Massacre de Katyń

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La photographie en noir et blanc date de 1943. Elle montre une fosse excavée au fond de laquelle des corps sont alignés. En haut de la photo, les bottes et manteaux des Allemands, découvreurs du charnier, apparaissent.
Les cadavres exhumés des charniers (1943).
La photographie couleur représente une allée dallée qui conduit à une surélévation maçonnée supportant trois croix métalliques. Chacune porte le nom des massacres subis par les Polonais : Katyn, Charkow et Miednoje. Devant le mémorial, un bas relief est fleuri par trois gerbes de fleurs rouges et noires.
Mémorial au cimetière militaire de Katyń.

Le massacre de Katyń est l'assassinat, par la police politique de l’Union soviétique (le NKVD), au printemps 1940 dans la forêt de Katyne, village russe proche de Smolensk et de la frontière biélorusse, de plusieurs milliers de Polonais, essentiellement des personnalités, des officiers, mais aussi des étudiants (officiers de réserve), des médecins, des ingénieurs, des professeurs et des membres des élites polonaises considérées comme hostiles à l’idéologie communiste.

L'URSS a nié sa responsabilité dans le massacre dès qu’il fut révélé par les nazis, ainsi que durant toute la Guerre froide et en a rendu l’Allemagne nazie responsable. En 1990, la Russie a reconnu que ce massacre avait été ordonné par les responsables soviétiques[1],[2]. Outre ce crime, d’autres exécutions massives de membres de l’élite polonaise (de 25 000 à 26 000 personnes) ont été perpétrées en 1940 en divers lieux de l’ouest de l’URSS à la suite du partage de la Pologne entre l’Allemagne nazie et l'Union soviétique.

Pour différentes raisons, dont notamment l’exploitation au début de l'année 1943 par la propagande allemande du massacre de Katyń découvert en 1941 lors de l’avance allemande en Russie, l’histoire a retenu ce massacre particulier comme emblématique de l’ensemble de ces crimes commis à l'encontre de la nation polonaise par l’URSS.

Les tensions entre la Pologne et l'Union soviétique durant la première moitié du XXe siècle[modifier | modifier le code]

1918-1939[modifier | modifier le code]

À la fin de la Première Guerre mondiale, la Pologne retrouve son indépendance. Cependant, la frontière avec la Russie est mal définie par le traité de Versailles. Alors que la Russie veut avancer vers l'ouest pour faire jonction avec la Hongrie communiste et les révolutionnaires allemands, la Pologne veut récupérer, vers l'est, les territoires qu'elle a perdus lors des partages de la Pologne à la fin du XVIIIe siècle.

Trop occupée avec sa guerre civile, la Russie laisse la Pologne lancer la première offensive de grande ampleur, l'opération Kiev, qui marque le début officiel de la guerre russo-polonaise de 1920. La Pologne est bientôt menacée par la supériorité numérique de l'Armée rouge, qui marche sur Varsovie. Soutenue par l'Angleterre et la France (le jeune officier Charles de Gaulle s'illustre à cette occasion), elle résiste cependant victorieusement et impose à la Russie la paix de Riga, qui voit la frontière de la Pologne avancer de quelque 200 km à l’est. Quelque 110 000 prisonniers soviétiques sont internés dans des camps, où environ 30 000 meurent.[réf. nécessaire] Cette victoire polonaise laisse sans doute un désir de revanche à la Russie soviétique, notamment à Staline, personnellement impliqué dans l'offensive soviétique et sa défaite[3].

1939 : l'invasion de la Pologne par l'Allemagne et l'URSS[modifier | modifier le code]

Deux cartes en couleur représentent la partition de la Pologne par le pacte germano-soviétique. La première montre les sphères d'influences respectives des deux puissances, et la seconde les zones d'occupation en 1940.
Répartition des territoires prévue par le pacte germano-soviétique, à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

L'animosité russo-polonaise est renforcée à la fin des années 1930, lorsque la Pologne refuse d'accorder un droit de passage sur son territoire à l'Armée rouge, que ce soit pour défendre la Tchécoslovaquie attaquée par Hitler en 1938, ou pour servir d'« avant-poste » à l'Armée rouge contre les troupes nazies menaçantes[4]. En effet, la Pologne restait fidèle à sa ligne politique d'équilibre entre ses deux voisins aussi puissants qu'hostiles, qui n'avaient toujours pas accepté sa renaissance après la première guerre mondiale. Aussi a-t-elle signé un pacte de non-agression avec l’Allemagne en janvier 1934 après avoir fait de même avec l'Union soviétique dès juillet 1932. Complétés par son alliance défensive avec la France de 1921, la Pologne espérait que ces accords diplomatiques lui permettrait d'échapper à la guerre et/ou à l'occupation[5],[6].

Après les accords de Munich, conclus le 29 septembre 1938, entre l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l'Italie, la France et le Royaume-Uni sont discrédités sur le plan international. La Pologne participe au démantèlement de la Tchécoslovaquie et occupe les territoires contestés de la Zaolzie (région de Český Těšín). L'Union soviétique peut voir dans ces accords le risque d'un front commun occidental contre elle. Cette situation internationale nouvelle mènera aux négociations conduisant le 23 août 1939 au pacte germano-soviétique. L'une des clauses secrètes de ce pacte consistait justement en un partage de la Pologne entre l'Allemagne et l'URSS, partage qui suivait le tracé proposé par les occidentaux lors de la guerre de 1920 (ligne Curzon) moyennant deux exceptions (Bialystok et Lwów).

La Pologne est finalement envahie par les armées allemandes le 1er septembre 1939, puis par l’Armée rouge le 17 septembre 1939 (les Soviétiques prétextant notamment le besoin de protection des populations biélorusses et ukrainiennes, majoritaires dans une partie des territoires polonais concernés[Note 1]).

L'organisation des massacres[modifier | modifier le code]

L'image montre un document tapé à la machine en caractères cyrilliques. Des inscriptions manuscrites barrent en bleu la feuille en travers.
Le document officiel de Lavrenti Beria, daté du 5 mars 1940, demandant à Joseph Staline l'autorisation d'exécuter les officiers polonais. За signifie Pour. Sont pour, dans l'ordre, Staline, Vorochilov, Molotov et Mikoyan, et aussi, en marge Kalinine et Kaganovitch[7]

Dès le 19 septembre 1939, le commissaire du peuple aux Affaires intérieures et à la Sécurité de l’État de l’URSS, Lavrenti Beria, ordonnait au NKVD de créer un « Directorat pour les Prisonniers de Guerre », afin de prendre en charge les prisonniers polonais. Le NKVD organisa un réseau de centres de détention et de camps de transfert, puis transféra les prisonniers dans l'ouest de l'URSS.

Environ 250 000 soldats polonais, dont 10 000 officiers[8], furent faits prisonniers par les Soviétiques. La moitié d’entre eux — les simples soldats — fut relâchée par l’Armée rouge, les autres étant confiés au NKVD, lequel relâcha rapidement 42 400 soldats pour la plupart de culture ukrainienne ou biélorusse et en livra aux Allemands 43 000 autres, originaires de Pologne occidentale. Au 19 novembre 1939, le NKVD ne détenait plus qu'environ 40 000 prisonniers de guerre dont à peu près 8 500 officiers et sous-officiers. Beaucoup furent employés comme travailleurs forcés[réf. nécessaire]. Aussi d'après des estimations récentes des années 2000, fondées sur l'examen des archives, entre septembre 1939 et juin 1941 plus de 440 000 Polonais de la zone occupée par l'armée rouge furent déportés au Goulag ou assassinés par les Soviétiques dans le but d’éliminer « les classes sociales hostiles » au communisme[9]. Selon Jean-Sylvestre Mongrenier « Le chiffre total des déportés est d’environ 340 000 et le nombre des victimes de la répression anti-polonaise s’élèverait à au moins 500 000 personnes dont au moins 30 000 fusillés et 100 000 morts dans les camps[10] ».

