Histoires (Tacite)

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La couverture d'une édition de 1598 de l'ouvrage Histoires de Tacite.

Les Histoires (en latin Historiae) est une œuvre de Tacite, publiées entre 106 et 109[1]. Elles décrivent l'Empire romain du 1er janvier 69 à l'année 96, c’est-à-dire de l'avènement de Galba à la mort de Domitien. Saint Jérôme nous indique que l'œuvre de Tacite comptait 30 livres[2], on considère en général que les Histoires occupaient 12 livres de ce total[1]. Il n'en reste néanmoins aujourd'hui que 5 : l'intégralité des 4 premiers livres et les 26 premiers chapitres du livre V. Le contenu de l'œuvre originelle couvre les règnes suivants : Galba, Othon, Vitellius, Vespasien, Titus et Domitien. La partie de l'œuvre qui nous est parvenue s'achève au début du règne de Vespasien :

Structure[modifier | modifier le code]

- Livre I : Galba et Othon ou le triomphe d'Othon

  • Galba adopte un patricien, Pison.
  • Révolte de Vitellius.
  • Mutinerie des prétoriens à Rome.

- Livre II : Othon et Vitellius, ou le triomphe de Vitellius

  • Engagement en Orient des légions de Vitellius.
  • bataille Othon - Vitellius.
  • Mort d'Othon à Bédriac.
  • Description du règne de Vitellius, réputé pour sa goinfrerie et sa mollesse.

- Livre III : Vitellius et Vespasien, ou le triomphe de Vespasien

  • Vespasien arrive en Italie.
  • Victoire sur Vitellius à Bédriac.
  • Siège et prise de Crémone.
  • Agitation dans les provinces.
  • Siège et incendie du Capitole.
  • Mort de Vitellius.

- Livre IV : Julius Civilis

  • Les Bataves se soulèvent sous la conduite de Julius Civilis : ils assiègent le camp de Vétéra.
  • Civilis veut entrainer toute la Gaule dans la révolte, mais, après s'être réunies à Reims, les cités gauloises décident de rester fidèle à l'Empire.

- Livre V : Titus devant Jérusalem

  • Événements de l'année 70.
  • Titus n'est encore qu'un prince héritier, mais il commence le siège de Jérusalem et de Judée.

Commentaire[modifier | modifier le code]

On considère souvent que Tacite avait une vision pessimiste de l’histoire. La première page des Histoires est édifiante : « J’aborde l’histoire d’une époque riche de malheurs, défigurée par les combats, déchirée par les séditions, cruelle dans la paix même : quatre princes massacrés par le fer, trois guerres civiles, plus encore de guerres étrangères, et la plupart du temps, les unes et les autres à la fois… » Suit une revue d’échecs et de drames : « Cependant, ce siècle ne fut pas stérile en vertus au point de ne produire aussi de bons exemples […] : des mères accompagnant leurs fils dans la fuite, des épouses suivant leur mari dans l’exil, […] la loyauté des esclaves même face aux tortures, […] des trépas d’hommes illustres dignes des morts des anciens. » Et c’est par une formule sans appel que Tacite tire la leçon de ces temps abominables : « Les dieux, indifférents à notre sauvegarde, n’ont souci que de notre châtiment. »
On pourrait y voir une galerie de portraits animés par des acteurs qui incarnent différents aspects du pouvoir sans parvenir à dominer le cours des événements. L’art de l’historien consiste à inscrire dans le cadre traditionnel de l’annalistique une vision complexe et dramatique des événements. Il se complait à décrire l’orage, la fermentation des évènements, le spectacle sublime des situations extrêmes. Tyrans ou victimes, les protagonistes ne sont après tout que le reflet des foules qui les portent puis les condamnent : « La populace l’accablait d’injures, après sa mort, avec autant de bassesse que, de son vivant, elle l’avait adoré ». Une des passions de Tacite est la fascination des spectacles de mort. Lorsque Rome est envahie par les troupes de Vespasien, le peuple de la Ville assiste aux combats comme à un spectacle de cirque. Et la description que donne Tacite de cette scène extraordinaire est elle-même imprégnée de cette fascination de l’horreur qui caractérise sa peinture des évènements. Le pittoresque de Tacite, c’est l’art de faire percevoir la monstruosité des êtres, des situations, des spectacles.

Sources[modifier | modifier le code]

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  1. a et b P. Wuilleumier dans P. Wuilleumier, H. Le Bonniec éd. Tacite, Histoires I, C.U.F., Paris, (1987), 2002, p. xiii
  2. Comm. ad Zacch., 3, 14