Anthroposophie

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Le Goetheanum de Dornach, siège de la Société anthroposophique.

L'anthroposophie est un courant de pensée et de spiritualité créé au début du XXe siècle par Rudolf Steiner. Selon lui il s'agit d'une « science de l'esprit », une tentative d'étudier, d'éprouver et de décrire des phénomènes spirituels avec la même précision et clarté avec lesquelles la science étudie et décrit le monde physique. Cette démarche n'est toutefois pas reconnue comme une science, elle se fonde sur les premiers travaux philosophiques de Rudolf Steiner, dont les premiers ouvrages (Une théorie de la connaissance chez Goethe, Vérité et science, La philosophie de la liberté) sont consacrés à l'élaboration de son concept, qu'il rattache en particulier à Goethe, mais aussi à toute la tradition idéaliste allemande.

Les principes de l'anthroposophie ont été appliqués dans divers domaines, comme dans les écoles Steiner, l'agriculture biodynamique, la médecine anthroposophique.

L'anthroposophie ne doit pas être confondue avec l'anthropologie qui est l'étude empirique de l'humanité et qui appartient au domaine des sciences humaines.

Sommaire

Étymologie[modifier | modifier le code]

La première occurrence connue du terme "anthroposophie" (de anthropos et sophia, littéralement « la sagesse de l'homme ») remonte au XVIe siècle chez un auteur anonyme. Thomas Vaughan l'a également utilisé en 1650 dans un livre portant pour titre : Anthroposophia Magica. On le trouve ensuite chez Troxler (1780-1866) en 1806, chez Immanuel Hermann von Fichte (fils de Johann Gottlieb Fichte) en 1856, chez Gideon Spicker (1872-1920) en 1872, chez le philosophe viennois Robert Zimmermann (1824-1898) en 1882. C'est de ce dernier que Rudolf Steiner s'est inspiré[1].

Qu'est-ce que l'anthroposophie ?[modifier | modifier le code]

Rudolf Steiner postule que ce qu'il appelle l'observation et le penser seraient les deux piliers de toute connaissance. Il propose, par une intensification conjointe aller-retour de ces deux activités de faire l'expérience de l'essence du penser, qu'il appelle le penser pur[2]. De ce dernier, l'homme doit pouvoir tirer en toute autonomie le motif de ses actions et agir alors librement. C'est ce que Rudolf Steiner a appelé « l'individualisme éthique[3] ». L'anthroposophie se fonde sur l'affirmation d'un dépassement possible de la vision matérialiste de la nature et du monde en y ajoutant les niveaux suprasensibles de l'existence : processus vitaux, âme et esprit. Selon Rudolf Steiner :

« L'interprétation correcte du mot « anthroposophie » n'est pas « sagesse de l'homme », mais « conscience de son humanité », c'est-à-dire : éduquer sa volonté, cultiver la connaissance, vivre le destin de son temps afin de donner à son âme une orientation de conscience, une sophia[4]. »

L'anthroposophie cherche à développer en l'homme les forces nécessaires pour appréhender ce qui existerait au-delà des sens : monde éthérique ou monde des forces formatrices, monde psychique ou astral, monde spirituel. Pour Kant, l'homme ne peut pas connaître ce qui est au-delà des perceptions sensorielles. Pour l'anthroposophie, l'homme peut développer en lui les facultés qui lui permettent de dépasser cette limite.

Sur ce chemin, la connaissance de soi et le développement des forces morales sont présentés comme indispensables pour éviter les « décollements » et prévenir les dérapages.

« La règle d'or est celle-ci : Quand tu tentes de faire un pas en avant dans la connaissance des vérités occultes, avance en même temps de trois pas dans le perfectionnement de ton caractère en direction du bien[5]. »

L'entité du Christ, le Logos ou Verbe, joue un rôle central dans la cosmogonie steinérienne ; toutefois l'anthroposophie ne se conçoit pas elle-même comme une religion[6].

En se basant sur les résultats de l'investigation spirituelle, l'anthroposophie propose dans tous les domaines de l'existence, des applications pratiques qui se veulent en harmonie avec la nature profonde de l'homme : éducation, médecine, thérapies artistiques, pharmacie, agriculture, économie, vie sociale, arts, etc.

Dans ses œuvres philosophiques que sont Vérité et science et Philosophie de la liberté, Rudolf Steiner a tenté de donner la justification théorique épistémologique de la démarche anthroposophique.

Le développement historique de l'anthroposophie : quatre phases[modifier | modifier le code]

Première phase[modifier | modifier le code]

En 1900, Rudolf Steiner était connu comme un spécialiste des œuvres de Nietzsche et de Goethe. Le , il est sollicité, par un groupe local de la Société théosophique allemande, pour une conférence sur Nietzsche qui est mort quelques semaines plus tôt, le 25 août 1900. Il y donnera ensuite le 29 septembre une autre conférence sur Goethe. Par la suite, Rudolf Steiner donnera de très nombreuses conférences au sein de la Société théosophique, et accepte d'en devenir membre le . Il fut nommé Secrétaire général de la nouvelle section allemande de la Société théosophique le .

De 1902 à 1909, Rudolf Steiner travaille à l'approfondissement de la recherche sur la « science de l'esprit » au sein de la Société théosophique, qui s'efforce de se positionner en interlocuteur légitime face aux courants de pensée philosophiques et scientifiques de l'époque.

Deuxième phase[modifier | modifier le code]

Travail artistique et eurythmie[modifier | modifier le code]

Dès 1907, débute à Munich une phase où la priorité sera donnée au travail artistique ; elle durera jusqu'en 1913.

Cette période débute par la représentation en 1907 à Munich d'œuvres dramatiques, imprégnées des principes de la science de l'esprit, telle que Les Mystères d'Éleusis et plus tard, en 1909 : Les Enfants de Lucifer, d'Édouard Schuré). Furent aussi représentés à Munich les quatre Drames-Mystères de Rudolf Steiner, en 1910 La Porte de l'initiation, en 1911, l'Épreuve de l'âme, en 1912 Le Gardien du Seuil, en 1913 L'Éveil des âmes. C'est surtout Marie de Sivers qui rendit possible ces représentations, non seulement par ses traductions des œuvres de Schuré, mais de par sa formation. En effet, quand, en 1902, elle découvrit la théosophie, elle venait de terminer des études de comédienne à Saint-Pétersbourg et à Paris.

Des artistes, comme les peintres russes Wassily Kandinsky et Alexei Jawlensky, l'écrivain russe Andreï Biély et le poète Christian Morgenstern côtoyèrent de près l'effervescence culturelle anthroposophique au cours de ces années[7],[8].

Article détaillé : Eurythmie.

Les premiers pas de l'eurythmie se font dès 1912, mais c'est sous l'impulsion de Marie de Sivers qu'elle prit son essor et se développa.

Rudolf Steiner donna de nombreux cours aux artistes, notamment sur l'eurythmie, sur l'art de la parole et sur l'art dramatique.

Construction du premier Goetheanum[modifier | modifier le code]

Rudolf Steiner avait le projet de faire construire à Munich un édifice appelé le « Johannes-Bau » qui aurait été un lieu voué à l'activité artistique en général, notamment théâtrale, et un centre pour la recherche, les rencontres et les conférences afin de répondre aux besoins de l'intense activité qu'il impulsait alors, dans le cadre de la Société théosophique. Après quelques tentatives, le projet échoua pour des raisons administratives. Une opportunité se présenta à Dornach en Suisse, près de Bâle, et c'est là que démarra, en septembre 1913, la construction du Johannes-Bau, lequel fut ensuite rebaptisé « Goetheanum ». Des ouvriers, des architectes, des sculpteurs et peintres de multiples nationalités y travaillèrent ensemble pendant toute la Première Guerre mondiale et ensuite jusqu'en septembre 1920, suivant les indications de Rudolf Steiner. Il sculpta lui-même le « Représentant de l'humanité », une énorme statue en bois d'orme qui devait figurer à l'arrière-plan de la scène, à l'est de l'édifice.

