh prend alors la décision de passer à l'action contre le gouvernement[a 7]. Il s'inspire du livre Les Carnets de Turner dans lequel des suprémacistes blancs font exploser un bâtiment du FBI à Washington avec une bombe construite dans un véhicule de livraison avec des fertilisants[8],[9].

McVeigh propose à Fortier de participer à son plan mais celui-ci refuse[a 7]. Il échoue également à louer un garde-meubles comme son ami lui a demandé[a 7]. Le , Timothy McVeigh doit louer sous son vrai nom un espace de stockage à Kingman pour 30 dollars mensuels[a 7]. Avec Terry Nichols, il vole les explosifs dans une carrière à Marion dans le Kansas : sept boîtes de 50 pounds de Tovex[a 7]. Les deux hommes rentrent à Kingsman avec deux véhicules différents[a 7]. Les et , Terry Nichols achète 1,8 tonne de nitrate d'ammonium sous l'alias Mike Havens[a 7]. McVeigh achète de plus faibles quantités de la substance chimique[a 7]. Il réalise des essais dans le désert autour de Kingsman[a 7].

McVeigh imagine sa bombe, la dessine, la représente dans la cuisine des Fortier avec des tasses[a 7]. Il étudie les charges explosives dans des livres spécialisés comme Ragnar's Big Book of Homemade Weapons, Improvised Explosives et Homemade C-4[a 7],[8]. L'homme voyage à travers le pays pour trouver de l'hydrazine, carburant de fusée, pour alimenter l'engin explosif[a 7],[8]. Lorsqu'il trouve enfin un distributeur qui lui propose la quantité qu'il recherche, le coût se révèle être trop important pour McVeigh qui se rabat sur un carburant moins cher, le nitrométhane[a 7]. Habillé en biker, il en achète à Dallas à un vendeur en justifiant qu'il en a besoin pour une course de bikers[a 7].

Le , Ed McVeigh meurt alors que son petit-fils est en vadrouille[a 7]. Timothy ne l'apprend que cinq jours plus tard, par un appel de Michael Fortier, et retourne à Pendleton quelques jours début novembre après avoir raté les funérailles de son aïeul[a 7]. Ce décès soulage la conscience de Timothy qui craignant la réaction de son ancêtre à son plan[a 7]. Il trie les affaires personnelles de son grand-père avant de partir travailler dans l'Ohio dans une foire d'armes[a 7]. Dans le même temps, le , Terry Nichols dérobe au domicile de Roger Moore de l'or, de l'argent, des pierres précieuses, plus de 80 armes à feu et un van après avoir braqué le propriétaire avec un pistolet[a 7]. Énervé de la manière dont Moore l'a traité lors de leurs deux dernières rencontres, McVeigh souhaite se venger et utiliser le butin pour financer son projet[a 7]. Moore estime la valeur du vol à 60 000 dollars[a 7],[10].

Il choisit la date du en commémoration au deuxième anniversaire du siège de Waco[a 7]. Il cible le site fédéral d'Oklahoma City, le bâtiment fédéral Alfred P. Murrah qu'il souhaite faire exploser à 11 h[a 7]. En décembre, il repère le bâtiment de l'extérieur avec Fortier sans sortir de son véhicule[a 7]. McVeigh demande à son compère de vendre les armes volées à Moore sur les foires[a 7]. À la fin du mois de mars, McVeigh quitte définitivement le domicile de la famille Fortier pour une chambre d'hôtel à proximité à l'Imperial Motel, sur la route 66, toujours à Kingsman[a 7]. Pendant douze jours, l'ancien militaire se concentre sur son plan, seul[a 7]. Le couple Fortier prend peur de lui, refuser de prendre part à la dernière partie de la préparation de son complot[a 7]. Il cherche également une planque pour se cacher après l'attentat et téléphone à trois reprises l'Alliance nationale sous le nom de Tim Turtle sans pour autant réussir à obtenir de réponse[a 8].

Attentat d'Oklahoma City[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Attentat d'Oklahoma City.

Fabrication du véhicule piégé[modifier | modifier le code]

Le , il quitte l'Imperial Motel pour repérer une nouvelle fois son parcours jusqu'au bâtiment fédéral[a 8]. Le lendemain, sa voiture fume alors qu'il se déplace jusqu'à l'espace de stockage loué pour entreposer le matériel explosif à Herington dans le Kansas[a 8]. Il se rend dans un concessionnaire de Junction City où l'homme qui le reçoit se souvient de lui de son époque au Fort Riley[a 8]. Il lui achète une Mercury Grand Marquis de 1977 pour 300 dollars qu'il utilise pour retrouver Terry Nichols à Geary Lake[a 8]. Sur le chemin, le véhicule a un problème de batterie qui est résolu afin qu'il ne la remplace, lui donnant l'idée de laisser un mot lorsqu'il gare son véhicule de fuite dans un parking d'Oklahoma City[a 8].

