Aerospatiale

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Ancien siège, Boulevard de Montmorency, 37[1]

Aerospatiale sni, anciennement Société nationale industrielle aérospatiale (SNIAS) résulte de la fusion, le , des deux sociétés issues elles-mêmes des fusions successives des entreprises aéronautiques historiques françaises : Nord-Aviation et Sud-Aviation et de la jeune Société pour l'étude et la réalisation d'engins balistiques (SEREB) créée pour concevoir et construire les vecteurs aériens, terrestres et sous-marins de la force de dissuasion nucléaire.

Son nom a été simplifié en « aerospatiale » en , lors de la présidence de Jacques Mitterrand[2] et c'est sous ce nom qu'elle a acquis la plus grande notoriété internationale.

Historique[modifier | modifier le code]

Aerospatiale est le premier constructeur aéronautique généraliste européen et le premier exportateur dans ce domaine, en initiant des coopérations puis des partenariats avec les autres grands constructeurs aéronautiques européens BAE, DASA, Alenia etc. : Concorde, Airbus, Ariane sont les plus connus, mais il faut citer aussi Transall (avec MBB), la famille d'hélicoptères Gazelle, Lynx, Puma (avec Westland), ATR (avec Alenia), NHIndustries pour la construction du NH90 (avec Agusta, DASA et Fokker ), l'EC665 Tigre (avec DASA).

Aerospatiale a également conçu et produit les missiles balistiques de la force de frappe stratégique française. L'A380, l'A400M ont été de même conçus par aerospatiale et industrialisés ensuite dans le cadre d'EADS.

Dans le domaine de l'armement, aerospatiale a créé les missiles européens les plus connus dans le monde, la famille Exocet (Air Sol, Sol Mer et Mer Mer).

Le seul échec rencontré vint de l'opposition contreproductive de la Commission Européenne au rachat de l'avionneur De Havilland dans le but de créer un pôle européen d'avion de transports régionaux en le fusionnant avec ATR et en fédérant les constructeurs aéronautiques européens impliqués. A la suite de ce refus inconsidéré, le groupe canadien Bombardier put racheter De Havilland et devint ainsi avec le Brésilien Embraer l'un des nouveaux grands constructeurs aéronautiques mondiaux, tandis que l'industrie européenne du transport régional jusque-là dominante abandonnait ses activités dans ce domaine et fermait ses usines : fermetures de Fokker, d'Avro, de Saab.

A la demande de son actionnaire, l'Etat Français, le groupe généraliste aéronautique et spatial aerospatiale fusionne (en étant privatisé) le avec l'entreprise spécialiste de taille intermédiaire Matra Hautes Technologies (MHT) - filiale de Lagardère, également propriétaire d'un groupe de presse influent - spécialisée dans les missiles tactiques et les satellites, pour former aerospatiale-Matra [3]. Pour donner son accord à la fusion, la Commission Européenne exige cependant que la brillante division Satellites d'aerospatiale ne fusionne pas avec l'activité de Matra dans ce domaine pour ne pas créer un pôle européen trop puissant. Elle doit être détachée et cédée à Alcatel pour créer la division spatiale : Alcatel Space, aujourd'hui revendue à Thales et à Alenia : Thales Alenia Space. De ce fait, la fusion n'apportera en définitive qu'une concentration de l'activité missile au sein de la filiale MBDA, qui aurait pu être obtenue par une simple absorption entre divisions des deux entités mères proposée au départ par Lagardère.

Le , la nouvelle entité fusionne à son tour avec l'allemand DASA et l'espagnol CASA pour former EADS[4]. On sait aujourd'hui que cette nouvelle fusion avait été préparée secrétement aux USA par les équipes de Lagardère et de DASA avec l'aval du gouvernement français pendant les road shows de la fusion aerospatiale-Matra qui n'en était que la première étape. EADS devenu aujourd'hui Airbus Group est l'aboutissement logique des partenariats européens voulus et noués par le groupe aerospatiale, qui en fût toujours l'instigateur et "le pivot" (Louis Gallois). Mais les dirigeants d'aerospatiale évincés n'auront pu paradoxalement les conduire jusqu'à leur terme, et ce sont ceux de Lagardère devenus ceux d'aerospatiale-matra qui l'ont fait à leurs place, dans des conditions qui se sont révélées très défavorables pour la partie française, la fusion aerospatiale-matra imposée par le gouvernement français au profit du groupe Lagardère, sorti dès 2012 de l'actionnariat d'Airbus Group avec une plus value de 1,8 Md €, ayant abouti à la sous-estimation des actifs d'aerospatiale, ce qui avantagera la valorisation de DASA et par suite le rôle de son management.