Les débuts de la Société anthroposophique[modifier | modifier le code]

À l'Assemblée générale de 1909 à Adyar, les responsables de la Société théosophique, Annie Besant et C.W. Leadbeater, déclarèrent qu'Alcyone, le futur Jiddu Krishnamurti, alors âgé de 13 ans, était le Christ réincarné. Quand les Théosophes constituèrent l'Ordre de l'Étoile d'Orient (Order of the Star of the East), une organisation dont le futur Krishnamurti devait prendre la tête à sa majorité, la rupture de la société anthroposophique avec la Société théosophique devint inévitable. De fait, cette affirmation allait à l'encontre de l'enseignement de Rudolf Steiner qui affirmait que l'incarnation du Christ dans un corps humain était un événement unique dans l'histoire de l'humanité. Rudolf Steiner s'étendit longuement sur ce sujet dans ses enseignements. De plus, la propagande faite autour d'Alcyone risquait fort de perturber le développement de la Section allemande et de compliquer ses rapports avec les pouvoirs publics, car l'Empire allemand vivait sous le régime de non-séparation de l'Église et de l'État. Le 8 décembre 1912, le comité de la Section allemande déclara par conséquent que l'appartenance à l'ordre de l'Étoile d'Orient était incompatible avec la qualité de membre de la Section allemande et pria les membres de l'ordre de se conformer à cette décision sous peine d'exclusion. Par ailleurs, le comité demanda la démission d'Annie Besant. Il en résulta que l'Assemblée annuelle de la Société théosophique qui se tenait à Adyar, à la demande d'Annie Besant, fit dissoudre la Section allemande, dissolution qui ne devint effective que le 7 mars 1913. Rudolf Steiner et les membres dissidents, en quelque sorte exclus, fondèrent la Société Anthroposophique Universelle le 3 février 1913, au sein de laquelle Rudolf Steiner n'exercerait aucune fonction administrative. La plupart des 2400 membres de la Section allemande de la Société théosophique suivirent Rudolf Steiner dans son entreprise[9],[10].

Troisième phase[modifier | modifier le code]

De 1919 à 1924, l'anthroposophie étend son domaine d'application, durant cette période diverses initiatives voient le jour :

  • Première approche d'une analyse de l'édifice social par Rudolf Steiner : Le mouvement pour la triarticulation de l'organisme social, dans les mois qui suivirent la fin de la Première Guerre mondiale, a tenté de promouvoir auprès des élites culturelles et politiques allemandes des idées nouvelles pour une reconstruction de la société. Ce mouvement fut un échec politique. Cependant l'impulsion donnée à l'époque est encore présente de nos jours (voir par exemple Nicanor Perlas[11]), et poursuit son chemin. Rudolf Steiner exposa ses vues concernant l'organisation de la société et l'économie sociale dans quelques cycles de conférences entre 1918 et 1924[12].
  • Première école Waldorf : Appliquant la pédagogie de Rudolf Steiner, elle vit le jour en 1919 à Stuttgart. Initialement c'était une école d'entreprise principalement destinée aux enfants des ouvriers de la fabrique de cigarettes Waldorf-Astoria dont le directeur était Emil Molt (1876-1936). Les écoles Waldorf sont aussi appelées Écoles Steiner. De 1919 à 1924 Rudolf Steiner donna 15 cycles de conférences, développant les bases d'une pédagogie issue de sa compréhension spirituelle de l'être humain. Les écoles Waldorf n'enseignent cependant pas l'anthroposophie. Ce sont les professeurs qui fondent dans l'anthroposophie et dans la conception de l'homme qu'elle propose, leur capacité à enseigner[13].
  • La Communauté des Chrétiens se développe dès 1922 à Dornach avec le projet de rénover la pratique religieuse chrétienne. De jeunes théologiens s'adressèrent au pasteur protestant Friedrich Rittelmeyer (1872-1938), alors membre de la Société anthroposophique à Berlin. Ce dernier se tourna alors vers Rudolf Steiner pour lui demander conseil sur la manière de féconder le domaine cultuel religieux à partir des conceptions anthroposophiques. Rudolf Steiner accéda à cette demande et organisa deux cours à l'intention de ces théologiens à Stuttgart et à Dornach. Rittelmeyer devint le premier recteur de ce « mouvement de rénovation religieuse » dont le centre s'établit à Stuttgart. La Communauté des Chrétiens, bien que reprenant les enseignements anthroposophiques, est indépendante de la Société anthroposophique[14],[15].
  • La médecine, dite médecine anthroposophique, s'est développée à la suite de cycles de conférences données à une trentaine de médecins, à leur demande. Une introduction systématique à cette orientation médicale fut rédigée dans un ouvrage que Rudolf Steiner écrivit avec Ita Wegman, médecin hollandais (1876-1943), dont le titre est Données de base pour un élargissement de l'art de guérir selon les connaissances de la science spirituelle. Par la suite, Ita Wegman fonda en 1921, à Arlesheim, près de Bâle, en Suisse, la première clinique anthroposophique, appelée actuellement « Ita Wegman Klinik[16].
  • L'agriculture biodynamique a pris naissance en Allemagne, à la demande d'agriculteurs. Rudolf Steiner donna un seul cycle de 8 conférences sur le sujet en juin 1924 à Koberwitz (Silésie). Par la suite, ce sont des agriculteurs et des agronomes qui ont expérimenté et développé cette pratique qui fut l'une des premières méthodes de ce qu'on appelle aujourd'hui l'agriculture biologique. Elle est actuellement pratiquée dans de nombreux domaines agricoles dans presque tous les pays du monde. Les produits cultivés selon cette méthode peuvent recevoir le label « Demeter » délivré en France par l'association Demeter France[17],[18].

Quatrième phase[modifier | modifier le code]

Quelques années avant sa mort, Rudolf Steiner éprouva le besoin de réorganiser la Société anthroposophique, afin de mettre un terme aux dissensions entre les groupes de membres. Il fonda donc une nouvelle société : la « Société anthroposophique universelle » lors du Congrès de Noël de 1923. L'« École libre de science de l'esprit » fut dès lors également fondée en tant que nouvelle forme de cette ancienne école ésotérique, dont les activités avaient été suspendues pour des raisons de sécurité depuis la guerre 1914-1918. Rudolf Steiner constitua un comité de direction (Vorstand) dont il prit la présidence. Dans la société précédente, Rudolf Steiner n'avait aucune fonction administrative, se considérant uniquement comme instructeur ; dans la nouvelle, il assumera également la présidence du Vorstand et de l'École libre.

À cette époque, Rudolf Steiner déploya une très grande activité malgré une santé de plus en plus précaire. Il donna notamment de nombreux cycles de conférences sur la réincarnation et le karma, sujet qui lui tenait à cœur depuis longtemps. À plusieurs reprises, il dut écourter ou remettre des conférences au dernier moment. À la suite de la destruction du premier Goethéanum dans un incendie criminel, il conçut et modela une maquette en argile du futur bâtiment qui cette fois serait construit en béton. La maladie eut finalement raison de lui, et il décéda le 30 mars 1925, alors que les fondations du nouveau Goethéanum étaient à peine achevées.

