Spetsnaz

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Régiment Russe d'Opérations Spéciales
Войска специального назначения
Pays Drapeau de l’URSS Union soviétique (jusqu'à 1991)
Drapeau de la Russie Fédération de Russie
Type Forces spéciales
Rôle Forces spéciales
Emblème des Spetsnaz.
Spetsnaz soviétiques en Afghanistan en 1988.

Le terme générique Spetsnaz (russe : Спецназ) désigne de multiples groupes d'intervention spéciaux de la politsia (police), des ministères de la Justice et des Affaires intérieures russes, du FSB (ex KGB) et du SVR ainsi que de l'armée russe.

Spetsnaz est la contraction de SPETSïalnoyé NAZnatchéniyé (nom complet en russe : Войска специального назначения, forces à désignation/but spécial).

Historique[modifier | modifier le code]

Les spetsnaz descendent du groupe de partisans de Ilya Starinov (surnommé le grand père des spetsnaz) qui ont pratiqué de nombreux sabotages durant la guerre d’Espagne. C'est à cette époque qu’apparaît le nom de spetsnaz .

Au cours de la seconde guerre mondiale, de plus en plus d’unités spetsnaz (dont celle du NKVD) sont formées pour intervenir au devant de l'armée rouge ou pour entraîner des groupes de résistants. Par la suite de nombreux soldats issus des VDV (troupe aéroportés russe) pour venir grossir les rangs de ces unités.

Destination et utilisation[modifier | modifier le code]

Le seul mot d'ordre de ces forces spéciales est l'efficacité absolue dans leurs missions par tous les moyens disponibles.

L'assassinat du président afghan Hafizullah Amin le 27 décembre 1979 à Kaboul est leur première grosse opération nommée opération Chtorm-333. Des Spetsnaz ont débarqué de 2 Antonov à l'aéroport international de Kaboul revêtus d'uniformes afghans et, guidés par les agents du KGB, ont nettoyé le palais présidentiel et assassiné le président. Une douzaine de Soviétiques y perdirent la vie dont le colonel Borianov, responsable de l'opération, tué par un tir fratricide car confondu avec un garde afghan[1].

Leur rôle dans la guerre d'Afghanistan, la libération des diplomates soviétiques enlevés à Beyrouth en 1985, la libération spectaculaire du français Vincent Cochetel en 1998 et le règlement des prises d'otages au théâtre de Moscou et en Ossétie du Nord comptent parmi les prestigieux mais sanglants faits d'armes de ce corps d'élite.

Les différents groupes[modifier | modifier le code]

Des spetsnaz dans les montagnes afghanes en 1986.

Alpha et Vympel du FSB[modifier | modifier le code]

À l'origine désignés Grom et Zenit, les groupes Alpha et Vympel (étendard) sont chargés de missions antiterroristes.

Créé en 1974, Alpha participa à de multiples opérations, par exemple : en 1999 au Daghestan, de 1999 en 2001 en Tchétchénie, en 2001 à Mineralnyé Vody, en 2002 à Moscou lors de la prise d'otage au théâtre Nord-Ost et en 2004 à Beslan.

Le groupe Vympel quant à lui, fut créé le 19 août 1981 par le général Youri Ivanovitch Drozdov au sein de la Direction "S" de la Pé-Gué-Ou du KGB et ses membres accomplirent diverses missions armées et jouèrent le rôle de conseillers militaires auprès de la guérilla locale, en Mozambique, à Cuba, au Viêt Nam, en Angola, au Nicaragua et au Liban.

Alpha et Vympel participèrent avec le Spetsnaz GRU à l'assassinat du président afghan Amin en 1979 ainsi qu'à de nombreuses opérations durant la guerre d'Afghanistan et en Tchétchénie, où ses membres éliminèrent plusieurs responsables de la rébellion tchétchène: Raduev, Baraev, Abou-Oumar, Abou-Habs, Basaev et Mas'hadov.

Les forces spéciales du Ministère des affaires intérieures[modifier | modifier le code]

Destinées aux missions antiterroristes sur le territoire russe. Composées de plusieurs détachements basés dans plusieurs villes, parmi eux on peut citer : Vityaz, qui prit part aux opérations en Tchétchénie, Rous' (Moscou) et Skif (Rostov-sur-le-Don).

Citons également le SOBR (en)(СОБР, Специальный Отряд Быстрого Реагирования) détachement spécial de réaction rapide, créé en 1992 et destiné également à la libération d'otages et à la lutte antiterroriste.

Spetsnaz du GRU[modifier | modifier le code]

Membres du bataillon Vostok. Une unité Spetsnaz du GRU habituellement stationnée en Tchétchénie lors de leur intervention en Géorgie en 2008.

Créées dans les années 1950, il s'agit des forces spéciales militaires, GRU étant l'abréviation de la Direction générale des renseignements de l'État-major des forces armées russes et soviétiques, haut commandement du renseignement militaire.

À l'époque, leur rôle était la lutte contre les systèmes mobiles de lancement d'armes nucléaires de type MGM-31 Pershing. Plus tard leur mission s'est étendue à des actes de sabotage, d'élimination de chefs ennemis, prise d'objectifs stratégiques, reconnaissance, etc. en temps de guerre.

Ils participèrent aux opérations militaires en Afghanistan, en Tchétchénie et en Géorgie.

