Siège de Waco

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Siège de Waco
Description de cette image, également commentée ci-après

La résidence durant le second assaut.
On distingue deux chars en haut et à gauche ainsi qu'à droite du bâtiment.

Informations générales
Date 28 février 1993 – 19 avril 1993
Lieu Elk près de Waco, Texas
Issue Destruction de la résidence, mort des occupants
Belligérants
ATF
FBI
Us Army, Delta Force[1]
Davidiens
Commandants
Jeff Jamar (en)
Richard Rogers
David Koresh
Forces en présence
76 agents des ATF, remplacés par un nombre inconnu d'agents du FBI 120+
Pertes
4 morts, 20 blessés 82 morts
Coordonnées 31° 35′ 45″ Nord 96° 59′ 17″ Ouest / 31.595833333333, -96.988055555556

Géolocalisation sur la carte : Texas

(Voir situation sur carte : Texas)
 Différences entre dessin et blasonnement : Siège de Waco.

Le siège de Waco est un blocus qui s'est déroulé du 28 février au 19 avril 1993 à la résidence du groupe religieux les « Branch Davidians » dans la ville de Elk, près de Waco au Texas, aux États-Unis. 82 personnes dont 21 enfants et le leader du groupe, David Koresh, périrent, principalement dans l'incendie qui mit un terme aux 51 jours de siège par les forces de police.

L'affaire est considérée comme l'un des événements les plus catastrophiques de l'histoire américaine contemporaine, Bill Clinton déclarant avoir été furieux « d'avoir donné [son] assentiment à ce raid, auquel [il ne croyait] guère »[2],[3]. C'est aussi l'action la plus meurtrière du gouvernement américain contre ses citoyens depuis la guerre de Sécession[4]. Les controverses soulevées par la gestion du conflit persistent à ce jour[5].

Les Branch Davidians[modifier | modifier le code]

Les Davidiens (Branch Davidians) est le nom donné à un groupe religieux issu de l'Église adventiste du septième jour et fondé au début des années 1930 en Californie. Des dissidents du groupe, plus d'une centaine de membres, s'établissent plus tard dans une propriété baptisée « Mont Carmel » près de Waco dans le Texas, lieu de l'événement en question. Vernon Howell, leur leader depuis 1986, se faisait appeler David Koresh.

Origine de la tragédie[modifier | modifier le code]

En 1992, l'ATF (Bureau fédéral des alcools, tabacs, armes à feu et explosifs), dépendant du ministère de la Justice des États-Unis, reçut des plaintes concernant des tirs d'essai d'armes automatiques à la résidence des Davidiens. L'enquête révéla que le groupe possédait environ 150 armes. Les Davidiens affirmaient qu'elles étaient toutes détenues légalement, mais selon l'ATF, certaines avaient été converties d'armes semi-automatiques en armes automatiques, ce qui rendait leur détention illégale[6].

Après quelques mois de surveillance, l'ATF obtint un mandat de perquisition et d'arrêt pour le chef David Koresh ainsi que quelques-uns de ses adeptes sur la base de la détention illégale des armes.

Le premier assaut[modifier | modifier le code]

Vue de l'entrée du Mont Carmel, au centre de l'image, où s'est déroulée la première altercation entre les forces de l'ordre et David Koresh à 9 h 45 le 28 février.

Le premier assaut, nom de code « Showtime », fut donné le 28 février 1993 à 9 h 45[7]. Un important groupe de l'ATF (le chiffre de 76 agents est avancé[8] ainsi que de 80 véhicules selon certaines sources[9]) se positionne autour de la résidence du Mont Carmel. Selon certaines sources, David Koresh se serait présenté à la porte avec son beau-père, sans arme[10], en s'écriant : « Discutons, il y a des femmes et des enfants ici ![11] », selon d'autres, il aurait refermé violemment la porte sur les agents qui lui présentaient le mandat de perquisition[12]. L'ATF déclara avoir alors entendu des coups de feu en provenance de la résidence, auxquels les agents auraient répondu, blessant Koresh au poignet et à l'abdomen[13] et blessant mortellement son beau-père, Perry Jones, qui succombera quelques instants plus tard. Les Davidiens déclarèrent que les agents de l'ATF avaient tiré sans raison[14].

