Groupe SEB

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Groupe SEB
Image illustrative de l'article Groupe SEB

Création 1857 à Selongey
Fondateurs Antoine et Henri Lescure
Forme juridique Société anonyme
Action Euronext : SK
Siège social Écully
Drapeau de France France
Direction Thierry de La Tour d'Artaise
Activité Petit électroménager
Filiales All-Clad, Lagostina, Tefal, Calor, Moulinex, Rowenta, Krups, Samurai, Supor, Arno, Panex, WMF Group
Effectif en augmentation 32 871 collaborateurs (2016)[1]
Site web groupeseb.com

Capitalisation 6,231 milliards € (04/03/2017)
Chiffre d’affaires en augmentation 5,00 milliards € (2016)[1]
+6,1%
Résultat net en augmentation 259 millions € (2016)[1]
+26,0%

Le groupe SEB est une société française, leader mondial dans le domaine du petit équipement domestique[2][réf. insuffisante]. SEB est le sigle de Société d'emboutissage de Bourgogne. En 2016, le groupe SEB a réalisé un chiffre d’affaires de 5 milliards d'euros. Il emploie près de 33 000 personnes dans 63 pays.

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire ancienne[modifier | modifier le code]

En 1857, Antoine Lescure, rétameur ouvre un atelier de ferblanterie à Selongey (Côte-d’Or). Repris par son fils Jean Lescure en 1865 celui-ci abandonne le commerce pour se consacrer exclusivement à la fabrication. La manufacture Jean-Lescure va devenir, grâce à la mécanisation de la production, une des principales ferblanteries du pays[3].

Avec la fin de la grande guerre le monde évolue et voit se développer la production d’objets manufacturés, ce qui profitera au développement de SEB. Les ménages voient apparaître le progrès dans leur foyer qui symbolise la libération des corvées ménagères. Au début du XXe siècle, plusieurs entrepreneurs, dont Robert Weintraud fondateur de la marque Rowenta, vont commercialiser des appareils domestiques. À la même période, débute à Lyon la production de fers à repasser électriques qui aboutira à la création de la société Calor en 1917. Cependant le marché reste très restreint, la maison moderne étant un privilège réservé aux milieux urbains fortunés. Les arrière-petits-fils d’Antoine Lescure (Jean, Frédéric et Henri) relancent la société dans les années 1930 et se concentrent sur un produit phare, le « passe-lait ». Pratique et solide, il rencontre un succès immédiat qui permet de moderniser les infrastructures de production.

À partir de ce moment l’entreprise va connaître une grande croissance basée sur la fabrication du produit en grande série pour diminuer son coût de revient tout en assurant au consommateur un produit plus solide, plus maniable, plus sûr et plus simple. Fort de son savoir faire dans la technique de l’emboutissage l’entreprise adopte en 1944 la dénomination de « Société d’emboutissage de Bourgogne » ou SEB. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les équipements ménagers se démocratisent et SEB s’engage dans la mutation de la cuisine. Son produit emblématique, la Super-Cocotte, lancée en 1953, fait rapidement exploser son chiffre d’affaires. Ce succès permettra à SEB d’accélérer son développement fondé sur l’innovation, sur les acquisitions et sur les méthodes du marketing moderne qui prend son essor dans les années 1960.

Croissance exogène[modifier | modifier le code]

SEB entreprend d’abord le rachat en 1968 de Tefal, spécialisée dans les articles culinaires anti-adhésifs, et en 1972 celui de Calor, spécialisée dans les fers à repasser, le sèche-cheveux et les radiateurs électriques d'appoint[4]. En 1973 la société holding SEB S.A est créée et le groupe est organisé, en 1975 l'action SEB est introduite à la Bourse de Paris[4]. En 1976, le siège social du groupe est transféré de Selongey à Écully[5]. Mais c’est en 1988, avec l’acquisition de Rowenta, qui fabrique notamment des fers à repasser, des cafetières électriques, des grille-pain et des aspirateurs, que SEB prend véritablement une dimension internationale[4] et devient le leader européen du petit équipement domestique. Son expansion géographique, initiée également dès les années 1970 avec des ouvertures de filiales au Canada, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et au Japon, prend une dimension véritablement mondiale avec le rachat pour 220 millions de dollars d’Arno (pt), leader du petit électroménager au Brésil en 1997[6], et celui de Volmo, leader en Colombie et au Venezuela, en 1998[4]. En 2001, le groupe SEB rachète une partie des activités de son concurrent historique Moulinex/Krups, en redressement judiciaire, complétant ainsi ses positions sur les marchés matures[7],[8].

