Imerys

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Imerys

Création avril 1880
Forme juridique Société anonyme à conseil d'administration
Action Euronext : NK
Slogan Transform to perform
Siège social 154 rue de l'Université 75007 Paris
Drapeau de France France
Direction Gilles Michel (PDG)
Actionnaires Belgian Securities BV (Groupe Bruxelles Lambert[1]) : 53,85 %
Autres actionnaires : 46,15 % (au 31 décembre 2015)
Activité Extraction et transformation de minéraux pour l'industrie
Produits andalousite, bauxite, kaolin, ballclay, argile rouge, pigments naturels, feldspath de potassium, pegmatite, feldspath de sodium, feldspath lithique, halloysite, marbre, calcaire, craie, dolomite, perlite, diatomite, argile réfractaire, silice, bentonite, graphite, quartz, vermiculite, mica, talc, alumine, zircon, oxyde de magnésium
Société mère Belgian Securities BV
Filiales Calderys, Imerys Graphite & Carbon (ex Timcal), Imerys Minerals, Imerys Fused Minerals, Imerys Filtration Minerals, Imerys Refractory Minerals, Imerys Refractory Minerals Clérac, Imerys Refractory Minerals Glomel, Imerys Refractory Minerals North America, Imerys Talc, S&B Industrial Minerals, Treibacher Schleifmittel, World Minerals, Ardoisières d'Angers, PyraMax Ceramics LLC
Effectif 19 683 (2015)
Site web imerys.com

Chiffre d’affaires 4 087 millions € (2015)
Résultat net 69,1 millions € (2015)

Imerys est une entreprise française cotée sur Euronext à Paris (compartiment A). Fondée en 1880, elle opère dans l'extraction et la transformation de minéraux. Elle est leader mondial des spécialités minérales pour l'industrie.

Imerys est présent dans près de 50 pays avec près de 250 implantations industrielles, dont 47 en France, et emploie près de 16 000 salariés. Son président-directeur général est Gilles Michel[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Sacs de charge : talc, grade Luzenac 2.

Le métier d’origine du groupe, de sa création en 1880 et pendant près de 100 ans, est l'extraction et la transformation du nickel. Son nom d'origine est Société Peñarroya - Le Nickel (SLN). Dans les années 1970, le groupe se diversifie et étend son activité. Une holding fédère les sociétés sous le nom d'Imetal.

À partir de 1990, Imetal axe son développement sur les Minéraux Industriels et poursuit une politique d’acquisitions. Le groupe établit des positions dans le métier des pigments blancs, puis sur le marché des graphites. Il s'élargit ensuite par des acquisitions dans les réfractaires, les argiles, les pâtes céramiques et les céramiques techniques. Entre 1994 et 1998, Imetal double de taille : un tiers par croissance interne, deux tiers par croissance externe. En 1998, l'activité se structure en deux pôles (Transformation des Minéraux, Transformation des Métaux) et adopte une organisation par divisions opérationnelles.

En 1999, Imetal rachète English China Clays (ECC), société britannique important producteur de pigments blancs (kaolin et carbonates de calcium). À la suite de cette acquisition, il achève le recentrage de son activité sur la valorisation des minéraux en cédant son activité Transformation des Métaux, qui comprenait les sociétés nord-américaines Copperweld et Copperweld Canada. Pour traduire cette évolution, Imetal change de nom, donnant naissance à Imerys le 22 septembre 1999.

Le groupe parachève ce recentrage en se désengageant des activités ne correspondant plus à son cœur de métier, comme la pierre de taille (Géorgie, États-Unis) et le négoce. L'activité de distribution de produits chimiques de spécialités (CDM AB, Suède) est ainsi cédée en 2004. En 2005, ce sont les activités de négoce de minéraux réfractaires, notamment basiques (American Minerals, Inc., États-Unis) et de distribution de produits de couverture (Larivière, France), qui sont cédées.

La transformation de la société en spécialiste des minéraux de spécialité a été réalisée depuis 1997, sous l'impulsion de Patrick Kron, devenu depuis patron d'Alstom, puis continuée sous la direction de Gérard Buffière.

En 2011, Imerys acquiert Talc de Luzenac (groupe Luzenac) auprès de Rio Tinto[3],[4]. Voir aussi Carrière de talc de Trimouns.