Trois minutes après cette prise de contact, à 9 h 48, un Davidien, Wayne Martin, appelle le 911, numéro d'urgence américain, implorant les autorités de faire cesser les tirs contre eux (des bandes audio officielles ayant enregistré cet appel ont été par la suite diffusées)[15]. Mais dans le même temps, face à la résistance des davidiens, un groupe de 8 agents de l'ATF est alors envoyé pour investir les lieux par les toits[16], soutenus par un hélicoptère militaire qui, selon certaines sources, aurait accompagné leur assaut par des tirs. Cette seconde phase de l'assaut a coûté la vie à Steven Willis, Robert Williams, Todd McKeehan et Conway LeBleu[17], quatre agents de l'ATF ainsi qu'à Winston Blake, Peter Gent, Peter Hipsman et Jaydean Wendel, des Davidiens.

L'ATF rapporte que leurs agents ont été tués par les Davidiens, une fois à l'intérieur. Les Davidiens prétendent eux que les tirs de l'hélicopère seraient en fait responsables de tous les morts. Un autre Davidien, Michael Schroeder, qui était à l'extérieur de la résidence au début de l'assaut et qui tenta de rejoindre son groupe, fut abattu par l'ATF à 16 h 55[18] et fut la dixième et dernière victime de cette première journée. Les forces de l'ordre ont déclaré qu'il avait tenté de pénétrer les lieux tout en tirant sur les agents des ATF présents. Les Davidiens ont prétendu de leur côté que l'homme aurait été abattu froidement, comme une vengeance de l'ATF contre leur groupe. Selon sa femme, Schroeder revenait de son travail et aurait été tué sans sommation, son corps abandonné pendant trois jours sur le terrain découvert entre la résidence et les véhicules de l'ATF[6]. La confrontation des thèses a alimenté les débats sur les responsabilités de la catastrophe.

Le FBI reprend alors les opérations en main, après le fiasco de l'ATF et demande aux journalistes de ne plus faire d'entretiens[19]. À 19 h 30 de ce même jour, David Koresh avait en effet été interviewé par CNN[20].

Le siège[modifier | modifier le code]

Durant les 51 jours de siège qui suivirent, les Davidiens demeurèrent retranchés à l'intérieur de la résidence, à l'exception de quelques-uns qui sortirent et se rendirent aux autorités. 25 négociateurs du FBI ont, par roulement, gardé tant bien que mal le contact téléphonique avec Koresh. L'équipe des négociateurs était dirigée par Richard Rogers, un agent critiqué pour son attitude à l'assaut de Ruby Ridge[21],[22], un fait qui contribuera à provoquer des critiques et suspicions dans la controverse qui succéda au raid.

Char abattant le mur et le toit du gymnase.

David Koresh justifiait le repli défensif de son groupe par sa certitude qu'il serait abattu s'il sortait et par le fait qu'il voulait terminer le commentaire d'un texte biblique : les sept sceaux de l'Apocalypse[23]. Cette seconde requête est à l'origine d'un dialogue surréaliste entre Koresh et les négociateurs (non formés à ce genre de discussions, ce qui incita les autorités à créer des formations par la suite[24]) et a donné lieu à des quiproquos. Les agents ne s'attendaient pas non plus à une telle résistance armée des membres du groupe. Les négociateurs ont d'abord accepté l'idée que Koresh termine son commentaire religieux, mais les négociations ont finalement dégénéré.

Dans un premier temps, Koresh fut autorisé à diffuser un message à la radio, afin de l'inciter à une reddition pacifique. Mais après le message, Koresh déclara que « Dieu lui avait demandé de rester, et d'attendre »[25]. Cependant, dans le même temps, les négociateurs parvinrent à faire sortir 19 enfants de moins de 12 ans, sans leurs parents.

Considérant être dans une impasse, les agents du FBI s'engagèrent alors dans une nouvelle phase de l'assaut, en procédant régulièrement à de fausses charges de char d'assaut, et en utilisant des sons stridents et des lumières permanentes afin de forcer les occupants à quitter le batiment[26]. Par la suite, l'électricité et l'eau furent également coupées. À ce stade, Koresh demanda à 11 nouveaux membres du groupe de quitter le bâtiment.

Plusieurs universitaires, spécialisés dans les questions religieuses et bibliques, ont alors commencé à intervenir pour alerter les forces de l'ordre sur leur impression que l'assaut allait conforter Koresh et ses disciples dans leur vision apocalyptique et faire d'eux des martyrs[27]. La tactique policière utilisée a été jugée comme une erreur par des sociologues des religions et une cause majeure de la dérive de l'assaut. Ce qui fut à l'origine d'une réflexion ultérieure sur les méthodes à employer dans ces cas de figure.

