Requiem pour un massacre

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Requiem pour un massacre

Titre original Иди и смотри
Réalisation Elem Klimov
Scénario Elem Klimov
Ales Adamovitch
Acteurs principaux
Sociétés de production Mosfilm et Belarusfilm
Pays d’origine Drapeau de l'URSS Union soviétique
Genre Drame, guerre
Sortie 1985
Durée 140 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Requiem pour un massacre (en russe : Иди и смотри, Idi i smotri; littéralement « va et regarde », qui est une adaptation du verset 1:39 de l’Évangile selon Saint Jean, « venez et voyez ») est un film soviétique réalisé par Elem Klimov en 1984.

Résumé[modifier | modifier le code]

Biélorussie 1943. Sous les invectives d'un villageois, deux enfants creusent le sable pour récupérer des objets divers enfouis avec les cadavres de soldats. Le plus âgé, Fiora trouve un fusil et revenu à son domicile, malgré l'opposition farouche de sa mère, décide de rejoindre les partisans. Ceux-ci viennent le chercher et en dépit des adieux déchirants de sa maman, il part en la laissant avec ses deux sœurs car son père est sans doute au front.

Arrivé au camp, il découvre son nouveau cadre de vie et est affecté à diverses tâches mais les maquis à peine revenus à leur base doivent repartir et comme il est très jeune on le laisse sur place. Ulcéré d'être ainsi déprécié, il commence à s'enfuir lorsqu'il rencontre une jeune fille, Glacha, avec qui finalement il revient au camp. Lorsqu'ils arrivent, le repaire des partisans est anéanti par un bombardement et des soldats allemands traversent les bois.

Tous les deux retournent donc au village complètement désert où le jeune garçon ne retrouve ni sa mère, ni ses sœurs. Horrifié, il pense comprendre qu'elles ont fui les Allemands. Il s'enfuit sans se retourner en pensant les retrouver cachées au milieu des marais; ce qui permet à Glacha de ne pas lui montrer le charnier qu'il y a derrière une grange. Après une traversée exténuante du marécage, ils retrouvent dans une île des survivants, dont le villageois qui leur criait de ne pas creuser le sable, très grièvement brûlé; il leur raconte comment les habitants du village ont été massacrés.

Il part avec trois hommes à la recherche de nourriture. L'ennemi est partout et deux de ses compagnons sautent sur une mine; cependant Fiora et son camarade volent une vache dans un pré mais l'animal ainsi que celui qui la menait sont abattus par des tirs de mitrailleuses allemandes. Au matin, Fiora découvre une télègue dans un champ qui peut lui servir à transporter le cadavre de l'animal. Mais le propriétaire de la charrette et lui-même rentrent finalement dans un village car un détachement de SS arrive. Le village est encerclé; tous les habitants sont rassemblés sur la place puis enfermés dans l'église. Fiora arrive à en sortir et assiste aux atrocités qui précèdent le massacre de la population et l'incendie du village. Anéanti, il quitte ce lieu infernal et retrouve sur la route les partisans qui ont attaqué le détachement nazi et capturé des officiers, qui sont exécutés.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Titre français : Requiem pour un massacre ou Viens et vois
  • Réalisateur : Elem Klimov
  • Assistants de réalisation : N. Grakina, I. Levandovskaïa, Afanassi Trichkine
  • Scénario : Elem Klimov, Ales Adamovitch d'après son œuvre "Récit de Khatyn"
  • Photographie : Alexeï Rodionov
  • Caméra et électricité : B. Galper, K. Klimine, N. Zouïev
  • Son : Victor Morse
  • Montage : Valeria Belova
  • Direction artistique : Victor Petrov
  • Décors : Victor Petrov
  • Costumes : Eleonora Semionova
  • Effets spéciaux : Albert Roudotchenko, Victor Janov
  • Effets pyrotechniques : N. Andreïev, Ya Goldmann, V. Zemnokha
  • Consultant militaire : P. Goutenko
  • Maquillage : V. Bolotnikov, S. Mikhlina, A. Jourba
  • Musique : Oleg Iantchenko
  • Édition du service musical: Mina Blank
  • Administrateurs de production : Yu Oksatchenko, V. Ponotchevnyi, Z. Rogozovskaïa
  • Direction du script : Anatoli Koudriavtsev, Ada Repina
  • Production : S. Terechtchenko
  • Sociétés de production : Mosfilm et Belarusfilm
  • Pays d'origine : URSS
  • Date de sortie : juillet 1985 en URSS
  • Langues : biélorusse, russe, allemand
  • Format: couleur - 35 mm - stéréo - 1,37 : 1
  • Genre : Drame, guerre
  • Durée : 140 minutes
  • Interdit en France aux moins de 12 ans