Le , McVeigh prend une chambre au Dreamland Motel de Junction City, au Kansas[a 9],[11]. Le lendemain, il loue un camion à la société Ryder sous le nom de Robert D. Kling, un alias qu'il choisit parce qu'il a connu un soldat de l'armée nommé Kling avec lequel il partage des caractéristiques physiques et parce que cela lui rappelle les guerriers Klingon de la saga Star Trek[a 9],[a 10],[12].

Le , il conduit jusqu'à Oklahoma City qu'il gare à plusieurs blocs du bâtiment Alfred P. Murrah une voiture qui servirait à leur fuite[a 11]. Après avoir enlevé la plaque d'immatriculation du véhicule, il laisse une note masquant le Vehicle Identification Number (VIN) sur laquelle il écrit : « Pas abandonné. Merci de ne pas remorquer. Bougera le . (besoin de batterie et de câble) »[Cit 1]. Les deux hommes retournent ensuite au Kansas.

Arrestation[modifier | modifier le code]

À gauche, le portrait du suspect dessiné par la police et à droite la photo de Timothy McVeigh.
Croquis réalisé par la police et une photographie de Timothy McVeigh.

Moins de 90 minutes après l'explosion, Timothy McVeigh est arrêté alors qu'il roule vers le nord, sortant d'Oklahoma City, à proximité de Perry[14]. McVeigh est interpellé par un agent de la police routière de l'État, Charles D. Hanger, pour absence de plaque d'immatriculation sur sa Mercury Marquis jaune[12],[14],[15]. Il lui demande de sortir du véhicule et trouve une arme mal dissimulée[12],[14],[15]. Après avoir dressé un procès-verbal à McVeigh, Hanger fouille sa voiture de police et trouve une carte commerciale que McVeigh a cachée alors qu'il était menotté. Sur le revers de la carte d'un magasin de surplus militaire du Wisconsin est écrit en manuscrit « TNT à 5 $ le bâton. Besoin de plus »[Cit 2].

Emmené au commissariat de police, McVeigh pour des faits de trafic et possessions illégales d'armes à Perry[12]. Le juge a une audience de divorce et reporte l'audience de McVeigh au lendemain[12]. Sa caution est fixée à 5 000 dollars et l'homme passe la nuit en cellule[12]. Dans le même temps, l'enquête avance. Le Vehicle Identification Number d'un essieu du camion piégé et des restes de la plaque d'immatriculation permet aux agents fédéraux de relier le véhicule à une agence de location Ryder de Junction City[14]. Le propriétaire de l'agence les aide à dessiner un croquis du suspect[16],[17],[13],[12].

Au matin du , une employée du Dreamland Motel reconnaît Timothy McVeigh en observant le croquis du suspect et se souvient du véhicule garé devant l'hôtel[12]. McVeigh a signé sous son vrai nom au motel, permettant aux enquêteurs de l'identifier rapidement et de faire des recherches dans leurs bases[12]. Il utilise de nouveau l'adresse de la ferme de James Nichols[13],[18]. Avant de signer de son vrai nom au motel, McVeigh utilise plusieurs faux noms pour ses opérations. Toutefois, l'employée précise : « Les gens sont tellement habitués à signer de leur vrai nom que lorsqu’ils veulent utiliser une fausse signature, ils s'apprêtent à écrire puis détournent le regard un instant vers le haut comme pour se souvenir du nouveau nom qu'ils veulent utiliser. C'est ce qu'a fait [McVeigh], je lui ai parlé à ce moment-là et c'est ce qui l'a trahi »[Cit 3].

L'audience pour le port illégal d'arme est prévue à h 30 mais les agents fédéraux contactent les autorités pour le garder en détention le temps qu'ils arrivent sur place pour l'arrêter[12],[13]. Plutôt que de parler aux enquêteurs au sujet de l'attentat, Timothy McVeigh demande un avocat. Après avoir été alertée par l'arrivée de la police et des hélicoptères de la présence d'un suspect de l'attentat à l'intérieur, une foule agitée commence à se rassembler devant la prison. McVeigh demande un gilet pare-balles ou un transport par hélicoptère, mais ces requêtes sont rejetées.

Les agents fédéraux obtiennent un mandat pour perquisitionner la maison du père de Timothy McVeigh, Bill, après quoi ils placent le téléphone de la maison sur écoute[a 13]. Les enquêteurs du FBI utilisent les informations acquises, ainsi que la fausse adresse donnée par McVeigh, pour entamer les recherches des frères Nichols, Terry et James[12]. Sa sœur Jennifer obtient l'immunité en échange d'un témoignage contre lui[19],[20],[21],[22].