Fin février 1940, 6 192 policiers et assimilés et 8 376 officiers restaient toujours internés[11]. Ces prisonniers furent soigneusement triés. Les officiers, parmi lesquels de nombreux étudiants (car le système de conscription polonais les incorporait systématiquement dans l’armée de réserve), furent rassemblés dans les deux camps de concentration de Kozielsk et de Starobielsk. Les cadres de la police, de la gendarmerie, des gardiens de prison, des gardes frontières et du scoutisme dans celui d'Ostachkov. Ces trois camps avaient également reçu des membres de l'élite civile polonaise (médecins, avocats, professeurs...), de même d'ailleurs que sept autres camps mineurs de l'URSS occidentale. La répartition des hommes était la suivante : 5 000 à Kozielsk, 6 570 à Ostachkov, et 4 000 à Starobielsk[12]. Le jour de Noël 1939, les religieux de toutes les confessions en furent retirés. On suppose qu’ils furent éliminés. Tous ces hommes subirent de longs interrogatoires et un espionnage interne permanent destinés à repérer ceux qui seraient enclins à collaborer avec les soviétiques. L’échec fut total[13].

  • Déportation des familles des victimes.

« Les 21 892 victimes furent transportées en camion vers les cinq sites d'exécution. Le plus célèbre se situait dans la forêt de Katyn près de Smolensk. Le NKVD avait noté les adresses des familles des victimes quand celles-ci avaient eu l'autorisation d'écrire à leur proches. Elles furent donc rassemblées et 60 667 personnes furent déportées au Kazakhstan »

— Antony Beevor, La Seconde Guerre mondiale, Paris, Calmann-Lévy, 2012, page 66.

Le 5 mars 1940[14], les membres du Politburo, Staline, Kliment Vorochilov, Anastase Mikoyan, Viatcheslav Molotov, Lazare Kaganovitch et Mikhaïl Kalinine — ces deux derniers étant absents lors de la réunion — donnent leur accord à la demande de Lavrenti Beria d'appliquer « le châtiment suprême, la peine de mort par fusillade » à 25 700 « prisonniers polonais, anciens officiers, fonctionnaires, agents de police, agents de renseignement, gendarmes […], membres de diverses organisations contre-révolutionnaires d'espions et de saboteurs… », sans comparution des détenus devant les tribunaux spéciaux du NKVD, ni acte d'accusation[15].

Les assassinats[modifier | modifier le code]

Cette carte géographique d'Europe nord-orientale situe les lieux de massacre. Des traits différents figurent les frontières de 1939 et de 2010.
Carte situant Katyń, Kozielsk, Starobielsk, Karkhov, Ostachkov, et Tver.

Les assassinats sont perpétrés par les services spéciaux du NKVD qui comptent quelques milliers « d'exécuteurs de sentences » professionnels, spécialement entraînés pour tuer les condamnés et cacher leurs corps (Z61-62). Ce meurtre de masse nécessite un personnel nombreux et formé, afin, en moins d'un mois, de fusiller des milliers de personnes, de cacher leurs corps, d'effectuer des transports dans une zone rurale, mais densément peuplée et de maintenir le secret sur l'ensemble du processus (Z61).

Les victimes sont tuées d'une balle[Note 2] tirée dans la partie postérieure du crâne(Z61). Si les munitions sont indubitablement de fabrication allemande, les corps de certaines victimes présentent des traces de coups de baïonnette à quatre côtés, utilisées par l'Armée soviétique, et les cordes qui attachent les mains derrière le dos et sont reliées à une corde nouée autour du cou, sont également de production soviétique(Z61-62).

Les méthodes d’exécution avaient depuis longtemps déjà été éprouvées sur les citoyens soviétiques. Les condamnés étaient transportés en train jusqu’à la gare la plus proche, puis en camion jusqu’à l'endroit de l’exécution. Les transports quotidiens étaient de moins de cent personnes. Chaque individu était ligoté séparément, puis placé sur le bord de la fosse, où on lui tirait une balle dans la nuque. Les exécutions s’effectuaient habituellement au moyen de pistolets Walther[Note 3] fournis par Moscou, modèle de fabrication allemande, comme les balles, couramment exportés pendant la période 1920-1926, notamment en Estonie dont les arsenaux militaires venaient d'être saisis par les Soviétiques[16].

La photographie couleur montre le lieu actuel du massacre. Au milieu d'un bois de feuillus et sapins, au sous-bois d'herbe tondue rase, des dalles roses forment des ovales à l'endroit où furent creusées trois fosses.
Contours des fosses communes figurés par des dalles de calcaire ; tombes symboliques.

Entre le 3 avril et le 13 mai 1940, 4 404 prisonniers furent transportés de Kozielsk, dans la forêt de Katyń, près de Smolensk, située à environ 50 kilomètres de la frontière biélorusse, où ils furent abattus d’une balle dans la nuque et ensevelis dans des fosses communes. Les 3 896 prisonniers de Starobielsk furent assassinés dans les locaux du NKVD à Kharkov et les 6 287 hommes détenus à Ostachkov tués à Kalinine (aujourd'hui Tver)[17]. Les corps ont été retrouvés dans le charnier soviétique de Piatykhatky. Les massacres ont donc concerné au cours de ces seuls trois mois plus de 14 400 Polonais. Il faut ajouter à cela près de 7 800 membres de réseaux de résistance et fonctionnaires divers, non mobilisés dans l'armée, qui, au titre de la décision du 5 mars 1940, furent fusillés par les OSO (Conseil spécial de la Police) ; on en compte 3 400 en Ukraine et 3 880 en Biélorussie[18].

On a retrouvé dans les fosses communes de Bykovnia près de Kiev une partie des officiers polonais ayant transité par Katyń et dont on avait perdu la trace. Plus de trois mille corps d'officiers polonais ont été déterrés dans cet immense charnier soviétique (ouvert en 1937 pour faire disparaître les dizaines de milliers de victimes des Grandes Purges staliniennes en Ukraine), qui sera visité pour cette raison par le pape polonais Jean Paul II en 2001. Ce n'est qu'à l'occasion de cette visite que la mention de la responsabilité nazie dans ce massacre a été effacée. Comme à Katyń, les soviétiques ont attribué à l'Allemagne ces fosses découvertes lors de l'offensive allemande Barbarossa. Tous les cadavres portaient la marque d'une ou plusieurs balles dans la tête. Les agendas et autres documents retrouvés ont permis de confirmer la seule responsabilité soviétique dans le massacre. Une cérémonie a été organisée en 2007 en présence des plus hautes autorités civiles et religieuses ukrainiennes lors de la nouvelle inhumation des corps après l'examen par les légistes.

Une autre partie des victimes a été retrouvée dans le charnier soviétique de Mednoye. Les Polonais ont construit un mémorial dans chacun des sites où les corps des militaires polonais ont été retrouvés.

Le point de vue allemand : découverte, enquête et propagande[modifier | modifier le code]

La découverte[modifier | modifier le code]

En août 1941, quelques semaines après le début de l'invasion de l'URSS par la Wehrmacht, les troupes allemandes découvrent dans la forêt de Katyń un premier charnier qui contient les restes de plusieurs centaines d'officiers polonais.

Signal, l'hebdomadaire illustré de la Wehrmacht, publie des photos de l'exhumation des corps : les uniformes sont reconnaissables et les cadavres dans un état de décomposition assez peu avancée. L'ensemble de la presse nazie exploite largement, à cette époque, la macabre découverte.

Fin 1942, des cheminots polonais, qui conduisent les trains allemands, rapportent avoir entendu des paysans biélorusses parler de soldats polonais enterrés dans la forêt de Katyń. C'est ainsi que d'autres charniers, bien plus importants que celui de l'été 1941 sont découverts.