La décennie suivante est ensuite marquée par le développement du groupe dans les pays émergents, notamment par l’ouverture de filiales en Thaïlande, au Pérou, en Malaisie, à Taïwan, etc. En 2004, Seb acquiert pour 250 millions de dollars All-Clad, filiale américaine de Waterford Wedgwood, qui fabrique des articles culinaires haut de gamme[9],[10]. Puis en 2005, il acquiert Lagostina (qui comprend également Zyliss), leader italien des articles culinaires haut de gamme en inox[11], SEB fait également l'acquisition de Panex, leader brésilien des articles culinaires, présent essentiellement dans le milieu de gamme[12]. En 2006, Seb Acquiert l'entreprise américaine Mirro Wear Ever pour 28 millions d'euros[13].

Le groupe prend entre 2006 et 2007 une prise de participation majoritaire dans la société chinoise Supor, cotée à la bourse de Shanghai. C’est la 1re fois qu’une société étrangère prend le contrôle d’une société cotée chinoise. Cette société spécialisée dans les articles de cuisine et dans le petit électro-ménager, emploie plus de 4 000 personnes et contribuerait aux chiffres d'affaires dès l'automne de cette même année. L'opération se déroule en deux phases, 30 % en août 2007 pour 115 millions d'euros et 21 % prochainement grâce à une OPA pour 335 millions. Selon la direction cette acquisition permettra de « rester compétitif sur les entrées de gamme » et d'approvisionner directement les marchés asiatiques et américains[14],[15],[16].

En 2010, Seb acquiert Imusa, leader colombien des articles culinaires[17]. En 2011, Seb acquiert 65 % d'Asia Fan, principal fabricant de ventilateurs au Viêt Nam, qui emploie 700 personnes, pour un montant inconnu[18], et prend une participation de 55 % dans Maharaja Whiteline, fabricant de petits électroménagers en Inde[19]. La même année, Seb renforce de sa participation au capital de Supor à 71,3 %[20],[21]. En mai 2014, Seb devient l'unique actionnaire de Maharaja Whiteline en acquérant les 45 % de participations qu'il ne détenait pas dans le fabricant indien[22]. En juillet 2015, Seb acquiert OBH Nordica, une entreprise suédoise spécialisée dans le petit électroménager, pour un montant inconnu[23]. Le groupe connaît une croissance fulgurante, doublant de taille en quelques années[24], grâce à des innovations, comme la friteuse Actifry, et la poursuite d'acquisitions. En mai 2016, Seb acquiert EMSA, une société allemande spécialisée dans les carafes, les bouteilles isothermes, les ustensiles de cuisine et les boites de conservation[25]. Le même mois, Seb annonce l'acquisition pour 1,02 milliard d'euros hors reprise de dette et 1,6 milliard d'euros dette incluse de WMF Group, entreprise allemande présente dans le petit électroménager mais surtout spécialisée dans les machines à café[26],[27]. Il s'agit de la plus grosse acquisition de toute l'histoire du groupe[28]. En juin 2017, Seb inaugure son nouveau siège social à Écully, regroupant plusieurs sites de l'agglomération lyonnaise ainsi qu'une partie des effectifs de Selongey[29].

Activité[modifier | modifier le code]

Le groupe a réalisé 4,253 milliards d'euros de chiffre d’affaires en 2014, en croissance de 2,2 % par rapport à 2013. Le résultat net pour la même année est de 170 millions[30]. La firme emploie 24 950 salariés au 31 décembre 2013[31]. SEB lance plus de 250 nouveaux produits par an[32] et emploie quelque 1300 personnes en innovation incluant notamment des designers.