En 2013, Imerys a annoncé vouloir, via une filiale ad hoc nommée PyraMax Ceramics LLC, se lancer dans la fabrication de « proppants » synthétiques (céramiques) destinés à remplacer le sable dans les fluides de fracturation utilisés pour la fracturation hydraulique permettant l'exploitation de certaines ressources en énergies fossiles dites « non conventionnelles » (pétrole non conventionnel et gaz profonds, gaz de schiste)[5]. Ces produits devraient être fabriqués dans une usine en construction (en 2013) à Wrens (Géorgie (États-Unis)) pour produire du gaz de schiste américain. L'entreprise, qui dispose de plusieurs brevets, annonce une capacité de 225 000 t/an via de deux lignes de production qui ont démarré en 2014[5].

En février 2014, Imerys lance une offre d'achat sur l'entreprise américaine Amcol International Corporation pour 1,6 milliard de dollars[6], avant que l'entreprise Minerals Technologies Inc. surenchérisse sur AMCOL International, provoquant des enchères multiples[7],[8],[9] et avant qu'Imerys n'abandonne[10].

En décembre 2016, Imerys annonce l'acquisition pour 880 millions d'euros de Kerneos, ancienne filiale de Materis, spécialisée dans les aluminates[11].

Métiers[modifier | modifier le code]

Imerys exploite 115 sites miniers et 30 minéraux ou familles de minéraux différents.

À partir de minéraux souvent extraits de ses gisements, et transformés selon des procédés parfois complexes, le groupe développe pour ses clients industriels des solutions qui entrent dans la composition de leurs produits ou dans leurs processus de production. Ses minéraux trouvent de très nombreuses applications dans la vie quotidienne : bâtiment, produits d’hygiène, papiers, peintures, plastiques, caoutchoucs, céramiques, télécommunications, filtration de liquides alimentaires, etc.

Organisation[modifier | modifier le code]

Sacs de charge : kaolinite, d'AGS Minéraux.

Imerys est organisé en quatre branches d'activités opérationnelles :

  • Solutions pour l'Énergie & Spécialités : carbonates de calcium pour le papier, la peinture, les polymères ; noir de carbone et poudres de graphite synthétique et naturel pour l'automobile et l'énergie mobile ; minéraux pour films polymères à porosité contrôlée ; spécialités minérales pour l'industrie pétrolière ; réfractaires monolithiques silico-alumineux pour les industries de hautes températures ;
  • Filtration & Additifs de Performance : kaolin pour papiers, polymères, enduits ; talc pour plastiques, caoutchoucs, peintures, papiers, céramiques, santé et beauté ; mica pour plastiques et revêtements ; produits à base de diatomite et de perlite pour la filtration de liquides alimentaires ;
  • Matériaux Céramiques : tuiles, ardoises ; minéraux pour l'industrie céramique et verrière ; supports de cuisson pour les tuiles et l'industrie céramique ;
  • Minéraux de Haute Résistance : minéraux réfractaires (andalousite, argilesetc.) pour les industries de haute température ; minéraux fondus pour les marchés des abrasifs, des réfractaires, des céramiques techniques, des équipements de chauffage pour la sidérurgie, l'automobile, l'équipement industriel et la construction.

Ces branches sont elles-mêmes structurées en activités opérationnelles, servant des marchés spécifiques.

Données chiffrées[modifier | modifier le code]

Imerys a réalisé près de 4,1 milliards d'euros de chiffre d’affaires en 2015. Il se répartit comme suit :

  • Solutions pour l'Énergie & Spécialités : 31 % du CA 2015 ;
  • Filtration & Additifs de Performance : 26 % ;
  • Matériaux Céramiques : 28 % ;
  • Minéraux de Haute Résistance : 15 %.

La répartition géographique du CA en 2015 est la suivante : 45 % Europe de l'Ouest (dont France 13 %), Amérique du Nord (24 %), pays émergents (26 %) et Japon/Australie (5 %).

Données boursières[modifier | modifier le code]

Actionnaires principaux au 31 décembre 2015[12] :

  • Belgian Securities BV : 53,85 % ;
  • autres actionnaires : 46,15 %.