Au printemps 1943, les militaires allemands mettent au jour plus de 4 500 corps d’officiers polonais[Note 4] empilés dans plusieurs fosses. Le 13 avril, les médias allemands rendent publique la découverte des corps d'environ un millier d'officiers polonais, fusillés, d'après la presse allemande, par le NKVD[19]. Deux jours après, les dirigeants soviétiques nient leur responsabilité sur les ondes en répliquant que les nazis ont commis ces atrocités lors de leur avance au cours de l’année 1941. Les autorités du Reich exploitent intensément l'événement dans le cadre de leur propagande antisémite jusqu'à l'été 1943. « Le mot d'ordre “Katyń” recouvrit la pire campagne antisémite qu'ait connu le régime depuis son avènement » analyse l'historien allemand Peter Longerich[20]. Pour les nazis, ce massacre était un « massacre juif ». En retour « l'anéantissement des Juifs pour ne pas être anéantis par eux [...] constitua le cœur de la propagande sur Katyń »[20].

Selon l'historien britannique John Erickson, Iakov Djougachvili (un des fils de Staline) se serait suicidé au camp de concentration de Sachsenhausen le 14 avril 1943 après que la nouvelle du massacre fut parvenue à sa connaissance[21].

L'enquête[modifier | modifier le code]

Dans la foulée de l'annonce du 13 avril, les autorités nazies mettent en place une commission d'enquête médicale internationale et suggèrent à la Croix-Rouge internationale d'envoyer ses propres experts sur place[19]. Afin d'utiliser le massacre à des fins de propagande, elles montrent le site à des prisonniers de guerre anglais et américains ; Heinrich Himmler suggère même au ministre des Affaires étrangères Joachim von Ribbentrop d'inviter à Katyn le chef du gouvernement polonais en exil, Sikorski[19]. « Connaissant bien la réaction de l'armée et de l'opinion publique polonaises, et devant les pressions de certains ministres qui avaient perdu des parents dans les camps soviétiques », Sikorski sollicite également l'envoi d'experts de la Croix-Rouge : cette demande fournit un prétexte à Joseph Staline pour rompre les relations diplomatiques avec le gouvernement polonais en exil, rupture officialisée le 26 avril[22].

La commission internationale, essentiellement composée de représentants de pays alliés à l'Allemagne nazie ou occupé par celle-ci, à l'exception de la Suisse, publie ses conclusions unanimes le 30 mai : les assassinats ont eu lieu au printemps 1940, ce qui en fait porter la responsabilité aux Soviétiques[23]. La commission d'enquête de la Croix-Rouge polonaise parvient à la même conclusion, mais elle ne la rend pas publique, pour de pas donner d'argument à la propagande nazie : son rapport est transmis au gouvernement britannique qui le classe comme un document ultra-secret et ne le divulgue qu'en 1989[24].

L'exploitation antisémite[modifier | modifier le code]

Selon l'historien allemand Peter Longerich[25], la découverte des charniers coïncide avec un tournant de la propagande antisémite nazie. Cette propagande entre dans une phase au cours de laquelle il s'agit moins de dissimuler l'extermination des Juifs que d'avertir les Allemands que dans le cas où l'Allemagne nazie perdrait la guerre, elle serait l'objet de représailles terribles de la part des Soviétiques et des Juifs, systématiquement assimilés l'un à l'autre.

Ainsi, dès la découverte, Goebbels note-t-il dans son journal, le 9 avril : « À proximité de Smolensk, on a retrouvé des fosses communes polonaises. Les bolchéviques y ont tout simplement abattu et entassé quelque 10 000 prisonniers polonais […] J'invite des journalistes neutres de Berlin à visiter les fosses communes polonaises. […] Sur place, ils devront se convaincre de leurs propres yeux de ce qui les attend si ce qu'ils souhaitent tant s'accomplissait vraiment, à savoir que les Allemands soient battus par les bolcheviques »[26].

Une violente campagne antisémite s'ensuit dans la presse allemande. Le 17 avril, Goebbels écrit : « Nous allons tellement agiter la propagande antisémite que, comme dans le temps de la lutte, le mot « Juif » sera de nouveau utilisé avec le ton dévastateur qu'il mérite »[27]. Et effectivement, la campagne menée sur Katyn, en étroite liaison avec Hitler lui-même, recouvre la pire campagne antisémite qu'ait connue le régime nazi depuis 1933[28]. La presse reprend le leimotiv de Katyn comme « massacre juif » [29]. Le but est de démontrer ce qui attendrait la population allemande en cas de défaite dans cette « guerre juive ». Ainsi, présenté par la presse allemande comme une crime judéo-bolchevique[30], celle-ci affirme, conformément aux consignes du bureau de presse du Reich[30], que le sort des Polonais massacrés annoncerait le sort des populations européennes en cas de défaite allemande et fournit l'occasion, pour le bureau de presse du Reich, de publier un essai intitulé Juda veut assassiner les peuples d'Europe et de dénoncer non seulement les « plans juifs d'extermination » des peuples d'Europe, mais aussi le meurtre rituel, soi-disant pratiqué par les Juifs, réalité « démontrable »[31].

Les éditoriaux de Robert Ley dans Der Angriff sont basés sur la diffusion de fantasmes antisémites angoissants[32]. Car selon cette propagande, ce sont les Juifs, les communistes juifs qui sont à l'origine du massacre de Katyn. Le Westdeutscher Beobachter du 22 avril 1943, sous le titre « Le désir de meurtre des Juifs », assimile le massacre de Katyn au prétendu « meurtre rituel juif »

La campagne antisémite fléchit un peu ensuite dans la presse, mais Goebbels lui-même la relance dans un article paru le 9 mai 1943, dans Das Reich où il définit la guerre comme une « guerre de la race juive et des peuples qui la soutiennent contre l'humanité aryenne ». Il conclut sur la menace qui caractérise cette campagne : « Si les Puissances de l'Axe perdaient le combat, plus aucun barrage ne pourrait sauver l'Europe du déferlement judéo-bolchevique. »

La propagande soviétique[modifier | modifier le code]

Peu après la reprise de la zone de Katyn par l'Armée rouge, l'URSS met en place une commission d'enquête présidée par un chirurgien de renom, Nikolaï Burdenko : la « Commission spéciale pour la vérification et l'enquête sur l'exécution par les envahisseurs nazis des officiers polonais prisonniers de guerre dans le bois de Katyn »[33]. Cette commission attribue la responsabilité des assassinats aux forces armées allemandes, en se basant sur le fait, jamais contesté, « que les balles avec lesquelles les prisonniers polonais avaient été exécutés étaient de fabrication allemande »[34]. Dans un premier temps, elle situe la date des assassinats entre août et septembre 1941, avant de changer de version et de les situer entre août et décembre, les corps des victimes étant revêtus de vêtements d'hiver[34].

Ces travaux servent de base à ceux de la commission pour l'organisation du procès de Nuremberg, dirigée par Andreï Vychinski : les responsables soviétiques comptent en effet sur le procès pour accréditer leur version des faits et attribuer officiellement la responsabilité du massacre aux nazis[34]. Les témoins sont préparés par des adjoints de Lavrenti Beria, préparation qui, « dans la langue du NKVD-KGB, a toujours eu une signification sinistre renforcée, dans le cas présent, par les noms de ceux qui se sont occupés du travail », comme Viktor Abakoumov[34]. Seul l'un des procureurs soviétiques à Nuremberg « refuse de participer à l'œuvre de falsification des dirigeants soviétiques » et veut faire part de ses doutes à Vychinski : il est retrouvé mort dans sa chambre d'hôtel le 23 mai 1946, vraisemblablement assassiné sur ordre de Beria[34].

À la fin des hostilités, les Soviétiques déclarèrent zone interdite la région de Katyń, refusèrent toute enquête par des organisations internationales et, assurés du soutien passif (et, parfois même, actif) des Occidentaux, organisèrent, à l’aide des partis communistes locaux, selon la technique éprouvée de l’amalgame (ceux qui mettent en doute la thèse soviétique sont des pro-nazis), une campagne internationale pour discréditer les personnes connaissant le dossier par expérience directe et chasser de leur poste d’enseignant les membres de la Commission internationale de 1943 (les Pr Naville à Genève et Palmieri à Naples[35]).

