Magnétothérapie

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La magnétothérapie fait partie des médecines non conventionnelles. Les praticiens magnétothérapeutes affirment pouvoir soigner diverses maladies en utilisant des aimants. La magnétothérapie est considérée comme non scientifique par le corps médical car nombreuses études médicales n'ont pu montrer une efficacité supérieure à l'effet placebo[1] (par exemple en cas de douleurs arthrosiques[2], de talalgies[3], de douleurs plantaires[4], de douleurs lombaires basses[5]) tandis que d'autres ont montré un effet largement supérieur au placebo (sur les douleurs des poliomyélitiques[6] ou des diabétiques[7]), faisant elles-mêmes suite à des observations hospitalières préalables (par exemple sur la suppression de crampes nocturnes[8] ou les raideurs d'épaules[9]).

La magnétothérapie fait l'objet d'un marché important, estimé à 252 millions d'euros dans le monde[10].

La magnétothérapie ne doit pas être confondue avec les techniques d'intervention médicale conventionnelles qui font appel à des champs magnétiques pulsés comme la stimulation magnétique transcranienne (TMS).

Historique[modifier | modifier le code]

Les premières applications médicales de l'aimant remonteraient à la médecine antique. Certains écrits citent les Chaldéens, les Égyptiens ou encore les Chinois, mais il n'existe aucune référence bibliographique sérieuse qui le confirme. Les ouvrages les plus anciens que l'on trouve relatent un intérêt de l'aimant dans le domaine obstétrical. Hippocrate conseille l'aimant pour favoriser la fécondité[11] ou encore la purge. Pline cite aussi à plusieurs reprises l'usage des aimants en médecine[12], et Marcel l'Empirique en vante les mérites dans le traitement des maux de tête[13].

En Europe, d'autres savants décrivent l'utilisation des aimants à des fins thérapeutiques comme Paracelse, un médecin suisse du XVIe siècle qui en fait mention dans ses écrits[14].

Il faut attendre les XVIIe et XVIIIe siècles (et la modernisation de la métallurgie rendant plus facile la fabrication des aimants) pour que se développe l'usage de l'aimant à des fins thérapeutiques. C'est à cette époque des Lumières que remontent les véritables sources documentées sur les effets de l'aimant. En 1777, L'abbé Le Noble rédige un mémoire sur les effets de l'aimant[14] qu'il présente à la Société Royale de Médecine. En 1779, les docteurs Audry et Thouret, auxquels la Société royale de médecine a commandé un rapport sur le sujet[15] publient un mémoire de plus de deux-cents pages contenant des comptes-rendus détaillés. Un traité très complet des applications de la magnétothérapie (y compris sur l'usage d'eau magnétisée) est publié en 1782 par le docteur de Harsu, chirurgien suisse[16]. Avec la Révolution française de 1789, l'intérêt pour ces recherches décline à nouveau. Peut-être aussi que l'usage de l'aimant a été discrédité par les extravagances médiatiques de Mesmer, qui a peu à peu abandonné l'usage de l'aimant pour développer sa théorie du magnétisme animal, à différencier du magnétisme minéral ou médicinal.

Il faut ensuite attendre la deuxième moitié du XIXe siècle pour retrouver la trace de publications sur les aimants dans des revues médicales spécialisées. On peut notamment citer les travaux de Laennec[17] (qui traite les affections nerveuses des artères ou la névralgie pulmonaire avec les aimants), Blundell[18] (les algies de la face), Charles Schmidt[19] (qui distingue magnétisme animal et magnétisme minéral), Beydler[20] (utilisation de l'aimant dans les affections rhumatismales).

Au début du XXe siècle, avec les développements technologiques en électronique, se développe aussi l'utilisation des champs magnétiques pulsés, une forme différente de magnétothérapie qui se veut avoir des effets plus spécifiques par le choix de fréquences. L'anglais Smith (1869) et la français d'Arsonval (1893) effectuent les premiers travaux sur la stimulation magnétique. L’américain Matijaca (1917) et la danoise Hansen (1938) commencent à utiliser les champs magnétiques pulsés dans le traitement de différentes affections dont l'anémie, l'artériosclérose, la chorée, les convulsions, l'hystérie, l'insomnie, la migraine, les neuralgies, la neurasthénie, les névrites, les rhumatismes et les douleurs.

Dans les années 1920, Lakhovsky, scientifique russe émigré à Paris, imagine que chaque cellule a sa propre fréquence de résonance, et que cette résonance est modifiée quand une cellule est malade. Il met alors au point un générateur de champs magnétiques pour permettre aux cellules touchées de retrouver leur fréquence naturelle originale.

Régénération des cellules, Lakhovsky

Cette régénération naturelle des cellules consiste en un remplacement des cellules endommagées ou détruites par de nouvelles cellules, semblables. Cela peut s’apparenter à une auto-réparation du corps humain. Selon Lakhovsky, le corps procède naturellement à cette régénération cellulaire mais les champs magnétiques aident à accélérer ce processus. Pour cela, il crée un appareil capable de générer des champs magnétiques pulsés qu’il expérimente avec succès à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris sur un grand nombre de patients, dans les années 1920[21].

Cette technologie des champs magnétiques pulsés va encore être perfectionnée après 1945, notamment par des chercheurs japonais[22], russes[23],[24], roumains[25] ou tchèques[26].