Implantation[modifier | modifier le code]

Implantations industrielles du groupe SEB dans le monde

Présent dans plus de 150 pays dans le monde, le groupe réalise plus de 45 % de ses ventes dans les pays émergents. En 2012, 18 % des ventes sont réalisées en Europe centrale, Russie et autres pays, 24 % en Asie-Pacifique, 11 % en Amérique du Sud, 17 % en France, 19 % en Europe occidentale et 11 % en Amérique du Nord[31]. Le groupe SEB dispose de 29 sites industriels dans le monde : 12 en Europe dont 10 en France, 1 en Allemagne, 1 en Italie, 1 aux États-Unis, 3 au Brésil, 3 en Colombie, 5 en Chine, 3 au Viêt Nam, 1 en Russie et 1 en Inde[33].

Produits fabriqués[modifier | modifier le code]

Yaourtière de marque SEB pour fabriquer des yaourts à la maison

Marques[modifier | modifier le code]

Le groupe SEB possède plus de 20 marques à forte notoriété nationale ou mondiale. À l'échelle internationale, on peut citer Krups, Moulinex, SEB, Rowenta, Lagostina, All-Clad, WMF, Tefal ou encore Calor. En Amérique du Nord, les principales marques du groupe SEB sont : All-Clad, AirBake, Mirro, Regal, T-Fal, WearEver. Le groupe possède également un grand nombre de marques en Amérique du Sud avec : Samouraï, Arno, Panex, Rochedo, Clock, Penedo, Imusa. De plus, Seb possède les marques Supor en Chine, Maharaja Whiteline en Inde et Asia Fan au Viêt Nam[35].

Calor[modifier | modifier le code]

Calor est une société française, fondée en 1917 par Léo Trouilhet (ingénieur Arts & Métiers-Supélec), en lançant sur le marché le premier fer à repasser électrique européen[36]. Elle est basée à Lyon, dispose d'usines en Isère et emploie au total environ 1600 personnes en 2013. D'autres innovations sont apparues : le radiateur soufflant, le fer à repasser automatique par exemple. Elle a intégré le groupe SEB en 1972. En 2007, elle poursuit toujours son activité de fabrication de fer à repasser et de sèche-cheveux et a stoppé la commercialisation des grille-pain et des radiateurs.

Gouvernance et actionnariat[modifier | modifier le code]

Le président-directeur général du groupe est, depuis 2000, Thierry de La Tour d'Artaise.

Le groupe Seb est coté en Bourse à Paris depuis 1975. Le conseil d’administration du groupe est composé de 15 membres représentatifs de l’ensemble des actionnaires, dont 9 représentant le groupe fondateur qui, au 31 décembre 2012, détenait 43,43 % du capital et 59,30 % des droits de vote[37].

Répartition du capital au 31 décembre 2005
  • 43,24 % : groupe fondateur (familles Lescure, Boiteux, Girardot, Fèvre, Gairard...) au travers de Fédéractive, holding de contrôle de participation patrimoniale et ses adhérents pour 22,85 % et Venelle Investissement, holding familiale de contrôle et ses adhérents pour 20,38 %
  • 23,12 % : investisseurs institutionnels français
  • 13,51 % : actionnaires étrangers
  • 6,48 % : actionnaires individuels
  • 4,19 % : salariés
  • 4,41 % : autocontrôle
  • 5,05 % : FFP

Développement durable[modifier | modifier le code]