Le gouvernement communiste de la nouvelle république populaire de Pologne quant à lui censura la question en accord avec la position soviétique. Cette attitude, couplée à celle des Anglo-Saxons, qui mirent tout « en œuvre pour supprimer (…) les informations susceptibles de contredire la version soviétique », laissèrent les mains libres à la propagande stalinienne[36].

La position des États-Unis et de la Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

La même année, le président des États-Unis, Roosevelt missionna le capitaine George Earle, son envoyé spécial dans les Balkans, afin de compiler les informations sur ce dossier. Earle utilisa ses contacts en Bulgarie et en Roumanie et conclut que le coupable était l’Union soviétique. Le président rejeta ses conclusions et ordonna la destruction du rapport. Quand Earle insista pour le publier, le président lui intima par écrit l’ordre de ne pas le faire, puis l’affecta aux îles Samoa. Roosevelt déclara solennellement que cette affaire ne représentait « rien d’autre que de la propagande, un complot des Allemands » et qu’il était « convaincu que ce ne sont pas les Russes qui l’ont fait »[37].

De leur côté, les Britanniques bénéficiaient du rapport de leur ambassadeur auprès des Polonais, O’Malley, qui aboutissait à la même conclusion que George Earle. Ce qui ne modifia en rien la ligne stratégique adoptée par le gouvernement en vue de maintenir de bons rapports avec leur allié : faire en sorte « que l’histoire enregistre l’incident de la forêt de Katyń comme une tentative sans importance des Allemands pour retarder leur défaite »[35]. Les archives nationales américaines ont divulgué, depuis le 10 septembre 2012, de nouveaux documents secrets apportant les preuves que les États-Unis savaient, depuis 1943, que l'URSS était responsable du massacre[38],[39].

Polémique à Nuremberg sur l'implication des Soviétiques - 1946[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Procès de Nuremberg.

Présenté par l’accusation soviétique, le rapport Burdenko, document officiel, répondait aux exigences de l’article 21 des statuts[Note 5] pour être admis comme document à valeur probante (URSS-54). D’où la mention du massacre dans la liste des faits susceptibles d’être attribués aux accusés, constituant l’acte d’accusation, les trois autres parties (États-Unis, Royaume-Uni, France), bien qu’ayant protesté, n’avaient pas les moyens juridiques de s’y opposer[40].

La photographie en noir et blanc de 1946 montre les accusés dans un box du tribunal ; derrière eux, quatre soldats casqués de blanc et en uniforme d'apparat les surveillent.
Procès de Nuremberg : au premier rang (de gauche à droite) : Goering, Hess, von Ribbentrop, Keitel ; au second rang (de gauche à droite) : Doenitz, Raeder, von Schirach, Sauckel

Le Livre Blanc allemand de 1943 fut, lui, admis au dossier au titre de l’article 19[Note 6] c’est-à-dire, comme l’avait souligné le président du tribunal, doté d’une valeur probante éventuelle, accordée après examen (mais le cours des débats rendit cette valorisation sans objet)[41].

L'un des procureurs soviétiques, Nicolaï Zoria, fut retrouvé mort dans son lit après qu’il eut manifesté son opposition à la manipulation en cours[35].

L'intransigeance des Soviétiques à faire apparaître Katyń dans l’acte d’accusation était commandée par l’objectif final recherché : que ce crime soit cité dans le verdict. Ils tentèrent tout pour cela, à commencer par refuser la comparution de témoins au profit de déclarations écrites non publiques. Trois dépositions d’officiers allemands présents en 1943 furent cependant acceptées par le tribunal (sur six témoins demandés par la défense, dont le Pr François Naville, professeur de médecine légale et doyen de la faculté de médecine à Genève et membre de la Commission Internationale de 1943, qui fut refusé)[42]. L'accusation obtint corrélativement la présentation de trois témoins, dont le Pr Markov, un Bulgare, membre de cette même commission, que, avec les moyens de pression connus, les Soviétiques avaient « retourné », ainsi que le président de la Commission soviétique, Burdenko, qui était également le président de l'Académie des sciences médicales d’URSS.

Cependant, le rôle du tribunal n’était pas d'attribuer la responsabilité du massacre à l’Allemagne ou à l’Union soviétique, mais à l’un au moins des vingt-deux dignitaires de l'État national-socialiste poursuivis[Note 7]. La tâche de l'accusation était alors d'établir un lien entre les actes reprochés et les accusés. Mais, à l'audience, le procureur soviétique se révéla incapable de nommer le responsable de l'exécution du massacre[Note 8], ainsi que le principal suspect parmi les accusés[Note 9].

Les Soviétiques tentèrent malgré tout de faire passer en force leur point de vue, allant jusqu’à dénoncer une inadéquation des statuts du tribunal. Ce « baroud d'honneur » soulignait plus encore la faillite de l'accusation à charger les accusés, ce qui se matérialisa par l'absence de mention du massacre dans les 22 verdicts constituant le jugement[Note 10].

Pour ce qui est de l'interprétation du traitement donné au massacre par le Tribunal Militaire International TMI, il y a un consensus parmi les historiens et journalistes qui ont assisté au procès de Nuremberg ou l'ont étudié : le déroulement des débats et l'absence de toute mention de Katyń du verdict signifient que la partie allemande a réussi à prouver son innocence, ce qui désigne en creux les Soviétiques comme coupables[43]. Par exemple, Annette Wieviorka analyse l’absence de mention de Katyń dans le jugement comme « l'aveu tacite de la culpabilité soviétique[44] ». Elle reformule ainsi l'affirmation d’Alexandra Kwiatkowska-Viatteau selon laquelle, dans ce procès, « il y avait seulement deux meurtriers présumés (sic) responsables du crime [l’Allemagne ou l’URSS][36] ». Si toutes deux voient « Katyń disparaît[re] simplement du jugement », c’est parce que les juges ont montré un grand respect des droits de la défense. Bien que du camp des vainqueurs, ceux-ci auraient ainsi démontré leur équité. Étendue à l’ensemble du procès, cette disposition d’esprit non partisane établirait par conséquent la légitimité du tribunal.

L'épisode a néanmoins été utilisé, par exemple, par plusieurs personnes condamnées, en France, pour propos négationnistes, comme Robert Faurisson, dans le but de discréditer le jugement de Nuremberg en affirmant que les Allemands auraient été reconnus coupables pour Katyń et en soutenant que la loi Gayssot interdirait d'affirmer la culpabilité des Soviétiques à Katyń[Note 11].

La période de la Guerre froide - 1947 / 1990[modifier | modifier le code]

Confusion avec le massacre de Khatyn[modifier | modifier le code]

Article connexe : Massacre de Khatyn.

Pendant la Guerre froide, l'URSS a mis en avant le village martyr au nom paronymique de « Khatyn », en Biélorussie. Dans ce village, 149 personnes furent brûlées vives par les nazis, le 22 mars 1943.

Selon plusieurs chercheurs comme George Sanford (en) ou Victor Zaslavsky (en), il a existé chez les Soviétiques (et chez leurs porte-parole en Occident) une volonté d'entretenir la confusion entre les massacres de Katyń et de Khatyn pendant des décennies, dans une démarche propagandiste qui a rencontré un certain succès[45]. Des chercheurs, comme l'historien Norman Davies, expliquent ainsi que Khatyn a été choisi en 1969 pour y construire un mémorial à cause de la ressemblance avec le nom de Katyń[46],[47]. Toute allusion soviétique aux villages martyrs était systématiquement construite autour de Khatyn, Lidice et Oradour (trois massacres pour lesquels la responsabilité des nazis ne faisait pas débat). Le texte de Vladimir Poutine, « Les leçons de la victoire sur le nazisme » publié dans le quotidien français Le Figaro le 7 mai 2005, cite encore une fois ces trois villages martyrs[48].

