Reprise d'entreprise

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Une reprise d'entreprise est l'achat du capital, ou du moins de la majorité du capital d'une entreprise existante par une personne, ou un groupe de personnes, ou une autre entreprise (il s'agit alors du domaine des fusion-acquisitions) qui en assureront la gestion.

Dans le cas d'une RES / reprise d'entreprise par ses salariés, les repreneurs sont une partie (généralement les cadres dirigeants), voire la totalité des salariés existants de l'entreprise. Comme en général ils ne disposent que d'une petite partie des capitaux nécessaires, le complément est habituellement apporté par un organisme financier spécialiste de ce genre d'opérations (banque d'investissement ou fonds de capital-investissement par exemple). Cet apport extérieur comporte généralement une participation au capital et/ou un prêt.

Évaluation d'entreprise[modifier | modifier le code]

Une reprise demande une évaluation d'entreprise très minutieuse afin d'éviter de surpayer l'entreprise, et une certaine certitude que celle-ci, non seulement est viable, mais par ailleurs procurera la capacité d'autofinancement suffisante pour rembourser les prêts contractés lors de l'opération tout en laissant une marge suffisante pour les besoins d'autofinancement.

Pour accroitre le pourcentage détenu par les salariés, des holding en cascade peuvent s'utiliser.

Par exemple :

- La « Société A » (pèse 4 fois plus que la somme investie par les salariés) Les salariés apportent 50 % du capital. Les investisseurs apportent les 50 % restants. La société A emprunte un montant équivalent au capital. L'ensemble de cette somme est investi dans la société B.

- « Société B » (pèse 16 fois plus que la somme investie par les salariés) La société A apporte 50 % du capital à la société B. Les investisseurs apportent les 50 % restants. La société B emprunte un montant équivalent au capital. L'ensemble de cette somme est investi dans la société C.

- « Société C » (pèse 64 fois plus que la somme investie par les salariés) La société B apporte 50 % du capital à la société C. Les investisseurs apportent les 50 % restants. La société C emprunte un montant équivalent au capital. L'ensemble de cette somme est investi dans la société D.

...

La société en bas de cette pyramide étant la société achetée. Il s'agit du principe des holdings en cascade qui fait qu'avec une somme très modique, l'on peut devenir propriétaire d'une grosse société. La viabilité de ce montage dépend de la rentabilité de la société achetée pour rembourser les créanciers.

Un principe de la sorte pourrait être mis en place pour parer des ventes de sociétés non désirées par les salariés tel par exemple le rachat du journal Les Échos par Bernard Arnault.

Reprise d'entreprise, bien définir ses envies[modifier | modifier le code]

Reprendre une entreprise consiste à faire correspondre une envie avec une offre véritable. Mais avant de se lancer dans l'aventure, il apparaît indispensable de définir précisément un secteur d'activité et une zone géographique.

Ne pas investir la totalité de ses économies dans l'achat d'une affaire doit être le premier critère à retenir au moment de choisir une entreprise. Il est important de garder à l'esprit que les revenus tirés de l'activité de l'entreprise ne seront peut-être pas immédiatement suffisants pour assurer au nouveau dirigeant un salaire correct. En conséquence, il vaut souvent mieux racheter une TPE (qui représente 90 % des entreprises à reprendre en France), quitte à constituer en quelques années un minigroupe en réunissant plusieurs entreprises de même gabarit. En outre, la direction d'une PME de plus de 20 salariés demande des compétences de gestionnaire et de manager qui ne sont pas données à tout le monde.

Mais la reprise comme la création d'entreprise correspondent bien souvent à des projets de vie[1]. Devenir son propre patron, l'envie de se lancer dans une nouvelle activité régissent les choix. Ne pas aller trop vite, bien réfléchir à l'idée que l'on se fait de son avenir apparaissent alors comme des conseils de bon sens. Connaître un secteur d'activité signifie maîtriser ses caractéristiques techniques ainsi que le marché potentiel de l'entreprise que l'on s'apprête à reprendre en tenant compte de la concurrence nationale et internationale. C'est aussi mieux visualiser les ratios de rentabilité et les taux de marge. Une étude récente menée par Oséo montre qu'un repreneur qui ne connaît pas l'activité de l'entreprise cible a 1,5 fois plus de risque d'échec dans les secteurs tels que le transport, le BTP ou les services aux entreprises. Dans ces conditions, rechercher une entreprise en premier lieu dans sa région, dont l'environnement économique est connu, est un atout majeur.

En tenant compte de tous ces éléments, reste à savoir comment chercher... Les cédants sont parfois réticents à avouer leur désir de passer la main de peur d'affaiblir la position de leur entreprise vis-à-vis des fournisseurs et des concurrents[2]. Ce qui complique considérablement les affaires des candidats à la reprise. Après avoir fait le tour de son réseau de connaissances, les chambres consulaires mais aussi des sociétés privées spécialisées dans la transmission d'entreprise apparaissent comme les lieux privilégiés où se concentrent les annonces de transmission d'entreprise. La bonne affaire peut également se trouver auprès d’organismes professionnels spécialisés, comme la Capeb ou la FFB pour le bâtiment. Finalement, on achète une entreprise comme on choisit un appartement, il faut en voir plusieurs avant de trouver le bon...

Marché de la reprise d’entreprises[modifier | modifier le code]

En France, le nombre des reprises d’entreprises est stable et estimé à 60 000 transactions par an. Pour les entreprises de 10 à 20 salariés, on estime qu’il y a 5 cédants pour un seul repreneur. À l’inverse, il y a 5 cédants pour un seul repreneur[pas clair] pour les entreprises de moins de 10 salariés[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la reprise d'entreprise comme un projet de vie
  2. Lire article sur les statistiques de la transmission d’entreprises
  3. « Guide pratique pour trouver la perle rare », Anne Florin, Création d'Entreprise, nº 40, Avril-Mai 2013, p. 47

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Entreprise PME EURL SARL

Liens externes[modifier | modifier le code]