Cas de Nort-sur-Erdre

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Article connexe : Nort-sur-Erdre.

Le cas de Nort-sur-Erdre est un enregistrement sonore et une série d'observations que certains ont attribué à des OVNI. Une analyse scientifique a conclu que des ovnis n'étaient pas en cause.

Historique du cas[modifier | modifier le code]

À Nort-sur-Erdre, un jeune garçon de 10 ans se réveille durant la nuit, le 7 septembre 1987 à 5 heures, et entend un bip-bip répétitif. Trouvant cela bizarre, il se décide à l'enregistrer sur cassette. Le jeune témoin prétendit qu'en ouvrant sa fenêtre il observa une grosse boule lumineuse orange[1]. Le cas prit une tournure médiatique, de nombreux journaux relatèrent l'affaire.

Analyse de l'enregistrement[modifier | modifier le code]

Les arguments d'Auguste Meessen[modifier | modifier le code]

  • Trois autres personnes ont prétendu avoir observé le même genre de phénomènes lumineux dans la même région les 23 septembre 1986 et 8 septembre 1987[2].
  • Le spectre des fréquences n'est pas harmonique
  • Une très grande précision pour la différence (0,61 kHz) entre les raies des fréquences dominantes[3]

« les différentes raies se présentent avec exactement cet intervalle-là »

  • Intervention d'une réponse non-linéaire[4]

Selon lui, une fonction du temps \nu(t) est transformée en une autre fonction du temps y(t), par une relation de la forme : y=a+bx+cx^{2}+dx^{3}+...

« Il doit donc s'agir d'une réponse non-linéaire de la source »

Les arguments de Renaud Marhic[modifier | modifier le code]

Dans Ovni-Présence, Renaud Marhic commente le cas ainsi[5] : « nous ne pensons pas que le cas de Nort-sur-Erdre puisse être retenu pour toute étude portant sur d'éventuels phénomènes aériens non-identifiés (P.A.N.I.) ayant résisté à l'analyse. Le caractère douteux du témoignage et l'identification de l'enregistrement ne le permettent en aucun cas. »

Le son sur l'enregistrement ressemble très fort à la "moulinette à caviar", émission d'un radar soviétique pouvant être capté sur la gamme ondes courtes de la radiocassette du témoin.

Les analyses d'Auguste Meessen n'indiquent rien d'autre que l'opinion de son auteur sur les PANI (ceux qui contestent son analyse sont qualifiés péjorativement de "nouveaux ufologues")[6]

Les arguments de Bernard Teston[modifier | modifier le code]

Bernard Teston, ingénieur au C.N.R.S., commente ainsi l'analyse d'Auguste Meessen[7] : « Le mélange d'une pseudo-rigueur scientifique, et de qualificatifs nombreux, provoqués par la subjectivité de l'auteur, l'utilisation de termes qui apparaissent entourés d'une aura surnaturelle (tel que "non-linéaire") font que la lecture de cet exposé nous a laissés sur une impression gênante. »

Son argumentation est la suivante :

  • Il n'est pas surprenant que le spectre du signal ne soit pas harmonique. On peut créer naturellement des signaux acoustiques non harmoniques (l'acoustique musicale fourmille d'exemples de ce genre). Un signal peut aussi être la combinaison de plusieurs signaux qui, eux, sont harmoniques.
  • La différence de 0,61 kHz entre les raies des fréquences dominantes et sa précision n'est due qu'à l'analyse fréquentielle par la transformée de Fourier rapide. Celle-ci ne donne des raies spectrales que sur des points régulièrement espacés.
  • La non-linéarité n'est pas due à la source mais aux distorsions provoquées par le traitement du signal (amplificateurs, modulateurs et autres convertisseurs)
  • Les radio-amateurs, habitués aux ondes courtes, trouvent ce son tout à fait banal et naturel[8]

Conclusions[modifier | modifier le code]

Alors que le cas semble élucidé, ceux qui ont initié l'analyse par des spécialistes en acoustique sont traités de[9] « grands-méchants-sociopsychologues-anti-tôle-et-boulons-nouveaux-ufologues » par certains ufologues.

Les partisans de l'analyse d'Auguste Meessen remettent en cause la méthode scientifique[10] : « Il y a la place pour une confrontation de toutes les idées, (...). Ce n'est pas en jouant au gendarme de l'ufologie toujours prêt à rappeler les règles de la seule bonne méthode scientifique qu'on y parviendra. »

Ejecter la science et Cagliostro reparaît :

  • les acousticiens ont conclu à une combinaison d'au moins deux types de signaux, dont un de type transhorizon ("moulinette à caviar") et l'autre une radio-balise quelconque ;
  • les enquêteurs n'excluent pas la possibilité de fraude, l'enregistrement ayant pu être fait en circuit fermé de la partie radio à la partie cassette[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Inforespace no 74, avril 1988, Analyse de deux enregistrements de sons d'ovni, p.3, Auguste Meessen
  2. Inforespace no 74, ibidem, page 11
  3. Inforespace no 74, ibidem, page 13
  4. Inforespace no 74, ibidem, page 15
  5. Ovni-Présence no 40, août 1988, Renaud Marhic, Bruit de Nort: l'onde de choc, p.14
  6. Ovni-Présence no 40, août 1988,Renaud Marhic, ibidem, pp 14-15
  7. Ovni-Présence n°40, août 1988, Bernard Teston, Spectre des fréquences et arguments fantômes, page 19
  8. Ovni-Présence n°40, Bernard Teston, ibidem, pp 17-19
  9. Inforespace no 75, décembre 1988, Renaud Marhic, A Nort, Rien de Nouveau... p 24
  10. Inforespace no 75, décembre 1988, Michel Bougard, A Nort : quoi de neuf ?, page 23
  11. Inforespace no 75, décembre 1988, Renaud Marhic, A Nort, Rien de Nouveau..., page 24

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]