Groupe Latécoère

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Groupe Latécoère
logo de Groupe Latécoère

Création 1917
Fondateurs Pierre-Georges LatécoèreVoir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique Société anonyme à directoire
et conseil de surveillance
Action Euronext : LAT
Euronext : LATBS
Siège social Toulouse
Drapeau de France France
Direction Pierre Gadonneix (président du conseil d'administration)
Activité Aerospatiale et defense
Site web Site officiel Latécoère

Capitalisation 364 M € en 09/2019
Chiffre d'affaires 659 M€ en 2018
Résultat net 6,00 M€ en 2018

Latécoère est un équipementier aéronautique spécialiste des Aérostructures et des Systèmes d'Interconnexion. Fournisseur de premier rang des grands constructeurs aéronautiques (Airbus, Boeing, Bombardier, Dassault Aviation et Embraer), Latécoère emploie aujourd’hui près de 5000 personnes à travers le monde. Le siège social du groupe est basé à Toulouse et la société est côté à Euronext depuis 1985. Fondée en 1917 par Pierre-Georges Latécoère, l’entreprise est dirigée depuis le 2 novembre 2016 par Yannick Assouad.

Histoire[modifier | modifier le code]

Salmson 2A2 -Vol inaugural de l'Aéropostale

A la mort de son père en 1905, Pierre-George Latécoère reprend l’entreprise familiale et se tourne rapidement vers les constructions ferroviaires. En 1906, à 20 ans, il est diplômé de l’Ecole centrale des arts et manufactures[1]. L’entreprise décroche en 1911 un important contrat pour la livraison de 1500 wagons pour La Compagnie du Midi[2]. C’est pendant la Première Guerre mondiale que l’entreprise se diversifie dans la production de caisses de munitions, puis de munitions (7 millions d’obus), de cantines ambulantes (2500), puis d’ambulances. A la faveur de cadences trop élevées pour Blériot, Farman, Breguet, …, il hérite d’une commande de 1000 biplan de type Salmson par marché d’Etat en octobre 1917.

A la fin des hostilités, l’armée a réceptionné 512 Salmson (cent autres subsistent sur les chaines d’assemblage)[3].  Pierre-Georges Latécoère a alors l’idée de transformer ces machines de guerre en avions de transport et de créer une ligne aérienne postale entre la France et l’Amérique du Sud. Le 11 novembre 1918, il fonde la Compagnie Espagne-Maroc-Algérie (CEMA), dites Lignes Aériennes Latécoère. En 1922, près de 1 500 000 lettres et 920 passagers auront emprunté la ligne[4]. Sa compagnie est leader mondial, avec 3000 kilomètres de réseau, 75 avions, 22 pilotes et 120 mécaniciens ou aides-mécaniciens[5]. A partir de cette date, l’exploitation des lignes est séparée de la construction des avions. La compagnie est baptisée CGEA (Compagnie Générale d’Entreprises Aéronautiques). L’activité d’avionneur est intitulée SIDAL (Société Industrielle d’Aviation Latécoère)[6].

En 1925, la ligne relie Dakar et des navires acheminent le courrier jusqu’à Natal au Brésil. Antoine de Saint Exupéry, qui pilote sur la ligne Toulouse-Perpignan-Barcelone dès 1926, puis sur le tronçon Casablanca-Dakar, sera nommé chef d’aéroplace au Maroc, à Cap Juby (Tarfaya). Lorsque Pierre-Georges Latécoère cède sa compagnie en 1927, elle parcourt depuis Toulouse, L’Espagne, l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal et le Brésil. Le courrier passe avec une régularité atteignant les 99 %[7]. Marcel Bouilloux-Laffont, le nouveau propriétaire, la rebaptise Compagnie Générale Aéropostale (CGA) et développera son réseau en Amérique du Sud. Et c’est notamment sur les actifs de cette compagnie qu‘Air France naitra en 1933[8].