Le second assaut[modifier | modifier le code]

La résidence en flammes entre midi et 13h le 19 avril 1993

Après 51 jours, le FBI déclara avoir des informations indiquant que le groupe allait commettre un suicide collectif. La procureure générale, Janet Reno, approuva alors l'idée d'un assaut final[28]. Des gaz lacrymogènes furent alors insufflés[29] dans le bâtiment par des chars qui percèrent des trous directement dans les murs (effondrant quelques façades). L'utilisation de ces gaz a été critiquée par la suite, puisque, selon certaines sources, le risque mortel pour les jeunes enfants était très élevé[30],[31]. Mais les occupants avaient trouvé un lieu de repli dans un bunker/garde-manger où la majorité des corps furent retrouvés ensuite.

À 12 h 07, les premières flammes visibles apparurent sur le bâtiment. À 12 h 55 le brasier avait consumé la totalité du bâtiment.

La thèse du suicide collectif est défendue par le FBI. Les Davidiens survivants et d'autres témoins disent que ce sont les gaz qui ont mis le feu à l'intérieur. D'autres parlent de missiles incendiaires envoyés sur le bâtiment. Cette confrontation des thèses a fait couler beaucoup d'encre[32], d'autant plus qu'il fut prouvé que de telles armes avaient effectivement été utilisées[33], sans qu'il soit cependant jamais démontré qu'elles avaient bien déclenché l'incendie général.

À 15 h 45, la mort de David Koresh est confirmée (certaines photos montrent un impact de balle dans le crâne)[34].

Le bilan[modifier | modifier le code]

86 morts, incluant les agents de l'ATF, 20 blessés, 9 Davidiens survivants condamnés pour possession illégale d'armes. Les familles des morts ont porté plainte contre le gouvernement des États-Unis et autres organes officiels. Ils furent déboutés. L'ATF a cependant été sévèrement critiqué à la suite de l'assaut, à la fois sur le contenu du mandat de perquisition et d'arrêt (le 13 juillet 1995, le Treasury department a fait connaître la liste des armes détenues par les Davidiens, aucune n'était une arme automatique, l'accusation à l'origine de l'assaut[35]) et sur les méthodes (en particulier l'utilisation d'hélicoptères qui, selon la législation américaine, ne peuvent être utilisés qu'en cas de guerre ou de trafic de drogue).

La destruction par le FBI des restes du bâtiment, le 12 mai 1993[36],[37], moins d'un mois après l'assaut final, a généralement été jugée suspecte alors qu'aucune enquête sur les lieux n'avait encore été conduite[38],[39].

La cause de l'escalade de violence et l'origine des premiers tirs n'est pas élucidée[40],[41], aucune des enquêtes contradictoires n'a pu déterminer précisément ce qui s'est passé ce jour-là, d'autant plus que les médias avaient été tenus à distance.

Malgré les controverses qui n'ont pas cessé jusqu'à ce jour[42], le fait que des Davidiens ont utilisé leurs armes contre l'ATF et le FBI n'est pas discuté. Il est estimé également que des erreurs tactiques, psychologiques et la pression que subissaient les forces de l'ordre ont joué une part dans la fin tragique de ce qui devait, au départ, être une simple perquisition.

L'autopsie des corps retrouvés dans la résidence a ouvert un nouveau débat, selon certaines sources, elle démontre que plusieurs enfants étaient morts à cause des gaz lacrymogènes[43]ou que la probabilité est très grande[44], plusieurs adultes étaient morts de balles dans la tête, et d'autres avaient eu le crâne fracassé[45]. La responsabilité de ces assassinats n'a pas été clairement attribuée. Des images montreraient une escouade de forces d'intervention qui serait entrée dans le bâtiment pendant l'incendie et ressortie rapidement ensuite et des échanges de tirs auraient eu lieu à ce moment-là. Certains Davidiens survivants soutiennent que ce groupe avait été envoyé pour abattre Koresh et ses proches collaborateurs[46].

La présence d'officiers de la Delta Force ainsi que de membres du Special Air Service britannique auprès de Janet Reno lors de l'étude des plans d'assaut et sur le lieu de la tragédie a alimenté le doute[47],[48],[49] mais on ignore toujours le rôle exact qu'ils ont joué[50]. Janet Reno a déclaré prendre « l'entière responsabilité de la catastrophe »[51], en particulier concernant l'usage des gaz lacrymogènes alors que des pressions politiques voulaient qu'elle attribue la responsabilité au président Clinton[52],[53].

Les suites du siège[modifier | modifier le code]

Entrée de la propriété du Mont Carmel en 1997

Un sondage du magazine Time d'août 1999 indiquait que 61 % des Américains étaient persuadés que les forces de l'ordre avaient déclenché l'incendie à la résidence[54],[55] et non les Davidiens comme le dit la version officielle.

Timothy McVeigh déclara avoir commis l'attentat d'Oklahoma City notamment en réaction au siège de Waco[56],[57].

