Légat (Rome antique)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Legat et Légat.
Politique sous la Rome antique
Image illustrative de l'article Légat (Rome antique)

Un légat (en latin legatus, du verbe legare, députer, envoyer quelqu'un, charger de ...) est dans la Rome antique un chargé de mission délégué hors de Rome par le Sénat romain ou par un magistrat supérieur détenteur de l'imperium, puis par l'empereur.

Sous la République[modifier | modifier le code]

Sous la République romaine, les consuls, proconsuls, préteurs en campagne pouvaient charger temporairement des légats du commandement de la cavalerie, des réserves ou même d'une légion entière et de plusieurs légions : ainsi, durant la première guerre des Gaules, César eut jusqu'à dix légats, tandis que Pompée, nommé proconsul en Hispanie en -55, y envoya trois légats, afin de demeurer lui-même à Rome.

Sous l'Empire[modifier | modifier le code]

Sous l'Empire romain, à partir d'Auguste, la fonction de légats devient institutionnelle. Désignés par l'empereur parmi les membres de l'ordre sénatorial, anciens préteurs (légats dit prétoriens) ou anciens consuls (légats consulaires), ils le représentent dans les provinces et les légions et en exercent la direction par délégation de l'empereur. On distingue alors :

  • le légat (legatus), assistant d'un proconsul dans une province sénatoriale pour les tâches du domaine judiciaire. Désignés par le proconsul, ils sont au nombre de trois dans les riches provinces d'Asie et d'Afrique (puis deux en Afrique après Caligula), un dans les autres provinces sénatoriales[1],
  • le légat d'Auguste propréteur (legatus Augusti pro praetore), qui gouverne une province impériale au nom de l'empereur et exerçe le pouvoir militaire sur les légions qui y stationnent, si une ou des légions sont basées dans cette province[2]
  • le légat de légion (legatus legionis), qui est l'officier supérieur commandant d'une légion[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques et Scheid 2010, p. 57, 170
  2. a et b Jacques et Scheid 2010, p. 170-171

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Christol, Essai sur l'évolution des carrières sénatoriales : deuxième moitié du IIIe siècle après J.-C., Nouvelles Éditions Latines,‎ 1986, 354 p. (ISBN 9782723303071)
  • Élisabeth Deniaux, Rome, de la Cité-État à l'Empire, Institutions et vie politique, Hachette,‎ 2001 (ISBN 2-01-017028-8)
  • François Jacques et John Scheid, Rome et l'intégration de l'Empire (44 av. J.-C.260 ap. J.-C.). Tome 1, PUF, coll. « Nouvelle Clio, l'histoire et ses problèmes »,‎ 2010 (1re éd. 1999), 480 p. (ISBN 9782130448822)