Pierre-Georges Latécoère se concentre désormais sur la production d’avions et d’hydravions au sein de la SIDAL. Par contrat, il fournit des aéronefs à l’Aéropostale. En 1930, c’est sur le Laté 28-3 Comte de la Vaulx, un hydravion de près de 20 mètres d’envergure, que Jean Mermoz effectue la première traversée commerciale de l’Atlantique Sud - entre Saint-Louis (Sénégal) et Natal (Brésil)[9]. Réputés pour leurs qualités de vol, leur fiabilité, et leur robustesse, les Laté 28 seront fabriqués à une cinquantaine d’exemplaires.

En 1934, Air France est équipée d’un Laté 300 pour le tronçon maritime France - Amérique-du-Sud[10] (près de 19 heures de traversée entre Saint-Louis et Natal). Le Croix-du-Sud, cet hydravion quadrimoteur de 45 mètres est capable de parcourir 4800 kilomètres. La doctrine de la compagnie nationale consiste alors à faire voler des avions à roulettes sur les terres et des hydravions au-dessus des mers. En 1935, c’est au tour du Latécoère 521, baptisé Lieutenant de Vaisseau Paris, d’entrer en service. Son rayon d’action est pratiquement de 6300 kilomètres. Il conquiert le ruban bleu de l’Atlantique Nord en près de 28 heures 30 de vol entre Port-Washington et Biscarosse en 1939. Lors de ce vol extraordinaire, c’est Henri Guillaumet le chef de bord et premier pilote.

1937 voit une vaste usine sortir de terre à Anglet pour accueillir le Laté 298, un hydravion monoplan triplace mis en service l’année suivante. Ce bombardier-torpilleur de la Marine nationale, sera le plus construit des hydravions français avec 127 exemplaires (fin de service en 1951). En 1939, Pierre-Georges Latécoère, rationnalise son outil industriel et vend les sites de Montaudran (Toulouse), Anglet et Biscarosse à Louis Breguet. Une nouvelle usine voit le jour rue de Périole à Toulouse. On y fabrique l’hexamoteur Laté 631 surnommé « le paquebot des mers », un fleuron de la compagnie Air France capable de parcourir 6000 kilomètres avec une cinquantaine de passagers. Pierre-Georges Latécoère décède en 1943, et le Laté 631, cet hydravion de 75 tonnes sera opéré jusqu’au milieu des années soixante.

En 1948 débute une diversification de l’entreprise vers les engins spéciaux. Le missile anti-sous-marin lance-torpille Malafon équipera notamment la Marine nationale française jusqu’en 1997. Latécoère participe également à la production de l’Armagnac (1er vol en 1949), ainsi qu’au programme Caravelle (1er vol en 1955)[11]. Viennent ensuite la fabrication de parties du chasseur franco-britannique Jaguar (mise en service en 1973) et du Super Etendard de Dassault (1978). Les collaborations vont s’enchaîner pour l’avionneur devenu équipementier de rang 1 et acteur de la structuration du schéma industriel de l’aviation moderne.

L’année 1989 voit Latécoère fabriquer le pavillon de l’A330/340 d’Airbus. En 1997, le bureau d’études BEAT spécialisé dans l’outillage devient filiale à 56 % du groupe Latécoère. En 1998, Latécoère rachète l’activité câblage électrique embarqué de Fournié Grospaud, donnant ainsi naissance à LATelec[12] (aujourd’hui Latécoère Systèmes d’Interconnexion) et ouvre une unité de production en Tunisie. LATelec fabrique les meubles avionique de l’A330/340. En 2000, Latécoère rachète l’ex-avionneur tchèque Letov pour sa branche Aérostructures[13]. Parallèlement à cette phase d’internationalisation accrue, l’entreprise gagne le câblage complet du Falcon 7/8X de Dassault Aviation et la réalisation du fuselage arrière en 2001. Une usine de gros tronçons est inaugurée à Gimont (Gers). Latécoère ouvre ensuite successivement un nouvel atelier dédié aux aérostructures au Brésil (2004), afin de se rapprocher de son client Embraer[14], et une filiale à Hambourg en 2005, notamment pour les études de câblage électrique des aménagements intérieurs de l’A380[15]. Cette même année Boeing confie les portes du 787 à Latécoère – elles sont composites, c’est une première dans l’aéronautique. L’entreprise devient la seule entreprise française à opérer sur l’aérostructure du Dreamliner. BEAT passe cette même année filiale à 100 % du groupe et devient LATecis. En 2007, LATelec rachète la Société Landaise d’Electronique à Liposthey (Landes) en particulier pour la production de câblages du Falcon 7/8X de Dassault Aviation[16]. En 2012, Latécoère crée une filiale mexicaine à Hermosillo, dédiée à la fois au câblage embarqué et aux portes[17]. En 2013, le Groupe Latécoère est sélectionné pour la conception et la fabrication des portes E2 d’Embraer. C’est au Maroc que Latécoère implante en 2015 un atelier de câblage pour les programmes Airbus A350 et A320 - soit un investissement de 10 millions d’euros sur 5 ans[18].

