Albioma

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Albioma

Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Slogan Notre nature est pleine d'énergie
Siège social Drapeau de la France France Puteaux (Tour Opus 12, La Défense 9, 77 esplanade du Général de Gaulle - 92914 La Défense cedex)
Direction Jacques Pétry (Président du Conseil d'Administration)

Frédéric Moyne (Directeur Général)

Activité Production d'électricité
Effectif 460 collaborateurs (2015)
Site web http://www.albioma.com

Chiffre d’affaires 350 M (2015)

Albioma, producteur indépendant d'électricité d'origine renouvelable et partenaire efficacité énergétique de l'industrie du sucre et de l'éthanol.

Historique[modifier | modifier le code]

1982-1989 La période charbon[modifier | modifier le code]

À l’initiative des pouvoirs publics, dans le contexte économique né des chocs pétroliers, Sidec (Société Industrielle pour le Développement de l’Énergie Charbon) est créée par le groupe Charbonnages de France pour aider les industriels à réduire la part des hydrocarbures dans leurs sources d’énergie en recourant à d’autres combustibles et leur permettre de concentrer leurs investissements sur leur cœur de métier. Sidec propose ainsi d’investir directement dans des installations de production de vapeur vendue à ces industriels et développe en précurseur son modèle d’externalisation de leur fonction énergie. Sans investir, ces derniers bénéficient d’installations optimisées quant à leur rendement et à leurs performances environnementales. Le Groupe construit ses premières installations de cogé- nération (production combinée d’électricité et de vapeur) sur une trentaine de sites industriels relevant de secteurs diversifiés (agro-alimentaire, chimie, construction automobile, pneumatiques, papeterie).

1990-2003 Les débuts dans la cogénération bagasse/charbon[modifier | modifier le code]

En 1992, le Groupe met en service sa première centrale de cogénération à combustion hybride bagasse/charbon sur le site de Bois-Rouge à La Réunion (60 MW), une innovation mondiale. Cette centrale apporte à la sucrerie du site une solution d’amélioration de son approvisionnement en énergie en optimisant la valorisation de son principal sous-produit d’exploitation, la bagasse, et permet d’abaisser le coût de revient de l’électricité consommée à La Réunion. Cette réussite convainc Séchilienne, filiale d’Air Liquide, qui entre au capital de Sidec en 1994, puis acquiert progressivement la majorité jusqu’à la fusion des deux sociétés en 2001, qui donnera naissance à Séchilienne-Sidec. Elle est répliquée sur le site du Gol à La Réunion (64 MW) en 1995, sur le site du Moule en Guadeloupe (64 MW) en 1998 puis à l’Île Maurice sur le site de Bellevue (70 MW) en 2000.

2004-2011 Développement de l'activité biomasse thermique et entrée sur les marchés de l'éolien et du solaire[modifier | modifier le code]

En 2004, le Groupe fait son entrée sur le marché de l’Éolien en France métropolitaine en construisant une première installation de 37,5 MW sur le site de Haute-Lys dans le Nord-Pas-de-Calais, qui sera cédée en 2007. En 2005, Air Liquide cède sa participation au capital au profit de Financière Hélios, contrôlée par Apax Partners et Altamir Amboise (devenue Altamir). Le Groupe poursuit son développement dans la Biomasse Thermique et met successivement en service: • une deuxième tranche sur le site de Bois-Rouge (48 MW) en 2004 à La Réunion; • une nouvelle installation à Saint-Aubin (30 MW) en 2005 à l’Île Maurice; • une deuxième tranche sur le site du Gol (58 MW) en 2006 à La Réunion; • puis deux tranches de 45 MW chacune à Savannah en 2007 à l’Île Maurice. Le Groupe met également en service, en 2007, une turbine à combustion au fioul domestique sur le site du Galion en Martinique (40 MW), en vue de satisfaire les besoins de pointe et les besoins de secours du réseau. Le développement du parc photovoltaïque dans l’Océan Indien, aux Antilles, en Guyane Française, en France métropolitaine et en Europe du Sud (Espagne et Italie), et celui du parc éolien en France métropolitaine, portera la puissance installée à environ 70 MWc pour le Solaire et 56 MW pour l’Éolien. En 2011, le Groupe met en service la centrale thermique charbon Caraïbes Énergie (devenue Albioma Caraïbes) sur le site du Moule en Guadeloupe (38 MW).

