Henri Guillaumet

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Henri Guillaumet
Brevet de pilote Guillaumet.jpg

Brevet de pilote de la Fédération internationale aéronautique d'Henri Guillaumet.

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Henri Guillaumet, né le à Bouy[1], près de Châlons-en-Champagne et mort le en Méditerranée, est un aviateur français, pilote de l'Aéropostale. Il fait partie des plus grands pilotes de l'aviation française. Dans les Andes, au-dessus de l'Atlantique-Sud, puis de l'Atlantique-Nord, il contribua à la gloire de la Ligne Aéropostale, ainsi qu'à l'ouverture de nombreuses routes commerciales françaises.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il eut trois frères, René, André et Pierre. Ce dernier mourra en bas âge. Sa mère, très affectée par cet événement, disparaîtra à son tour peu de temps plus tard.

Habitant près du Camp de Châlons, il assiste à 6 ans au 1er décollage d'Henri Farman qui volera 30 km. Il effectue son baptême de l'air à 14 ans. Formé par Charles Nungesser, célèbre candidat à la transatlantique, il obtient le brevet de pilote civil le .

Il s'engage comme pilote de chasse à Thionville où il rencontre la fine fleur des pilotes[2] : Florentin Bonnet, Léon Challe, René Weiser ou Jean Mermoz. Ce dernier l'invite à le rejoindre dans l'entreprise Latécoère en février 1926, alors qu'il se retrouve par hasard dans les rues de Paris. Ensuite, ce sera lui qui initiera Antoine de Saint-Exupéry, qui deviendra son indéfectible ami, lors de son premier vol dans la Compagnie.

Ses carnets de vol, couvrant la période de 1926 à 1940, sont conservés aux Archives nationales[3].

Survie légendaire[modifier | modifier le code]

Le vendredi , en traversant les Andes pour la 92e fois pour l'Aéropostale, il effectue un cheval de bois dans la neige, à l'atterrissage de son Potez 25 (immatriculé F-AJDZ), en panne d'essence à cause du mauvais temps, aux bords de la Laguna Diamante[4]. Incapable d'être repéré en pleine tempête, il décide d'abandonner son avion après une nuit et de partir[5] pendant cinq jours et quatre nuits, passa[6] et à sa femme Noëment destinés à ce que l'on puisse retrouver son corps au plus vite[7]. Malgré tout, recueilli par le fil d'un berger, il fini par atteindre un village argentin de la région de San Carlos, une semaine après son accident[5]. L'exploit que les habitants des vallées résument parfaitement « Es imposible », construit la légende de cet homme discret au milieu des grands noms de l'Aéropostale. À Antoine de Saint-Exupéry, venu le rechercher, il déclare « ce que j'ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l'aurait fait »[8].

Disparition de Mermoz[modifier | modifier le code]

Le 7 décembre 1936, c'est lui qui est le chef de base de l'hydrobase de Dakar quand s'envole, pour la dernière fois, Jean Mermoz et tout l'équipage de la Croix du Sud, avant qu'il ne disparaîsse dans les eaux de l'Atlantique Sud. Pendant des heures, il survolera ensuite l'Océan, à la recherche d'éventuels survivants. C'est lui qui annoncera à « Mangaby », la mère de Mermoz, que jamais plus elle ne reverra son fil.

Dernier vol[modifier | modifier le code]

Le , alors que, en compagnie de Marcel Reine, autre pionnier de l'Aéropostale, il vole vers la Syrie afin d'y amener Jean Chiappe, promu nouveau haut-commissaire de France au Levant, son quadrimoteur Farman Le Verrier, aux couleurs d'Air France est abattu par erreur par un chasseur italien, au-dessus de la Méditerranée, au large de l'Île de Malte, les Italiens étant alors engagés dans une bataille aéronavale contre les Britanniques[9]. Les dernières paroles prononcées par le radio ont été, « sommes mitraillés ! Avion en feu ! SOS ! SOS !...» La thèse que l'avion ait été abattu par les Britanniques est toujours discutée aujourd'hui[10], Chiappe pouvant avoir représenté une menace pour les intérêts britanniques au Proche-Orient[10], Pierre Laval, alors vice-président du Conseil, avait protesté auprès des Britanniques qu'il accusait, comme certains journaux italiens, d'avoir abattu l'appareil[10].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Il obtient la légion d'honneur à 25 ans pour avoir sauvé plusieurs pilotes des mains des Maures alors qu'il était responsable de la ligne Casablanca-Dakar.

Il remporte l'épreuve Military Zenith le .

Il est lauréat du Prix Henri Deutsch de la Meurthe de l'Académie des sports en 1938, récompensant un fait sportif pouvant entraîner un progrès matériel, scientifique ou moral pour l’humanité.

Il obtient le Ruban Bleu, du record de la traversée de l'Atlantique, aux commandes du Latécoère 521 Lieutenant de Vaisseau Paris, le 14 juillet 1939

En décembre 1998, une plaque commémorative est apposée sur les lieux de son atterrissage forcé, sur une des rives de la Laguna del Diamante par une expédition venue du Chili, parrainée par l'Ambassadeur de France à Santiago, Jean-Michel Gaussot.

Marc Turrel, Christian Fedabeille. Expédition à la Laguna del Diamante (Argentine). Pose de la plaque commémorative Henri Guillaumet (1998). La promotion 1989 de l'École militaire de l'Air à Salon de Provence porte le nom de son parrain : Promotion lieutenant Henri Guillaumet.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Depuis 1996, le Futuroscope lui rend hommage dans un film en IMAX 3D, produit par Jean-Jacques Annaud : Guillaumet, les ailes du courage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un monument lui est dédié et un musée Guillaumet. Sur sa maison natale une plaque a été apposée.
  2. « René Weiser, Léon Challe et les records de distance », ICARE, no 180,‎
  3. Ils sont conservés sous la cote 20160286/90 à 20160286/93
  4. Photo de l'accident de Guillaumet dans les Andes Aero-mondo.fr
  5. a et b Comment j'ai sauvé l'as de l'aéropostale… » - La Dépêche, le
  6. « Mais je me disais : Ma femme, si elle croit que je vis, croit que je marche. Les camarades croient que je marche. Ils ont tous confiance en moi. Et je suis un salaud si je ne marche pas. » Guillaumet cité dans par de Saint-Exupéry 1999, p. 164.
  7. « Je pensais à ma femme. Ma police d'assurance lui épargnerait la misère. Oui mais l'assurance… » La mort légale d'un disparu étant décalée de quatre ans avant de pouvoir toucher la prime, Guillaumet, alors au bout de ses forces, allongé dans le froid et la neige à 4 000 m, entrevoit que l'on ne pourrait pas retrouver son corps. Voyant un rocher à 50 mètres : « J'ai pensé : si je me relève, je pourrai peut-être l'atteindre. Et si je cale mon corps contre la pierre, l'été venu on le retrouvera. », Guillaumet cité de Saint-Exupéry 1999, p. 165.
  8. de Saint-Exupéry 1999, p. 161 et 165.
  9. André Kaspi, La Deuxième guerre mondiale : chronologie commentée, Bruxelles, Ed. Complexe, (ISBN 2-870-27591-9), p. 159.
  10. a, b et c Anne-Lucie Chaigne-Oudin, La France dans les jeux d'influences en Syrie et au Liban : 1940-1946, Paris, L'Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », 260 p. (ISBN 2296073646), p. 21 à 22

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]