Henri Guillaumet

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Henri Guillaumet
Brevet de pilote Guillaumet.jpg

Brevet de pilote de la Fédération internationale aéronautique d'Henri Guillaumet.

Biographie
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Compagnie Latécoère - Compagnie Générale Aéropostale - Air France

Henri Guillaumet, né le à Bouy[1], près de Châlons-en-Champagne et mort le en Méditerranée, est un aviateur français, pilote des Lignes Latécoère, puis Aéropostale et Air France et fait partie des plus grands pilotes de l'aviation française. En Espagne, au-dessus du Sahara Occidental, dans les Andes, par-dessus l'Atlantique-Sud, puis l'Atlantique-Nord, il contribua à la gloire de la Ligne Aéropostale ainsi qu'à l'ouverture de nombreuses routes commerciales françaises.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il eut trois frères, René, André et Pierre, ce dernier décédant en bas âge. Sa mère, très affectée par cet événement, disparaîtra à son tour peu de temps plus tard, laissant seul leur père s'occuper d'eux, jusqu'à sa propre mort, en 1918. Habitant près du Camp de Châlons, Henri Guillaumet assiste à 6 ans à un raid de Henri Farman, qui relie Mourmelon à Reims, puis il effectue ensuite son baptême de l'air à l'âge de 14 ans, avec un officier de reconnaissance, sur un avion Voisin. Il obtient ensuite une bourse afin d'incorporé l'école de pilotage de Charles Nungesser, célèbre as de la première guerre mondiale et candidat à la transatlantique, à Orly et il y obtient son brevet de pilote le 15 octobre 1921.

Service militaire[modifier | modifier le code]

Il devance ensuite l'appel sous les drapeaux, en contractant un engament de 3 ans, en février 1922, d'abord au Centre d'Instruction Militaire d'Istres, avant d'être affecté au 38e régiment de chasse de Thionville, dans la 8e Escadrille, sous les ordres du Lieutenant Léon Challe. Il y rencontre la fine fleur des pilotes[2] Florentin Bonnet, René Weiser ou encore Jean Mermoz, ce dernier de retour d'une campagne militaire en Syrie. Sous l'uniforme, il remporte, en 1923, le concours de tir aérien à Cazaux, puis, après avoir renouvelé son engagement militaire, d'une année, le 15 juin 1925, il gagne la célèbre course Military Zenith, réservée aux pilotes militaires, sur les deux boucles du circuit ; Villacoublay, Metz, Strasbourg, Dijon, Lyon, Châteauroux, Tours et retour, soit 2810 kilomètres à effectuer dans la même journée, entre le 15 juin et le 14 de l'année suivante, avec une interruption, entre le 15 octobre et le 15 mars. Aux commandes d'un avion Nieuport-Delage 29, sportivement prêté par le Lieutenant Challe, pourtant titulaire du meilleur temps, la veille de la fin de la compétition, Guillaumet, jusque là Héro malchanceux de l'épreuve, réussit l'exploit de remporter la victoire lors du dernier jour autorisé, en devançant son supérieur de 10 minutes, avec une moyenne de 187,587 km/h, sur l'ensemble du parcours. C'est peu de temps ensuite, lors d'une permission, en août 1925, qu'il retrouve par hasard dans un café parisien, Jean Mermoz,démobilisé depuis plus d'un an, que ce dernier l'invite à le rejoindre dans l'entreprise Latécoère, future Aéropostale.

Ligne Latécoère puis Aéropostale[modifier | modifier le code]

Une fois démobilisé, Henri rejoint donc à Toulouse, la Compagnie Latécoère, le 13 février 1926. Sur le terrain de Montaudran, il commence aussitôt, comme c'est la règle avec le directeur Didier Daurat, par un stage aux ateliers afin de parfaire ses connaissances en mécanique. Il est ensuite assigné dans un premier temps sur la ligne du courrier, Toulouse-Barcelone-Alicante, puis Casablanca-Dakar. Le 14 Octobre 1926, il fait la connaissance de Antoine de Saint-Exupéry, nouvellement embauché dans la Compagnie et qu'il initiera ensuite, lors de son premier courrier, devenant par la même occasion, son indéfectible ami. En mars 1927, alors en poste sur la ligne africaine, Casablanca-Dakar, il participe avec Marcel Reine, Jean Mermoz et Léon Antoine, aux recherches qui permettent de libérer des aviateurs uruguayens prisonniers des Maures, ce qui leur vaudra les honneurs du monde entier. En 1928, il effectue un voyage de reconnaissance entre Saint-Louis du Sénégal et Douala, puis de Saint-Louis du Sénégal à Brazzaville, où il vole 6000 km au-dessus de la forêt équatoriale (juillet). Le 9 Juin 1929, il embarque à Marseille pour rejoindre Jean Mermoz à Rio de Janeiro et le 14 Juillet suivant, il débute sur le réseau de l'Amérique du Sud et inaugure bientôt la ligne régulière Argentine-Chili au-dessus de la Cordillière des Andes. Il en profite pour se marier avec Noëlle, rencontrée à Dakar avant sa traversée. Le 12 Mai 1930, il participe à la liaison 100 % aérienne de l'Atlantique Sud, en prenant le relais de Mermoz, sur le tronçon Buenos-Aires-Santiago du Chili.