Opinions publiques et gouvernements occidentaux[modifier | modifier le code]

Le contenu des débats de Nuremberg, tout comme celui du Livre Blanc allemand et du rapport Bourdenko, n'ayant pas atteint le grand public, la culpabilité allemande ou tout au moins une culpabilité largement partagée restait dans la mémoire (collective), comme un fait de notoriété publique[36].

La photographie couleur montre les deux chefs d'état attablés pour une signature conjointe. Derrière eux, les drapeaux américain et soviétique ornent le mur.
Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan en 1987.

Bliss Lane, ex-ambassadeur des États-Unis en Pologne, présida en 1949 une commission privée d’enquête sur Katyń et mena une campagne politique pour sensibiliser l’opinion sans obtenir de résultat. En 1951, les prisonniers américains de la guerre de Corée inspirant le Congrès des États-Unis, une commission spéciale fut constituée pour effectuer une enquête officielle sur Katyń. Elle conclut à la responsabilité du NKVD. Le gouvernement britannique rejeta cette conclusion. L'ensemble resta sans effet sur l’opinion publique. Cette enquête pouvait être interprétée comme une fabrication opportuniste, un avertissement diplomatique destiné aux Chinois et Coréens. Les médias britanniques et américains ne firent guère référence au massacre de Katyń jusqu'aux années 1960[49].

Les postures officielles restèrent ainsi fixées de part et d’autre du Rideau de fer. D'après la radio de l'Europe libre, après le XXe Congrès du PCUS, Khrouchtchev proposa deux fois à son homologue polonais, Gomulka, de reconnaître la responsabilité de Staline et de Béria dans le massacre de Katyn. Selon la même source en 1965, peu après la chute de Khrouchtchev, Gomulka affirma avoir refusé, de crainte « de déclencher une vague de haine antisoviétique »[50]. À la fin des années 1970, les autorités britanniques interdirent l’érection d’un mémorial affichant 1940 comme date des massacres sous le prétexte de son caractère provocant dans le contexte de la Guerre froide. De leur côté, celles de Pologne remplacèrent un mémorial érigé en 1981 par le syndicat Solidarność qui exhibait la simple inscription « Katyń, 1940 » par un monument officiel dédié « aux soldats polonais victimes du fascisme hitlérien reposant à Katyń »[réf. nécessaire].

Malgré ces attitudes officielles commandées par la nécessité de s'entendre ou de composer avec le régime soviétique, les travaux publiés des historiens réfutent la version officielle soviétique (parmi de nombreux autres, Józef Czapski, Terre Inhumaine, Janusz K. Zawodsky, Death in the forest, 1962, Henri de Montfort en 1969, Le Massacre de Katyn : crime russe ou crime allemand ?), au point que Jean-François Revel, dans La connaissance inutile[51] reproche à Claude Lanzmann d'avoir publié en 1987 dans les Temps Modernes un article qui nie la responsabilité soviétique à Katyn alors « qu'elle a été scientifiquement établie par les historiens ». « Lanzmann parle avec un scepticisme opiniâtre de crimes imputés à Staline par la propagande nazie. Se rend-il même compte qu'il se laisse ainsi envahir par une obsession de nier ce qui lui déplait identique à celle qui pousse un Robert Faurisson et les « révisionnistes » à mettre en doute les preuves de l'existence des camps de la mort ? Ses faux camps de la mort à lui, mais soviétiques ceux-là, sont ceux où avant juin 1941 furent de surcroît déportés 2 millions de Polonais dont la moitié au moins périrent de mauvais traitements ».

La couverture médiatique de Katynest faible dans les médias occidentaux jusqu'à la chute de l'URSS[réf. nécessaire] et parfois sujette à caution : par exemple l'historien médiatique français Alain Decaux[52] en parle mais en évoquant une éventuelle coresponsabilité des Nazis. Il a pu y avoir dit-il eu deux massacres de Katyn : l'un soviétique, l'autre nazi.

L'aveu de Gorbatchev et la confirmation d'Eltsine, à la chute de l'URSS, la livraison des originaux des ordres de Staline par Vladimir Poutine, la fouille des quatre charniers secrets de l'ex-Union soviétique, en dehors de celui de Katyń, où l'on retrouve les cadavres de la quasi-totalité des militaires polonais disparus, mettent un point final au débat historique. Vladimir Poutine explique ces massacres par une vengeance : la mise à mort de 32 000 prisonniers de guerre soviétiques lors de la guerre soviéto-polonaise en 1919-1920 par les militaires polonais[53].

Tous ces gestes marquent une nouvelle orientation dans le traitement diplomatique du drame, notamment entre la la Pologne et la Russie et l'Ukraine qui autorisent l'érection de monuments en mémoire des victimes sur les lieux des fosses communes,Bykivnia, près de Kiev, Mednoye près de Tver, Piatykhatky près de Kharkiv et d'y tenir des cérémonies religieuses régulières.

La sortie du film d'A. Wajda, Katyń, finit d'informer les opinions publiques et d'y généraliser la vérité sur la responsabilité soviétique du massacre[réf. nécessaire].

La découverte des archives soviétiques[modifier | modifier le code]

Dans le contexte de la Glasnost et de la Perestroïka lancées par Mikhaïl Gorbatchev, une commission d'enquête polono-soviétique sur l'affaire de Katyn, supervisée par Alexandre Nikolaïevitch Iakovlev est mise en place : ses membres polonais, dont Wojciech Jaruzelski, n'obtiennent que des réponses dilatoires à leurs questions sur l'existence d'archives relatives au massacre.(Z47)

Les premières archives sont découvertes fortuitement à la fin des années 1980 par des historiens travaillant pour la commission dans un fonds au nom absolument inoffensif, celui du Centre pour la conservation des documents historiques ; même si ces documents ne contiennent pas de trace des ordres d'exécution, ils permettent d'établir la responsabilité soviétique dans le massacre de Katyn (Z48-51). Averti de ces découvertes et après quelques atermoiements, Gorbatchev présente ses excuses officielles au peuple polonais lors d'une cérémonie organisée au Kremlin, le 13 octobre 1990, à l'occasion de la journée mondiale pour les victimes de Katyn, et transmet aux autorités polonaises des documents d'importance secondaire(Z52).

En décembre 1991, Gorbatchev remet à Boris Eltsine des archives secrètes du Politburo, qui portent notamment sur le massacre de Katyn (Z53-54) : le 24 septembre 1992, les membres de la commission créée par Elstine prennent connaissance de ces archives qui contiennent des documents établissant de manière irréfutable la responsabilité soviétique (Z55-56). Ces documents sont produits devant la Cour constitutionnelle de la Fédération de Russie lors de la mise en accusation du PCUS comme organisation criminelle, puis transmis, en octobre 1992, au président Lech Walesa(Z56).

Cependant, en mars 2005, en réponse à la demande de la Pologne lors du 65e anniversaire du massacre, la Russie refuse toujours de transmettre des documents sur le sujet, encore classés secrets (116 sur les 183 volumes d’archives rassemblées pendant les investigations et la décision d’y mettre un terme furent classifiés)[54].

Le procureur général militaire Alexandre Savenkov clôture une dizaine d’années d’instruction du dossier par un non-lieu, qualifiant le massacre de « crime militaire » pour l’assassinat de 14 540 personnes — ni génocide, ni crime contre l'humanité — ce qui lui accorde le bénéfice de la prescription (50 ans) et que par conséquent il n’y avait plus lieu à débattre sur le plan judiciaire[55].

En réponse, l’Institut polonais de la Mémoire nationale décide d’engager sa propre enquête[56] et le Sénat polonais vote un texte demandant aux Russes de déclassifier les archives concernées et de qualifier Katyń de génocide[57].

En mars 2005, Zbigniew Zaleski, eurodéputé de la Plate-forme civique et membre du PPE demande à Josep Borrell, alors président du Parlement européen, que l'assemblée observe une minute de silence en l'honneur des victimes. La requête lui est refusée au motif qu'il n'est pas possible de consacrer des minutes de silence à tous les événements tragiques du passé, pour lesquels des demandes affluent[58].