Rudolf Steiner laissa derrière lui une somme considérable d'enseignements. Au total, il écrivit environ 30 livres et donna plus de 6 000 conférences, dont une partie fut recueillie et publiée. Incluant ses œuvres écrites, les recueils d'articles écrits dans des revues et des journaux ainsi que les sténogrammes retranscrits des conférences publiques et privées, l'édition allemande comprend environ 370 volumes. La plupart des œuvres écrites ont été traduites en français, ainsi qu'environ 2 200 conférences à ce jour (2006).

La mort de Rudolf Steiner ne signifia pas la fin des dissensions dans la Société anthroposophique. Elles reprirent de plus belle, d'abord entre Ita Wegman et Marie Steiner, conduisant même à l'existence de deux sociétés après l'exclusion d'Ita Wegman et d'Elisabeth Vreede (1879-1943) en 1934, puis entre Albert Steffen et Marie Steiner. Cependant, des démarches de réconciliation furent entreprises après la Seconde Guerre, et les personnalités et groupes qui avaient été exclus furent réintégrés dans la Société anthroposophique universelle. Marie Steiner étant l'héritière légale de son époux, elle mit en chantier l'édition intégrale des œuvres anthroposophiques. À ce jour pratiquement toute l'œuvre, y compris les documents de l'école ésotérique, a été publiée en langue allemande du moins. Elle est d'ailleurs tombée depuis peu dans le domaine public.

Sous le régime nazi, les écoles Waldorf et les institutions liées à l'anthroposophie furent interdites durant 10 ans en Allemagne. Elles furent toutefois recréées en grand nombre dans l'après-guerre, de même que dans de nombreux pays.

Le Goetheanum - la Société Anthroposophique - le mouvement anthroposophique[modifier | modifier le code]

Le Goetheanum est le siège de la Société anthroposophique universelle et de l'École Libre de Science de l'Esprit à Dornach, près de Bâle, en Suisse. La Société anthroposophique promeut une vie culturelle et spirituelle libre. L'École Libre de Science de l'Esprit a pour objet de favoriser des recherches dans le domaine spirituel. Elle est organisée en différentes sections :

Section d'anthroposophie générale - Section médicale - Section des mathématiques et d'astronomie - Section des sciences de la nature et département d'agriculture. - Section pédagogique - Section des sciences sociales - Section des arts plastiques - Section des arts de la parole et de la musique - Section des belles-lettres - Section pour la recherche spirituelle de la jeunesse.

Cette dernière section consacrée à la jeunesse est en lien avec la section d'anthroposophie générale, mais elle est ouverte à tout jeune intéressé, qu'il soit membre ou non. Rudolf Steiner a voulu qu'une place libre soit offerte pour les jeunes afin que la Société anthroposophique soit à l'écoute des attentes spirituelles de la jeunesse. Ainsi, lorsque dans un pays se trouve une société anthroposophique locale, une place est aussi réservée à la jeunesse.

L'ensemble des personnes liées aux idées anthroposophiques, sans être nécessairement membres, forment le mouvement anthroposophique. La Société anthroposophique universelle, en tant que telle, a en 2008 un peu plus de 50 000 membres. La Société anthroposophique ne fait ni propagande, ni prosélytisme. L'anthroposophie se fait surtout connaître indirectement par des activités au cœur de la vie publique : bio-dynamie (labels Biodyn et Demeter), écoles Waldorf, arts, médecine, produits de soins et thérapeutiques, ainsi que par des initiatives dans le domaine social.

Réalisations et mouvement issus de l'anthroposophie[modifier | modifier le code]

L'anthroposophie étant définie par son fondateur comme un chemin de développement spirituel, y sont décrits des exercices censés développer certaines facultés morales, psychiques, mentales et spirituelles. Rudolf Steiner insiste sur le fait qu'il serait aujourd'hui malsain de vouloir développer des facultés spirituelles avant d'avoir solidement développé la pensée logique, car cela conduirait à des illusions quand les sens spirituels s'éveilleraient[19].

Parallèlement à ce chemin de développement, l'anthroposophie amène bien souvent les personnes qui s'y lient, à souhaiter introduire au sein de la vie sociale, dans les domaines où elles sont actives, des pratiques porteuses de l'éthique spiritualiste qu'on peut y puiser.

Architecture, eurythmie et libre culture spirituelle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Goetheanum.
Le premier Goetheanum

Rudolf Steiner a développé un style d'architecture « organique » pour le bâtiment du premier Goetheanum en 1913, siège de la Société anthroposophique universelle et de l'École Libre de Science de l'Esprit, à Dornach (Soleure) (Suisse). Le bâtiment fut brûlé dans la nuit de la Saint-Sylvestre 1922-23 par un incendie criminel qui détruisit d'inestimables archives ; mais de nombreux autres bâtiments dessinés par Rudolf Steiner (le Glashaus, Haus Duldeck, le Transformerhaus, etc.) ont été épargnés par l'incendie.

La construction du second Goetheanum se fit sur le même site, et débuta un peu avant que Rudolf Steiner ne meure en 1925. Il fut considéré comme l'extension organique et la métamorphose de la construction originelle, inspirant et précursant des architectes comme Le Corbusier (La chapelle de Ronchamp) et Eero Saarinen (aéroport international John-F.-Kennedy de 1962).

Le Goetheanum est un centre culturel qui abrite des laboratoires de recherches scientifiques (sciences de la nature, astronomie-mathématique, agriculture, médecine), des ateliers d'enseignement des arts (théâtre, discours, peinture, sculpture et eurythmie). C'est aussi un lieu de séminaires, conférences et spectacles.

Avec sa femme, Marie von Sivers, il développa une nouvelle forme d'art connue en tant qu'eurythmie - quelquefois nommée « chant visible ». Cet art du mouvement est aussi employé à des fins thérapeutiques. Des représentations sont données au Goetheanum, et dans divers théâtres à travers le monde. Il y a maintenant plusieurs écoles d'eurythmie qui offrent des formations complètes de durées variables.

En tant que sculpteur, son œuvre principale fut le Représentant de l'Humanité (1922). Cette œuvre énorme est exposée au Goetheanum, Dornach.

En tant que dramaturge, il écrivit Les Quatre Drames-Mystères entre 1909 et 1913, incluant La Porte de l'Initiation et L'Éveil des Âmes. Ils sont encore joués aujourd'hui.

Triarticulation sociale[modifier | modifier le code]

Rudolf Steiner a aussi développé un nouveau modèle social fondé sur la triarticulation sociale. Les trois domaines indépendants de ce système sont : la sphère économique, la sphère des droits civils et la sphère culturelle. Selon l'anthroposophie, la vie de toute société humaine s'organise autour de trois champs (inter-opérants): la sphère juridique (fondée sur le principe d'Égalité - la voix de chaque citoyen vaut celle de tout autre), la sphère économique (fondée sur le principe de Fraternité - ici défini en ce sens que la nature même de l'économie est de produire « pour les autres », que toute offre doit répondre à un besoin, et cetera) et enfin la sphère de la Culture (fondée sur le principe de Liberté, comme essence même de tout processus créatif). * Les trois forces agissant dans la société

Rudolf Steiner déclarait en 1920 que si on enlève la liberté à la culture, celle-ci se vide de toute substance, ce qui historiquement pourrait se produire de 2 manières : 1) la censure d'une dictature (exemple : le dirigisme à la soviétique), ou 2) la dictature de la rentabilité. Dans le premier cas, on soumettrait la sphère de la culture au diktat du juridique (le principe d'égalité perverti dans le concept d'une même culture pour tous), dans le second cas, on la soumettrait au diktat de l'économie en imposant que les critères propres à la sphère de l'économie (la rentabilité) définissent pour l'essentiel la dynamique de la vie culturelle.

Médecine anthroposophique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : médecine anthroposophique.

