Otage

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Un otage est une personne retenue prisonnière par un preneur d'otage, et dont la vie sauve et la libération dépendent d'une exigence à remplir par une tierce partie. Les armées en guerre ont souvent, par le passé, recouru à cette pratique en territoire ennemi pour assurer la sécurité de leurs troupes ou réprimer des actes hostiles. Ce fut notamment le cas durant les deux Guerres mondiales.

Quand le motif est apolitique et ne vise qu'à l'obtention d'une rançon, on parle d'enlèvement, de kidnapping ou de rapt. Dans d'autres cas, il s'agit d'une forme de terrorisme visant à la libération de prisonniers, à la livraison d'armes, à l'impunité des ravisseurs.

Sommaire

[modifier] Otages utilisés comme boucliers humains

Au cours d'un conflit armé, les otages sont considérés comme des boucliers humains quand ils sont placés en avant des combattants de façon à mettre ceux-ci à l’abri, ou mis dans des convois militaires, trains, navires etc. et dans des lieux jugés stratégiques afin d'éviter leur attaque ou leur bombardement[1].

Une population est « prise en otage » quand des combattant sont dissimulés dans des zones civiles ; il s’agit là aussi de boucliers humains.

[modifier] Otages dans l'Antiquité

Dans l'Antiquité, des otages étaient parfois offerts à un autre État pour garantir un traité. Trop impopulaire, cette pratique ne semble pas s'être maintenue[réf. souhaitée].

[modifier] Otages pendant la guerre civile russe (1918-1921)

En décembre 1920, la révolution russe est confrontée à une forte résistance, la guerre civile est partout. Le gouvernement des soviets annonce dans la Pravda et les Izvestia qu'il considère ses prisonniers de la Garde blanche et des groupes Savinkov et Wrangel comme des otages : en cas d'attaque contre les chefs des soviets, ils seront « exterminés sans merci ». Lisant cela, Pierre Kropotkine, l'anarchiste, s'adresse aussitôt à Lénine : « Respecté Vladimir Iltich, n'y a-t-il personne autour de vous pour rappeler à vos camarades que de telles mesures sont un retour aux pires périodes du Moyen Âge ? Quiconque se soucie de l'avenir du communisme ne peut y recourir. Personne n'a-t-il expliqué ce qu'est réellement un otage ? Un otage est détenu non pas en punition de quelque crime mais pour exercer un chantage sur l'ennemi avec sa mort. Vos camarades ne comprennent-ils pas que pour les otages et leurs familles, cela équivaut à une restauration de la torture ? N'y verra-t-on pas le signe que vous considérez votre expérience communiste comme un échec et que ce n'est plus tant ce système qui vous est si cher que vous essayez de sauver mais votre propre peau ? »

[modifier] Otages étrangers au Liban (1982-1991)

Durant la guerre du Liban, les enlèvements étaient nombreux touchant la population locale et les étrangers.