Identité visuelle (logo)[modifier | modifier le code]

Produits[modifier | modifier le code]

Avions[modifier | modifier le code]

Hélicoptères[modifier | modifier le code]

Hélicoptère AS 350 BA

Missiles tactiques et nucléaires[modifier | modifier le code]

Missile Pluton, vecteur nucléaire de l'armée de terre française

Satellites et Lanceurs ou Missiles Balistiques[modifier | modifier le code]

Maquette d’Ariane 5

Direction[modifier | modifier le code]

Les présidents-directeurs généraux successifs sont :

Revue aerospatiale[modifier | modifier le code]

La Direction de la Communication a développé une large communication sur l'aéronautique et le spatial dans les medias, et a diffusé des reportages sur l'activité du groupe et de ses clients. Dans ce cadre, elle a créé, à cet effet, dès janvier 1970, une revue mensuelle éditée par PEMA-2B, intitulée aerospatiale. Elle est devenue aujourd'hui UP Airbus Group.

Article détaillé : Aerospatiale (revue).

Actions éducatives[modifier | modifier le code]

Des actions éducatives ont été entreprises vers la jeunesse, dans divers établissements de la société. Ce fut le cas, en particulier à Cannes, en supportant le Space Camp de Patrick Baudry. Puis, après sa fermeture en 1993, en signant une convention de partenariat avec de nombreux autres partenaires nationaux et européens, pour la création de la structure Classes Azur Astro-Espace de l'Association PARSEC créée par Jean-Louis Heudier.

Controverses[modifier | modifier le code]

La firme est suspectée d'avoir fait livrer des hélicoptères en Afrique du Sud en violation de l'embargo en 1988 du temps de l'apartheid, via des sociétés écran au Liberia et au Panama, l'intermédiaire Jorge Pinhol ayant porté plainte pour des commissions non versées[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Offices and facilities" (Archive). Aerospatiale. Consulté le 31 août 2011. "HEADQUARTERS PARIS Aerospatiale 37, boulevard de Montmorency - 75781 Paris cedex 16 "
  2. Voir la photo d'un bulletin de paie dans la galerie de cette page ainsi que La discussion
  3. Aérospatiale-Matra: feu vert de Bruxelles, Libération, 30 avril 1999
  4. Aerospatiale-Matra et Dasa : la naissance d'un géant, La Dépêche, 15 octobre 1999
  5. Voir Yves Michot sur CASPWiki
  6. Aerospatiale aurait fourni du matériel militaire à l'Afrique du Sud pendant l'apartheid, Jean-Pierre Stroobants, Le Monde, 19 avril 2008

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Carlier, Gaëtan Sciacco, La passion de la conquête : d'Aerospatiale à EADS 1970-2000, Éditions du Chêne, Paris, 2001 (ISBN 2-84227-347-0[à vérifier : ISBN invalide])
    Ouvrage de référence.
  • (fr) (en) Gérard Maoui (Socata), (trad. Rudolf Montag), Aerospatiale : la passion de la conquête, Le cherche midi éd., 185 p, ill. en noir et en couleur, Paris, 1989 (ISBN 2-86274-150-7)
  • Gilles Patri, « Aerospatiale 1970... 1990, un héritage hors du commun. Quatre présidences : Henri Ziegler, Charles Cristofini, Jacques Mitterrand, Henri Martre. », dans Revue aerospatiale, no  hors série 20 ans d'Aerospatiale, janvier 1990
  • Anne Partiot, « Aerospatiale - Près de trente ans d'alliances... Un formidable brassage de compétences », dans Revue aerospatiale, no  hors série 20 ans d'Aerospatiale, janvier 1990
  • Claude Gormand, L'industrie aéronautique et spatiale : logique économique, logique de marché, L'Harmattan éditeur, 1993, 236 pages, (ISBN 2-7384-2332-9), aperçu

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]