En Août, et après son incroyable aventures dans les Andes, Mermoz le rappelle en France afin qu'il s'y entraîne sur hydravion. Il y obtient son brevet le 6 Décembre alors que la Compagnie Aéropostale commence à rencontrer de nombreux problèmes financiers. Henri demande alors à repartir en Amérique du Sud et s'y installe avec sa femme, au pied de la Cordillère dont il effectuera 393 fois la traversée, ce qui lui vaudra le surnom de « l'ange de la cordillère ».

Ses carnets de vol, couvrant la période de 1926 à 1940, sont conservés aux Archives nationales[3].

Survie légendaire[modifier | modifier le code]

Le vendredi c'est l'hiver dans l'hémisphère sud, et en traversant les Andes pour la 92e fois pour l'Aéropostale une tempête de neige oblige Henri à se poser aux abords de la Laguna Diamante[4] après avoir cherché un passage dans la montagne pendant 2 heures, jusqu'à la panne d'essence. Mais durant l'atterrissage il effectue un "cheval de bois", plantant le nez de son Potez 25, immatriculé F-AJDZ, dans la neige . Il passe les deux premières nuits dans la carlingue de son avion retourné, puis, au matin il décide de partir, après avoir inscrit sur la carlingue de son avion ; "N'ayant pas été repéré, je pars vers l'est. Adieu à tous, ma dernière pensée sera pour ma femme"[5]. Puis il se met à marcher sans jamais s'endormir, sachant que le sommeil risquait d'entraîner sa mort "Après deux, trois, quatre jours de marche, on ne souhaite plus que le sommeil. Je le souhaitais. Mais je me disais ; Ma femme, si elle croit que je vis, croit que je marche. Les camarades croient que je marche. Ils ont tous confiance en moi. Et je suis un salaud si je ne marche pas."[6]. Il ne le savait pas, mais il n'était qu'à un jour et demi de marche d'un village argentin, or il choisit la mauvaise direction, ce qui explique qu'il dut marcher pendant cinq jours et quatre nuits avant de rencontrer un adolescent argentin de 14 ans, Juan Gualberto Garcia, et sa mère qui le recueillent près d'un ruisseau [5],[7][1]. Les secours sont prévenus par le père de l'adolescent et Guillaumet est alors conduit au village de San Carlos, où il est récupéré par son ami, Antoine de St-Exupéry [8]. L'exploit que les habitants des vallées résument parfaitement ; « Es imposible », construit la légende de cet homme discret au milieu des grands noms de l'Aéropostale. À Antoine de Saint-Exupéry, venu le rechercher, il déclare, « Ce que j'ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l'aurait fait »[9]. L'écrivain lui dédiera alors son livre à succès, "Terre des Hommes", dans lequel il relate l'aventure de son ami. Contre toute attente, Guillaumet effectuera malgré tout, 393 traversées de la Cordillère[5]. Et lorsque, lors de sa tentative de raid longue distance, Paris-Saigon, St Exupéry s'écrasera dans le désert libyen, en compagnie de son mécanicien André Prévot, il marchera dans la même direction septentrionale que l'avait fait Guillaumet dans la montagne.

L'Atlantique-Sud[modifier | modifier le code]

Rappelé en France le 25 Septembre 1934, au sein de la nouvelle compagnie Air France, il participe avec Mermoz à sa première traversée de l'Atlantique-Sud, à bord de l'avion trimoteur Couzinet Arc-en-Ciel et effectuera au total 45 fois la traversée de l'océan, sur différents types d'avions et hydravions.

Disparition de Mermoz[modifier | modifier le code]

Le 7 décembre 1936, c'est lui qui est le chef de l'hydrobase de Dakar quand s'envole, pour la dernière fois, Jean Mermoz et tout l'équipage de l'hydravion Latécoère 300, la Croix du Sud, avant qu'il ne disparaisse dans les eaux de l'Atlantique Sud. Pendant des jours, il survolera ensuite l'Océan, à la recherche d'éventuels survivants et c'est lui qui annoncera à « Mangaby », la mère de Mermoz, que jamais plus elle ne reverra son fils.

L'Atlantique-Nord[modifier | modifier le code]

En 1938, il s'attaque à l'Atlantique-Nord et le 23 août, rallie Biscarosse à Port Washington (USA), aux commandes de l'hydravion géant Latécoère 531 « Lieutenant de vaisseau Paris ». L'année suivante, le 15 juillet 1939, pour sa 13ème traversée de l'Atlantique-Nord, il rallie sans escale, New-York à Biscarosse, après 28 heures de vol, décrochant ainsi le Ruban Bleu du record de la traversée, alors que la France fête le 150e anniversaire de la prise de la Bastille.