[modifier] Otages français

[modifier] Otages américains

  • David Dodge, vice-président de l'Université américaine de Beyrouth (AUB) (19 juillet 1982 – libéré le 20 juillet 1983)
  • Frank Reiger, professeur à l'AUB (11 février 1984 – libéré le 16 avril 1984).
  • Jeremy Levin, journaliste, chef du bureau de CNN (7 mars 1984 – a réussi à s'évader le 18 février 1985).
  • William Buckley, chef du bureau de la CIA au Liban (16 mars 1984 – mort probablement en 1985, sous la torture. Ses restes ont été retrouvés le 27 décembre 1991 dans la banlieue sud de Beyrouth).
  • Benjamin Weir, pasteur protestant (8 mai 1984 – libéré le 19 septembre 1985).
  • Peter Kilburn, bibliothécaire à l'AUB (3 décembre 1984 - assassiné le 18 avril 1986).
  • Lawrence Martin Jenco, prêtre catholique, directeur du Catholic Relief Services (9 janvier 1985 – libéré le 24 juillet 1986).
  • Terry Anderson, journaliste, chef du bureau Moyen-Orient de l'Associated Press (16 mars 1985 – libéré le 4 décembre 1991).
  • David Jacobsen, directeur de l'Hôpital Américain de Beyrouth (28 mai 1985 - libéré le 2 novembre 1986)
  • Thomas Sutherland, doyen de la Faculté d'agronomie de l'AUB (9 juin 1985 – libéré le 18 novembre 1991)
  • Frank Reed, directeur de la Lebanese International School (9 septembre 1986 – libéré le 1er mai 1990)
  • Joseph Cicippio, comptable à l'AUB, enlevé sur le campus (12 septembre 1986 – libéré le 2 décembre 1991)
  • Edward Tracy, écrivain (21 octobre 1986 - libéré le 11 août 1991).
  • Alann Steen, professeur au Beirut University College (24 janvier 1987 – libéré le 3 décembre 1991).
  • Robert Polhill, professeur au Beirut University College (24 janvier 1987 – libéré le 22 avril 1990).
  • Jesse Turner, professeur au Beirut University College (24 janvier 1987 – libéré le 21 octobre 1991).
  • William Higgins, lieutenant-colonel de la marine américaine, commandant en chef adjoint de l'ONUST, l'Organisation des Nations unies pour la supervision de la trêve (17 février 1988 – sa mort, probablement sous la torture, a été annoncée le 6 juillet 1990. Son corps a été retrouvé le 24 décembre 1991).

[modifier] Otages britanniques

  • Geoffrey Nash, chercheur (14 mars 1985 – libéré le 28 mars 1985).
  • Brian Levick (15 mars 1985 – libéré le 30 mars 1985).
  • Alec Collett, journaliste et fonctionnaire à l'UNRWA (25 mars 1985 – son corps a été retrouvé le 18 avril 1986).
  • Brian Keenan, anglo-irlandais, professeur à l'AUB, enlevé sur le campus de l'université (11 avril 1986 – libéré le 24 août 1990)
  • John McCarthy, journaliste (17 avril 1986 – libéré le 8 août 1991).
  • Terry Waite, envoyé spécial de l'archevêque de Canterbury, chef de l'Eglise anglicane, pour négocier la libération de John McCarthy. En dépit des interventions de son Église auprès des autorités iraniennes, il sera l'un des derniers otages à être libérés par le Hezbollah (20 janvier 1987 – 18 novembre 1991).
  • Jackie Mann, 77 ans, britannique (12 mai 1989 – libéré le 23 septembre 1991).

[modifier] Autres nationalités

  • Alberto Molinari, cadre commercial italien, (11 septembre 1985 – son corps n'a jamais été retrouvé).
  • Rudolf Cordes, Allemand (17 janvier 1987 - libéré le 12 septembre 1988).
  • Alfred Schmidt, Allemand (20 janvier 1987 - libéré le 7 septembre 1987).
  • Mitheleshvara Singh, Indien, professeur à l'AUB (24 janvier 1987 – libéré le 3 octobre 1988).

[modifier] Otages étrangers en Iraq

Depuis la capitulation du régime de Saddam Hussein en Iraq, et sous l'occupation américaine, un très grand nombre d'otages sont pris par diverses factions politiques en guerrilla ou plus souvent encore à des fins crapuleuses. Quelques-uns ont malheureusement été exécutés.

[modifier] Otages français

  • Le 20 août 2004, deux journalistes français Christian Chesnot, Georges Malbrunot et leur chauffeur iraquien, sont enlevés par l’Armée islamique en Irak, au sud de Bagdad. Une campagne internationale se développe en faveur de la libération des otages : Les représentants des musulmans de France, Le comité des oulémas musulmans (sunnites), Yasser Arafat demandent la libération des deux journalistes français. Une manifestation de soutien a eu lieu le 30 août à Paris. Le 15 septembre 2004, des dizaines de personnes ont manifesté dans les rues de la capitale irakienne pour exiger la libération des deux journalistes français pris en otages.