Deux superviseurs des ATF, Chuck Sarabyn et Phillip Chojinacki, ont été licenciés avant d'être réintégrés quelque temps plus tard à un rang inférieur. Aucun agent du FBI n'a été sanctionné. 8 davidiens ont été condamnés, 7 reçurent des peines de prison de 40 ans et le huitième, 5 ans. Un neuvième survivant, Kathy Schroeder, ne fut condamné qu'à trois années de prison après avoir accepté de témoigner contre les davidiens[58].

Analyses ultérieures[modifier | modifier le code]

Point de vue des sociologues[modifier | modifier le code]

Dans Learning Lessons From Waco: When the Parties Bring Their Gods to the Negotiation Table (« Tirer les leçons de Waco, quand chaque partie apporte ses dieux à la table des négociations »), rédigé après deux ans de lecture de la transcription des dialogues des négociateurs avec David Koresh et d'autres davidiens, l'universitaire Jayne Seminare Docherty souligne que les parties en présence dans le débat sur le siège sont en désaccord total sur les raisons de l'échec. Selon elle, la cause principale est la différence de « vision du monde » des deux camps. De ce fait, les négociateurs n'auraient pas vraiment écouté les requêtes des davidiens, et rejeté « les allusions symboliques et les narrations » comme des éléments inutiles de la discussion[59]. Elle explique que les négociateurs « utilisèrent les tactiques standards de négociation de la police » avec des individus qui ne voulaient pas défendre le libre arbitre, mais la soumission à ce qu'ils pensaient être la volonté de leur Dieu[60]. Koresh répondait aux négociateurs qui l'interrogeaient sur des questions pratiques : « Vous ne voulez pas entendre les paroles de mon Dieu ». En débattant de théologie avec Koresh, tentant de démontrer qu'il se trompait, les négociateurs ont, selon elle, radicalisé la situation. Jayne Seminare Docherty affirme qu'il y aura d'autres « Waco » et qu'une leçon doit donc être tirée de la catastrophe[61]. Elle propose plusieurs réflexions incluant la nécessité d'étudier d'autres visions du monde et une adaptation à de nouveaux « comportements militants », par l'incorporation d'experts en religion dans les processus de négociation. Elle souligne également que tout le monde soutenait la décision d'un assaut le 19 avril mais, une fois les « passions apaisées » et que « toute l'horreur des victimes est apparue », le sentiment du grand public américain a radicalement changé.

L'ouvrage From the Ashes: Making Sense of Waco (« Sur les cendres : donner un sens à Waco ») rapporte le point de vue de quarante-cinq auteurs sur l'affaire. Leur critique porte principalement sur la « mauvaise tactique » adoptée par les forces de l'ordre, évoquant un massacre à « Waco Corral » voire un meurtre de masse. Selon James D. Tabor, dans l'ouvrage Why Waco?: Cults and the Battle for Religious Freedom in America, « Le problème à Waco aurait pu être géré différemment et se conclure positivement. Ce n'est pas une spéculation sans fondement ni un vœu pieux, c'est l'opinion des juristes qui ont passé du temps avec les davidiens et des sociologues des religions »[62]. Pour Stuart A. Wright, dans Armageddon in Waco: Critical Perspectives on the Branch Davidian Conflict, « Les événements au Mont Carmel étaient aussi prévisibles qu'ils auraient pu être évités. Mais d'autres Waco pourraient se reproduire si nous échouons à comprendre les forces à l’œuvre dans la violente confrontation entre la secte et l'État. » Il mentionne également l'opinion que la perquisition aurait pu être faite en l'absence de Koresh, qui se déplaçait souvent hors de la communauté, ce qui « aurait pu éviter ainsi un bain de sang[63]. » David Thibodeau, un des neuf davidiens survivants, dans son livre intitulé A place called Waco: a survivor's story (« Un lieu appelé Waco : l'histoire d'un survivant ») détaille les raisons qui ont pu le pousser, lui « et d'autres personnes intelligentes », à croire que Koresh était « inspiré par Dieu » mais il reporte cependant la responsabilité de la tragédie et, en particulier, de l'incendie final, sur l'action gouvernementale.

Commission d'enquête sur la tragédie de Waco, juillet 1995[modifier | modifier le code]

La commission d'enquête a procédé à des auditions deux ans plus tard[64] afin de répondre aux questions qui se posaient sur d'éventuelles erreurs de la part des autorités, en particulier concernant l'incendie fatal et l'usage controversé des gaz lacrymogènes en la présence d'enfants en bas âge.