Poussé par la demande des clients soucieux de protéger l'environnement, le groupe SEB a décidé d'investir dans la réparabilité de tous ses produits. Contrairement à une politique d'obsolescence programmée qui serait censée générer davantage de ventes, Alain Pautrot, directeur de la satisfaction client et de l'après-vente du groupe, estime que « Chaque produit réparé c'est une vente qui ne va pas chez nos concurrents ». Tous les nouveaux produits doivent être conçus pour être réparables de façon simple. Pour cela, Seb stocke à Faucogney-et-la-Mer, en Franche-Comté, 6 millions de pièces détachées, destinées à réparer à prix acceptable — c'est-à-dire jusqu'à 30 % du prix de vente — les pannes de 97 % des produits avec une durée de vie d'une dizaine d'années. Cette politique permet de mieux connaître les parties défaillantes des produits, donc d'améliorer les fabrications futures, ce qui est un gage de qualité[38].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Chiffres clés | Portail du Groupe SEB », sur www.groupeseb.com (consulté le 5 mars 2017)
  2. « Identité | Portail du Groupe SEB », sur www.groupeseb.com (consulté le 5 mars 2017)
  3. Chroniques du bien vivre, éditions Public Histoire
  4. a, b, c et d « Quarante ans de croissance externe », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne).
  5. [https://www.societe.com/actualites/seb_transfere_des_emplois_de_dijon_a_lyon-15298.html Seb Transfère des emplois de Dijon à Lyon, Aglaë Derouen, Société, 15 février 2017
  6. « SEB va acheter le leader brésilien du petit électroménager », sur lesechos.fr, (consulté le 5 mars 2017).
  7. « Bercy autorise la reprisepartielle de Moulinex par SEB », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  8. Sylvie Andreau, « Comment Seb digère ses acquisitions », usinenouvelle.com/,‎ (lire en ligne)
  9. « SEB se renforce aux Etats-Unis avec l'acquisition d'All-Clad », sur lesechos.fr, (consulté le 5 mars 2017)
  10. « Seb renforce sa position sur le segment premium », lsa-conso.fr,‎ (lire en ligne)
  11. L'Usine Nouvelle, « Seb finalise l'acquisition de Lagostina - Economie », usinenouvelle.com/,‎ (lire en ligne)
  12. L'Usine Nouvelle, « Seb mijote son avenir au Brésil », usinenouvelle.com/,‎ (lire en ligne)
  13. « SEB rachète les actifs d'une société américaine », sur lesechos.fr, (consulté le 5 mars 2017)
  14. « SEB est enfin autorisé à lancer son OPA chinoise », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  15. « Rachat de Supor : Seb veut accélerer son développement en Asie », Challenges,‎ (lire en ligne)
  16. Hana Al-Hussain, « Seb à la sauce chinoise », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  17. Adrien Cahuzac, « Seb en pourparlers pour racheter Imusa en Colombie - Electroménager », usinenouvelle.com/,‎ (lire en ligne)
  18. SEB s'offre le premier fabricant vietnamien de ventilateurs, Les Échos, 16 mai 2011
  19. Adrien Cahuzac, « Seb rachèterait Maharaja Whiteline en Inde - Electroménager », usinenouvelle.com/,‎ (lire en ligne)
  20. « SEB : Seb autorisé à monter à 71,3 % dans le chinois Supor », sur zonebourse.com,
  21. « Seb va se renforcer dans le capital de sa filiale Supor », , Europe 1,‎ (lire en ligne)
  22. SEB contrôle Maharaja Whiteline, La Tribune, 13 mai 2014
  23. Jean-Noël Caussil, « Seb se renforce en Scandinavie », lsa-conso.fr,‎ (lire en ligne)
  24. Adrien Cahuzac, « Pourquoi Seb c'est bien », sur L'Usine nouvelle,
  25. « Seb se renforce en Allemagne avec le rachat de EMSA », Challenges,‎ (lire en ligne)
  26. Anne Drif et Dominique Chapuis, « Electroménager : SEB signe une acquisition historique », sur lesechos.fr, (consulté le 5 mars 2017)
  27. « Groupe SEB buys Germany's WMF for 1.02 bln euros », Reuters,‎ (lire en ligne)
  28. Adrien Cahuzac, « Les cinq raisons du rachat de WMF par le groupe Seb », sur usinenouvelle.com,
  29. Un campus paysager pour le siège mondial de Seb à Lyon, Vincent Charbonnier, Usine Nouvelle, 21 juin 2017
  30. « Seb publie des résultats en baisse pour 2012 », sur usinenouvelle.com,
  31. a et b « Chiffres clés | Portail du Groupe SEB », sur www.groupeseb.com (consulté le 5 mars 2017)
  32. « Seb : un anthropologue au service de l'innovation », LEntreprise.com,‎ (lire en ligne)
  33. Rapport annuel du groupe
  34. lefigaro.fr, « Voici les gagnants du Trophée des objets connectés », sur Le Figaro (consulté le 2 juin 2016)
  35. « SEB: "Notre entrée en Inde est un pas décisif" », sur Les Échos,
  36. site Calor
  37. À l'écoute du monde, construisons demain, rapport d'activité et de développement durable Groupe Seb
  38. Domitille Arrivet, « Seb va réparer tous ses produits », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)

Lien externe[modifier | modifier le code]

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