Iridologie

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L'iridologie est une technique utilisée en médecine non conventionnelle. Les pratiquants de cette médecine s'appuient sur les motifs, les couleurs et autres caractéristiques de l'iris pour examiner des informations sur la santé du patient.

Dans l’ensemble, elle est considérée comme une pseudo-science par la communauté scientifique. Les recherches contrôlées de l'iridologie n'ont montré que des résultats entièrement négatifs. Tous les tests rigoureux en double aveugle n'ont trouvé aucun résultat statistiquement significatif à ses propositions.

Historique[modifier | modifier le code]

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L'iris est la partie jaune-verte entourant la pupille (vue ici en noir). La surface extérieure blanche est appelée la sclère, dont la partie centrale transparente est la cornée.

L’idée selon laquelle l’œil serait le reflet du corps est très ancienne et les Chaldéens pratiquaient déjà la « lecture des maladies dans les yeux » mille ans avant notre ère. Il est aussi question de taches dans les yeux en rapport avec l'impureté rituelle dans la Bible (Lévitique 21:20)

Il a fallu néanmoins attendre la fin du XIXe siècle pour qu’un médecin homéopathe hongrois, le docteur Ignatz von Peczely, né le 26 janvier 1826 à Egervâr, structure l'iridologie comme discipline.

La légende raconte que son attrait pour l'iridologie lui vient d'une expérience vécue en 1850. Lors du sauvetage d'une chouette apeurée par la lumière du jour, il lui cassa involontairement une patte. Il constata alors immédiatement l'apparition d'une tache dans l'iris de l'animal. Bien des années plus tard, il remarqua une marque similaire sur l’iris d’un patient qui s’était cassé la jambe. Intrigué, sa curiosité allait aboutir à la découverte de l'iridologie, à laquelle il se consacrera après être devenu médecin, il en conclut que les différents signes iriens correspondaient très exactement à des états pathologiques. Cette histoire expliquant les débuts de l'iridologie se heurte à des critiques :

  1. elle est racontée de diverses manières selon les auteurs ;
  2. d'après le Docteur Bourdiol (voir ci-dessous), l'iris animal diffère de l’humain et sa nature ne permet pas la projection réflexe ;
  3. les signes iriens ne sont pas d'apparition subite.

Elle a peut-être servi à cacher une connaissance déjà plus ancienne. Le physiologiste Philippus Meyens, en effet, avait donné une carte irienne en 1670, dans un ouvrage intitulé Physiognomia Médica.

Peczely publie un premier ouvrage très controversé en 1880 : Découverte dans le domaine de la thérapeutique et du naturisme. Introduction à l'étude du diagnostic par les yeux. L'iridologie amorce alors son essor dans le monde médical et se voit utilisée et enseignée tout d'abord en Allemagne et en Scandinavie, puis se répand en Europe, aux États-Unis et en Inde dans le courant du XXe siècle. La plupart des livres cités ci-dessous font un historique de cette progression.

En France, le docteur Léon Vannier, s'intéresse dès 1915 à l'iridologie et publie en 1923 son premier ouvrage : Le diagnostic des maladies par les yeux. L'iridologie moderne doit aussi beaucoup au docteur Léon Walter (Diagnostic des maladies par la vue - 1925), au docteur Fortier-Bernoville (Introduction à l'iridologie scientifique) et au docteur H. Benoit (De l'irido-diagnostic). L'iridologie se cherche encore et la nuance entre dépistage et diagnostic n'apparaît pas dans ces titres. D'autres grandes avancées dans ce domaine sont imputées à des praticiens tels que Gaston Verdier et Gilbert Jausas, vers 1930. Jausas publie deux ouvrages : Traité pratique d’Iridologie médicale et Iridologie rénovée chez Maloine.

La première école d'iridologie est créée en France en 1950 sous l'égide de Gaston Verdier puis la Société d’iridologie en 1956. L'iridologie sort du monde médical classique et est enseignée partout en France sous forme de séminaires pour tous publics.