  • La question « qui a déclenché le feu ? » était un élément crucial de l'enquête et un débat qui avait gagné le grand public. Le sénateur Charles Schumer répond que les enregistrements audios démontrent qu'il y a eu des discussions au sein de la communauté du Mont Carmel pendant le siège sur le fait de « répandre de l'essence » et « d'allumer un incendie » et que les autres thèses sont des théories du complot. Ed Bryant, s'interroge alors, avec l'existence d'un système d'écoute chez les davidiens, renseignant les autorités sur ce qui se disait à l'intérieur, sur les raisons qui ont conduit les forces de l'ordre à ne pas interrompre l'assaut et la propagation des gaz lacrymogènes alors que l'information d'un suicide collectif leur était transmise par ce biais. La réponse donnée fut que l'information n'avait pas remonté la chaîne de commandement et ne se trouve pas dans le journal des événements[65].
  • La question de l'exposition des enfants aux gaz lacrymogènes et de la connaissance scientifique et médicale des risques d'un tel acte était un autre élément du débat, avec des commentaires contradictoires sur les effets secondaires, certains mettant en avant des études scientifiques qui indiqueraient que les effets n'étaient pas plus importants sur les enfants que sur les adultes, et d'autres que le risque était suffisamment significatif pour que la décision de les utiliser ne soit pas prise[66].

Point de vue du président Clinton[modifier | modifier le code]

Bill Clinton, alors président des États-Unis, reçoit la procureure Janet Reno le soir du 18 avril avant la décision de l'assaut. Elle demandait le feu vert du président pour un assaut militaire et l'usage de gaz lacrymogènes. Il déclare avoir d'abord suggéré d'utiliser une méthode « qui avait abouti à une conclusion pacifique en Arkansas » (où il avait été gouverneur, référence au siège du 20 avril 1985 à Elijah, résidence du groupe The Covenant, The Sword, and the Arm of the Lord (en)). Selon sa biographie, il rapporte que Janet Reno lui aurait déclaré que tout le monde avait fait preuve de patience et que le coût du siège s'élevait à 1 million de dollars américains par semaine. Clinton déclare « concéder que s'il n'y avait pas d'autre solution, elle pouvait lancer l'opération ». Voyant les flammes à la télévision, le lendemain, Clinton se souvient avoir pensé que « par deux fois, il s'était rangé à des avis contraires à son intuition » et en conséquence « être furieux contre lui-même » pour « avoir donné mon assentiment à ce raid auquel je ne croyais guère ». Il conclut que « peut-être, pour ma part, ne m'étais-je pas fié à mon instinct en raison du climat hostile qui régnait à Washington »[3].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Jeux[modifier | modifier le code]

  • La maison d'oncle Dave dans Postal est prise d'assaut conjointement par le FBI et l'ATF, le cas du char enfonçant le pan du mur du gymnase et le plan de la maison y sont calqués à l'identique.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

  • In the Line of Duty: Ambush in Waco (La secte de Waco), téléfilm de Dick Lowry de 1993 avec Timothy Daly et William O'Leary (en).
  • L'épisode 8 de la saison 3 de South Park (Deux hommes nus dans un jacuzzi) revient sur la tragédie de Waco. La trame de l'épisode est calquée sur l'histoire de la catastrophe ; elle en constitue une parodie. Le siège de Waco semble aussi avoir inspiré Les Super Meilleurs Potes.
  • L'épisode 3 de la saison 4 d'Esprits criminels (En cercle fermé). Le scénario de l'épisode se base (librement) sur la tragédie.
  • L'episode 5 de la saison 4 de la série X-Files : Aux frontières du réel (The X-Files), Le pré où je suis mort, est fortement inspiré du siège de Waco. Une référence explicite y est faite à travers une réplique du directeur adjoint Skinner, qui le cite comme un exemple à ne pas reproduire.