2012-2016 Biomasse et solaire[modifier | modifier le code]

2012-2013 Une stratégie recentrée sur la valorisation à haute efficacité énergétique de la biomasse[modifier | modifier le code]

En mars 2012, l’Assemblée Générale des actionnaires approuve la nouvelle stratégie centrée sur la valorisation énergétique de la biomasse sous ses diverses formes, avec le Solaire en complément d’offre, et sur l’internationalisation de ses activités. Le Groupe fait, en mai 2012, l’acquisition de 60 % du capital de Methaneo, spécialiste des unités de méthanisation collective territoriale et agricole en France métropolitaine. Le premier projet, Tiper Méthanisation (2 MW), est inauguré en avril 2013. Le second, Cap’ter Méthanisation (0,5 MW), débute sa montée en charge au second semestre de la même année. Le troisième, Sain’ter Méthanisation (0,5 MW) est mis en service en 2015. Recentré sur son cœur de métier, le Groupe cède son activité Éolien à EDF Énergies Nouvelles dans des conditions satisfaisantes au début de l’année 2013. Le , les actionnaires de Séchilienne-Sidec approuvent le projet de changement de nom du Groupe, qui devient Albioma, une nouvelle identité au service de la stratégie de développement de ses activités de valorisation à haute performance énergétique de la biomasse, et plus particulièrement de la bagasse, et de ses ambitions à l’international. Enfin, le Groupe prépare son entrée sur le marché brésilien avec la constitution, en juillet 2013, de sa première filiale brésilienne, Albioma Participações do Brasil.

2014-2016 Le Groupe s’affirme en partenaire incontournable de l’industrie du sucre et de l’éthanol en France et à l’international, avec le solaire en complément d’offre[modifier | modifier le code]

Albioma achève en mars 2014 une première acquisition au Brésil en rachetant l’usine de cogénération bagasse de la sucrerie de Rio Pardo. Cette première externalisation de l’exploitation d’une cogénération bagasse au Brésil est la base du développement de nouveaux projets dans ce pays pour Albioma. En août 2015, le Groupe annonce l’acquisition de 65 % du capital de la société Codora Energia, propriétaire d’une unité de cogénération bagasse d’une puissance de 48 MW, portant à 108 MW la capacité installée de l’activité Biomasse Thermique au Brésil. Albioma met en service, à La Réunion, sa première installation photovoltaïque avec stockage (1 MWc), une technologie permettant d’accroître significativement la disponibilité de l’installation et de lisser la production d’une énergie par nature intermittente. En décembre 2014, la signature avec EDF de l’avenant tarifaire bagasse/biomasse pour la centrale Galion 2 en Martinique concrétise un investissement de 170 millions d’euros pour la construction de la plus grande centrale 100 % biomasse de l’Outre-mer français (40 MW). La construction de l’installation débute en 2015. En janvier 2015, Albioma signe avec EDF un contrat de 25 ans en vue de l’achat de l’électricité produite par la future turbine à combustion de Saint-Pierre, à La Réunion: cette centrale innovante, d’une puissance de 40 MW, sera la première installation française de production de pointe à fonctionner essentiellement à partir d’éthanol issu de la distillation de mélasses de canne à sucre. Albioma fait l’acquisition de 14 centrales photovoltaïques en toiture à La Réunion, d’une puissance de 3 MWc et devient le premier producteur d’énergie photovoltaïque de l’île. En juin 2015, le fonds professionnel de capital investissement Apax France VI distribue à ses porteurs de parts la quasi-totalité de sa participation (environ 30 % du capital). La participation directe et indirecte d’Altamir, qui contrôle désormais Financière Hélios, demeure inchangée à environ 12 % du capital et fait d’elle le premier actionnaire d’Albioma.

Activités[modifier | modifier le code]

Depuis près de 25 ans, Albioma est le partenaire privilégié de l’industrie sucrière dans l’Outre-mer français et à l’Île Maurice. Albioma y a déployé avec succès son cœur de métier: la valorisation à haute efficacité énergétique de la bagasse. En 2014 puis 2015, ce savoir-faire unique acquis au fil des années a permis d’exporter le modèle original du Groupe au Brésil, leader mondial de la production de sucre et d’éthanol à partir de la canne à sucre. Producteur d’électricité de base, disponible à tout moment chaque jour de l’année, Albioma a développé une expertise reconnue dans la combustion hybride de différents types de biomasse et de charbon. Profitant de sa présence dans des régions très ensoleillées, le Groupe développe et opère un parc performant et rentable de centrales photovoltaïques. En 2014, Albioma a mis en service sa première installation photovoltaïque avec stockage, démontrant sa capacité à intégrer cette technologie nouvelle à son offre historique. Dans le prolongement du développement de nouveaux moyens de production d’énergie renouvelable de base, le Groupe est devenu un acteur de la méthanisation agricole collective en France métropolitaine avec l’acquisition de Methaneo en 2012. La maîtrise de cette activité qui permet la valorisation de coproduits de l’agriculture et de l’agro-industrie constitue une opportunité de compléter l’offre du Groupe au service du secteur de la production de sucre et d’éthanol.