Dans les années 1950, aux États-Unis, le docteur Bernard Jensen développe l'iridologie et son enseignement sur le plan mondial. Il est l'auteur de The Science and Practice of Iridology. Citons en France des auteurs plus récents : le docteur René Bourdiol auteur en 1975 du Traité d'irido-diagnostic, ou encore André Roux (élève de Verdier), avec son livre sorti en 1986, destiné à un large public, l'Introduction à l'Iridologie.

La floraison des écoles actuelles montre l'attrait que cette méthode exerce sur le public. Le nombre d'entrées du mot « iridologie » sur Internet amenant vers des sites d'écoles en témoigne.

Principes[modifier | modifier le code]

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Deux aspects intéressent l’iridologie : la surface irienne (face antérieure, celle qui détermine la couleur) et les effets de l’action des muscles situés derrière la partie colorée (sphincter et dilatateur pupillaires, muscles ciliaires du corps ciliaire).

  • La surface irienne est le seul tissu conjonctif (tissu de soutien) observable directement sur l'être vivant. Pour l'iridologie moderne, il peut en cela représenter, par suite de projections réflexes, l'ensemble des tissus de soutiens du corps (voir discussion sur la validité du phénomène de projections iriennes).
    L’iris est innervé et irrigué de manière remarquable : les fibres conjonctives radiaires qui constituent sa surface forment des tubes creux parcourus par une minuscule artériole (artère radiaire). Aussi fine qu’un vaisseau capillaire, elle s’en différencie par son innervation sympathique vasomotrice. Ces activités vasodilatatrice et vasoconstrictrice sont la base d’une hypothèse faite pour expliquer la couleur et la densité de la surface irienne (Bourdiol et cours du CHMN) : rôle trophique de la circulation sanguine.
  • Le jeu antagoniste des muscles iriens a pour rôle premier d'adapter la vue à la luminosité ambiante : le centre de l'iris est la pupille, orifice permettant le passage de la lumière vers la rétine. Elle s’ouvre à l’obscurité et se ferme à la lumière. Son jeu est le résultat de l’action neurovégétative (involontaire) : le parasympathique ferme (sphincter) tandis que le sympathique ouvre (dilatateur). Le muscle ciliaire joue le rôle d’un tenseur radiaire de l’iris, comme le dilatateur, mais asymétrique puisque son action porte sur le plan postérieur de l’iris (Bourdiol) La taille des territoires iriens s’en trouve modifiés. Si la lumière est un facteur dominant, l’iridologie constate qu’à lumière égale tous les humains n’ont pas la même taille pupillaire, et qu’à variations égales ils n’ont pas non plus la même vitesse de mobilité. Les iridologues en déduisent des réglages différents du système neurovégétatif.

Tout l'art de l'iridologie consiste à interpréter précisément le sens de ces signes afin de faire le bilan de terrain.

Le bilan de terrain[modifier | modifier le code]

La constitution se définit comme l'ensemble des qualités héréditaires de l'être et permet d'évaluer un certain nombre de prédispositions à telle ou telle maladie. Elle est évaluée différemment selon la méthode d’examen : la morphologie, par exemple, définit des types (brévilignes, longilignes, normolignes) et leurs relations avec la santé. La constitution métabolique iridologique a ses caractéristiques propres : elle ne permet pas de connaître la forme extérieure du corps sur l’examen d’une photo de l'iris, par exemple. Sa définition est relative aux qualités internes des tissus : solidité et propreté. Ainsi, le contraste est tout à fait possible entre la morphologie et l’iridologie, donnant des combinaisons diverses. Quel que soit le type morphologique, la constitution iridologique peut être bonne ou mauvaise avec toutes les nuances entre les extrêmes. De même, la constitution neurovégétative iridologique n’a pas de corollaire systématique avec l’aspect visible de la personne.