Musique[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Anthony, D. and T. Robbins (1997). "Religious totalism, exemplary dualism and the Waco tragedy." In Robbins and Palmer 1997, 261–284.
  • (en) Randall Bell, Strategy 360, Laguna Beach, CA, Owners Manual Press, (ISBN 978-1-933969-16-9)
  • (en) Christopher Whitcomb, Cold zero : inside the FBI Hostage Rescue Team, London, Corgi, , 560 p. (ISBN 0-552-14788-5 et 9780552147880). (Also covers Ruby Ridge.)
  • (en) Jayne Docherty, Learning lessons from Waco : when the parties bring their Gods to the negotiation table, Syracuse, N.Y, Syracuse University Press, (ISBN 0-8156-2751-3)
  • (en) Kerstetter, Todd. "'That's Just the American Way': The Branch Davidian Tragedy and Western Religious History," Western Historical Quarterly, Vol. 35, No. 4, Winter 2004.
  • (en) David Kopel et Paul H. Blackman, No more Wacos : what's wrong with Federal law enforcement and how to fix it, Amherst, N.Y, Prometheus Books, (ISBN 1-57392-125-4, OCLC 35978546, LCCN 96037639, présentation en ligne)
  • (en) James R. Lewis (éditeur), From the ashes : making sense of Waco, Lanham, Md, Rowman & Littlefield, (ISBN 0-8476-7915-2 et 0-8476-7914-4, LCCN 93048400, présentation en ligne)
  • (en) Clifford L. Linedecker, Massacre at Waco, Texas : the shocking story of cult leader David Koresh and the Branch Davidians, New York, St. Martin's Paperbacks, (ISBN 0-312-95226-0 et 9780312952266, présentation en ligne)
  • (en) Lynch, Timothy. No Confidence: An Unofficial Account of the Waco Incident (Washington: Cato Institute, 2001).
  • (en) Carol Moore, The Davidian massacre : disturbing questions about Waco which must be answered, Franklin, Tenn, Legacy Communications, , 1e éd. (ISBN 1-880692-22-8, LCCN 96214366, présentation en ligne)
  • (en) Kenneth G.C Newport, The Branch Davidians of Waco : the history and beliefs of an apocalyptic sect, Oxford New York, Oxford University Press, (ISBN 0-19-924574-6 et 9780199245741, LCCN 2005033133, présentation en ligne)
  • (en) Dick J. Reavis, The ashes of Waco : an investigation, New York, Simon & Schuster, (ISBN 0-684-81132-4 et 9780684811321, présentation en ligne)
  • (en) James Tabor et Eugene V. Gallagher, Why Waco? : Cults and the battle for religious freedom in America, Berkeley, University of California Press, (ISBN 0-520-20186-8, LCCN 95003553, présentation en ligne)
  • (en) Stuart Wright, Armageddon in Waco : Critical perspectives on the Branch Davidian conflict, Chicago, University of Chicago Press, (ISBN 0226908445 et 9780226908441, présentation en ligne)
  • (en) Shaw, B. D., "State Intervention and Holy Violence: Timgad/Paleostrovsk/Waco" Journal of the American Academy of Religion, 77,4 (2009), 853–894
  • (en) Review of siege of branch Davidians compound in Wao, Texas Joint hearing of the Crime Subcommittee of the Hous of Judiciary Committee and the National Security International Affairs and Criminal Justice Subcommittee of the House Governmment Reform and Oversight Committee.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • The Big Lie (le grand mensonge) de Linda Thompson[67], avocate, vise à dénoncer les abus des forces de l'ordre. Visible sur Google video.
  • Embuscade à Waco[68], soutient la version des forces de l'ordre.
  • Le 51e jour (Day 51)[69].
  • Waco : The Rules of Engagement[70] reçut un Emmy Award en 1997 et nominé aux Oscars la même année
  • Waco : A New Revelation[71].
  • Inside Waco, Neil Rawles, Channel 4, 2007 Channel 4
  • Waco / dans l'enfer d'une secte, dans « Un jour, Une heure » 29 août 2007, présenté par Laurent Delahousse. Un film de Paul Degénève[72]
  • Crazy Rulers of the World, part.2 : Funny torture, Jon Ronson, 2003. Il formule l'hypothèse selon laquelle l'émission de sons stridents (musique, mise à morts d'animaux) lors du siège était inspiré par les travaux du First Earth Battalion.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Video WACO: The Final Prophecy - Waco, David, Koresh, Branch, Prophecy - Dailymotion Share Your Videos
  2. Frontline: Waco - the inside story sur PBS
  3. a et b Ma Vie par Bill Clinton, p. 526 - 527 « L'hypothèse d'un suicide collectif semblait vraisemblable (…) J'ai fini par concéder que, si elle estimait que nous n'avions pas d'autres solutions, elle pouvait lancer l'opération. Le lendemain, je regardais les informations sur CNN dans une pièce mitoyenne du bureau ovale et j'ai vu le camp de David Koresh en flammes. Rien ne s'était déroulé comme prévu (…) Je n'avais pas le choix, je devais convoquer la presse et prendre la responsabilité de ce fiasco (…) J'étais furieux contre moi-même, tout d'abord pour avoir donné mon assentiment à ce raid, auquel je ne croyais guère. »