Distribution[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Renseignements puisés dans les bonus du DVD édité par R.U.S.C.I.C.O.

  • La première version du scénario avait pour titre "Tuez Hitler". Ce titre selon Elem Klimov signifiait "Tuez le Hitler qui est en vous"
  • Malgré le très actif soutien du premier ministre biélorusse, Piotr Machérov, le scénario a subi de telles critiques de la part du Goskino que le projet a été abandonné. Entre autres observations, il ne fallait pas le mot "Hitler" dans le titre.
  • Au bout de sept ans, à l'approche du quarantième anniversaire de la Victoire, l'administration a accepté que ce film soit tourné mais par un autre réalisateur; le scénariste, Adamovitch répondit que ce serait Elem Klimov et lui seul.
  • Le nouveau titre qui fut conservé 'Viens et vois a été proposé par son frère, Guerman Klimov, qui lui fut inspiré par la lecture de l'Évangile, notamment un verset emprunté de l'Apocalypse.
  • Le tournage dura neuf mois et fut très dur. On réussit à retrouver des Biélorusses qui avaient échappé à des bûchers humains pour donner plus d'authenticité à certaines scènes. De vraies balles de mitrailleuses ont sifflé au-dessus de la tête d'Alexeï Kravtchenko et ont réellement tué la vache qui a failli l'écraser. De vrais obus ont été utilisés et, pendant la scène du marécage, le jeune acteur qui avait 15 ans a failli se noyer.
  • Un psychologue fut embauché pour aider l'acteur principal à surmonter les épreuves du tournage.
  • Le réalisateur confesse qu'il n'a pas voulu tout montrer, mais qu'il se sentait obligé de témoigner car lui même avait des souvenirs précis de cette guerre.

Commentaire[modifier | modifier le code]

  • L'ouvrage d'Ales Adamovitch relatant les massacres perpétrés par les Nazis en Biélorussie repose sur des témoignages directs. « C'est l' Apocalypse Now de la Seconde Guerre mondiale (...) et son côté terrifiant dans l'horreur lui vaudra la détestation de certains critiques français », écrit, à propos du film, Marcel Martin[1].
  • « Il n'y a pourtant aucune complaisance morbide dans cette fresque convulsive constamment transcendée par une vision épique d'une puissance exceptionnelle et distanciée par le fait que le protagoniste, un gamin d'une quinzaine d'années, regarde souvent la caméra : le spectateur est ainsi érigé en témoin et non pris au piège d'une dramatisation accrocheuse », ajoute-t-il[2].
  • Lors du massacre dans l'église, au milieu des cris et des pleurs, la bande sonore fait entendre un passage du Requiem de Mozart. Dans une interview, Elem Klimov, réalisateur du film, dit : « Parce qu'il y a deux Autrichiens dans ce film, Mozart et Hitler ! »
  • La fin de Requiem pour un massacre est justement stupéfiante : remontant le cours du temps à travers des documents d'archives sur Hitler, la caméra filme une photo du dictateur encore enfant, traînant dans la boue, et le garçon ne tire pas sur son portrait. « Parce qu'un enfant est si précieux qu'il ne faut pas le tuer, même s'il s'agit d'Hitler », dit encore Elem Klimov[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (in : Le Cinéma soviétique de Khrouchtchev à Gorbatchev, Éditions L'Âge d'Homme)
  2. (op. cité)
  3. (Interview in: La Revue du cinéma, n° 421, nov. 1986)

Liens externes[modifier | modifier le code]