Tchécoslovaquie pendant la Seconde Guerre mondiale

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Le dépeçage de la Tchécoslovaquie à la veille et pendant le Seconde Guerre mondiale.

La Tchécoslovaquie pendant la Seconde Guerre mondiale couvre, pour l'essentiel, la période située entre le 15 mars 1939 et le 8 mai 1945. Le 15 mars 1939, les troupes allemandes envahissent la Bohême et la Moravie. La jeune Tchécoslovaquie est alors fragmentée pour une période de 6 ans. D'un côté, le Protectorat de Bohême-Moravie, amputé des Sudètes, est quasiment annexé au Troisième Reich ; de l'autre, la République slovaque est un pays indépendant, satellite de l'Allemagne nazie mais qui, jusqu'en septembre 1944, n'est pas occupé par la Wehrmacht. En outre, la Pologne et surtout la Hongrie s'emparent des territoires où vivaient des minorités polonaises, hongroises et ukrainiennes.

La Tchécoslovaquie avant guerre[modifier | modifier le code]

la Tchécoslovaquie en 1928.

La Tchécoslovaquie naît du partage de l'Autriche-Hongrie entériné par le traité de Saint-Germain-en-Laye à l'issue de la Première Guerre mondiale (Voir Histoire de la République tchèque). D'après les statistiques de 1921, 13 613 172 habitants vivent sur le territoire de la république répartis[1] en :

Du point de vue linguistique, seuls le tchèque et le slovaque sont langues officielles. Les autres minorités peuvent utiliser leurs langues dans les rapports avec les administrations dans les districts où elles représentent plus de 20 % de la population.

Les premières élections se déroulent le 18 avril 1920. Jusqu'à l'annexion allemande de 1938-1939, les populations de la Tchécoslovaquie seront invitées à participer aux différents scrutins en respectant le calendrier prévu par la constitution. Les tensions nationalistes marquent fortement la vie politique.

Un Bloch MB.200 de l'aviation tchécoslovaque en 1938.

Le 24 janvier 1924, la France et la Tchécoslovaquie signent un traité d'alliance.

L'opposition entre les Allemands et les Tchèques est latente tout au long des années 1920 mais s'intensifie dans les années 1930. D'abord irrédentistes (ils réclamaient un retour à l'Autriche), les Allemands des Sudètes constituent un Parti allemand des Sudètes (Sudetendeutsche Partei - SdP) dirigé par Konrad Henlein qui réclame, avec l'appui de l'Allemagne nazie, le rattachement au Troisième Reich et amplifie graduellement ses exigences. La crise éclate suite à l'Anschluss de l'Autriche et du Reich en 1938. Il est alors évident que la prochaine exigence de Hitler sera l'annexion des Sudètes.

En février 1938, Hitler laisse entendre dans une allocution publique que le problème des Sudètes ne serait résolu que par le rattachement au Reich des régions où les Allemands sont majoritaires. La tension monte en Tchécoslovaquie où le SdP rejette les différentes propositions d'autonomie du président Edvard Beneš. Le 16 septembre, le gouvernement interdit le SdP.

Les accords de Munich[modifier | modifier le code]

Destruction d'un poste frontière lors du rattachement des Sudètes à l'Allemagne au détriment de la Tchécoslovaquie. 19 septembre 1938

En 1938, aucune des grandes puissances alliées de la Tchécoslovaquie (France et Royaume-Uni) ne désire un conflit en Europe. Une conférence se réunit à Munich pour résoudre les revendications territoriales du Reich au détriment de la Tchécoslovaquie. Les 29 et 30 septembre, les dirigeants de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Angleterre et de la France, Adolf Hitler, Benito Mussolini, Neville Chamberlain et Édouard Daladier, se réunissent à Munich. Le 30 septembre, les participants signent les accords de Munich, conformes aux revendications allemandes, qui prévoient le rattachement à l'Allemagne des régions habitées majoritairement par les Allemands et la cession d'une partie de la Silésie tchécoslovaque à la Pologne (906 km² - 258 000 habitants).

Le président Beneš est contraint d'accepter ce plan, ce qui provoque de gigantesques manifestations à Prague et dans de nombreuses villes tchèques. Le 5 octobre, Beneš démissionne et ne tarde pas à quitter le pays. Ce premier démembrement territorial est considéré comme mettant un terme de facto à la Première République tchécoslovaque : bien que la constitution n'ait pas été modifiée, la période allant des accords de Munich à l'invasion allemande du reste du territoire est désignée sous le nom d'usage de Seconde République tchécoslovaque. Pour tenter d'empêcher l'invasion, le chef du gouvernement, le général Jan Syrový essaie alors d'établir une relation privilégiée avec l'Allemagne[2]. Le 30 novembre 1938, l'Assemblée nationale et le Sénat élisent Emil Hácha président de la deuxième république tchécoslovaque.