Les critères pris en compte par l'iridologie sont :

  • la constitution métabolique héréditaire ; elle découle de la couleur fondamentale (bleue, marron clair, marron foncé) et des diverses nuances (sous-constitutions) :
    • l’œil bleu et ses sous-constitutions (dites fibrillaires car la trame conjonctive y est visible) sont mis en relation avec une dominante métabolique ergotrope : activité spontanée plus forte et moins grandes capacités à restaurer l’organisme par les fonctions trophotropes,
    • les yeux marron (dits pigmentaires par la présence d’une séreuse antérieure colorée de mélanine, cachant la trame conjonctive) sont corrélés avec un métabolisme trophotrope plus puissant : plus grandes capacités à restaurer l’organisme (assimilation, construction, nutrition tissulaire), activité ergotrope spontanée moins puissante.
      Les écarts observées par rapport à un état parfait servent à juger de problèmes généraux de l'énergie de la personne : endurance (densité du tissu de la trame ou stroma), résistance (équilibre hormonal), propreté humorale (liquides interstitiels des tissus de soutien de l'ensemble du corps symbolisés par les anomalies de couleur).
      Le défaut d'endurance nuit à la capacité à résister dans le temps, à la fatigue ou à la maladie. Celui de la résistance à une relation avec l'instabilité de l'énergie dans des espaces de temps brefs : la cyclothymie. L'encombrement des liquides interstitiels est cause d'irritation (inflammation) et de ralentissements des échanges ;
  • la constitution neurovégétative héréditaire : en rapport avec le relief central appelé collerette et le liseré interne de l’iris (ourlet pupillaire), elle détermine les potentialités innées à agir (fonction adrénergique du sympathique et de la médullosurrénale) et récupérer après l’action (nutrition, construction, élimination en relation avec le parasympathique) ;
  • les signes de fonctionnement immédiat, qui peuvent être conformes aux propriétés héréditaires de la constitution neurovégétative ou divergents : une bonne constitution ne signifie pas que l'on est toujours en forme. Ils sont étudiés en relation avec la taille, la mobilité et la stabilité du jeu de la pupille. La bonne constitution héréditaire ne garantit pas non plus que toutes les parties du corps sont également solides et l'iridologie évalue aussi les signes individuels de problèmes d'organes.

La possibilité d'étudier ces diverses caractéristiques avant l'existence de tout problème donne aux praticiens de cette méthode la certitude de pouvoir s'inscrire dans le domaine préventif de la santé. En cas de problèmes déjà installé, l'iridologue cherche à privilégier le traitement de fond (médecine de terrain)plutôt que le traitement symptomatique.

Le bilan de localisation[modifier | modifier le code]

L'iridologue s’intéresse, après la couleur de l’iris, sa texture (trame) et son relief, à tous les signes, taches, lignes et plis inscrits en surface. C’est sur la constitution de base que viennent se greffer ces éléments locaux :

  • les signes sont les trous de la trame, appelé ogives (petite taille), vacuole (taille moyenne) et lacune (grande taille). La perte de substance du tissu irien est mis en correspondance avec des pertes de solidité des organes correspondants (voir somatotopie) Les ogives sont aussi attribuées aux effets secondaires d'une inflammation ancienne.
  • les taches sont des couleurs locales ou sectorielles différente de la couleur fondamentale. L'iridologie considère qu'elles représentent des surcharges en métabolites dans l'organe correspondant. Elle les sépare en deux catégories :
    • Taches acides : les couleurs en sont le blanc, le jaune, l'orangé et le noisette clair. Leur effets sont l'irritation, la douleur et l'inflammation,
    • Taches alcalines : de couleurs marron ou noire, elles sont conçues comme responsables de phénomènes de sclérose (durcissement, enraidissement).
  • Les lignes : sont appelées ainsi des fibres de la trame irienne hypertrophiées. Elles sont en rapport avec une souffrance chronique de l'organe correspondant.
  • Les plis sont des lignes en creux, soit circulaires, soit radiaires : les plis circulaires sont appelés « anneaux de crampe » et les radiaires « rayons de soleil » (radii solari)

Les anneaux de crampes sont interprétés comme des indices d'états spasmodiques proches de la spasmophilie. Les rayons de soleils sont les signes iridologiques de tensions des plexus nerveux autonomes et rachidiens, leur rapport envisagés avec les problèmes traités par la posturologie.

L'approche globale de l'iridologue[modifier | modifier le code]

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La précision du bilan de terrain repose sur la compétence et l’expérience de l’iridologue.

