Monstre du Loch Ness

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57° 12′ 52″ N 4° 34′ 14″ O / 57.2144, -4.57059 ()

Loch Ness Monster, peinture de Heikenwaelder Hugo.

Le monstre du Loch Ness désigne un hypothétique animal aquatique supposé vivre dans le Loch Ness, un lac d'eau douce des Highlands (Écosse).

Surnommé Nessie (parfois orthographié Nessy, le monstre a été baptisé Nessiteras rhombopteryx par les scientifiques Sir Peter Scott et Robert Rines). Il est souvent décrit comme ressemblant à un serpent de mer ou à un plésiosaure. De nombreux enthousiastes se rendent sur les eaux du Loch depuis la fin des années 1930, date de la première apparition « moderne » du monstre, afin de le rechercher. Des photos et des films ont été présentés, mais leur authenticité est difficile à prouver.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’Écosse a toujours été réputée pour ses légendes de monstres évoluant dans les eaux profondes des rivières et des lochs. Ces créatures aquatiques sont appelées kelpie ou « chevaux des eaux », et ont la particularité de noyer les voyageurs imprudents. Jadis, les parents défendaient à leurs enfants de se baigner dans les profondes rivières, craignant que les esprits des eaux ne les emportent.

Les légendes du monstre du Loch Ness remontent officiellement à 565 lorsque saint Columba, un moine irlandais, sauva l'un de ses disciples d'une mort certaine alors qu'il tentait de traverser le lac à la nage pour ramener une barque échouée : un épouvantable monstre fit brusquement surface et se précipita sur lui, « avec de grands rugissements et la gueule ouverte ». Saint Colomban fit un signe de croix et invoqua la puissance de Dieu, en criant au monstre de ne pas toucher le malheureux, ce que fit « an Niseag » (nom celte de Nessie).

Le monstre a fait l'objet d'une curiosité renouvelée en 1933 lors de la construction d'une route en bordure du lac, ce qui apporta de nombreux témoignages. L’hôtelier John Mackay et sa femme déclarèrent au journal The Inverness Courier avoir vu la bête légendaire faire « bouillonner et écumer » l’eau. Deux mois plus tard, ce fut au couple Spicer de faire la rencontre de Nessie. Vers la fin de l’année 1933, le Loch Ness était devenu l’une des principales attractions touristiques de Grande-Bretagne. Une photographie prise par Robert Kenneth Wilson fera le tour du monde, mais s’avérera être fausse avec le temps. En 1935, un couple écossais affirma avoir croisé la créature non pas dans l'eau, mais bien sur la terre ferme[1]. En 1961 fut officiellement créé le Loch Ness Phenomena Investigation Bureau (Bureau d’enquêtes sur les phénomènes du Loch Ness). Le 14 octobre 1971, le père Grégory Brosey contemplait le lac en compagnie d’un visiteur de l’abbaye bénédictine lorsqu'il vit un grand animal s’éloigner au large. Depuis les observations se sont multipliées, surtout près des ruines du château d'Urquhart qui est un poste d’observation idéal. En 1972, un plongeur raconta avoir vu une énorme « grenouille » alors qu'il explorait l'épave d'un chalutier et refusa de descendre au fond du lac une nouvelle fois. Plusieurs pêcheurs mirent longtemps à révéler avoir vu le monstre dans les eaux du Loch, par crainte d'être pris pour des affabulateurs… Il existe plusieurs milliers de témoignages et il est impossible de les citer tous.

Plusieurs expéditions ont été menées pour tenter de trouver la créature. Dans les années 1930, les volontaires ont essayé de l'attraper avec de vulgaires outils : tonneaux, fils de pêche, hameçons et morceaux de poisson en guise d'appât. Aujourd'hui, c'est à l'aide de moyens sophistiqués comme des submersibles, radar naval, sonar et même des webcam que les scientifiques espèrent identifier ou capturer la bête (expéditions Pisces en 1969, Yellow Submarine en 1972 et Deepscan en 1987). Plusieurs échos signalant la présence de « grandes masses non-identifiées en mouvement » et de cavernes sous-marines ont été enregistrées par les appareils mais rien de concluant.

Dans les années 1990, on rapporta la présence de saumons échoués sur le rivage présentant des traces de morsures de très grande taille. Dans la même période, deux amis pêcheurs, pourtant sceptiques sur l'existence du monstre, racontèrent avoir aperçu une bosse marron-grise émergeant de l'eau. En se rapprochant pour voir ce dont il s'agissait, le bateau fut entouré par trois bosses distinctes de même couleur. Ils parvinrent à revenir vers le rivage après que l'une des trois "bosses" les eut suivis sur une centaine de mètres.