Le Spetsnaz du GRU comprend des éléments des forces terrestres, des nageurs de combat ainsi que des VDV.

Des nageurs de combat sont également présents parmi d'autres groupes d'intervention.

OMON[modifier | modifier le code]

Les OMON sont des détachements spéciaux de la militsia destinés aux missions anti-émeutes et à la lutte anti-criminalité.

Les forces spéciales du Ministère de la Justice[modifier | modifier le code]

Destinées à la lutte contre le banditisme, elles comprennent plusieurs détachements, dont: Chturm, Sever, Pheniks et Jaguar.

Rôle et formation[modifier | modifier le code]

Leur rôle, tout particulièrement en Tchétchénie, demeure controversé car ces soldats sont vus par certains comme de véritables escadrons de la mort, à qui les méthodes de résistance à la torture sont enseignées au même titre que la topographie ou le camouflage. Elles n'en demeurent pas moins des unités craintes et respectées pour leurs savoir-faire spécifiques. Leurs actions en Tchétchénie s'apparentent à un crime contre l'humanité selon Amnesty International. (Viols, meurtres, tortures de civils dont des enfants)

Recrutement et entraînement[modifier | modifier le code]

La sélection des Spetsnaz est extrêmement rude et difficile. Un grand accent est porté sur l'aguerrissement et la rusticité des troupes, à savoir leur capacité d'adaptation en milieu hostile. Néanmoins, les matières enseignées aux Spetsnaz sont globalement communes avec celles de leurs homologues d'Europe de l'Ouest, à savoir :

  • manipulation d'armes, y compris l'utilisation d'armes étrangères et l'adresse au tir ;
  • santé physique avec un accent sur la résistance et la force ;
  • cheminement, patrouilles, camouflage, et techniques de surveillance, y compris la survie dans une grande variété d'environnements hostiles ;
  • combat au corps à corps, à mains nues et avec des couteaux ou des pelles de tranchée (en arme de poing ou au lancé). Voir Sambo et Systema ;
  • sabotage et démolition d'objectifs stratégiques vitaux pour l'ennemi ;
  • techniques d'interrogatoire : cette formation est fortement décriée car elle comporte également l'apprentissage de techniques de torture ;
  • formation aux langues étrangères : donnée à l'Université de Moscou, elle a pour but d'apprendre aux Spetsnaz les bases de certaines langues étrangères comme l'anglais, le français, mais également certaines langues d'Asie Mineure et du Moyen-Orient.

Armements et équipements[modifier | modifier le code]

  • L'armement des Spetsnaz est toujours fondé sur le système Kalaschnikov : Le fusil d'assaut AK-74 et ses variantes à crosse pliable AK-74M, et compacte AKS-74U mais on trouve également les fusils d'assaut SR-3, 9A-91 ou le fusil d'assaut silencieux AS Val chambrant les cartouches SP-5, SP-6 et PAB-9 de calibre 9x39mm. Est également disponible le AN-94 Abakan destiné à l'origine à remplacer un jour les AK-74 mais aussi les AK-10x.
  • Du côté des fusils de précision: les célèbres SVD et SVU ainsi que les fusils dits antimatériels OSV-96 et KSVK, tous deux tirant la cartouche de 12,7x108mm et les trois modèles silencieux destinés au combat urbain et en milieux clos: VSK-94, VSS Vintorez et 'Vyhlop'. Les deux premiers de calibre 9x39mm et le dernier de 12,7 mm.
  • On trouve également les mitrailleuses légères RPK,PKM et Pecheneg, le lance-grenades monocoup pour fusil d'assaut est le BG-15 tandis que les modèles automatiques restent les très connus RG-6, AGS 17 et AGS-30.

Les Spetsnaz des unités maritimes possèdent deux armes : le fusil d'assaut aquatique APS et le pistolet aquatique SPP-1 underwater pistol (en). Le premier tire des fléchettes en acier de 5,66 millimètres de calibre et longues de 120 mm. Cette arme peut tirer au coup par coup ou par rafales. Le chargeur contient 26 fléchettes. Le SSP-1 est un pistolet tirant également des fléchettes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Major William H. Burgess III (dir.), Inside Spetsnaz - Soviet Special Operations: A Critical Analysis, Presidio Press, Novato, Californie, 1989 (ISBN 0-89141-339-1)
  • Alexéï V. Tchikichev, Spetsnaz en Afghanistan (trad. de Philippe Frison), Centre d'études et de recherches documentaires sur l'Afghanistan (CEREDAF), Paris, 1994 (ISBN 2-906657-22-0 et 978-2-906657-22-9)
  • Jacques Baud, Les forces spéciales de l'organisation du traité de Varsovie: 1917-2000, coll. « Histoire de la défense », L'Harmattan, Paris, 2002 (ISBN 2-7475-2266-0 et 978-2-7475-2266-3)
  • Henry Plater-Zyberk, Russia's Special Forces, Conflict Studies Research Centre, coll. « Russian Series » 05/50, Swindon, septembre 2005 (ISBN ISBN 1-905058-39-X[à vérifier : isbn invalide]) [lire en ligne (page consultée le 27 novembre 2010)]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Renseignements & opérations spéciales, t. 1, Paris,‎ 1999 (ISBN 2738477305, lire en ligne), p. 172

Liens externes[modifier | modifier le code]