Procès[modifier | modifier le code]

À droite, quatre policiers alignés en position d'attente alors qu'au fond un homme habillé d'une combinaison orange sort de l'ombre en marchant.
Timothy McVeigh au tribunal le .

Le procès de Timothy McVeigh débute en et dure six semaines[23]. Il se déroule dans le Colorado à Denver, à proximité de l'ADX Florence où Timothy McVeigh est incarcéré. L'affaire ne passionne pas le peuple américain. De l'avis de Steven Brill, le fondateur de Court TV (truTV), l'un des principales raisons est qu'elle n'est pas télévisée[23]. Les États-Unis sont représentés par une équipe de procureurs dirigée par Joseph Hartzler. Dans son allocution d'ouverture, Hartzler décrit les motivations de McVeigh, son parcours et les preuves contre lui. L'accusation appelle 137 témoins. Parmi eux, Michael Fortier et sa femme Lori, ou encore Jennifer McVeigh, confirment sa haine contre le gouvernement et son désir de réaliser une action militante contre ce dernier[24],[25].

McVeigh est représenté par une équipe de six avocats de la défense, avocats principaux dirigés par Stephen Jones (en)[26],[27]. Selon le professeur de droit Douglas O. Linder (en), McVeigh souhaite que ses avocats présentent une « défense de nécessité » et invoque le « danger imminent » dans lequel il se trouve à cause du gouvernement et que son attentat est destiné à prévenir les crimes gouvernementaux futurs sur le fondement des incidents de Waco et de Ruby Ridge[28]. Jones ne suit pas les volontés de son client et tente de discréditer l'accusation dans une tentative d'instiller un « doute raisonnable ». Jones défend la thèse que McVeigh fait partie d'un vaste complot et cherche à le présenter comme « le bouc émissaire désigné »[28]. Après une audition, le juge Richard Paul Matsch statue que la preuve concernant un vaste complot est trop vague pour être recevable[28]. En plus de soutenir le fait que l'attentat ne peut pas avoir été effectué par deux hommes seuls, Jones joue également sur le fait que personne n'a vu McVeigh près de la scène du crime[25] et que l'enquête sur l'attentat n'a duré que deux semaines[28].

Le jury délibère pendant 23 heures. Le , McVeigh est reconnu coupable de onze chefs d'accusation d'assassinat et de complot[29],[30]. Bien que la défense a plaidé pour une peine d'emprisonnement à vie, McVeigh est condamné à mort le [31]. Il devient le treizième prisonnier fédéral en attente de sa condamnation à mort alors que la dernière exécution par le gouvernement fédéral remonte à Victor Feguer en [32].

Emprisonnement[modifier | modifier le code]

Pendant son procès, Timothy McVeigh est emprisonné à Inglewood dans le Colorado[33]. Une aile entière de la prison lui est réservée[33].

Après son procès, il est transféré à la Supermax ADX Florence, la prison la plus sécurisée du pays, en attendant que la construction de la chambre de peine de mort fédérale soit terminée[33]. La prison accueille dans le même temps qu'Unabomber Theodore Kaczynski et le terroriste de l'attentat du World Trade Center de 1993 Ramzi Yousef[33].

En , MvVeigh est déplacé dans une nouvelle section de confinement pour les condamnés à l'exécution par le gouvernement fédéral[33]. Il y reçoit de nombreux courriers, de lettres romantiques à des bibles Gideons[33]. Dans sa cellule, il regarde des vieux films, d'anciens épisodes des séries Les Simpson et Star Trek[33]. Il discute avec plusieurs journalistes, pour l'écriture d'articles de presse et du livre American Terrorist[7],[34].

Exécution[modifier | modifier le code]

Papier administratif complété de manières dactylographiée et manuscrite, et signé à de multiples reprises.
Copie du certificat de décès de Timothy McVeigh.

L'exécution de Timothy McVeigh est un événement médiatique majeur. Plus de 1 500 journalistes nationaux et internationaux sont attendus pour suivre l'événement[35]. Lorsque la date d'exécution est fixée au , toutes les chambres d'hôtel de Terre Haute sont réservés en quelques heures[35]. Aucune exécution depuis celle de Gary Gilmore en ne suscite un tel intérêt[36].