Le bilan iridologique fait, l'iridologue recherche différentes informations qui ont comme but de confirmer et d'actualiser ses observations objectives et leur interprétation. L'iridologie ne donne aucune date, aucune prédiction : les « tendances » impliquées par son bilan, héréditaires pour la grande part, sont des risques potentiels. Pour reprendre l'exemple de la morphologie, l'obésité d'une personne n'implique pas obligatoirement (prédiction) des troubles métaboliques, cardiovasculaires ou autres. Il faut ensuite croiser les présupposés de l'iridologie avec le mode de vie, les habitudes alimentaires, les sources de stress afin de pouvoir conseiller les meilleures mesures préventives pour le sujet examiné. Il s’attachera surtout à vous signaler vos prédispositions particulières et à vous recommander un régime alimentaire adapté et, éventuellement, une hygiène de vie préventive.

Un signe iridologique n'a de sens que dans un contexte particulier, et doit aller de pair avec une anamnèse, un temps de parole donné au sujet examiné. L'iridologie est une source d'information, aussi bien pour le thérapeute que pour la personne examinée. Mais l'iridologue a besoin aussi des connaissances subjectives que le sujet a de lui-même. Il en est de même en médecine où un seul examen est souvent insuffisant pour faire l'étude complète d'un problème. L’interrogatoire, qui peut parfois prendre la forme d’un questionnaire à remplir, lui permettra de se constituer un dossier, à partir duquel il proposera un traitement à mettre en œuvre, ou qu’il transmettra à votre médecin traitant ou au thérapeute de votre choix.

Sur demande, il vous remettra un bilan détaillé de votre topographie iridienne.

La somatotopie irienne[modifier | modifier le code]

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Chaque œil correspond à un côté du corps. Mais si la plupart des zones de l'organisme sont habituellement mis en rapport avec l’œil du même côté, certains secteurs sont parfois controlatéraux. L’homolatéralité s’explique par l’hypothèse de transfert de l’information entre l’organe et l’iris via le système nerveux sympathique qui ne décusse pas. Les exceptions sont envisageables comme des croisements aléatoires dans les plexus autonomes. La localisation des signes, pour l'iridologie, correspond très précisément à une fonction ou à un organe. L’iris est en effet considéré comme une projection circulaire du corps humain autour de l’axe de la pupille. Le classement des localisations se fait en secteurs et cercles. Les divisions en secteurs représentant chacun un ensemble anatomo-physiologique sont diverses selon les auteurs : seize pour beaucoup tels G. Verdier et A. Roux, douze pour Jausas qui est le seul à utiliser un modèle astrologique. Les cercles (en réalité des couronnes) informent l’iridologue des fonctions métaboliques, digestives, nerveuses, endocrines, immunitaires et circulatoires. Il n'existe pas de carte unique à l'heure actuelle, mais à peu près autant que d’écoles. Elles ont entre elles, le plus souvent, beaucoup de similitudes. Il est aussi possible que les divergences de cartes soient explicables par les différences de morphologie internes. Le Dr Bourdiol fait l’hypothèse que le plan du système vasculaire artériel est le modèle retrouvé sur l’iris. Cela donne une explication plausible : l’anatomie de la circulation artérielle est particulièrement riche en variations individuelles.

Discussion sur la validité du phénomène de projections iriennes[modifier | modifier le code]

De nombreuses hypothèses furent émises dans l'histoire de l'iridologie. Les deux plus récentes, neurologiques, échappent aux convictions ésotériques souvent proposées comme certitudes scientifiques :

  • transmission des entrées nociceptives depuis les aires cérébrales de la somesthésie du cerveau vers l'iris par le nerf optique : impossibilité, puisque ce nerf est centripète et qu'il n'a pas de connexions avec l'iris ;
  • cette dernière hypothèse est basée sur le mode de fonctionnement hologrammatique supposé dans diverses activités neurologiques (Karl H. Pribram). Ce modèle peut être présenté ainsi : le tout est d’une certaine façon inclus (engrammé) dans la partie qui est incluse dans le tout.

Les détails :

Du côté de l’organe : la sensibilité.