Dernier vol[modifier | modifier le code]

Le , il décolle de Marseille vers la Syrie afin d'y convoyer Jean Chiappe, promu nouveau haut-commissaire de France au Levant. Son équipage est composé de, Marcel Reine, autre pionnier de l'Aéropostale, Le Duff, Frankes et de Montaubin, avec le Capitaine Nicolas comme second passager. Et alors que leur quadrimoteur Farman civil, Le Verrier, aux couleurs d'Air France, très facilement identifiable, vole au-dessus de la Méditerranée, au large de l'Île de Malte, ils sont abattus par erreur par un chasseur italien, engagé en plein coeur d'une bataille aéronavale contre les Britanniques[10]. Les dernières paroles prononcées par l'opérateur radio ont été, « sommes mitraillés ! Avion en feu ! SOS ! SOS !...» La thèse que l'avion ait été abattu par les Britanniques est toujours discutée aujourd'hui[11], Chiappe pouvant avoir représenté une menace pour les intérêts britanniques au Proche-Orient[11]. Pierre Laval, alors vice-président du Conseil, avait protesté auprès des Britanniques qu'il accusait, comme certains journaux italiens, d'avoir abattu l'appareil[11].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le 15 juin 1925, il remporte l'épreuve Military Zenith, réservée aux seuls pilotes militaires.

En 1927, à 25 ans, il obtient la Légion d'Honneur pour avoir sauvé plusieurs pilotes des mains des Maures, alors qu'il était responsable de la ligne Casablanca-Dakar.

En 1938, il est lauréat du Prix Henri Deutsch de la Meurthe, de l'Académie des sports, récompensant un fait sportif pouvant entraîner un progrès matériel, scientifique ou moral, pour l’humanité.

Le 14 juillet 1939, il obtient le Ruban Bleu, du record de la traversée de l'Atlantique, aux commandes du Latécoère 521 Lieutenant de Vaisseau Paris.

En décembre 1998, une plaque commémorative est apposée sur les lieux de son atterrissage forcé dans les Andes, sur une des rives de la Laguna del Diamante, par une expédition venue du Chili et parrainée par l'Ambassadeur de France à Santiago, Jean-Michel Gaussot.

EN 2001, Juan Gualberto Garcia, le jeune berger qui secouru Guillaumet dans les Andes, le 19 juin 1930, fut récompensé de la Légion d'Honneur, des mains du président de la République Française, Jacques Chirac. Il est décédé le 14 décembre 2011, à l'âge de 95 ans.

Marc Turrel, Christian Fedabeille. Expédition à la Laguna del Diamante (Argentine). Pose de la plaque commémorative Henri Guillaumet (1998). La promotion 1989 de l'École militaire de l'Air à Salon de Provence porte le nom de son parrain : Promotion lieutenant Henri Guillaumet.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Son personnage apparait dans la mini-série, L'Aéropostale, courrier du ciel , de Gilles Grangier, diffusée sur FR3, entre décembre 1980 et janvier 1981, sous les traits du comédien, Benoist Brione.

Dans le téléfilm de Robert Enrico, réalisé en 1994, Saint-Exupéry : La Dernière Mission, son rôle est joué par le comédien belge, Jean-Paul Comart .

Depuis 1996, le Futuroscope lui rend hommage dans un film en IMAX 3D, produit et réalisé par Jean-Jacques Annaud : Guillaumet, les ailes du courage. on rôle y est tenu par l'acteur américain, Craig Sheffer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un monument lui est dédié et un musée Guillaumet. Sur sa maison natale une plaque a été apposée.
  2. « René Weiser, Léon Challe et les records de distance », ICARE, no 180,‎
  3. Ils portent les cotes 20160286/90 à 20160286/93 (voir les reproductions dans la salle des inventaires virtuelle).
  4. Photo de l'accident de Guillaumet dans les Andes Aero-mondo.fr
  5. a, b et c « L'accident de Guillaumet dans les Andes - Aéropostale en Argentine », Argentina Excepcion,‎ (lire en ligne)
  6. « Noëlle Guillaumet raconte... », sur chezpeps.free.fr (consulté le 7 mars 2017)
  7. [http://postale.free.fr/aeropostale/guillaumet/guillaumet/MEMOIRES-DE-L-AMI-DE-BOUY.html « MEMOIRES DE L�AMI DE BOUY »], sur postale.free.fr (consulté le 7 mars 2017)
  8. Comment j'ai sauvé l'as de l'aéropostale… » - La Dépêche, le
  9. de Saint-Exupéry 1999, p. 161 et 165.
  10. André Kaspi, La Deuxième guerre mondiale : chronologie commentée, Bruxelles, Ed. Complexe, (ISBN 2-870-27591-9), p. 159.
  11. a, b et c Anne-Lucie Chaigne-Oudin, La France dans les jeux d'influences en Syrie et au Liban : 1940-1946, Paris, L'Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », 260 p. (ISBN 2296073646), p. 21 à 22