En 2005, un crâne, oublié depuis la Seconde Guerre mondiale, refait son apparition à l'institut médico-légal de Copenhague. Membre de la commission internationale envoyée sur les lieux du massacre en 1943, le médecin légiste danois Helge Tramsen avait rapporté clandestinement de sa mission cet objet plutôt macabre. Sur place, il avait autopsié des cadavres portant des uniformes polonais, exécutés par balles. Les restes du cadavre furent identifiés et restitués aux autorités polonaises venues sur place[59].

En avril 2006, une plainte est déposée devant la Cour européenne des Droits de l’Homme contre la Russie en vue de faire reconnaître le crime de Katyń comme crime contre l’humanité.

Le 26 novembre 2010, la Douma russe reconnaît la responsabilité directe de Staline en votant une résolution selon laquelle les documents conservés dans les archives secrètes du Kremlin prouvent que Staline a bien ordonné personnellement ce massacre[60].

Commémorations de 2010[modifier | modifier le code]

Le 7 avril 2010, les premiers ministres polonais, Donald Tusk, et russe, Vladimir Poutine, ont participé ensemble au soixante-dixième anniversaire du massacre, à Katyń. C'est la première fois qu'un premier ministre russe s'est rendu à Katyń. Si Vladimir Poutine n'a pas demandé pardon au peuple polonais, il a prononcé la déclaration suivante : « Un crime ne peut être justifié d'aucune manière. Nous sommes tenus de préserver la mémoire du passé. Nous n'avons pas le pouvoir de changer le passé, mais nous pouvons rétablir la vérité et la justice historique[61]. » Il a aussi ajouté de façon précise sur les responsabilités russes, ainsi que le cite l'agence Novosti : "Ce sont les dirigeants des services de sécurité de l'époque, le NKVD, dont Beria, et la direction politique, mais pour ce qui est des exécutants concrets, pensez-vous que je les connaisse tous par cœur? (…) Nous avons remis les documents à la partie polonaise, un million de pages"[62].

Le 10 avril 2010, alors qu'il se rendait aux commémorations, le président polonais Lech Kaczyński périt dans une catastrophe aérienne lorsque son avion, un Tupolev Tu-154, s'écrase à l'approche de l'aéroport de Smolensk (Russie) avec toute la délégation polonaise à bord. Parmi les autres victimes figurent son épouse et des familles d'officiers polonais exécutés, le président de la Banque centrale de Pologne Slawomir Skrzypek, le vice-ministre des affaires étrangères Andrzej Kremer, le chef d'état-major polonais Franciszek Gągor, l'ancien président polonais en exil à Londres Ryszard Kaczorowski et le vice-maréchal de la Diète Krzysztof Putra[63],[64].

Katyń dans les arts[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Le massacre de Katyń est le ressort principal d'Enigma, roman de Robert Harris paru en 1995.

Il vertèbre également le roman de Philip Kerr, La paix des dupes (2005 ; trad. fr. 2007).

Cinéma[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Katyń (film).

En septembre 2007, le film Katyń[65],[66] d'Andrzej Wajda, dont le scénario a été écrit sur la base d'un roman d'Andrzej Mularczyk Post mortem - Le roman de Katyń, a été projeté en Pologne, avant de sortir en France en mars 2009. Le père du réalisateur, Jakub Wajda, capitaine au 72e régiment d'infanterie, fut l'un des officiers assassinés lors des massacres de Katyń[67]. Le film aborde le massacre sous l'angle du crime contre l'humanité mais aussi sous celui des sentiments des proches des victimes devant le mensonge des bourreaux à l'égard des proches des victimes et l'impossibilité de faire le deuil des morts ainsi instrumentalisés par des coupables qui tiennent le haut du pavé.

La sortie de ce film relance une polémique[68]. Le cinéaste regrette notamment le peu de diffusion à l'étranger: « Katyń n'est pas diffusé aux États-Unis, en Russie, en Allemagne. Il sort tout juste en France. Ceux qui l'ont acheté ne le montrent pas. C'est dû à l'incompétence de la télévision publique polonaise. Ce sont des mammouths du socialisme réel[69]». La diffusion de Katyń en France est effectivement limitée à quelques très rares cinémas de quartier, dans de toutes petites salles.

Un article publié dans L'Humanité le 1er avril 2009 cultive l'ambiguïté. Son auteur rappelle quelle a été longtemps la thèse officielle soviétique : « En 1940 à Katyń, probablement quinze mille officiers de l’armée polonaise sont purement et simplement liquidés et balancés dans des fosses. Les coupables désignés de cette extermination sont les Allemands. Moi-même, participant il y a quelque trente ans de cela à une délégation très officielle en Union soviétique, ai été invité à me recueillir à Katyń sur ce symbole de la barbarie nazie. Mais (la délégation comportait de vieux crabes, dont un des officiers supérieurs de l’escadron Normandie-Niemen) des phrases circulaient sous le manteau. L’Armée rouge aurait, sur ordre de Staline, été responsable du massacre. Le dire aujourd’hui, en Pologne de surcroît, ne relève plus du scoop ». Mais il poursuit en écrivant que le résultat ne convainc pas. « La première raison est que l’esthétique est surannée, vieillotte, académique en un mot. [...] L’autre cause de l’échec est plus subtile. Wajda intègre des documents d’archives soviétiques pour nous montrer que l’image peut mentir. Belle idée de cinéaste. Mais si l’image peut mentir, pourquoi alors ne pas douter de la version des faits rapportés par Wajda ? En bref, si je crois tout ou partie (la place manque pour soulever la question de sa représentation de l’antisémitisme en Pologne) de ce qu’il affirme, c’est à partir d’un savoir extérieur, pas d’un point de vue intrinsèque. Comme aurait dit Godard, est-ce une image juste ou juste une image ? Convaincu que l’affirmation d’une vérité suffit, Wajda n’est pas assez dialecticien pour traiter ontologiquement cette question. D’où, ce qui renvoie à notre réserve précédente, un film qui illustre son propos au lieu de secréter son discours[70] ».