La médecine anthroposophique est une médecine alternative utilisant l'homéopathie et la phytothérapie notamment, mais d'une manière qui lui est propre. C'est une médecine que l'on peut qualifier de « holistique », c'est-à-dire qu'elle prendrait en compte l'être humain dans sa globalité. La médecine anthroposophique n'exclut pas des thérapies complémentaires, ni la médecine classique quand elle est nécessaire. Elle est exclusivement pratiquée par des médecins.

Article détaillé : Weleda.

Les remèdes nécessaires à l'exercice de la médecine anthroposophique étant très spécifiques, des laboratoires et des équipements de recherche se sont vite avérés indispensables. C'est pourquoi en 1921, des pharmaciens et médecins se sont réunis en présence de Rudolf Steiner pour créer un laboratoire pharmaceutique, Weleda, qui fabrique et distribue des médicaments et des cosmétiques "naturels" à travers le monde. Weleda est une entreprise autonome.

Agriculture biodynamique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : agriculture biodynamique.

En 1924, un groupe d'agriculteurs préoccupés par les tendances de l'agriculture chimique et industrielle, en plein essor à l'époque, qu'ils jugeaient destructrice, demandèrent à Rudolf Steiner qu'il leur offre un cours pour leur transmettre de nouvelles méthodes agricoles qui auraient des visées plus saines et en harmonie avec la nature. Ainsi furent posés les fondements de l'agriculture biodynamique. La biodynamie est maintenant pratiquée un peu partout dans le monde.

Pédagogie[modifier | modifier le code]

La première école appliquant la pédagogie de Rudolf Steiner vit le jour en 1919 à Stuttgart. Il existe maintenant plus de 900 écoles Waldorf (ou écoles Steiner) dans le monde : en Belgique, Pays-Bas, France, Suisse, Autriche, Allemagne, Norvège, Suède, Royaume-Uni, Danemark, Italie, États-Unis, Canada, Nouvelle-Zélande, Australie, Mexique, Brésil, Égypte, Zimbabwe, Indeetc.[20].

Article détaillé : Pédagogie Steiner-Waldorf.

Selon le Mouvement international des écoles Waldorf (écoles Steiner), le rôle de l'école est d'« accueillir chaque enfant comme une personne unique, établir avec lui une relation de confiance réciproque et lui permettre ainsi de découvrir, de déployer et de mettre en valeur ses capacités et ses potentialités ».

En 1939, le docteur Karl König fonda le Mouvement Camphill en Écosse dans le but de fournir un lieu propice au développement des enfants ayant de sérieux problèmes d'apprentissage. Le Mouvement Camphill organisa des écoles pour enfants handicapés mentaux, et plus tard des communautés villageoises pour des adultes handicapés. Ces centres de pédagogie curative et de sociothérapie s'étendirent de la Grande-Bretagne à d'autres pays dans le monde entier, y compris la France et la Suisse. À travers le Mouvement Camphill, le Dr König et ses collaborateurs ont élaboré une conception originale du sens de la vie d'un être handicapé. Il en découle une pratique d'accompagnement des enfants et des adultes qui les intègre dans une vie sociale diversifiée incluant notamment beaucoup d'activités artistiques et culturelles.

Article détaillé : Mouvement Camphill.

L'anthroposophie en tant que chemin de développement spirituel[modifier | modifier le code]

Selon l'anthroposophie, de même que pour percevoir le monde sensible il nous faut des organes des sens, pour percevoir les mondes suprasensibles, nous aurions besoin d'organes suprasensibles. Ces organes existeraient en germe chez tous les êtres humains, mais seraient en sommeil à notre époque. Certains de ces organes ou « chakras » auraient été en partie actifs autrefois mais auraient été comme anesthésiés pour les besoins de l'évolution. Il fallait, selon Rudolf Steiner, que l'être humain perde provisoirement la conscience des mondes spirituels afin de développer la conscience de soi. La médiumnité et les perceptions de certains peuples tribaux seraient des manifestations de perceptions spirituelles selon le mode ancien. Les occidentaux auraient eu cette clairvoyance instinctive jusqu'au Moyen Âge. Par un travail sur soi, au moyen d'exercices appropriés, ces organes de perception pourraient être développés et réactivés. Une clairvoyance consciente ferait alors place à l'antique clairvoyance instinctive. La mise en activité des chakras serait en rapport avec le développement de certaines qualités et valeurs morales de l'âme. Malgré une description de plusieurs centres subtils, Rudolf Steiner insiste surtout sur le développement du chakra à douze pétales (chakra du cœur) et du chakra à seize pétales (chakra du larynx). Le développement du chakra du larynx serait en lien avec la pratique des qualités du Noble Sentier Octuple apporté par le Bouddha Gautama. Celui du chakra du cœur serait adapté à notre époque pour passer de la pensée intellectuelle à la pensée spirituelle[21].

De nos jours, le stade actuel de l'évolution de l'humanité exigerait que les enseignements ésotériques (ceux qui concernent l'homme intérieur) soient mis à la disposition de tous, alors qu'autrefois les contenus ésotériques n'étaient divulgués qu'aux disciples de certaines sociétés secrètes.

Rudolf Steiner ajoute que ces exercices seraient appropriés à l'état de conscience de notre époque et qu'ils sont efficaces pour le développement spirituel si les conseils qu'il donne dans ses ouvrages de base sur le sujet sont suivis sérieusement. Pour celui qui ne souhaite pas développer ses perceptions spirituelles, certains exercices, comme le calme intérieur et l'acquisition de certaines qualités comme la positivité, lui seraient profitable pour l'harmonisation de sa vie intérieure[21].

L’organisation spirituelle, psychique et physique de l’être humain selon l'anthroposophie[modifier | modifier le code]

Selon le point de vue envisagé, Rudolf Steiner propose diverses approches de la nature humaine, ce qui se traduit selon les cas par une subdivision en neuf, sept, quatre ou trois constituants :

  • En neuf : physique, éthérique, psychique, âme de sensibilité, âme d'entendement, âme de conscience, Soi spirituel (manas), Esprit de vie (bouddhi), Homme-Esprit (atma).
  • En sept : physique, éthérique, psychique doué de sensation ou astral, âme d'entendement, âme de conscience emplie d'esprit, Esprit de vie (bouddhi), Homme-Esprit (atma).
  • En quatre, l'astral regroupant le corps psychique lié à l'âme de sensation et le Moi incluant comme ses deux enveloppes l'âme d'entendement et l'âme de conscience + soi spirituel, esprit de vie et homme esprit en développement :

physique, éthérique, astral, Moi

  • En trois : corps, âme et esprit.

1. Le corps physique
C'est le seul que la science traditionnelle reconnaisse.

2. Le corps éthérique
Rudolf Steiner l'appelle aussi corps vital ou corps de forces formatrices. Il s'agirait davantage d'un champ de forces que d'un corps. Il présiderait au développement du corps physique jusqu'à sa taille adulte et ensuite il dirigerait les processus qui maintiennent sa forme. C'est lui qui ferait du corps physique un corps vivant. Les plantes et les animaux auraient également un corps éthérique.

3. Le corps astral

Cette dénomination ancienne a été conservée par Rudolf Steiner du fait qu'elle était d'usage courant en ésotérisme, mais il l'appelle aussi corps psychique, corps de conscience, parfois corps des désirs ou corps animique. Ce corps n'épouserait pas les formes des corps physique ou éthérique. Il affecterait une forme ovoïde parcourue par des courants de forces psychiques apparaissant lumineuses et très colorées à la « perception clairvoyante ». Dans la littérature ésotérique, on en parle souvent comme de l'aura.