Biomasse Thermique[modifier | modifier le code]

Forte de son expérience de la valorisation énergétique de la bagasse, Albioma est devenue le partenaire privilégié des industriels du sucre. L’alimentation des centrales en bagasse, en échange de l’approvisionnement des sucreries en vapeur et en électricité, est un modèle pérenne qui constitue pour ces industriels un facteur décisif de compétitivité. De même, la performance énergétique de ses centrales permet à Albioma de valoriser sa production électrique auprès des distributeurs d’électricité et de les aider à faire face à la hausse de la consommation. Installées à proximité des sucreries, les centrales thermiques du Groupe sont conçues pour valoriser la totalité de la bagasse produite. Avec elles, le Groupe s’est imposé dans la maîtrise de la technologie de la combustion hybride pour produire de l’électricité et de la chaleur à partir de bagasse et de charbon. En France et à l’Île Maurice, pendant la campagne sucrière qui dure de quatre à six mois, les centrales fonctionnent en cogénération avec la bagasse comme principal combustible. Pendant l’inter-campagne, elles fonctionnent en condensation comme des centrales thermiques classiques, à partir de charbon. Le choix du charbon comme combustible de complément est justifié par sa disponibilité sur le marché à un prix attractif et sa facilité d’acheminement vers les territoires insulaires. Son utilisation en combustion hydride permet la fourniture d’une énergie compétitive toute l’année, dans le respect des normes européennes et françaises applicables aux rejets dans l’atmosphère. Au Brésil, la durée des campagnes sucrières (neuf à dix mois) et la quantité de canne à sucre traitée par les sucreries permettent aux installations de cogénération du Groupe de fonctionner à partir de bagasse toute l’année (soit environ 11 mois sur 12, le dernier mois étant consacré à la maintenance annuelle). Albioma a pour ambition de réduire significativement le recours au charbon dans ses centrales thermiques existantes en valorisant de nouveaux types de biomasse en complément de la bagasse. Les centrales du Groupe étant déjà conçues pour fonctionner à partir de combustibles multiples, ce changement de mix énergétique pourra être réalisé à l’aide d’investissements moins importants que ceux mobilisés par certains énergéticiens européens pour la conversion de leurs centrales 100 % charbon à la biomasse.

Solaire[modifier | modifier le code]

Le Groupe s’est lancé dès 2006 dans la production d’électricité photovoltaïque. En synergie avec l’activité Biomasse Thermique, la construction d’un parc performant permet d’augmenter la contribution d’Albioma à la production d’électricité renouvelable, en complément de l’énergie verte issue de la bagasse. Avec un parc de 75 MWc, Albioma est l’un des grands acteurs de la production d’énergie photovoltaïque en France et plus particulièrement dans les départements d’Outre-mer (80% du parc), où les installations bénéficient d’un ensoleillement exceptionnel de plus de 20 % supérieur à la moyenne des parcs français. Albioma y exploite ses centrales dans le cadre de contrats sécurisés à long terme avec EDF. En 2014, le Groupe a mis en service sa première installation photovoltaïque avec stockage, une technologie permettant d’accroître significativement la disponibilité de l’installation et de lisser la production d’une énergie par nature intermittente. Cette centrale de 1 MWc installée sur la toiture d’un centre commercial à Saint-Leu, à La Réunion, est équipée de batteries lithium-ion qui ont pour vocation de lisser les baisses de production pendant la journée (passages nuageux, altération des conditions météorologiques). Albioma a été lauréate dans le cadre des appels d’offres de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) d’une autre centrale avec stockage, au sol, d’une puissance de 2 MWc, qui sera construite en Guyane Française.

Biométhanisation[modifier | modifier le code]

La méthanisation est un procédé de valorisation de déchets organiques, notamment d’origine agricole, qui conduit à la production combinée, d’une part, de biogaz provenant de la décomposition biologique des matières organiques en milieu confiné sans oxygène et, d’autre part, de digestat utilisable, brut ou après traitement, comme fertilisant. La méthanisation agricole consiste à valoriser les sous-produits issus de l’agriculture ou de l’agro-industrie (fumiers, lisiers, coproduits végétaux et déchets des industries agro-alimentaires). Elle représente 52 % des gisements de production de biogaz en Europe et est le moteur de la croissance du marché du biogaz en France. Une fois le biogaz produit, il peut être soit directement injecté dans le réseau de transport de gaz, soit brûlé dans des moteurs pour produire de la vapeur et de l’électricité. Trois premières unités de Biométhanisation, toutes situées dans la région Ouest de la France, sont en exploitation en 2015 (3 MW). Pour l’heure, l’environnement tarifaire de l’activité ne permet pas d’assurer une rentabilité satisfaisante des installations.

Liens externes[modifier | modifier le code]