En 2016, dans le cadre de son plan de transformation, le groupe se recentre sur l’aéronautique et cède Latécoère Services (ex-LATecis). A partir de 2017, toutes les sociétés du groupe capitalisent sur le nom de marque « Latécoère ». L’entreprise dispose alors de deux branches : Aérostructures (portes et fuselages) et Systèmes d’Interconnexion (harnais EWIS, meubles avionique, équipements et systèmes, bancs de tests). En 2017, la branche Systèmes d’Interconnexion signe un contrat avec Mitsubishi Aircraft Corporation concernant le développement de l’EWIS (Electrical Wiring Interconnection System) de son jet régional MRJ 90. 2018 voit l’ouverture à Toulouse d’une usine 4.0[19] destinée à la production de pièces élémentaires métalliques, et à Plovdiv, en Bulgarie, d’une unité d’assemblage de meubles avionique et sous-ensembles d’aérostructures[20].

Actionnaires[modifier | modifier le code]

Nom Actions %
Apollo Global Management 14 106 551 14,9%
Monarch Alternative Capital 9 817 070 10,4%
Tikehau Capital Advisors 5 010 695 5,29%
Notz, Stucki Europe 3 453 827 3,65%
Financière de l'Échiquier 2 940 000 3,10%
Dimensional Fund Advisors 2 246 219 2,37%
Amundi Asset Management 1 887 898 1,99%
Oddo BHF Asset Management 1 149 615 1,21%
Mackenzie Investments Asia. 618 398 0,65%
DNCA Finance SA 400 000 0,42%

Mise à jour au 21/09/2019[21]

Le groupe aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Latécoère est un partenaire majeur des grands avionneurs mondiaux. Le groupe développe et industrialise des solutions dans les domaines des Aérostructures (tronçons de fuselage, portes, etc.) et des Systèmes d'Interconnexion (câblages, systèmes embarqués, etc.).

Latécoère se positionne sur tous les segments de l'aéronautique : avions commerciaux avec Airbus et Boeing, avions régionaux avec Embraer et Bombardier, avions d'affaires avec Dassault Aviation, avions militaires avec Dassault et Airbus.

En juin 2016, Latécoère a présenté son plan Transformation 2020. Ce projet stratégique a pour ambition de permettre au groupe de "bénéficier pleinement du prochain cycle de nouveaux programmes attendu entre 2020 et 2025, grâce à une compétitivité et une capacité d'investissement restaurées"[22].

Dans le cadre du plan Transformation 2020, le 22 mai 2018, Latécoère a inauguré son usine 4.0 à Toulouse, sur le site de Montredon. Connectée et automatisée, l'usine produira jusqu'à 500 000 pièces par an. [23] Latécoère s'est également implanté en Bulgarie, à Plovdiv, où il a ouvert un site de 5000 m2 dédié à sa branche Aérostructures en mars 2018[24].

Chiffre d'affaires[modifier | modifier le code]

En 2002, l'effectif était de 1 713 personnes, avec un chiffre d'affaires de 168 millions d'euros.

En 2005, l'effectif était de 3 053 personnes, avec un chiffre d'affaires de 355 millions d'euros.

En 2006, le groupe employait 3 412 personnes (dont 2 200 en France) et son chiffre d'affaires était de 436 millions d'euros.

En 2008, Latécoère a été l'entreprise sélectionnée par Airbus pour reprendre les sites industriels de Méaulte et Saint-Nazaire mais les négociations ont été rompues unilatéralement par Airbus à cause de difficultés[Lesquelles ?] pour la reprise d'autres sites similaires en Allemagne.