4. Le « Moi » ou le « Je »

Le Moi est considéré comme l'entité supérieure immortelle de l'homme, destinée à se déployer et se structurer sous la forme de ce que l'anthroposophie appelle « la triade spirituelle ». Le Moi est censé agir dans l'âme et susciter ainsi l'être conscient.

5. L'âme

Dans la structure ternaire anthroposophique de l'être humain : Esprit - âme - corps, on appelle « corps » l'ensemble constitué du corps physique, du corps éthérique, et de la partie inférieure du corps astral. Le terme âme, sous-entendant ses trois aspects appelés âme de sensation[22], âme d'entendement[23] et âme de conscience[24], désigne la partie supérieure du corps astral, tandis que le terme esprit désigne le moi, incluant le germe de la triade spirituelle. L'âme de sensibilité serait particulièrement unie au corps astral. Le corps astral est censé rendre conscientes les impressions transmises par les organes sensoriels, mais ce serait dans l'âme de sensation que le Moi peut revivre les souvenirs, les représentations de ce qui a été perçu. L'expérience intérieure se déroule dans l'âme de sensation. Dans l'âme d'entendement, le Moi élabore ce qu'il reçoit. Il éclaire et élabore par la pensée ce qui vit dans l'âme de sensation. Grâce à cette partie de l'âme, le Moi peut porter des jugements. C'est au sein de l'âme d'entendement que l'homme s'éveille à lui-même, qu'il saisit son Moi. Toutefois, précise Rudolf Steiner, la pleine conscience de son Moi, il ne peut l'acquérir que dans l'âme de conscience. L'âme de conscience recherche la vérité et le bien moral. Ce n'est qu'à ce moment que la connaissance véritable de soi et du monde peuvent devenir objective et que le Moi peut élargir progressivement sa conscience au suprasensible[25].

6. Les corps supérieurs

Le disciple qui suit un chemin spirituel, anticipe par le travail qu'il fait sur lui-même, des stades de conscience qui ne deviendraient l'apanage naturel de l'humanité que dans le futur.

  • Le travail du Moi sur le corps astral, en le métamorphosant, donnerait naissance au Soi spirituel.
  • Le travail du Moi sur le corps éthérique (ou vital), en le métamorphosant donnerait naissance à l'Esprit de vie.
  • Le travail du Moi sur le corps physique, en le métamorphosant, donnerait naissance à l'Homme-Esprit[26].

Les différents mondes[modifier | modifier le code]

Il existe 7 mondes (cf "Élèments d'ésotérisme") :

  • 1 - Monde physique :
    • Monde matériel, constitué par les 4 éléments: Terre, Eau, Air, Feu
    • Monde éthérique, constitué par les 4 éthers: éther de chaleur, éther de lumière, éther de son ou chimique ou de nombre, et éther de vie. Ces deux derniers éthers ne sont pas perceptibles aux sens physiques.
  • 2 - Monde astral (kama loca, monde de l'âme, monde de l'Imagination)
  • 3 - Monde spirituel (Dévachan, monde céleste, monde de l'esprit) :
    • Dévachan inférieur ou monde spirituel inférieur : Monde de l'Harmonie des Sphères, Monde de l'Inspiration
    • Dévachan supérieur ou monde spirituel supérieur : Monde de l'Intuition
  • 4 - Monde de la Providence (plan Buddhi ou Shushupti)
  • 5 - Nirvana
  • 6 - Para-nirvana
  • 7 - Maha-pari-nirvana

Cosmologie et anthropologie anthroposophique[modifier | modifier le code]

Les stades de développement de la Terre[modifier | modifier le code]

Pour Rudolf Steiner, notre Terre est la manifestation de l'activité d'êtres spirituels, êtres humains compris. Ces derniers et les êtres humains évolueraient parallèlement tandis que la Terre passerait par des incarnations successives dans des substances de plus en plus denses, selon un rythme septénaire. Vers le milieu l'évolution terrestre, le processus s'inverserait grâce à l'impusion cosmique du Logos et la Terre repasserait par des états de plus en plus subtils. Notre Terre serait actuellement au 172e stade sur les 343 (7x7x7) que comporte toute l'évolution terrestre.

L'entité christique[modifier | modifier le code]

Selon Rudolf Steiner, l'anthroposophie n'est pas une religion mais elle cherche à élucider le contenu des diverses religions. Dans le christianisme, par exemple, ce n'est pas le message religieux qui serait le plus important, mais l'action objective du Christ, considéré comme « l'esprit guide de la terre ». D'un point de vue social, le renforcement de l'ego conduirait au chaos, à la « guerre de tous contre tous ». Pour éviter cela, l'entité christique pourrait imprégner les êtres humains de la force d'amour, ce qui leur permettrait de vivre ensemble en harmonie.

L'incarnation du principe christique[modifier | modifier le code]

Selon l'anthroposophie, l'incarnation du Logos ou Verbe en Jésus aurait eu lieu lors du baptême par Jean-Baptiste dans le Jourdain.

Rudolf Steiner considère l'incarnation de ce Logos dans un corps physique comme un fait de la plus haute importance pour l'évolution humaine. Alors que les théosophes minimisaient ce rôle en faisant du Christ un avatar, un initié, voire un prophète ordinaire, Rudolf Steiner voit dans le Christ une incarnation unique de la divinité, rendue nécessaire par le cours de l'évolution[27]. Son rôle cosmique serait d'amorcer et d'accompagner la spiritualisation de la Terre. Il en déduisit que l'impulsion christique est un fait objectif qui transcende toutes les religions. Selon Rudolf Steiner, les premiers chrétiens ont saisi toute la portée de cet événement, mais cette compréhension commença à se perdre à partir du IVe siècle. Les schismes au sein du christianisme sont la signature de la perte de cette compréhension. À cette époque s'amorça le déploiement de l'intellect dans l'âme humaine, ce qui en contrepartie fit disparaître l'ancienne sagesse intuitive. En perdant cette sagesse, l'être humain gagne en liberté et devient de plus en plus capable de retrouver de manière consciente le lien avec le monde spirituel[28]. Rudolf Steiner enseigne que la venue du Christ dans un corps physique, il y a deux mille ans, ne serait que la partie visible d'un processus cosmique qui aurait commencé bien avant cette incarnation sur la Terre.

L'apparition du Christ dans le monde éthérique[modifier | modifier le code]

Rudolf Steiner prédisait qu'à partir de 1930-1940, de plus en plus d'êtres humains seraient en mesure de percevoir par clairvoyance naturelle la présence du Christ sous forme d'Ange, dans le monde éthérique, l'étude de l'anthroposophie préparant le penser à accéder à la clairvoyance pensante, notamment par le livre "Philosophie de la liberté[29]".

Les entités dites « adverses »[modifier | modifier le code]

Rudolf Steiner enseigne l'existence de plusieurs catégories d'entités adverses. Ce sont des entités spirituelles qui seraient restées à des stades antérieurs de l'évolution pour amener dans notre évolution actuelle des conditions propres à ces anciens stades. Lucifer et Ahriman sont les représentants de deux tendances opposées intervenant dans le développement de l'humanité. Les forces lucifériennes auraient une action expansives, centrifuges, dilatoires, dissolvantes et calorique, tandis que les forces ahrimaniennes auraient une action contractante, durcissante, centripète et refroidissante. Selon cette vision, dans l'organisme humain, les forces lucifériennes auraient un certain rapport avec les maladies de type inflammatoire, microbienne, tandis que les forces ahrimaniennes seraient liées aux maladies sclérosantes, paralysantes et virales. La santé résulterait ainsi de l'équilibre dynamique entre ces deux tendances[30].