Population de la région des Sudètes saluant Hitler lorsque celui-ci traversa la frontière tchécoslovaque en 1938. L'image de la femme qui pleure en exécutant le salut nazi fut exploitée à la fois par la propagande de l'Axe et par celles des Alliés, les premiers y voyant des larmes d'émotion, les autres une image de résignation déchirante.

La Tchécoslovaquie perd surtout ses défenses militaires. L'équivalent de la ligne Maginot ayant été construit en grande partie aux marges sudètes du pays, elle se retrouve désormais aux mains du Reich. Sans cette ligne de défense, l'indépendance du pays est plus théorique que réelle ; elle dépend entièrement du bon vouloir des nazis et du courage politique des puissances occidentales qui ont garanti ses frontières lors des accords de Munich.

Devant les poussées séparatistes qui se manifestent en Slovaquie et en Russie subcarpatique, l'assemblée nationale approuve l'autonomie de ces deux régions le 19 novembre 1938. Le parti communiste plonge dans la clandestinité à la fin de 1938 et ses dirigeants partent en URSS.

Le 6 mars 1939, le président Hacha, en raison de menées indépendantistes slovaques et ruthènes fomentées par l'Allemagne et la Hongrie, prononce la dissolution du gouvernement autonome ruthène et, dans la nuit du 9 au 10 mars, celle du gouvernement autonome slovaque. Il fait arrêter les dirigeants slovaques Mgr Tiso (Premier Ministre), Vojtech Tuka et Ferdinand Ďurčanský[3].

Sous la pression nazie et sous la houlette de Mgr Tiso, l'indépendance de la Slovaquie est proclamée le 14 mars 1939 à Bratislava. Le 15 mars au matin, les armées du Reich, violant délibérément les accords passés six mois avant à Munich, envahissent et occupent le reste de la Bohême et de la Moravie et y établissent un protectorat. Le président Emil Hácha ne donne pas à l'armée l'ordre de résister. Simultanément, les Ukrainiens proclament le 15 mars une république Carpato-Ukrainienne en Ruthénie, mais dès le lendemain, les troupes hongroises l'occupent et l'annexent.

Le Royaume-Uni et la France commencent la mobilisation de leurs troupes même si aucune action concrète n'est entreprise alors. C'est l'invasion de la Pologne qui marque le début de la Seconde Guerre mondiale, celle de la Tchécoslovaquie n'en étant que le prélude.

Le Protectorat de Bohême-Moravie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Protectorat de Bohême-Moravie.
Armes du Protectorat de Bohême-Moravie.

La Bohême, la Moravie et la Silésie tchèque sont placées sous le régime d'un protectorat allemand semi-indépendant. Emil Hácha, président de la Tchécoslovaquie depuis la démission d'Edvard Beneš, demeure en place, mais tout le pouvoir est détenu par le Reichsprotektor allemand. Les persécutions raciales s'abattent sur les Juifs et les Tziganes.

Au niveau économique et financier international, Berlin a été reconnu comme le successeur légal du gouvernement de Prague et a récupéré entre autres 10 millions de £ anciennement tchécoslovaques auprès de la banque des règlements internationaux[4].

La Résistance tchèque[modifier | modifier le code]

La résistance tchécoslovaque se manifeste à la fois à l'intérieur des anciennes frontières du pays, par des groupes de maquisards armés de tout ce qu'ils ont pu récupérer dans les arsenaux de l'armée (beaucoup sont d'anciens militaires), et à l'étranger, où de nombreuses escadrilles d'aviation rejoignent la Royal Air Force et participent à la Bataille d'Angleterre, tandis que des troupes terrestres participent à la défense de la Pologne puis, transportées à Alexandrie par le Service maritime roumain, rejoignent de là les forces anglaises ou françaises. La résistance joue un rôle important pendant la guerre, entre-autres dans l'assassinat de Reinhard Heydrich, protecteur de Bohème-Moravie.

Le gouvernement en exil de Londres[modifier | modifier le code]

Edvard Beneš, ayant démissionné de son poste de président le 5 octobre 1938, après les accords de Munich et l'annexion des Sudètes par les Allemands, émigre en France et anime un gouvernement en exil. Le gouvernement de Beneš, constitué à Londres en juillet 1940, est reconnu en 1942 par l'ensemble des Alliés, qui dénoncent alors les accords de Munich.

La Tchécoslovaquie dans la coalition anti-hitlérienne[modifier | modifier le code]

Les forces tchécoslovaques libres livrent bataille dès 1939, en participant à la défense de la Pologne. En 1940, les forces armées, fidèles au gouvernement en exil, contribuent à la défense française lors de la bataille de France. On les retrouve dans les combats sur le Front de l'Ouest, ainsi qu'au sud de l'Europe et en Afrique.