Il est entendu dans l’anatomie classique que les informations concernant les viscères et leur état remontent de chaque organe surtout par le plexus vasculo-nerveux du pédicule local (nerfs autonomes, artères, veines, terminaisons nerveuses libres) vers la moelle spinale et plus particulièrement la commissure grise viscérosensible. Ce sont les terminaisons nerveuses libres essentiellement qui forment le contingent des récepteurs sensibles des zones viscérales. Elles recueillent surtout toutes les informations de type nociceptif (sensibilité protopathique) et plus particulièrement elles sont alertées par les phénomènes irritants, que ceux-ci soient externes (produits alimentaires ou chimiques toxiques ) ou internes. Ces phénomènes toxiniques internes sont d'origine métabolique. L'anoxie et ses métabolites acides sont en première place. La pression (œdème), le pincement (ligature artérielle) et la brûlure agissent par cette voie en viciant les voies métaboliques normales. L'histamine, les ions potassium, des protéines mal dégradées agissent dans ce sens. Les sensations résultantes sont les différents types de douleurs : les sensations de fatigue, de brûlure, de démangeaison, de pincement, de piqûre.

Le trajet :

Ces fibres appartiennent au système cérébro-spinal de par leur structure. Mais elles suivent à contre courant les voies du système nerveux sympathique, le long des artérioles puis des artères pour rejoindre et traverser les plexus autonomes, puis les chaînes latérovertébrales en parallèle avec les nerfs sympathiques. Les voies sympathiques avec le rameau communicant blanc vont en direction des racines postérieures. Elles passent par les cellules en T du ganglion rachidien et pénètrent dans la moelle spinale où elles vont constituer le faisceau spinothalamique. Des collatérales s'articulent avec les noyaux moteurs crâniens et médullaires pour produire des réflexes, et avec la formation réticulaire où elles génèrent des répercussions ascendantes (éveil) et descendantes (réflexes étendus)

Certaines fibres suivent, à contre courant aussi, les nerfs parasympathiques, rejoignant le bulbe ou la moelle sacrée où elles informent les centres parasympathiques correspondants, produisant des réflexes parasympathiques.

Les centres nerveux :

Les voies sensibles associées au sympathique ont une pénétration radiculaire, donc métamérique, au niveau de la moelle et elles génèrent des réflexes cutanés responsables des douleurs projetées (zones de Head et dermalgies de Déjerine et Jarricot) associés à des phénomènes vasomoteurs responsables de l’œdème et de la cellulite sur le dermatome correspondant.

L'ensemble des viscères possède une sensibilité dont la moelle épinière et le bulbe reçoivent les informations. Ces informations alertent la conscience, produisent des défenses réflexes, et modifient la motricité et la vascularisation du lieu de départ de l'influx lorsque celui-ci est nociceptif. La moelle spinale, et plus particulièrement sa commissure grise, est donc un lieu de recueil des données viscérales et ceci dans un ordre donné : celui de la métamérie. Les informations parvenant au bulbe et à la moelle sacrée, déclenchant des réflexes parasympathiques sont, quant à elles, transmétamériques.

A l’autre bout : l’iris

Le plexus sympathique vasomoteur des artérioles de l’iris est une émanation du plexus carotidien, lui-même provenant des ganglions cervicaux supérieur et inférieur, et donc, par les rameaux communicants blancs, de la moelle spinale végétative. Il contient des fibres iridodilatatrices sympathiques qui vont vers l’œil et qui sont issues du centre ciliospinal de Budge situé dans la moelle spinale entre C6 ou C8 et T2 qui gère l'iridodilatation. Voilà en résumé ce que la connaissance scientifique met à notre disposition.

Le lien manquant de cette hypothèse :

La supposition émise est que les fibres sympathiques vasomotrices de l'iris ramènent du centre ciliospinal de Budge des modulations de fonction proportionnelles aux troubles existant aux différents étages viscéraux et médullaires. Ce serait une sorte de projection en réduction sur les trois ou cinq métamères du centre ciliospinal de Budge de l'ensemble des informations parvenant sur les seize métamères intéressés par les données viscérales sensibles. Le centre ciliospinal serait la partie d'un hologramme plus grand constitué par la partie végétative de la moelle épinière.

Applications[modifier | modifier le code]

Selon ses tenants, cette technique tiendrait une place prépondérante dans le domaine de la prévention car elle nous révélerait les prédispositions et les déséquilibres déjà installés.