31 mars 2016 Latecoère Aeroservices (31700 Cornebarrieu) est placée en redressement judiciaire. Son chiffre d'affaires en 2014 était de 12 M€ et l'exercice s'est terminé avec une perte de 3 M€.

20 décembre 2016 le groupe cède ses activités Latécoère Services (France, Espagne, Royaume-Uni, Canada, Allemagne) à l'industriel Groupe ADF.

Sous-traitance[modifier | modifier le code]

Latécoère participe en tant que sous-traitant à la construction des avions suivants :

Missiles conçus pour la Marine nationale française[modifier | modifier le code]

Hydravions et avions de la compagnie[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive.

  • Latécoère 3, 14, 26, 28, 29, 225, 300, 302, 521, 552, 523, 582, 611, 631.

Composition du groupe Latécoère[modifier | modifier le code]

  • CCA (France)
  • Latécoère (France, Brésil, États-Unis, Mexique, République Tchèque)
  • Latécoère wiring (France, Tunisie, Mexique)
  • LATelec GmbH ( Allemagne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Martine Laporte, Escale. Sur les routes du ciel, de Latécoère à Air Franc, Editions Michel Laffont, , p. 15
  2. Jean-Marc Olivier, 100 ans de technologies aéronautiques, Editions Privat, , p. 20
  3. Martine Laporte, Escale. Sur les routes du ciel, de Latécoère à Air France, Editions Michel Laffont, , p. 29
  4. Martine Laporte, Escale. Sur les routes du ciel, de Latécoère à Air France, Editions Michel Laffont, , p. 109
  5. Jean-Marc Olivier, Latécoère, 100 ans de technologies aéronautiques, Editions Privat, , p. 36
  6. Laurent Albaret, Pierre-Georges Latécoère. Correspondances (1918-1928), Editions Privat, , p. 12
  7. Bernard Bacquié, Les carnets de la ligne - Tomes 2&3. L’Amérique & L’Aéropostale, Editions Latécoère, , p. 31
  8. Jean-Marc Olivier, Latécoère, 100 ans de technologies aéronautiques, Editions Privat, , p. 35
  9. Bernard Bacquié, Les carnets de la ligne - Tome 1. Pierre-Georges Latécoère, Editions Latécoère, , p. 62
  10. Martine Laporte, Escale. Sur les routes du ciel, de Latécoère à Air France, Editions Michel Laffont, , p. 237
  11. Jean-Marc Olivier, Latécoère, 100 ans de technologies aéronautiques, Editions Privat, , p. 54
  12. « Une filiale de Fournié Grospaud rachetée par Latécoère », La Dépêche, (consulté le 9 avril 2019)
  13. « Latécoère : croissance externe en République Tchèque », Boursier.com, (consulté le 9 avril 2019)
  14. « Latécoère s'implante au Brésil », L'Usine Nouvelle, (consulté le 9 avril 2019)
  15. « Histoire - Latécoère », sur www.latecoere.aero (consulté le 9 avril 2019)
  16. « L'équipementier Latécoère rachète la Société Landaise d'Electronique », Les Echos, (consulté le 9 avril 2019)
  17. « Latécoère : Nouveau site de production au Mexique », La Dépêche, (consulté le 9 avril 2019)
  18. « Latécoère ouvre sa première usine marocaine à Casablanca », L'Usine Nouvelle, (consulté le 9 avril 2019)
  19. « Latécoère inaugureson usine 4.0 à Toulouse-Montredon », sur www.latecoere.aero (consulté le 9 avril 2019)
  20. « Latécoère s'implante en Bulgarie », sur latecoere.aero (consulté le 9 avril 2019)
  21. Zone Bourse, « actionnaires », sur www.zonebourse.com (consulté le 21 septembre 2019)
  22. « Latécoère présente son projet Transformation 2020 et engage on repositionnement stratégique », sur www.latecoere.aero
  23. « Latécoère inaugure son usine 4.0 à Toulouse-Montredon », sur www.latecoere.aero
  24. « Latécoère s'implante en Bulgarie », sur www.latecoere.aero

Liens externes[modifier | modifier le code]