Les ravisseurs réclament l’abrogation de la loi sur la laïcité à l’école qualifiée d’«injustice et une agression contre l'islam et la liberté personnelle dans le pays de la liberté présumée». Ils sont finalement libérés le 21 décembre 2004.

[modifier] Otages américains

  • Nick Berg, homme d'affaires, enlevé en avril 2004, le 11 mai une vidéo montre sa décapitation.
  • Sgt. Keith Maupin, enlevé le 9 avril 2004, présumé mort en juin, considéré comme disparu par l'armée.
  • Tom Fox, pacifiste, enlevé le 26 novembre 2005 et retrouvé mort le 9 mars 2006.

[modifier] Otages italiens

[modifier] Otages d'autres nationalités

  • Suzanne Osthoff, 43 ans, archéologue allemande et son chauffeur. Ils ont été enlevés le 25 novembre 2005 dans la région de Ninive, dans le nord-ouest du pays. Dans leur message vidéo, les ravisseurs demandent à l'Allemagne de cesser toute collaboration avec le gouvernement irakien et menacent de tuer leurs deux otages. Ils ont été libérés par les ravisseurs le 18 décembre 2005.

[modifier] Otages en Colombie

On recense environ 3000 otages en Colombie, que l'on peut classer en deux groupes: « les otages « financiers » – aux mains de divers groupes et libérables contre rançon –, en majorité écrasante et les otages « politiques » – aux mains des FARC et libérables contre un échange de prisonniers. »[2]

[modifier] Otages colombiens

  • Fernando Araújo (4 décembre 2000 - 31 décembre 2006); après sa libération, a été nommé ministre des Affaires étrangères
  • Clara Rojas a été enlevée le 23 février 2002, en compagnie d'Ingrid Betancourt, elle devait être candidate à la vice-présidence de la république. Elle a décidé de rester en compagnie d'Ingrid quand les FARC ont proposé de la relâcher. Elle fut libérée le 10 janvier 2008.

[modifier] Otages français

  • Aïda Duvaltier: franco-colombienne enlevée en mars 2001 par le groupuscule EPL (Ejército Popular de Liberacion), à l'âge de 67 ans; elle avait insisté pour être enlevée à la place de son mari, malade.[3] Malgré le paiement d'une rançon, elle est retrouvée morte en février 2006 [4]
  • Íngrid Betancourt, femme politique franco-colombienne, candidate à la présidence de la république, prise en otage par l'organisation de guerrilla FARC le 23 février 2002 et libérée le 02 juillet 2008.

[modifier] Otages célèbres

[modifier] Politiques

[modifier] « Crapuleux »

[modifier] Economie

Afin de garantir le "retour au pays" des travailleuses immigrées, le gouvernement des pays d'accueil impose parfois la présence d'enfant laissés au pays de départ[5].

[modifier] Etymologie

En germanique "ghil"ou "ghisil", signifie "otage" ou "héritier". Il a donné les prénoms Gilbert, Gilles, Gisèle, Ghislain.

[modifier] Voir aussi

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Voir « otage » sur le Wiktionnaire.

[modifier] Autres lectures

  • Beck, Christophe & Martine, <<L´otage oublie: prisonnier des guerilleros en Colombie>>, Jean-Claude Gawsewitch Editeur, 2009, ISBN: 978-2-35013-166-5

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Références

  1. Herrman, Irène et Palmieri, Daniel Une figure obsédante : l'otage à travers les siècles Revue internationale de la Croix-Rouge, Vol. 87, sélection française 2005, pp.77-87.
  2. Amnesty International en Belgique
  3. Aida Duvaltier : otage franco colombienne retouvée morte
  4. Condoléances des Affaires Etrangères
  5. Capital, Dimanche 25/12/2007
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