Comité exécutif[modifier | modifier le code]

  • Gilles Michel, président-directeur général
  • Olivier Hautin, directeur de la branche Solutions pour l'Énergie & Spécialités
  • Daniel J.Moncino, directeur de la branche Filtration & Additifs de Performance
  • Frédéric Beucher, directeur de la branche Matériaux Céramiques
  • Alessandro Dazza, directeur de la branche Minéraux de Haute Résistance
  • Olivier Pirotte, directeur finance
  • Denis Musson, directeur juridique et secrétaire du conseil
  • Thierry Materne, directeur Innovation
  • Jean-François Claver, directeur Industriel
  • Vincent Lecerf, directeur des ressources humaines

Communication[modifier | modifier le code]

Activité de lobbying auprès des institutions de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Imerys est inscrit depuis 2016 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. L'entreprise déclare en 2015 pour cette activité des dépenses d'un montant compris entre 100 000 et 200 000 euros[13].

Promotion de l'exploitation des gaz de schiste[modifier | modifier le code]

Imerys fait partie depuis 2015 des entreprises fondatrices du Centre hydrocarbures non-conventionnels (CHNC), organisme cherchant à promouvoir l'exploitation des gaz de schiste en France[14],[15].

Controverse[modifier | modifier le code]

L'exploitation par Imerys de mines de talc en Afghanistan depuis 2015 semble poser, selon le quotidien Le Monde, plusieurs problèmes : les ouvriers y travailleraient dans des conditions de sécurité déficientes, cette exploitation donnerait lieu au versement de sommes qui financeraient les Talibans et la guerre civile, et enfin cette activité serait menée en contradiction avec les engagements d'éthique et de transparence d'Imerys[16].

Néanmoins, Imerys a répondu par la publication d'un communiqué de presse ; il y est rappelé « qu'aucun des sites d'extraction de talc du groupe n'est implanté en Afghanistan ou au Pakistan »[17]. Imerys peut cependant avoir recours à des approvisionnements externes, et dans ce cadre, réalise des achats de talc afghan et pakistanais, qui représentent moins de 1 % des approvisionnements de talc du groupe. « Imerys complètera son appréciation par une évaluation réalisée en partenariat avec un organisme indépendant engagé sur le terrain. Cette étude permettra à Imerys de réexaminer les conditions de ses approvisionnements en talc en provenance du Pakistan et d'Afghanistan. »[17]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coentreprise de la famille belge Frère et de la famille canadienne Desmarais.
  2. Annelot Huijgen, « Imerys, un champion français présent dans 50 pays », Le Figaro, 17 février 2014
  3. « Groupe Luzenac : Imerys, nouveau propriétaire de Talc de Luzenac », La Dépêche du Midi, 2 septembre 2011
  4. (en) « History - A hundred years of talc », Imerys Talc
  5. a et b « Imerys franchit un cap dans le gaz de schiste américain », Batiactu, 12 avril 2013
  6. « Imerys agrees to buy AMCOL International in 1.6 billion $ deal », Reuters, 12 février 2014
  7. « Minerals Technologies renchérit sur l'OPA d'Imerys sur l'américain Amcol », La Tribune, 14 février 2014
  8. « Minerals Technologies offers to buy AMCOL for 1.36 billion $ », Reuters, 14 février 2014
  9. « Imerys raises bid for Amcol to 1.47 billion $ », Reuters, 4 mars 2014
  10. Keren Lentschner, « Minéraux industriels : Imerys renonce à son OPA sur Amcol », Le Figaro, 10 mars 2014
  11. « Imerys veut acquérir le français Kerneos », Le Figaro, 11 décembre 2016
  12. Document de Référence 2015, Imerys, 31 décembre 2015
  13. « Registre de transparence », Commission européenne (consulté le 21 janvier 2017)
  14. Irène Inchauspé, « Les industriels s'unissent pour briser le tabou sur le gaz de schiste », L'Opinion,‎ (lire en ligne)
  15. Denis Cosnard, « Gaz de schiste : les industriels s'unissent pour combattre le blocage français », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  16. Julien Bouissou, « Comment une entreprise française se fournit en talc au pays des talibans », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  17. a et b « Communiqué de presse - Point sur les approvisionnements d'Imerys en talc provenant du Pakistan et d'Afghanistan » [PDF], sur imerys.com, (consulté le 23 février 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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