La plupart des iridologues pratiquent une thérapie relevant soit des médecines parallèles, soit de la médecine conventionnelle. Ils n’ont en fait recours à la lecture de l’iris que pour faire le bilan de terrain préalable au traitement. Un examen iridologique détaillé et expliqué au sujet fait par un professionnel entraîné prend environ un quart d'heure. La durée de la consultation entière dépend ensuite des conseils thérapeutiques donnés, et donc de la « boite à outils » de l'iridologue.

Pour observer l’œil l’iridologue dispose de deux méthodes, aussi indolores l’une que l’autre, à savoir :

  • l’examen direct à l’ophtalmoscope ou à laide d’une loupe et d'une lumière focalisable ;
  • l’iridographie, procédé photographique ou vidéo, permettant de travailler sur un agrandissement des iris.

Il observera toujours les deux yeux.

Risques[modifier | modifier le code]

Simple technique d’observation, l’iridologie ne présente aucun risque et convient à tous les sujets. Elle ne remplace pas les examens médicaux classiques, elle peut même les indiquer et les orienter parfois. Les examens médicaux s’intéressent davantage à l’état ponctuel de l’organisme, à la recherche d'un diagnostic plutôt qu’aux prédispositions et troubles fonctionnels constituant l'intérêt majeur de l'iridologue. Si celui-ci ne pratique aucune méthode thérapeutique conventionnelles (ni médecin ni paramédical), il n’est pas habilité à prescrire un traitement médicamenteux. Il peut en revanche vous conseiller une hygiène de vie, des compléments alimentaires ou toute autre thérapie non médicale légalement à sa disposition.

Un des risques souvent avancé à l'encontre des iridologues est celui qu'ils détournent un malade grave de consulter le spécialiste compétent. C'est donc le problème de l'éthique de l'homme ou de la femme qui est en cause, non la méthode.

Recherche scientifique[modifier | modifier le code]

Les recherches contrôlées de l'iridologie n'ont montré que des résultats entièrement négatifs. Aucun test rigoureux en double aveugle n'a trouvé de résultat statistiquement significatif à ses propositions.

En 1979 dans une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association, trois iridologues ont identifié à tort une maladie rénale à partir de photographies de l'iris et se sont trouvés souvent en désaccord entre eux. Les chercheurs ont conclu[1] : « l'iridologie n'est ni sélective ni spécifique, et la probabilité de détection correcte n'était statistiquement pas meilleure que par chance. »

En 1981 un professeur australien d'optométrie compara clinique conventionnelle et iridologie chez quinze sujets : il conclut en écrivant « si le diagnostic par l'examen de l'iris peut apporter quelque chose sur le plan philosophique et dans la pratique de la naturopathie, il ne semble pas avoir une validité dans le contexte de la médecine conventionnelle[2]. »

Une autre étude a été publiée dans le British Medical Journal en 1988 : Paul Knipschild, médecin et chercheur de l'Université du Limbourg à Maastricht, a sélectionné 39 patients qui devaient avoir leur vésicule biliaire enlevée le lendemain, en raison de soupçons de présence de calculs biliaires. Il a également sélectionné un groupe de personnes n'ayant pas de problèmes de vésicule biliaire pour agir comme groupe de contrôle. Un groupe de 5 iridologues a ensuite examiné une série de diapositives des iris des deux groupes. Les iridologues n'ont pas été en mesure d'identifier correctement les patients ayant des problèmes vésicule biliaire de ceux n'en ayant pas. Par exemple, l'un des iridologues a diagnostiqué 49 % des patients avec calcul biliaire et qui en avaient et 51 % de ceux n'en ayant pas. Ce qui est la même proportion que l'on aurait obtenu par un tirage au hasard. Le Dr Knipschild a conclu[3] : « Cette étude a montré que iridologie n'est pas un bon outil de diagnostic. » Les iridologues se sont défendu en attaquant la méthodologie de l'étude.