Dans un article publié dans Le Monde, Jean-Luc Douin critique Andrzej Wajda pour « le renvoi dos à dos des nazis et des Soviétiques comme prédateurs du territoire national » et « sur l'étrange confusion entre Katyń et le génocide des juifs. Rien, aucune allusion, dans le film, sur la Shoah, mais une description des rafles, de la traque des familles d'officiers polonais, comme s'il s'agissait de la déportation des juifs en camps. Détail troublant : ces proies d'un massacre programmé sont viscéralement attachées à leur ours en peluche. Or le Musée Yad Vashem de Jérusalem a fait de l'ours un symbole de l'extermination des enfants juifs, du martyre d'un peuple[71] ». Cette analyse suscite une vigoureuse prise de position d'Adam Michnik, publiée dans le même quotidien. Michnik se déclare consterné par la « troublante ignorance » du quotidien français : « À l'époque, la Pologne fut morcelée par deux puissances totalitaires liées par le pacte germano-soviétique. La terreur dans les deux parties occupées du pays fut comparable ; la brutalité et la cruauté avec lesquelles les deux occupants emprisonnaient et assassinaient les Polonais était la même. [...] En Europe occidentale, [...] le dogme idéologique interdisait de mettre côte à côte les crimes d'Hitler et ceux de Staline. La critique du Monde est donc prisonnière de ce dogme, alors que Wajda le défie. Le metteur en scène polonais brise le mur du silence. [...] Ce fut un sujet tabou pour la gauche française. Pendant de longues années, elle garda le silence autour de l'invasion de la Pologne par l'Armée rouge, des crimes des Soviétiques, de même que sur Katyń. Jusqu'à aujourd'hui, ce tragique événement historique est un cadavre dans le placard de la gauche française, si longtemps indulgente à l'égard du Grand Linguiste, Joseph Staline[72]. » Une étude récente, publiée par une revue proche du PS, reprenant l'histoire de Katyn et son traitement par la gauche française, notamment la diffusion par le PCF du mensonge soviétique, jusqu'à une lecture critique des articles parus dans L'Humanité et dans Le Monde, s'interroge sur cette difficulté française à admettre les crimes soviétiques[73]. Cette relative réticence s'explique aussi par le difficile parallèle chiffré entre les conséquences des deux invasions allemande et soviétique de la Pologne. Ce n'est pas par milliers ou dizaines de milliers, mais par millions que sous l'occupation allemande, les Polonais périssaient, au moment où Berlin, en 1943, dénonçait la tuerie soviétique et exigeait une enquête internationale. Katyn était considéré à gauche comme le fruit de la perversion stalinienne du marxisme, déjà en cours à l'époque de la Grande Purge, menée en URSS même,entre 1936 et 1938. En ce qui concerne la zone d'occupation allemande, statistiquement jusque dans les années 1980, on admettait à gauche qu'environ 6 millions de Polonais furent exterminés entre 1939 et 1945, en application d'un plan hitlérien défini en 1923 dans Mein Kampf, pour ce qu'ils étaient : 3 millions de catholiques slaves (comme l'étaient les victimes de Katyn) et autant de juifs. Encore en 1988, des estimation d'origine polonaise ont-elles monté à 7,5 millions le nombre total de Polonais tués par les nazis : 2,9 millions de juifs et 4,6 millions de victimes catholiques pour leur origine slave[74].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ordre du 14 septembre 1939 de libérer les territoires de « Biélorussie de l’Ouest » et de « l’Ukraine de l’Ouest » de « l’occupation fasciste polonaise ».
  2. Sur certains cadavres, on trouve la trace de deux projectiles(Z61)
  3. Probablement des Walther PP ou PPK ; la version militaire de ces Polizei Pistole, le Walther P38 n'avait été adoptée par l'armée allemande qu’en 1938 (comme son nom l'indique).
  4. Initialement, le « massacre de Katyń » ne désigne que ces 4 500 officiers polonais retrouvés en forêt de Katyń ; depuis, l’expression s’est étendue à l’ensemble des personnes exécutées sur l’ordre de Staline du 5 mars 1940. Parmi celles-ci, le nombre de polonais est actuellement estimé à 21 857.
  5. Article 21 : Le Tribunal n’exigera pas que soit rapportée la preuve de faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis. Il considérera également comme preuves authentiques les documents et rapports officiels des gouvernements des Nations unies, y compris ceux dressés par les Commissions établies dans les divers pays alliés pour les enquêtes sur les crimes de guerre ainsi que les procès-verbaux des audiences et les décisions des tribunaux militaires ou autres tribunaux de l’une quelconque des Nations Unies.
  6. Article 19 : Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l’administration des preuves. Il adoptera et appliquera autant que possible une procédure rapide ["expeditious"=expéditive] et non formaliste et admettra tout moyen qu’il estimera avoir une valeur probante.
  7. Comme l'avait précisément décrit l’un des juges, le Général Nikitchenko, un magistrat militaire ayant siégé aux célèbres procès politiques moscovites, « le fait que les chefs nazis soient des criminels a déjà été établi [par les déclarations et accords des alliés]. Le rôle de ce tribunal se limite donc à déterminer la culpabilité précise de chacun [des accusés]. » dans : Leo Kahn, Nuremberg Trials, Bellantine, N.Y., 1972, p. 26.
  8. Furent successivement désignés un commandant du régiment de génie 537, son successeur et la police (le SD).
  9. Lorsque le Dr Latermeer, avocat de Seyss-Inquart, demanda : « À quel accusé doit être imputé le meurtre ? », il obtint un refus de répondre.
  10. Ces verdicts ne citent d’ailleurs, sauf exception illustrative, que des faits d'ordre général et la quasi-totalité des noms mentionnés dans l'acte d'accusation, tel qu'Oradour-sur-Glane, en sont absents. Ces faits furent l'objet de procès ultérieurs contre des subalternes.
  11. Notamment dans Revue d'histoire révisionniste (n° 2), « Katyń à Nuremberg » de Robert Faurisson. Dans ce texte, Faurisson prétend que le document URSS-54 n'a pas été discuté et aurait été considéré par le tribunal comme la preuve de la culpabilité allemande en vertu de l'article 21, culpabilité qui serait, toujours selon les négationnistes, l'une des conclusions du procès de Nuremberg. Cependant l'article 21 n'a pas été interprété par le tribunal comme interdisant la discussion du document URSS-54 ou l'audition de témoins. Voir à ce sujet PHDN, Katyń à Nuremberg, la honte et la justice, 2000.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Communiqué de presse original de la TASS du 14 avril 1990.
  2. (en) Le parlement russe condamne Staline pour le massacre de Katyn - BBC News - 26.11.2010
  3. Massacre de Katyń : une vengeance de Staline (Poutine), Ria Novosti, 7 avril 2010.
  4. Voir, par exemple, Michael Jabara Carley, 1939 : l’alliance de la dernière chance : une réinterprétation des origines de la Seconde Guerre mondiale, chap. 5
  5. Documents diplomatiques français: 1932-1939, Volume 2, disponible sur Google Book
  6. Michael Jabara Carley, 1939 : l’alliance de la dernière chance : une réinterprétation des origines de la Seconde Guerre mondiale, chap. 1
  7. Source : [1].
  8. p.428, Prisons et déportations in Le livre noir du communisme
  9. Stephane Courtois, « Tout le symbole du mensonge totalitaire » Le Figaro, 1er avril 2009
  10. Katyn et l’hémiplégie historique française, Jean-Sylvestre Mongrenier, Institut Thomas-More, 13 avril 2010
  11. p.429 in Le livre noir du communisme
  12. David Rousset, Théo Bernard, Gérard Rosenthal, Pour la vérité sur les camps concentrationnaires, paris, Le Pavois, 1951, témoignage de Josef Czapski.
  13. Zawodny, Janusz K., Death in the Forest: The Story of the Katyn Forest Massacre, 1962, University of Notre-Dame Press.ISBN 0-268-00849-3
  14. V. Zaslavsky, Le massacre de Katyn, p. 55
  15. V. Zaslavsky, Le massacre de Katyn, p. 163-168
  16. Timothy Snyder -Terres de sang -NRF - Gallimard- Mars 2012
  17. Le livre noir du communisme, p. 430.
  18. Le livre noir du communisme, p. 431.
  19. a, b et c V. Zaslavsky, Le massacre de Katyn, p. 37
  20. a et b Peter Longerich, « Nous ne savions pas ». Les Allemands et la Solution finale 1933-1945, Éditions Héloïse d'Ormesson, 2008, p. 344-362.
  21. http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/1351020/Revealed-how-Stalins-brutal-massacre-at-Katyn-shamed-his-PoW-son-into-suicide.html
  22. V. Zaslavsky, Le massacre de Katyn, p. 38-39
  23. V. Zaslavsky, Le massacre de Katyn, p. 39
  24. V. Zaslavsky, Le massacre de Katyn, p. 40-41
  25. Peter longerich, « Nous ne savions pas », Les Allemands et la Solution finale 1933-1945, Éditions Héloïse d'Ormesson, 2008. (ISBN 978-2-35087-075-5)
  26. Journal de Goebbels, 9 avril 1943.
  27. Journal de Goebbels, 17 avril 1943.
  28. Peter longerich, « Nous ne savions pas », Les Allemands et la Solution finale 1933-1945, Éditions Héloïse d'Ormesson, 2008, p. 346
  29. Par exemple, Der Angriff, 16 avril 1943.
  30. a et b Jeffrey Herf, L'ennemi juif, p.186.
  31. Jeffrey Herf, L'Ennemi juif, pp. 186-187
  32. Peter longerich, op. cit., p. 347
  33. V. Zaslavsky, Le massacre de Katyn, p. 41
  34. a, b, c, d et e V. Zaslavsky, Le massacre de Katyn, p. 42
  35. a, b et c Victor Zaslavsky, le Massacre de Katyń, 2003, éd. du Rocher, ISBN 2-268-04796-2, p. 63 et suiv.
  36. a, b et c Alexandra Kwiatkowska-Viatteau, Katyń, l’armée polonaise assassinée, 1982, éd. Complexe, ISBN 2-87027-093-3
  37. Yannick Haenel, Jan Karski, Gallimard 2009, p 171.
  38. Blog Big Browser, 11/09/12, TOP SECRET – Massacre de Katyn : des archives apportent la preuve que les Etats-Unis ont protégé l’URSS
  39. Katyn Massacre Memos Show U.S. Hushed Up Soviet Crime, Huffington Post, 10 septembre 2012
  40. Pour une discussion de l'article 21 et des conditions d'incorporation de Katyń à l'acte d'accusation, voir PHDN, Katyń à Nuremberg, la honte et la justice, 2000.
  41. Tristan Mage, Procès des grands criminels de guerre devant le Tribunal Militaire International de Nuremberg, 1993-98, XVII, p. 277-380 pour les deux séances consacrées au massacre
  42. Sur l'échec des Soviétiques à museler la défense et les échanges très tendus qui eurent lieu entre les juges et l'accusation soviétique, voir PHDN, Katyn à Nuremberg, la honte et la justice, 2000.
  43. Un ensemble de citations de journalistes et d'historiens en ce sens se trouve à la fin de PHDN, Katyń à Nuremberg, la honte et la justice, 2000.
  44. Annette Wieviorka, Le procès de Nuremberg, Éditions Ouest-France, 1995, p. 92
  45. George Sanford (en), Katyn And The Soviet Massacre Of 1940: Truth, Justice And Memory, éd. Routledge, 2005, pp. 195-196 : « The Soviet authorities also tried to confuse the issue of their failure to erect a full memorial at Katyn by publicising the significance of a village with a similar sounding name. Khatyn, a small and otherwise obscure village in Belarus, about 30 miles to the north east of Minsk and 160 miles west of Katyn, was suddenly favoured with massive Soviet media attention from 1969 onwards. » ; Victor Zaslavski, Class cleansing : the Katyn Massacre, éd. Telos, 2008, p. 79 : « Taking advantage of the similar names, Soviet propaganda attempted, with some success, to create a connection between the two events and thereby confuse the Katyn Massacre with the German war crime that took place at Khatyn »
  46. Fischer, Benjamin B., "The Katyn Controversy: Stalin's Killing Field", Studies in Intelligence, Winter 1999–2000, last accessed on 10 décembre 2005
  47. Norman Davies, Europe: A History, Oxford University Press, 1996, page 1005. ISBN 0-19-513442-7.
  48. Le texte de Vladimir Poutine publié dans Le Figaro le 7 mai 2005.
  49. Anna M. Cienciala, Natalia Lebedeva, Wojciech Materski (dir), Katyn: A Crime Without Punishment , Yale University Press, 2008, pages 235-242
  50. François Fetjo, Histoire des démocraties populaires , Paris, Seuil, 1972, 2 vols, tome 1, p. 39.
  51. Jean-François Revel, La connaissance inutile - Collection Club Express - Grasset et Fasquelle, 1988, p. ??
  52. Alain Decaux raconte, L'affaire de Katyn (1979).
  53. « Massacre de Katyn: une vengeance de Staline (Poutine) », sur RIA Novosti,‎ 7 avril 2010 (consulté le 23 septembre 2013)
  54. Article archivé du Nouvel Observateur
  55. Article sur Mosnews : Katyn Massacre was not Genocide… Russian Military Prosecutor, 11/03/2005 À lire en ligne.
  56. (en) Malgorzata Kuzniar-Plota, Departmental Commission for the Prosecution of Crimes Against the Polish Nation, Varsovie, 30 novembre 2004 À lire en ligne.
  57. (en) Polish Government statement Senate Pays Tribute to Katyn Victims, 3/31/2005
  58. Le Monde du 10 mars 2005
  59. Extrait site Société des sciences médicales du Luxembourg
  60. Pierre Avril, « La Russie dénonce les crimes de Staline », sur Le Figaro,‎ 26 novembre 2010 (consulté le 28 novembre 2010)
  61. [2] RFI
  62. Extrait de la dépêche de l'agence Novosti du 7 avril 2010, consultable sur le site de l'agence [3].
  63. L'avion du président polonais s'écrase en Russie, pas de survivants AFP, le 10 avril 2010.
  64. Le président polonais tué dans un accident d'avion Rue89
  65. Montage polonais de la bande-annonce du film
  66. Montage français de la bande-annonce du film, en version originale sous-titrée
  67. Le Monde, 15 septembre 2007
  68. Katyn, un film qui dérange par André Larané dans Hérodote
  69. « "Je voulais évoquer le crime et le mensonge" », Le Monde, 31 mars 2009.
  70. « Tu n’as rien vu à Katyn » par J.R. dans L'Humanité, 1er avril 2009.
  71. "Katyń" : film poignant et douloureux pour Wajda par Jean-Luc Douin dans Le Monde
  72. «Katyn» ou le film du massacre des Polonais par les Soviétiques par Adam Michnik dans Le Monde
  73. Eric Lafon, "katyn de la négation à la vérité historique. Y a-t-il une difficulté française à admettre les crimes soviétiques ?", in Recherche socialiste, Hors-série n°46-47, 2009.
  74. François Bafoil (dir), La Pologne, Paris, Fayard, 2007 p. 180