  4. Meyer D. No More Wacos and Waco - The Rules of Engagement. Medical Sentinel 1998;3(4) p. 151-152
  5. A New Understanding of Terrorism: Case Studies, Trajectories and Lessons Learned Springer, Haberfeld, Von Hassel, 2009, p. 31
  6. a et b Inside Waco par Neil Rawles. Documentaire sur HBO.
  7. Absolute Power: The Legacy of Corruption in the Clinton-Reno Justice Department par David Limbaugh, Regnery Publishing, 2002, p. 1
  8. Encyclopedia of Murder and Violent Crime, par Eric Hickey, SAGE, 2003, p. 274
  9. The Soldiers - How Many and Who?
  10. Future War: Non-Lethal Weapons in Modern Warfare, Par John B. Alexander, Macmillan, 2010, p. 46
  11. Waco-Excerpts from 9-1-1 Calls
  12. The Cult Files: True Stories from the Extreme Edges of Religious Belief, par Chris Mikul, Murdoch Books Pty, 2009
  13. American Murder: Criminals, Crimes and the Media par Mike May, Visible Ink Press, 2008, p. 180
  14. Public action, page 14
  15. Children of Waco : Timeline of Events
  16. Lire « the assault »
  17. « Identités des 4 agents de l'ATF tués », sur Officer Down Memorial Page
  18. After the 'war' at Waco
  19. (en) Sur CCAT, lire « February 28 ».
  20. (en) Lire à « Sunday February 28th ».
  21. Rapport du ministère de la Justice sur l'assaut de Ruby Ridge concernant en particulier l'autorisation de « tirer à vue » qui aurait été implicitement donnée par Rogers aux snipers.
  22. Department of Justice Office of Professional Responsibility Ruby Ridge Task Force Report, (June 10, 1994), Section IV. Specific Issues Investigated, F. FBI’S Rules of Engagement and Operations, 21 et 22 août 1992.
  23. (en) The Watchman Expositor: David Koresh's Seven Seals Teaching.
  24. Waco, Federal Law Enforcement, and Scholars of Religion « During our first round of briefings, especially in our conversations with the hostage negotiators who had been involved in Waco, the most striking finding was the FBI's near total dismissal of the religious beliefs of the Branch Davidians; For these men, David Koresh was a sociopath, and his followers were hostages. Religion was a convenient cover for Koresh's desire to control his followers and monopolize all the rewards for himself. They saw no reason to try to understand his religious beliefs, indeed thought them so bizarre as to be incomprehensible by normal people. The negotiators expressed deep regret at this state of affairs, but could see no alternatives to the way they had come to understand the situation. The tactical commanders had no real regret, seeing the final outcome as unavoidable »
  25. CCAT. Lire le passage « Tuesday April 13 »
  26. Liste des méthodes utilisées à la moitié de la page
  27. Armageddon in Waco: critical perspectives on the Branch Davidian conflict par Stuart A. Wright, University of Chicago Press, 1995, p. XXII
  28. Janet Reno défend sa décision en 1995
  29. CS/Cyanide gas and explosions kill 41 women and children, two of those mothers were pregnant
  30. A New Understanding of Terrorism: Case Studies, Trajectories and Lessons Learned, Springer, 2009, p. 31
  31. Future War: Non-Lethal Weapons in Modern Warfare Par John B. Alexander, Macmillan, 2010, p. 48
  32. CESNUR - Pyrotechnic Grenades Were Fired in Waco
  33. les agents du FBI admettent avoir utilisé des missiles incendiaires dépêche de l'associated press (AP)
  34. Voir le chapitre « death » pour les images des corps et des restes des Davidiens
  35. La liste des armes
  36. The New Yorker, Volume 71, Numéros 10 à 18, Children of Waco «  Bulldozers razed what remained of the buildings, and also the concrete bunkers below »
  37. http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/waco/childrenofwaco1.html The Children of Waco, Peter J Boyer, article du New Yorker en ligne
  38. A Heritage of Hypocrisy par Holliston Pern, Pleasant Mount Press, 2005, p. 156
  39. Overview of Davidian Massacre Committee for Waco Justice, Carol Moore
  40. Culture wars: an encyclopedia of issues, viewpoints, and voices, Volume 1 par Roger Chapman, M.E. Sharpe, 2010, p. 586
  41. Why Waco?: Cults and the Battle for Religious Freedom in America, par James D. Tabor, University of California Press, 1997, p. 2
  42. A New Understanding of Terrorism: Case Studies, Trajectories and Lessons Learned, publié par M. R. Haberfeld,Agostino Von Hassell, Springer, 2009, p. 31
  43. William Gazecki, Waco - The Rules of Engagement, 2003
  44. Freedom in Chains: The Rise of the State and the Demise of the Citizen par James Bovard, Palgrave Macmillan, 2000, p. 39
  45. Page sur les autopsies
  46. Voir l'analyse des images de l'assaut de ce commando dans le film
  47. SAS en opérations
  48. HISTORIQUE des S.A.S