Edzard Ernst a écrit en 2000 : « Est-ce qu'iridologie fonctionne ? […] Cette stratégie de recherche a abouti à 77 publications sur le thème de l'iridologie. […] Toutes les études non contrôlées et plusieurs des expériences non masquées ont suggéré que l'iridologie puisse être un outil de diagnostic valable. La discussion qui suit fait référence à quatre évaluations contrôlées et masquées de la validité du diagnostic par l'iridologie. […] En conclusion, peu d'études contrôlées avec évaluation masquée sur la validité du diagnostic ont été publiées. Aucune n'a trouvé un bénéfice quelconque de l'iridologie[4]. »

Une étude publiée en 2005 a testé si l'iridologie pourrait être utile dans le diagnostic de formes communes de cancer. Un praticien expérimenté a examiné les yeux de 68 personnes ayant un diagnostic prouvé de cancer du sein, de l'ovaire, de l'utérus, de la prostate, ou du colon, et 42 pour lesquels il n'y avait pas de preuve médicale de cancer. Il a été demandé au praticien, qui n'était pas au courant de leur sexe ou de leur état médical, de proposer un maximum de cinq diagnostics pour chaque personne, et ses résultats ont ensuite été comparés à chaque diagnostic médical connu. L'iridologue a correctement diagnostiqué le cancer dans seulement 3 des 68 cas[5].

Critiques[modifier | modifier le code]

La majorité des médecins rejettent toutes les propositions de toutes les branches de l'iridologie et la déclare comme pseudo-science, voire charlatanisme[6]. Les iridologues sont rarement des médecins. l'iridologie est seulement étudiée dans des institutions privées, elle n'est pas enseignée dans les écoles de médecine[7].

Les critiques, y compris la plupart des praticiens de la médecine, rejettent l'iridologie car les études publiées n'ont trouvé aucune preuve de ses assertions. Les données cliniques ne supportent pas la corrélation entre une maladie présente dans le corps et des changements observables dans l'iris. Dans des expériences contrôlées[4], des praticiens de l'iridologie n'ont pas statistiquement mieux fait pour déterminer la présence d'une maladie ou d'une condition par l'observation de l'iris que par pure chance.

Il a été souligné que la prémisse de l'iridologie est en contradiction avec l'idée que l'iris ne subit pas de changements durant la vie d'un individu. L'iris est une texture caractéristique phénotypique qui se développe durant la gestation et reste inchangée après la naissance. Il n'y a aucune preuve de changements dans la structure de l'iris autre que les variations de pigmentation dans la première année de vie, et d'éventuelles taches et variations causées par le traitement du glaucome. Cette stabilité de structure de l'iris est d'ailleurs à la base de la reconnaissance de l'iris à des fins d'identification[8],[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Simon A, Worthen DM, Mitas JA 2nd, « An evaluation of iridology », JAMA, vol. 242, no 13,‎ 1979, p. 1385-9. (PMID 480560, résumé) modifier
  2. (en) Cockburn DM, « A study of the validity of iris diagnosis », Aust J Optom, vol. 64, no 4,‎ 1981, p. 154-7. (résumé)
  3. (en) Knipschild P, « Looking for gall bladder disease in the patient's iris », BMJ, vol. 297, no 6663,‎ 1988, p. 1578-81. (PMID 3147081, PMCID PMC1835305, lire en ligne [PDF]) modifier
  4. a et b (en) Ernst E, « Iridology: not useful and potentially harmful », Arch Ophthalmol, vol. 118, no 1,‎ 2000, p. 120-1. (PMID 10636425, lire en ligne [PDF]) modifier
  5. (en) Münstedt K, El-Safadi S, Brück F, Zygmunt M, Hackethal A, Tinneberg HR, « Can iridology detect susceptibility to cancer? A prospective case-controlled study », J Altern Complement Med, vol. 11, no 3,‎ 2005, p. 515-9. (PMID 15992238, DOI 10.1089/acm.2005.11.515, résumé) modifier
  6. (en) Iridology Is Nonsense, une page Internet contenant d'autres références
  7. (en) Rao A, Shakeel M, Trinidade A, Rao G, Pearce A. & Ah-See KW. « The Importance of Complementary and Alternative Medicine Education in Medical School » Journal of Evidence-Based Complementary & Alternative Medicine 2012;17(3):191-198. DOI:10.1177/2156587212451597
  8. (en) Inside Iris Recognition
  9. (en) Iris Recognition

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]