L'incarnation d'Ahriman[modifier | modifier le code]

Le Représentant de l'humanité, luttant entre Lucifer et Ahriman pour les équilibrer

Pour Rudolf Steiner, un retour du Christ dans une incarnation humaine est impossible. Les écoles ésotériques qui annoncent un futur retour du Christ ne feraient que préparer les conditions de la venue d'une entité adverse, laquelle se ferait passer pour le Christ réincarné, un peu comme dans le Court récit sur l'Antéchrist du philosophe russe Vladimir Soloviev. Cette entité, Rudolf Steiner l'appelle Ahriman, un autre nom pour Satan. Selon lui, Ahriman s'incarnerait au début du IIIe millénaire[31].

La tentative d'usurpation de la place du Christ éthérique par une entité ahrimanienne[modifier | modifier le code]

Rudolf Steiner expose que des loges occultes occidentales visent à mettre, à la place du Christ éthérique, une entité purement ahrimanienne dans un corps éthérique. Des loges orientales, quant à elles, se servent du culte des ancêtres pour supprimer l'intérêt de la recherche du Christ chez les hommes (cf livre "Derrière le voile des événements").

Ère du Verseau[modifier | modifier le code]

Rudolf Steiner déclare que l'humanité est dans l'ère des Poissons depuis 1413, et qu'elle n'entrera dans l'ère du Verseau que 2160 ans plus tard soit en 3573. (voir Chronologie précessionnelle)

Réincarnation et karma[modifier | modifier le code]

Pour Rudolf Steiner, au stade actuel l'homme ne serait ni tout à fait libre, ni déterminé ; il se trouverait sur le chemin qui mène à la liberté. Progressant d'incarnation en incarnation, l'être humain développerait les facultés et le savoir qui lui permettraient d'aborder son environnement et sa destinée avec une maturité croissante. Un esprit qui se détermine lui-même, en toute lucidité sur ses motivations profondes, est un esprit libre.

Dans la perspective anthroposophique, l'esprit est l'élément éternel qui voyage d'une incarnation à l'autre. Les corps sont renouvelés à chaque incarnation. Le karma est défini comme le lien qui rattache un être aux conséquences de ses actions. L'esprit humain suit une évolution ascendante. Lorsque l'être humain psycho-spirituel, après la mort, s'est débarrassé de ce qui le rattachait à la terre, l'esprit s'élève dans les mondes spirituels aussi haut que lui permet son degré d'évolution. L'esprit humain n'est pas inactif dans les mondes spirituels ; en collaborant avec les entités spirituelles, il prépare sa prochaine incarnation. Quand il est prêt et que les conditions terrestres sont adéquates, le processus s'inverse et l'esprit humain redescend vers la terre.

Sommeil et après-vie[modifier | modifier le code]

Selon la conception de Rudolf Steiner, au cours du sommeil, le corps physique resterait imprégné de l’éthérique (qui le maintient en vie), mais l’astral (l’âme) et le moi (je) s'en sépareraient. En revanche, au moment de la mort, le corps éthérique, le corps astral et le moi quitteraient définitivement le corps physique.

À partir du moment de la mort, l’individu revivrait toutes ses nuits de sommeil, soit un tiers de la durée totale de sa vie. Il retrouverait aussi ses proches décédés avant lui. Il ne pourrait que contempler le spectacle de ses actions – tel que le conçoit Aristote -, impuissant parce qu’il ne peut plus rien y changer, ce qui l’attristerait au plus haut point. Plus l’individu aurait eu un comportement moral, plus il serait entouré et en bonne compagnie. Après avoir traversé, la sphère lunaire, la sphère de Mercure et celle de Vénus, il poursuivrait son ascension à travers les sphères, solaire, de Mars, de Jupiter et de Saturne qui correspondraient à des niveaux spirituels de plus en plus élevés. Au fur et à mesure de son ascension à travers les sphères spirituelles, l'individu se dépouillerait successivement de ses corps éthérique et astral. Par la suite le processus s'inverserait et l'individualité se reconstruirait des corps au fur et à mesure de sa descente vers une nouvelle incarnation terrestre[32],[33],[34].

Homme et femme[modifier | modifier le code]

Dans l'image de l'homme selon l'anthroposophie, il n'existerait pas deux sortes d'humains mais une seule: tout être humain serait en réalité masculin-féminin. Plutôt que de parler d'homme et de femme, il faudrait donc parler de nature masculine et de nature féminine. La femme possèderait un corps physique de nature féminine mais son corps éthérique serait de nature masculine. L'homme par contre possèderait un corps physique de nature masculine et son corps éthérique serait de nature féminine. Ce qui est extérieur chez l'un vivrait intérieurement chez l'autre, et inversement, ce qui expliquerait notamment l'attraction entre les sexes. Quant à l'âme et au moi, ils ne seraient pas sexués. Le moi éternel s'incarnerait soit en homme soit en femme, en général alternativement, sauf exceptions et nécessités liées au karma. Une incarnation en tant qu'homme n'apporterait pas les mêmes expériences qu'une incarnation en tant que femme. L’homme serait plus incrusté dans la matière, davantage conduit par le cerveau et l’intellect. À l’inverse, la femme serait moins profondément incarnée. Elle resterait plus proche de l’intériorité de sa psyché, de son âme, de son monde intérieur. Selon cette vision, une vie d’homme serait la cause d’une réincarnation en femme et vice versa[35].

Durée entre les incarnations[modifier | modifier le code]

Les êtres humains étant très dissemblables, la durée typique entre les incarnations (environ 1000 ans) serait susceptible de variations considérables. Par exemple, les personnalités très liées à une conception matérialiste de la vie, ou fortement marquées par l’intellectualité, auraient du mal à évoluer dans les mondes supérieurs et se réincarneraient de ce fait plus rapidement ; les individus morts prématurément se réincarneraient d'autant plus rapidement qu'ils sont morts plus jeunes[36].

La redescente sur terre[modifier | modifier le code]

Peu de temps avant la naissance, l’individu verrait le germe de son corps physique se lier à l'organisme de la future mère. Après la troisième semaine de développement fœtal, le Moi s'engagerait activement dans le processus de formation du corps, lui donnerait sa forme et commencerait à s’y incarner[37]. Durant les sept premières années après la naissance, l'enfant édifierait son corps éthérique, plus ou moins jusqu'au changement de dentition. À partir de ce moment, une bonne partie des forces formatrices éthériques seraient libérées et disponibles pour l'activité représentative. Entre la douzième et la seizième année à l'époque de la puberté, le corps astral se séparerait de l'enveloppe astrale qui le construisait. Le Moi par contre ne s'incarnerait complètement que vers l'âge de 20 ou 21 ans[38].


Controverses[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

La principale difficulté pour évaluer l'anthroposophie selon la méthode scientifique réside dans le fait que Rudolf Steiner s'appuie sur ce qu'il appelle des perceptions spirituelles, non accessibles au plus grand nombre, si tant est qu'elles existent réellement. Ainsi, tout ce qui se base sur des perceptions spirituelles dans l'anthroposophie ne peut être considéré que comme hypothèse ou comme une croyance. Rudolf Steiner s'exprime cependant à ce sujet, déclarant qu'il ne souhaite pas être cru sur parole, mais invite ceux qui le souhaitent à vérifier par eux-mêmes ses propositions. Son approche se fondant essentiellement sur le développement méthodique de certaines facultés par des exercices méditatifs, seul celui qui entreprend ces exercices peut finalement prétendre à une vérification.

Accusations de racisme[modifier | modifier le code]

Des accusations de racisme, se fondant sur certains écrits de Rudolf Steiner, ont été formulées contre l'anthroposophie aux Pays-Bas, aux États-Unis, en Allemagne et en France[39].