  49. Waco Update:The Delta Force Was There
  50. Selon alexander cockburn and jeffrey st. clair Thousands of law enforcement officers have now cut their teeth on the homicidal commando techniques most flagrantly displayed by the killers assembled in the British SAS, members of which were also present at the Waco siege. Des milliers de policiers ne connaissaient les techniques les plus meurtrières des techniques commando flagrant affiché par les tueurs montés dans le SAS britannique, dont les membres étaient également présents au siège de Waco.
  51. Attorney General's Office par Daniel E. Harmon, Infobase Publishing, 2001, p. 59
  52. Reno Is Waco Panel's Final Witness She Will Face Hostile Republicans Today. They Want Her To Implicate Clinton In The Decision On Tear Gas.
  53. Time Magazine, 1993, volume 142, p. 24, Briton Hadden, Henry Robinson Luce
  54. Conspiracy theories in American history: an encyclopedia, Volume 1 par Peter Knight, ABC-CLIO, 2003, p. 718
  55. Religion and cyberspace par Morten T. Højsgaard, Routledge, 2005, p. 188
  56. Weapons of Mass Destruction: An Encyclopedia of Worldwide Policy, Volume 1, publié par Eric A. Croddy, James J. Wirt, ABC-CLIO, 2005, p. 203
  57. The Enduring Vision: A History of the American People, par Clifford E. Clark, Cengage Learning, 2012, p. 772
  58. Waco : The Inside Story
  59. Learning Lessons From Waco, PP. 230 - 232
  60. Learning Lessons From Waco, P. 252
  61. Learning Lessons From Waco, P. 275
  62. From the Ashes: Making Sense of Waco, p. 4
  63. Armageddon in Waco: Critical Perspectives on the Branch Davidian Conflict Préface, p. Xi
  64. Review of siege of branch Davidians compound in Wao, Texas Joint hearing of the Crime Subcommittee of the Hous of Judiciary Committee and the National Security International Affairs and Criminal Justice Subcommittee of the House Governmment Reform and Oversight Committee
  65. Ibid. (en) Extrait de l'audition de Larry Potts, Assistant Director of the Criminal Investigative Division: Sénateur John MICA : Mr. Bryant made the point earlier that your intelligence people had not told Jamar that on the morning of the 19th, the Davidians were overheard as they evidently spread fuel and allegedly started a fire. Jamar has said he would not have proceeded had he known. Whose responsibility was it to get this information to Jamar? (…) MR. POTTS: We have a -- we had a set up where we had monitors listening to the conversations that were going on. And they did not hear those conversations. It's not on the log (…)if the monitors didn't hear the conversations, there's no way it can get then up the chain to Mr. Jamar.
  66. Ibid. (en) Extrait des auditions sur les gaz lacrymoègnes : REP. ZELIFF: (..) they indicated (…) that the use of CS gas would be harmful to children, particularly children. And I believe Mr. Potts indicated that they did not feel that this was credible. I guess my same question there, credible or not, it certainly indicates that there's a potential harm to children. MR. SALEM: (…) the use of tear gas, any type of tear gas, and CS, it entails some degree of risk. But, in my opinion, CS does not cause permanent injury to adults or to children. And this is based on the best available information. And, based on that, CS is the best riot control agent. REP. COLLINS: Did you specifically consult with anyone about the possible effects on children of this CS tear gas? MR. CLARKE: Extensively. (…) REP. COLLINS: (…) I want to hear what Dr. Salem has to say about the use of CS -- the use of tear gas on children and whatever he thought about this. MR. SALEM: When I was contacted, we reviewed all of the available literature on the effects, the toxicology and the safety of CS; in particular, its effect on children and pregnant women. And, based on all the available literature, there was a lot of experiments done on adults and older people (…) and based on that, as a scientist, we look at what the facts are, rather than anecdotals, and even though these were anecdotal, they were followed up by epidemiological studies. There were animal studies using young animals, and they did not find a difference. And it was concluded by many researchers, very competent researchers, that there was no difference in sensitivity to the CS by young people, older people, and the infirm.
  67. Linda Thompson: Waco: The Big Lie
  68. In the Line of Duty : Ambush at Waco
  69. Waco, Texas / Cult Standoff / Day 51: The End (CBS) from the Vanderbilt Television News Archive
  70. WACO: The Rules of Engagement - The Movie
  71. Documentry: government coverup - Waco, April 19, 1993.
  72. Les sectes et les minorités spirituelles à la télévision