À l'est, sur le front russe, le 1er escadron autonome tchécoslovaque livre bataille pour la première fois le 8 mars 1943 à Sokolovo[5], près de Kharkiv. Au printemps 1944, on commence à organiser le premier corps d'armée tchécoslovaque en URSS[6],[7].

La résistance intérieure tchèque[modifier | modifier le code]

Affiche de propagande anglaise commémorant la destruction du village de Lidice en Bohême.

On peut distinguer quatre composantes de la Résistance tchèque :

  • Le Centre politique (Politické ústředí, PÚ) est constitué de collaborateurs de Beneš, sous la conduite de Prokop Drtina. Le PÚ est presque anéanti par les arrestations de novembre 1939 et, par la suite, il est dirigé par des hommes politiques plus jeunes.
  • La Défense de la Nation (Obrana národa, ON) est surtout constituée d'officiers d'active ou de réserve.
  • Nous resterons fidèles (Petiční výbor Věrni zůstaneme, PVVZ, du nom de la pétition lancée en mai 1938 par les représentants de la culture tchèque) regroupe des sociaux-démocrates et des intellectuels de gauche en association avec des syndicats et des mouvements de jeunesse.
  • Le Parti communiste tchécoslovaque (KSČ) dont les dirigeants se sont réfugiés à Moscou après les accords de Munich en septembre 1938 et qui a plongé dans la clandestinité depuis cette époque reste relativement faible jusqu'en 1943.

La Résistance non-communiste s'unit dès le printemps 1940 pour former la Direction Centrale de la Résistance (Ústřední výbor odboje domácího, ÚVOD). L’ÚVOD passe progressivement d'un travail d'organisation à la diffusion de tracts et d'une presse clandestine et à la collecte de renseignements politiques ou militaires, envoyés à Londres, mais aussi à Moscou[8].

Après l'attaque de l'URSS par les troupes allemandes, en juin 1941, les groupes associés dans l'ÚVOD amorcent un rapprochement avec le KSČ, mais la répression efficace consécutive à l'attentat contre Heydrich marque une pause dans le processus d'unification.

La Résistance intérieure a du mal à se remettre de cette vague de répression et ce n'est que vers la fin de la guerre qu'elle se rétablira complètement[9]. À partir du 12 décembre 1943, l'alliance signée par Beneš, entre la Tchécoslovaquie et l'URSS facilite l'unification de la Résistance intérieure. Les communistes sont largement représentés dans le "Conseil des Trois" (R3) qui s'affirme à la fin de la guerre.

La Résistance communiste, dirigée de Moscou par Klement Gottwald, et Rudolf Slánský, est animée sur place par des militants comme Jan Sverma, Jaromír Dolanský, Antonin Novotný, Josef Smrkovský et Antonin Zapotocky. Beaucoup d’entre eux sont exécutés ou déportés[10].

La Slovaquie de 1939 à 1945[modifier | modifier le code]

Article détaillé : République slovaque (1939-1945).

La Slovaquie proclame son indépendance le 14 mars 1939, avec l'appui allemand. Jozef Tiso, un prêtre catholique dirigeant d'un parti politique nationaliste, devient le chef du nouveau régime slovaque qui, au contraire du Protectorat de Bohême-Moravie, bénéficie d'une véritable indépendance. La Slovaquie signe le pacte tripartite et ses troupes s'engagent sur divers fronts aux côtés des forces de l'Axe.

La première république slovaque cesse d'exister le 4 avril 1945 lorsque l'Armée rouge entre dans Bratislava et occupe l'ensemble de la Slovaquie.

La libération[modifier | modifier le code]

Le 5 avril, Beneš, arrivé de Londres en transitant par Moscou, constitue à Košice un gouvernement de coalition présidé par Zdeněk Fierlinger, avec Klement Gottwald comme premier vice-président, signant le début de la « Troisième République tchécoslovaque ». Le programme de Košice prévoit une république démocratique, où Tchèques et Slovaques seront égaux[10].