En 2007, une vidéo montrant un mouvement sous l'eau du lac ranime l'attraction autour du site[2]. En 2011, George Edward, propriétaire d’un bateau de tourisme, prend une photo saisissante, qualifiée de « la photographie la plus claire de la créature de légende »[3]. Elle s’avérera finalement être une supercherie : la bosse marron apparaissant sur la photo était en réalité une reconstitution en fibre fabriquée pour un documentaire sur le monstre du Loch Ness.

Identité[modifier | modifier le code]

  • Le plésiosaure, un grand reptile marin préhistorique doté d'un long cou et de nageoires dont la morphologie correspond aux descriptions du monstre faites par les témoins : c'est l'hypothèse la plus répandue dans le grand public, lancée par Robert Rines, inventeur, avocat, professeur et chercheur au prestigieux M.I.T. Trois coquillages fossilisés furent remontés à la surface par des robots sous-marins, apportant la preuve incontestable que le Loch Ness, à une époque, donnait directement dans l'océan. La méthode du carbone 14 a permis de faire remonter ces coquillages à 12 800 ans, c'est-à-dire la fin de la dernière période glaciaire. Mais un reptile ne pourrait survivre dans le lac car il s'agit d'un animal à sang froid, inadapté à des eaux glaciales. Il est cependant possible qu'à l'instar de certaines créatures marines comme la tortue et le thon, les plésiosaures aient été capables d’élever leur température corporelle afin de compenser le froid du milieu ambiant.
  • En 1965, Bernard Heuvelmans, zoologue belge réputé pour sa ténacité à rechercher les animaux encore inconnus de la science, a émis l'hypothèse d'une espèce inconnue de pinnipède, une otarie à long cou nommée Megalotaria longicollis. Il a également suggéré que les « cornes » ou « épines » aperçues par les témoins pourraient s'expliquer par des tubes respiratoires. Heuvelmans a fait remarquer que l'on signale des créatures répondant au même portrait-robot dans d'autres lacs tout autour du monde. Tous ces lacs sont souvent d'anciens fjords coupés de la mer et sont situés de part et d'autre de la ligne isotherme 10 °C. Mais le nombre d'observations est très inférieur à ce que l'on peut attendre d'un mammifère respirant en surface plus de 24 fois par jour.
  • L'esturgeon. Adrian Shine affirme que le monstre pourrait être un esturgeon baltique, une espèce de poisson qui peut mesurer jusqu'à 5 mètres pour un poids de 360 kg. Les plaques osseuses épaisses et brillantes qui recouvrent leur corps forment un véritable bouclier. Leur longévité est de plus de 100 ans.

Phénomènes et témoignages[modifier | modifier le code]

Liste des films et vidéos du monstre[modifier | modifier le code]

Date Auteur
15 septembre 1939 James Fraser
22 septembre 1936 Dr McRae
1935 Malcolm Irvine
29 mai 1938 G.E. Taylor
1938 James Currie
23 avril 1960 Tim Dinsdale
18 octobre 1962 Loch Ness Investigation Bureau
6 juin 1963 Loch Ness Investigation Bureau
13 juin 1963 Loch Ness Investigation Bureau
21 mai 1964 Pauline Hodge
1er août 1965 Elizabeth Hall (Loch Ness Investigation Bureau)
1966 Les Durkin (Loch Ness Investigation Bureau)
14 février 1967 Dick Raynor (Loch Ness Investigation Bureau)
22 mai 1967 Chapman/Christopher (Loch Ness Investigation Bureau)
13 juin 1967 Hunter Brothers (Loch Ness Investigation Bureau)
22 août 1967 Clem Skelton (Loch Ness Investigation Bureau)
23 août 1967 Irvine / Young / Barnett
5 octobre 1967 H. Barsky
4 mai 1968 Skelton / Daevis (Loch Ness Investigation Bureau)
27 mai 1969 Shield / Baker (Loch Ness Investigation Bureau)
23 juin 1969 Margaret Edward
19 septembre 1969 Renzo Serafini
18 juin 1975 Alan Wikins
22 août 1977 Gwen Smith
6 août 1985 John Eric Beckjord
12 décembre 2010 Malcolm Irvine

Tableau des expériences d'échos au sonar[modifier | modifier le code]