Aux Pays-Bas, la Société anthroposophique a répliqué en mandatant une commission d'enquête chargée de soupeser les allégations de racisme dans l'œuvre de Rudolf Steiner. Le 1er avril 2000, après quatre ans de délibérations, un rapport de 720 pages a été produit à partir de 245 citations litigieuses tirées de 89 000 pages[réf. nécessaire]. La commission a conclu que : « l'œuvre ne contient ni doctrine raciale, ni déclarations faites dans le but d'insulter certains groupes de personnes ».[réf. nécessaire] Elle pose Rudolf Steiner comme un ennemi de l'antisémitisme et du nationalisme. Il reste toutefois seize déclarations jugées discriminatoires et juridiquement litigieuses. La commission a donc proposé quelques solutions, telles que l'annotation des passages litigieux afin d'éviter le risque de malentendu et a recommandé aux écoles Waldorf d'abandonner les stéréotypes raciaux. Au sein de la fédération des écoles Waldorf, un groupe d'experts aurait été mis sur pied afin de veiller à ces corrections. [réf. nécessaire]

Au sujet des écrits de Rudolf Steiner : Ce dernier était issu de la théosophie qui soutenait l'existence de « Races-Mères ou Races-Racines » et de « sous-races ». Les Races-Racines seraient : Hyperboréenne, Lémurienne, Atlantéenne et Post-Atlantéenne. Nous serions l'humanité de la Race-Racine Post-Atlantéenne. Durant la civilisation de l'Atlantide, l'être humain aurait généré une pluralité de races, d'abord quatre grandes races (noire, rouge, jaune, blanche) ainsi que quelques variantes plus tardives. [réf. nécessaire]

Rudolf Steiner a rapidement abandonné la notion de race pour parler plutôt de « périodes culturelles ». La race est une réalité appartenant à l'Atlantide. [réf. nécessaire] Depuis le Déluge qui aurait mis fin à l'Atlantide, les races auraient perdu leur importance. Notons que Rudolf Steiner lors d'une conférence où il parlait des couleurs, fait correspondre les différentes couleurs de peau (qui correspondent à une physiologie particulière) aux quatre grandes périodes du développement biographique d'un homme : les Noirs seraient l'enfance, les Jaunes l'adolescence, les Blancs l'âge mûr et les Peaux-rouges la vieillesse. Or, tous les âges ont leur propre dignité dans cette perspective et seraient en fait de valeur égale.

Rudolf Steiner parlait toutefois de races « dégénérées ». Mais dans cette vision, l'hérédité ne s'applique qu'au corps ; l'esprit étant d'origine spirituelle, il est perçu comme totalement indépendant de l'hérédité. Il demeure que Rudolf Steiner semblait d'avis que certaines races étaient vouées à l'extinction, parce qu'elles seraient adaptées à une période révolue du développement terrestre. Ce processus de mort d'une race serait la cause des maladies qui ont ravagé les populations indiennes d'Amérique par exemple. Mais Rudolf Steiner n'a jamais justifié de cette manière l'extermination des Indiens d'Amérique comme on l'a parfois prétendu. [réf. nécessaire] Rudolf Steiner affirme que dans un lointain futur, l'humanité transcenderait la notion de race et que celle-ci disparaîtrait par elle-même. L'esprit humain serait, en vertu de la réincarnation, libre de s'incarner dans différentes races. Un individu trop attaché à la matière, un raciste par exemple, retomberait dans son animalité et s'emprisonnerait dans sa race. Il se réincarnerait toujours dans la même, ou dans la race qu'il aurait haï. Rudolf Steiner aurait dit que lorsqu'on observe un individu d'une autre couleur de peau avec un mépris raciste, on pourrait être sûr que notre future incarnation serait dans cette race. [réf. nécessaire]

En France, ces accusations de racisme ont été reprises par certains militants anti-sectes. Selon Paul Ariès, la MILS considère certaines allégations des écrits de Rudolf Steiner comme étant « susceptibles d'être interprétées comme racistes et qu'exposées publiquement aujourd'hui, ces opinions pourraient faire l'objet de procédures judiciaires, en vertu des articles 225.1 et suivants du Code pénal français[40] ». Il ne prônerait pas toutefois un racisme biologique mais une vision inégalitaire et hiérarchisée du cosmos. Selon Ariès, ce serait le groupe GEMPPI qui est responsable d'avoir débusqué « les croyances et les doctrines racistes de Rudolf Steiner ». Cependant l'étude produite par le GEMPPI affirme que les rares allégations de racisme relevées dans des écoles Steiner-Waldorf sont peu significatives et « sont même contraires aux comportements de beaucoup d'éducateurs des écoles Waldorf, notamment dans les townships d'Afrique du Sud ou à Milwaukee[41] »

Autres controverses concernant l'anthroposophie[modifier | modifier le code]