En , le FBI annonce avoir conservé plus de 3 000 documents sur l'affaire McVeigh qu'il n'a pas communiqué à la défense de McVeigh[37]. Cette annonce du FBI intervient six jours avant la première date d'exécution prévue[38]. L'exécution est reportée d'un mois pour que la défense examine les documents[38],[39]. Selon un sondage Gallup, 81 % des Américains sont d'avis que McVeigh doive se faire exécuter[40]. Le , le juge fédéral Matsch juge que les documents ne prouvent pas l'innocence de McVeigh et ordonne l'exécution[41]. Le président George W. Bush approuve l'exécution[note 4].

McVeigh choisit comme dernier repas un litre de glace à la menthe et aux pépites de chocolat[36],[42]. Deux heures avant son exécution, il demande un prêtre catholique pour qu'il effectue ses derniers sacrements[43]. Ces derniers comprennent généralement une confession de ses pêchés et l'expression de remords[43]. Le pasteur entre dans sa cellule à h 15, entouré par des agents de sécurité qui leur font dos pendant le sacrement[43].

Le à h 14, McVeigh est exécuté par injection létale au pénitencier de Terre Haute dans l'Indiana[44],[45],[46]. Il meurt les yeux ouverts sans faire de déclaration[36],[47],[48]. L'exécution est retransmise à Oklahoma City sur un circuit fermé de télévision de sorte que les proches des victimes puissent être témoin de sa mort et 232 victimes survivantes de l'attentat assistent à l'exécution[46],[49]. À la demande du condamné à mort, aucun membre de sa famille n'est présent[44],[46]. Il a également demandé que la distribution du poème Invictus soit faite à la trentaine de personnes présentes dans la chambre d'exécution derrière une vitre[7],[42],[47],[48]. Parmi eux, dix victimes, des proches de victimes, des journalistes, l'auteur Lou Michel — auteur du livre American Terrorist : Timothy McVeigh and the Oklahoma City Bombing en 2001 — et trois avocats de McVeigh[48],[50].

L'exécution de McVeigh est la première exécution fédérale depuis 38 ans et celle de Victor Feguer, le , dans l'Iowa[44],[46],[51]. Elle élève le débat sur la peine de mort aux États-Unis. Près de deux cents militants souhaitant l'abolition de la peine de mort se réussissent devant la prison pour manifester contre la peine capitale[47]. Une cinquantaine de défenseurs de la peine de mort sont également présents et applaudissent lorsqu'ils apprennent le décès du terroriste[48].

Quelques heures après l'exécution, George W. Bush déclare : « Ce matin, les États-Unis d'Amérique ont mis à exécution la plus sévère sanction pour le plus grave des crimes. Les victimes de l'attentat de l'attentat d'Oklahoma City n'ont pas obtenu vengeance, mais justice »[Cit 4]. La ministre des affaires étrangères suèdoise Anna Lindh réagit au nom des quinze pays de l'Union européenne pour condamner l'exécution de McVeigh[52]. Le président de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe Russell Johnston dénonce et critique la peine de mort : « Timothy McVeigh était un tueur de sang-froid. Il ne sera pas regretté. Mais la façon dont il est mort est triste, pathétique et mauvaise »[Cit 5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Citations originales[modifier | modifier le code]

  1. « NOT ABANDONED. PLEASE DO NOT TOW. WILL MOVE BY APRIL 23. (NEEDS BATTERY & CABLE) »[13],[a 12].
  2. « TNT at $5 a stick. Need more. »
  3. « People are so used to signing their own name that when they go to sign a phony name, they almost always go to write, and then look up for a moment as if to remember the new name they want to use. That's what [McVeigh] did, and when he looked up I started talking to him, and it threw him »[13]
  4. « This morning, the United States of America carried out the severest sentence for the gravest of crimes. The victims of the Oklahoma City bombing have been given not vengeance, but justice[42],[44],[48]. »
  5. « Timothy McVeigh was a cold-blooded murderer. He will not be missed. But the way he died was sad, pathetic and wrong[52]. »

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En français, « Le Vagabond », une référence à la chanson de Dion du même nom.
  2. Les paris sportifs sont interdits dans l'État de New York en 1992 mais les bookmakers ne sont pas difficiles à trouver.
  3. L'enquête est ré-ouverte par le département de la Justice américain six ans plus tard, sous la pression du Congrès des États-Unis.
  4. McVeigh est un détenu sous responsabilité fédérale et la loi fédérale exige que le président approuve l'exécution des prisonniers fédéraux.

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

American Terrorist
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  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac, ad, ae et af Michel et Herbeck 2001, « Part II : Adrift - Seven : "Won't Be Back Forever" ».
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  9. a et b Michel et Herbeck 2001, « 8. Ready to Kill », p. 209.
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  11. Michel et Herbeck 2001, « 8. Ready to Kill », p. 212.
  12. Michel et Herbeck 2001, « 8. Ready to Kill », p. 206-208.
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Autres références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]