Date Instigateurs Résultats
1954 Capitaine Donald MacLean et Mate Peter Non concluant
1965 Anderson Non concluant
1961 Dr Peter F. Baker et Mark Westwood Non concluant
1962 Birmingham University Loch Ness Expedition Non concluant
avril 1968 Oxford and Cambridge Loch Ness Expedition Positif, écho étrange
août 1968 Université de Birmingham Positif, écho étrange
1969 Université de Birmingham, même équipe Non concluant
1969 Université de Birmingham, même équipe Positif, écho étrange
1969 Vickers, Ltd., R.W. Eastaugh Non concluant
1969 Loch Ness Investigation Bureau (LNPIB) Non concluant
1969 Independant Television (ITN) Positif, écho étrange
1970 World Book Encyclopaedia Griffis Foundation Positif, écho étrange
1970 Université de Birmingham Positif, écho étrange
1970 World Book Encyclopaedia Positif, écho étrange
1972 Academy of Applied Science Positif, écho étrange

Méprises[modifier | modifier le code]

Plusieurs photographies ont été publiées pour prouver l'existence de Nessie. Si l'on exclut les mystifications avérées, des phénomènes liés aux conditions de prise de vue peuvent expliquer bon nombre d'images controversées : lumière rasante, reflets sur l'eau, obscurité...

Dans un certain nombre de cas, l'objet photographié a pu être identifié. Dans d'autres cas, les observateurs estiment que l'image s'explique clairement sans qu'on ait à évoquer l'hypothèse d'un monstre. On peut ainsi voir :

  • un esturgeon ;
  • un ou plusieurs phoques ;
  • un groupe d'oiseaux s'envolant ou amerrissant ;
  • un nageur ;
  • un soliton (vague se propageant sur de longues distances comme un mascaret ou un raz-de-marée) ;
  • un tronc d'arbre de forme bizarre, pouvant figurer un long cou et une tête. Il existe un phénomène naturel appelé sèche dans le Loch Ness, naissant de la superposition de couches d'eau chaude et froide, et qui crée un courant à la surface. Ce courant peut entraîner des débris avec lui, même contre le sens du vent. On peut ainsi voir des souches sembler naviguer contre le vent, ce qui peut enflammer les imaginations ;
  • des phénomènes sismiques souterrains créant des remous à la surface (le Loch Ness est le long d'une faille géologique) ;
  • les vagues provoquées par l'étrave d'un navire lui-même hors de vue, peuvent être prises pour le dos d'un animal, sur des photographies de mauvaise qualité. En 2004, un reportage présenté sur différentes chaînes de télévision européennes montrait que lorsqu'une baleinière à moteur accomplit un large virage, et que la vague principale de l'étrave reflète une ligne de crête assez douce, cela ressemble au cou et/ou au corps d'un paléo-reptile ;
  • un éléphant de cirque se baignant dans ces eaux (voir article en dessous) :

« Enfin, il faut prendre en compte le "conditionnement" des témoins à voir un monstre dans le Loch Ness. Cela a fait l'objet d'une étude menée par une université écossaise : présents au bord du Loch Ness, et ayant remarqué au loin un madrier flottant dans l'eau, des touristes ont tendance à voir un animal. D'autres personnes mises en présence du même madrier dans les mêmes conditions, mais cette fois autour d'un lac voisin, sont moins enclines à décrire le monstre, et décrivent un bâton, une épave, ou encore un périscope. Selon des internationaux, le monstre serait beaucoup trop grand pour se nourrir à sa faim. Il n'y aurait jamais assez de poisson pour un animal d'une telle proportion. »

Canulars et mystification[modifier | modifier le code]

Nessie inspire aussi les plaques d'immatriculation des habitants d'Inverness.

Selon Neil Clark, paléontologue et conservateur du musée Hunterian de l'université de Glasgow, la croyance populaire au sujet de l'existence du monstre serait seulement l'effet d'« un magnifique exemple de marketing » [4]. En effet, plusieurs rumeurs courent que l'invention du monstre serait due à un certain Bertram Mills, directeur de cirque de son état. En 1933, lors d'une tournée en Écosse, il faisait baigner longuement ses éléphants dans l'eau des lochs. Les gens d'alors qui n'avaient jamais vu un éléphant étaient particulièrement impressionnés par ces animaux dont « seuls la trompe, le haut de leur tête et de leur dos étaient visibles (…) L'impression était alors celle d'un animal avec un long cou et deux bosses, et peut être davantage s'il y avait plus d'un animal. »

Amusé par cette méprise, Mills offrit jusqu'à 20 000 livres — ce qui correspond à 1 million de livres d'aujourd'hui — à quiconque capturerait le monstre pour sa ménagerie. Il était conscient de l'énorme publicité que cela allait engendrer, sans beaucoup de risques financiers pour lui puisqu'il pensait qu'il n'y avait pas de monstre, mais seulement une confusion avec ses pachydermes.