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Premier ouvrage récapitulant les enquêtes des autorités polonaises sur les fosses de Katyń et la responsabilité des soviétiques
  • (en) Coll., Death at Katyn : An Account of a Survivor, New York, comité national des Américains d'origine polonaise, 1944.
  • (pl) Coll., Lista Katynska, Jency obozow, Kozielsk - Ostaszkow - Starobielsk, Zaginieni w rosji sowieckiej, (Liste de Katyń : Prisonniers des camps de Kozelsk–Ostaszków–Starobielsk qui ont disparu en Union soviétique) opracowal Adam Moszynski, Londres, Gryf Publications, 1982.
    Éditions en 1949, 1974, 1977. Il existe aussi des éditions publiées à Varsovie en 1988 et 1989. Ce livre contient des listes de victimes du massacre.
  • Józef Czapski, Terre inhumaine, préface de Daniel Halévy, Paris, L'âge d'Homme, collection Histoire et témoignages, 1978 (1e édition en polonais, 1949).En français :Paris, Self, 1949, 292 p. (Préface de Daniel Halévy).
  • Józef Czapski, Souvenirs de Starobielsk, Paris, Noir sur Blanc, 1987 (ISBN 2882500017).
Une brochure a été publiée en 1945, Wspomnienia Starobielskie, en Italie, Biblioteka Orla Bielgo, 1945.
les deux versions du livre d'Alexandra Kwiatkowska-Viatteau sont assez différentes, la recherche historique ayant fait des progrès. Une troisième édition est en préparation.
  • Alexandra Kwiatkowska-Viatteau, Staline assassine la Pologne, 1939-1947, Paris, Éditions du Seuil, 1999.
  • Andrzej Paczkowski, Pologne, la Nation-Ennemi in Le livre noir du communisme, Paris, Robert Laffont, 1997 (Réédition 1998, collection Bouquins, (ISBN 2221088611)
  • Janusz Kazimierz Zawodny, Katyn : massacre dans la forêt, traduction Marie-Alyx Revellat, Paris, Stock, Collection Témoins de notre temps, 1971 (1e édition en 1962)
  • Victor Zaslavsky, Le massacre de Katyn, Paris, Perrin, coll. « Tempus »,‎ 2007, 202 p. (ISBN 978-2-262-02651-6)
  • "Rapport du maitre-forestier may" dans Les temps modernes, n° 487, février 1987(Préface de Claude Lanzmann).
  • Frédéric Saillot, Katyn,de l'utilité des massacres, Paris, L'Harmattan, 2010.

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54° 46′ N 31° 47′ E / 54.767, 31.783 (Massacre_de_Katyń_1940)