À partir du moment où les armées soviétiques et roumaines réussissent leur percée dans les Carpates, en octobre 1944, le R3 développe des unités de guérilla pour préparer la libération du territoire. Les actions de guérilla se multiplient après la formation d'un gouvernement provisoire tchèque à Košice, le 6 avril 1945, juste après la libération de Bratislava. À mesure que les armées alliées avancent, des « Comités nationaux » prennent en main l'administration. Plus de 4 850 comités sont ainsi formés avec l'aval de l'Union soviétique. Le 5 mai un soulèvement éclate à Prague et un Conseil national tchèque (Česká národní rada ou ČNR), nouvellement formé, prend la tête de l'insurrection. Plus de 1 600 barricades sont montées dans la ville et quelque 30 000 hommes hommes et femmes tchèques se battent pendant trois jours contre 37 000 soldats de la Wehrmacht soutenus par des chars et de l'artillerie. L'essentiel du pays est libéré par les troupes soviétiques et roumaines, à l'exception du sud-ouest de la Bohême, investie par d'autres forces alliées arrivées par le Front de l'Ouest[11]. En mai, les troupes américaines libèrent Pilsen. Le 8 mai, l'Allemagne capitule et l'Armée rouge entre dans Prague le 9. Les combats contre les dernières unités allemandes se poursuivent jusqu'au 11 mai.

L'expulsion des Allemands des Sudètes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Décrets Beneš .

Les accords de Munich avaient été la conséquence des activités subversives du parti nazi des Allemands des Sudètes. Pendant les dernières années de la guerre, Beneš s'était attaché à résoudre le problème de la minorité allemande et il avait reçu le consentement des alliés pour une expulsion des populations allemandes hors des Sudètes.

L'ensemble de lois connues sous le nom de Décrets Beneš sont promulguées entre le 19 mai et le 25 octobre 1945. L'expulsion des nationaux allemands des Sudètes vers l'Allemagne, s'étalera sur trois ans, de 1945 à 1947.

Au total, ce sont environ 2,6 millions d'Allemands qui sont déplacés vers l'Allemagne et l'Autriche. Sur les 3,1 millions d'Allemands vivant sur le territoire tchécoslovaque avant-guerre, on estime que :

  • 2 256 000 d'entre eux sont expulsés « dans les règles » établies par la conférence de Potsdam.
  • 400 000 ont été expulsés de manière « sauvage ».
  • entre 100 000 et 300 000 ont fui vers l'Allemagne l'avancée de l'Armée rouge.
  • entre 300 000 et 500 000 sont décédés sous les drapeaux de la Wehrmacht.

Couples mixtes et allemands anti-nazis sont épargnés par ces mesures, mais ils sont très minoritaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pavel Bělina, Petr Čornej, Jiří Pokorný, Histoire des Pays tchèques, Seuil, Paris, 1995, p. 368
  2. Histoire des Pays tchèques, p. 395
  3. William L. Shirer, Le IIIe Reich. Des origines à la chute, Stock, Paris, 2000, p. 476-477.
  4. Henri Brunschwig, « Eté 1939 : Allemagne », Annales d'histoire sociale, vol. 1, no 4,‎ 1er août 1939, p. 355-360 (lire en ligne).
  5. Une station du Métro de Prague sera baptisée Sokolovská en référence à ce premier haut fait d'armes qui voit les Tchécoslovaques et les Russes combattre côte à côte.
  6. Pavel Bělina, Petr Čornej, Jiří Pokorný, Histoire des Pays tchèques, Éditions du Seuil 1995, p. 403-404
  7. Pour l'ensemble du paragraphe source : La Tchécoslovaquie dans la coalition anti-hitlérienne.
  8. Histoire des pays tchèques, p. 401
  9. Petr Čornej, Jiří Pokorný, L'Histoire des pays tchèques jusqu'à l'an 2004, Práh, 2003
  10. a et b M. Laran, article Tchécoslovaquie in Encyclopedia Universalis, 2000
  11. Keith Sword, The Times Guide to Eastern Europe, Times Book, 1990, p. 56

Sources de l'article[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Bonnour, Histoire de la Tchécoslovaquie, coll. Que-sais-je ? , P.U.F, 1968
  • P. George, Le problème allemand en Tchécoslovaquie (1919-1946), Paris, 1947
  • J. Mikus, La Slovaquie dans le drame de l'Europe. Histoire politique de 1918 à 1950, Paris, 1955
  • F. Fejtö, Histoire des démocraties populaires (2 vol.), Le Seuil, 1969
  • J. Rupnik, Histoire du parti communiste tchécoslovaque des origines à la prise du pouvoir, 1918-1948, thèse, Paris-I Sorbonne, 1981
  • Pavel Bělina, Petr Čornej, Jiří Pokorný, Histoire des Pays tchèques, Éditions du Seuil 1995
  • Petr Čornej, Jiří Pokorný, Histoire des Pays tchèques jusqu'en l'an 2004 en Abrégé, Prague, 2003
  • Werner Rings, Life with the ennemy, Weidenfeld and Nicholson, 1979 (traduction de l'allemand)
  • François d'Orcival, Le Danube était noir, la cause de la Slovaquie Indépendante, La Table Ronde, 1968
  • Antoine Marès, Histoire des Tchèques et des Slovaques, Ed. Perrin, Co. Tempus, 2005

Voir aussi[modifier | modifier le code]