La première photo officielle du monstre date du 12 novembre 1933. Elle fut prise par Hugh Gray. Floue et de mauvaise qualité, elle abusa son petit monde pendant des années. Pourtant, on peut voir sans difficulté qu'elle représente un labrador jouant dans l'eau, un bâton dans la gueule[5],[6].

La photo la plus célèbre du monstre du Loch Ness, réalisée en 1934, montre la tête et le cou de l'animal émergeant du lac, la gueule ouverte. Son auteur, Robert Kenneth Wilson, est mort en 1969 sans jamais avoir renié sa photo. Mais en 1994, un nonagénaire anglais affirmait à un journaliste que Kenneth Wilson n'avait été qu'un prête-nom et que les deux auteurs réels du cliché avaient utilisé une maquette de 80 cm.

Il y a plusieurs années, un des riverains du Loch Ness est mort, et a laissé en testament, une lettre expliquant qu'il avait sculpté un monstre en bois, et qu'il s'amusait à le sortir pour gonfler la légende. On a retrouvé, effectivement, dans son hangar, le modèle du monstre du Loch Ness. Mais beaucoup de gens expliquent que c'est un canular pour continuer à faire vivre la légende et attirer le tourisme[7].

Fictions[modifier | modifier le code]

Films
Romans
  • Witchell, Nicholas. Le Monstre du Loch Ness. Paris : le Livre de poche, 1979, 316 p. (Le Livre de poche ; 6806). ISBN 2-253-02117-2
  • Livingstone, J. B. Les Disparus du Loch Ness. Monaco ; Paris : Éd. du Rocher, 1991, 199 p. (Dossiers de Scotland Yard). ISBN 2-268-01226-3
  • Wolff, Patrice R. A. Lona et le Temps des Dragons. Édition des Mondes Oranges, 2007, 180p. (ISBN 9782952805339)
Ouvrages pour la jeunesse
  • Bibi Fricotin et le monstre du Loch Ness / ill. Pierre Lacroix, textes de Manguin. Paris : Société parisienne d'éd., 1981, 47 p. (Bibi Fricotin ; 114) (Les Beaux albums de la jeunesse joyeuse).
  • Duquennoy, Jacques. Les Fantômes au Loch Ness. Paris : A. Michel jeunesse, 1996, 48 p. (Collection Zéphyr). ISBN 2-226-07120-2
  • Probst, Pierre. Caroline et le fantôme du Loch Ness. Paris : Hachette jeunesse, 2004, 24 p. (Caroline ; 25). ISBN 2-01-224560-9
  • Kérillis, Hélène. La classe de 6e et le monstre du Loch Ness. Paris : Hatier, 2004, 93 p. (La classe de 6e) (Ratus poche : grands lecteurs ; 42). ISBN 2-218-74802-9
Pièce de théâtre
  • Profit, Jean. L'Influence du mystère du Loch Ness : comédie en trois actes. Valence : J. Profit, 1997, 90 p. ISBN 2-912788-01-3
Bandes dessinées
Jeux vidéo
  • Loch Ness (2001), enquête policière autour du loch et de son monstre.
  • Dans l'extension de Tomb Raider 3 : Le dernier artefact, il est possible de voir le monstre du Loch Ness dans le 1er niveau : La Gigue des Highlands, mais on s'aperçoit qu'il s'agit d'un robot. Cela sert à avoir le troisième secret.
  • Fallout New Vegas fait référence au monstre du Loch Ness, lorsqu'un moment dans le jeu on nous parle d'un monstre dans le Lac Mead qui s’avère être le crash d'un bombardier B-29.
Dessin animé
  • L'épisode 1 saison 1 de l'Inspecteur Gadget à comme titre "le monstre du Loch Ness" (qui en fin de compte est une machine construite par le Docteur Gang).
  • L'épisode 21 de la saison 10 des Simpsons fait référence au monstre.
  • L'épisode 36 de Clementine, apparaît Nessie.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Créatures mystérieuses : du monstre du Loch Ness au Yeti. Paris : Édition Atlas, 1996, 126 p. (Le monde du mystère).
  • Gantès, Rémy T.F. Le Mystère du Loch Ness / ill. Chantal Beaumont, Jacques Blanpain. Montréal ; Paris : Études vivantes, 1979, 62 p. (Mysterium ; 1). ISBN 2-7310-1211-0
  • Michel Meurger, « Le Monstre du Loch Ness. Du folklore à la zoologie spéculative », in Scientifictions. La revue de l'imaginaire scientifique, no 1, vol. 2, Amiens, Encrage éditions, collection « Interface », 1997, p. 135-254, ISBN 2-906389-84-6

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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