En France, le Rapport parlementaire français sur les sectes et l'argent de 1999, sous la direction de Jacques Guyard[42], met en cause l'anthroposophie. Plusieurs associations du mouvement anthroposophique ont porté plainte contre Jacques Guyard qui fut condamné en première instance pour diffamation. Il a été relaxé en appel. La Cour d'appel a en effet jugé que les propos en question étaient bien « diffamatoires » mais a relaxé Jacques Guyard en raison de sa « bonne foi », et parce que « Le juge n'est pas lié par les conclusions d'une Commission d'enquête et ne peut donc pas se prononcer sur la qualité des investigations menées par l'enquêteur ». Par ailleurs la Cour a aussi relevé que l'anthroposophie inspirerait un mouvement « considéré comme une secte non seulement par la commission d'enquête française, mais aussi par une commission d'enquête belge, un rapport des Renseignements généraux de 1997 et les spécialistes du mouvement sectaire[43] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rudolf Steiner dit dans une conférence à Berlin en janvier 1916 : « Anthroposophie n'est pas un nom nouveau. Il y a quelques années alors qu'il s'agissait de donner un nom à notre cause, je me suis souvenu d'un nom qui m'était devenu cher parce qu'un professeur de philosophie, Robert Zimmerman dont j'avais suivi les conférences, avait intitulé son ouvrage principal Anthroposophie. C'était dans les années quatre-vingt du XIXe siècle et même avant. De toute façon le terme « anthroposophie » remonte à bien plus loin dans la littérature. Il était déjà utilisé au XVIIIe siècle et même avant. Le nom est donc ancien ; nous nous en servons pour quelque chose de nouveau. Pour nous ce nom ne doit pas seulement signifier connaissance de l'homme. C'est l'intention expresse de ceux qui ont choisi ce nom. Notre science elle-même nous amène à la conviction qu'à l'intérieur de l'homme sensoriel existe un homme spirituel, un homme intérieur, en quelque sorte un deuxième homme.
    Alors que ce que l'homme peut savoir du monde grâce à ses sens et à l'intelligence qui s'en tient à l'observation sensorielle, peut être appelé « anthropologie », ce que l'homme intérieur, l'homme spirituel, est en mesure de savoir peut être appelé « anthroposophie » (in La Démarche de l'investigation spirituelle, Philosophie et Anthroposophie, GA 35, éd. Anthroposophiques romandes)
  2. Rudolf Steiner, Philosophie de la liberté, Chapitre III, La pensée, instrument de conception du monde, GA 34, Éditions Anthroposophiques Romandes
  3. Voir à ce sujet sa thèse de doctorat de philosophie Vérité et science et son livre Philosophie de la liberté.
  4. Rudolf Steiner, conférence du 13 février 1923 à Stuttgart, in Éveil au contact du Moi d'autrui, GA 257, Éditions Anthroposophiques romandes.
  5. Rudolf Steiner, Comment parvient-on à des connaissances des mondes supérieurs ?, 1904/1905 - GA 10, éditions Triades
  6. Rudolf Steiner, Conférence faite à Berlin le 4 juillet 1916 in Êtres universels et Essence du Moi, GA 169, Éditions Anthroposophiques romandes.
  7. Andréï Biély, Souvenirs sur Rudolf Steiner, Éditions L'Âge d'Homme, Lausanne, 1996
  8. Johannes Hemleben, Rudolf Steiner, sa vie, son œuvre, éd. Triades, Paris, 2003, p. 120
  9. Geneviève et Paul-Henri Bideau, Une biographie de Rudolf Steiner, Éditions Novalis, Montesson, 1997
  10. Hella Wiesberger, L'Enseignement ésotérique de Rudolf Steiner et la Franc-maçonnerie, éditions Anthroposophiques romandes, Genève, 2004
  11. Nicanor Perlas, La société civile : le 3e pouvoir. Changer la face de la mondialisation, Préfaces de Bernard Ginisty, Agnès Bertrand et Mohammed Taleb, 320 p., éd. Yves Michel
  12. Geneviève et Paul-Henri Bideau, Une biographie de Rudolf Steiner, Édtions Novalis, Montesson 1997, Ch. 3 La triarticulation de l'organisme social.
  13. Frans Carlgren & Arne Klingborg, Éduquer vers la liberté, la pédagogie de Rudolf Steiner, Éditions Les Trois Arches, Chatou, 1992
  14. Pierre Lienhard, Friedrich Rittelmeyer, Biographie et textes d'un témoin du Christ vivant, Éditions Iona, Franchesse, 1998
  15. Friedrich Rittelmeyer, J'ai rencontré Rudolf Steiner, Éditions Triades, Paris, 1980
  16.  » Frans Carlgren, Rudolf Steiner et l'Anthroposophie, Éditions du Goetheanum, Dornach, 1982
  17. Pierre Masson, Guide pratique de la bio-dynamie à l'usage des agriculteurs, Mouvement de culture bio-dynamique, Donzy-Le-national, 2007
  18. Textes rassemblés par le comte Adalbert von Keyserlingk, La Naissance de l'agriculture bio-dynamique, éd. Novalis, Montesson 2003
  19. Rudolf Steiner, Comment parvenir à des connaissances sur les Mondes supérieurs ?  » (parfois nommé l'Initiation en français) et Rudolf Steiner, La Science de l'Occulte, Leçons ésotériques, tomes 1, 2 et 3
  20. Voir la liste liste des écoles
  21. a et b Rudolf Steiner Comment parvenir à des Connaissances sur les Mondes supérieurs ?  » (parfois nommé l'Initiation en français) et Rudolf Steiner, La Science de l'Occulte
  22. Empfindungsseele : on trouve aussi les dénominations : âme de sensibilité, âme sensible, âme affective, âme de sentiment…
  23. Verstandesseele ou Verstandes oder Gemütseele : âme de cœur et/ou de raison, âme rationnelle et/ou affective, âme d'entendement et/ou de sentiment…
  24. Bewußtseinsseele
  25. Rudolf Steiner, La Science de l'occulte, 1910, éditions Triades, Paris, Chapitres II et VII
  26. Rudolf Steiner, La Science de l'occulte, 1910, éditions Triades, Paris - Chapitre II, l'être humain
  27. Simone Rihouët-Coroze, Une biographie de Rudolf Steiner, Éditions Triades, 1973, (chap. 21, Les Trois Congrès)
  28. Rudolf Steiner, L'apparition du Christ dans le monde éthérique, GA 118, conférence du 25 janvier 1910 faite à Karlsruhe, Éditions Anthroposophiques Romandes.
  29. Rudolf Steiner, L'apparition du Christ dans le monde éthérique, GA 118, conférences des 6 et 20 février 1910, Éditions Anthroposophiques Romandes.
  30. Rudolf Steiner, Lucifer et Ahriman, Éditions Anthroposophiques romandes, Genève
  31. Rudolf Steiner, Lucifer et Ahriman, Éditions Anthroposophiques romandes, Genève
  32. Rudolf Steiner, La science de l'occulte, (1910), Éditions Anthroposophiques Romandes
  33. Rudolf Steiner, La vie entre la mort et une nouvelle naissance(1912), Éditions Anthroposophiques romandes
  34. Irène Diet, La Réincarnation sans l'esprit, histoire d'une contre-vérité, Éditions Triades, Paris, 2002
  35. Rudolf Steiner: L'homme et la femme à la lumière de la science de l'esprit, in : L'éternel féminin et l'éternel masculin. Éd. Triades
  36. Rudolf Steiner, Considérations ésotériques sur le Karma, 6 tomes, Éditions Anthroposophiques romandes, Genève
  37. Pietro Archiati, La Réincarnation dans la vie quotidienne, Éditions Anthroposophiques romandes, Genève, 1997
  38. Rudolf Steiner, La Science de l'occulte, 1910, Éditions Triades, Paris, chap. VII
  39. Référence d'articles accusant Rudolf Steiner de racisme (anglais) : http://www.waldorfcritics.org/articles.html#Racism
  40. Rapport Mils 2000 (Page 56)
  41. Gemppi - Étude sur l'anthroposophie sur le site prévensectes.
  42. Rapport parlementaire français sur les sectes et l'argent (1999)
  43. Dépêche AFP, 6 septembre 2001 http://www.vigi-sectes.org/articles/art-juridique.html#Antroposophie : Relaxe en appel

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

L'œuvre de Rudolf Steiner[modifier | modifier le code]

Se rapporter à la liste de ses œuvres dans l'article qui lui est dédié.

Travaux sur Rudolf Steiner[modifier | modifier le code]

  • Christian Bouchet, Rudolf Steiner, Éditions Pardès, 2005.
  • Christian Bouchet, L'Anthroposophie, Éditions Pardès, 2006.
  • Serge Bramly, Rudolf Steiner, prophète de l'homme nouveau, Retz, Bibliothèque de l'Irrationnel, domaine de l'invisible, 1976.
  • Pierre Lefrançois, Le Génie universel de Rudolf Steiner, Guide Ressources, 1996.
  • Marie-Thérèse Ribeycon, Steiner, la pédagogie de l'éclosion, Guide Ressources, 1996.
  • Pierre Feschotte, "L'Évolution de la conscience et la Mission de l'oubli", La réincarnation, théories raisonnements et appréciations, 1986.
  • Geneviève et Paul-Henri Bideau, Une biographie de Rudolf Steiner, Éditions Novalis, Montesson, 1997.
  • Otto Julius Hartmann, Approche de l'anthroposophie, Éditions Triades, Paris, 2000.
  • Anthroposophie : enquête sur un pouvoir occulte, éditions Golias, 2001, (ISBN 2-914475-19-5)
  • Hemleben Johannes, Rudolf Steiner, Éditions Triades, Paris, 2003.
  • Nicolas Diertelé, "La Spiritualité du mois: L'anthroposophie. Un chemin de connaissance", Actualité des Religions, no 18. G.R. (1999) "Rudolf Steiner" Guide Ressources, 2000.
  • Bernadette Nuoffer, « La Vision anthroposophique du jeune enfant », Krakenpflege/ soins infirmiers, vol. 80, no.2, 1987.
  • Françoise Hildesheimer, « Rudolf Steiner: un gourou entre science et foi », Notre histoire, no 2263, 1988.
  • Denis Müller, « L'Anthroposophie de Rudolf Steiner et son approche de la réincarnation », in Réincarnation et foi chrétienne, 1986.
  • "Anthroposophie" revue "24 heures" 7/7/1999 in La Croix, 15/12/1999
  • C.C. (?) "L'Anthroposophie" Centre éditions de la foi et CINR BLANDRE, Bernard (oct. 2000) "Anthroposophie, les écoles Steiner inspectées"


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]