Thérapie par les aimants permanents[modifier | modifier le code]

Les aimants utilisés en magnétothérapie se présentent généralement sous la forme de pastilles rondes ou rectangulaires. Elles peuvent aussi se présenter sous la forme de blocs, de plaques ou même de feuilles en caoutchouc magnétique. Les faces des aimants sont dotées de deux pôles : le Nord et le Sud. Selon l'effet recherché, un des deux pôles est appliqué sur la peau. Plusieurs aimants peuvent aussi être posés sur la peau là où se trouve la zone à traiter, avec un espacement variable selon la zone d'influence de l'aimant, et en respectant les polarités[27]. Rarement, une face nord et une face sud sont appliquées simultanément.

Le champ magnétique des aimants utilisés en magnétothérapie avoisine les 3 500 Gauss pour ceux en céramique et les 14 500 Gauss pour les plus puissants en terres rares.

Les propriétés thérapeutiques généralement attribuées aux aimants sont une action antalgique et anti-inflammatoire qui serait exercée par le pôle Sud et une action décontracturante sur les muscles attribuée au pôle Nord,[28]. Le spécialiste en ce domaine fut le Professeur J-B. Baron[29], directeur de recherche au CNRS et responsable du Certificat de Biomagnétisme de la Faculté de Médecine de Paris Nord.

L'utilisation des aimants est déconseillée chez les personnes porteuses d'un pacemaker, car les aimants génèrent un champ magnétique qui peut perturber le fonctionnement de cet appareil. Les femmes enceintes de moins de trois mois doivent éviter d'utiliser des aimants[27].

Magnétothérapie pulsée[modifier | modifier le code]

La « magnétothérapie pulsée », ou thérapie par les champs magnétiques pulsés, fait appel à des champs magnétiques de faible intensité de fréquences variables. Elle permettrait d'obtenir des résultats thérapeutiques dans les traitements de l'arthrose[30], de la cervicalgie chronique[31], de la fibromyalgie[32] ou de la polyarthrite rhumatoïde[33]. Cette magnétothérapie est critiquées par les sceptiques[34].

Encore peu répandue en France, la magnétothérapie pulsée est plus répandue en Allemagne[35],[36], au Japon[37], aux États-Unis ou encore dans les pays d'Europe de l'Est, notamment en Russie et dans l'ancienne Tchécoslovaquie[38]. Cette technologie se développe en France[30], où elle est notamment proposée par des établissements hospitaliers, comme à Soissons[39], Grenoble ou Perpignan, dans le traitement de la douleur[40]. Des études complémentaires sont encore en cours.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. (en) Tim Harlow, Colin Greaves, Adrian White, Liz Brown, Anna Hart et Edzard Ernst, « Randomised controlled trial of magnetic bracelets for relieving pain in osteoarthritis of hip and knee », British Medical Journal, vol. 329,‎ , p. 1450 (DOI 10.1136/bmj.329.7480.1450, lire en ligne)
  3. (en) MA Caselli, N Clark, S Lazarus, Z Velez et L Venegas, « Evaluation of magnetic foil and PTT Insoles in the treatment of heel pain », Journal of the American Podiatric Medical Association, vol. 87, no 1,‎ , p. 11-16 (PMID 9009543, lire en ligne)
  4. (en) Mark H. Winemiller, Robert G. Billow, Edward R. Laskowski et W. Scott Harmsen, « Effect of Magnetic vs Sham-Magnetic Insoles on Plantar Heel Pain: A Randomized Controlled Trial », Journal of the American Medical Association (JAMA), vol. 290, no 11,‎ , p. 1474-1478 (PMID 13129987, DOI 10.1001/jama.290.11.1474, lire en ligne)
  5. (en) Edward A. Collacott, John T. Zimmerman, Donald W. White et Joseph P. Rindone, « Bipolar Permanent Magnets for the Treatment of Chronic Low Back Pain », Journal of the American Medical Association, vol. 283, no 10,‎ , p. 1322-1325 (PMID 10714732, DOI 10.1001/jama.283.10.1322, lire en ligne)
  6. (en) Vallbona C, Hazlewood CF, Jurida G, « Response of pain to static magnetic fields in postpolio patients: a double-blind pilot study », Arch Phys Med Rehabil, vol. 78, no 11,‎ , p. 1200-3. (PMID 9365349, DOI 10.1016/S0003-9993(97)90332-4, lire en ligne [PDF]) modifier
  7. (en) Weintraub MI, Wolfe GI, Barohn RA, Cole SP, Parry GJ, Hayat G, Cohen JA, Page JC, Bromberg MB, Schwartz SL; Magnetic Research Group, « Static magnetic field therapy for symptomatic diabetic neuropathy: a randomized, double-blind, placebo-controlled trial », Arch Phys Med Rehabil, vol. 84, no 5,‎ , p. 736-46. (PMID 12736891, DOI 10.1016/S0003-9993(03)00106-0, lire en ligne [PDF]) modifier
  8. (en) Helen Evans Reid, « Footnote to cramp », Lancet, vol. 2, no 7790,‎ , p. 1312-3. (PMID 4117841, DOI 10.1016/S0140-6736(72)92687-6) modifier
  9. (en) Kyoichi Nakagawa, « Magnetic Field Deficiency Syndrome and Magnetic Treatment », Japan Medical Journal, no 2745,‎ , p. 1-11. (lire en ligne)
  10. (en) Leonard Finegold et Bruce L Flamm, « Magnet therapy : EDITORIAL », British Medical Journal, vol. 332, no 7532,‎ , p. 4 (PMID 16399710, PMCID PMC1325112, DOI 10.1136/bmj.332.7532.4, lire en ligne)
  11. Hippocrate. Trad. Littré. Livre III, §21 : Des affections internes (tome 7 de Littré, p. 219) et Livre III, §243 : Des femmes stériles (tome 8 de Littré, p. 457-459)
  12. Pline. Histoire naturelle. Livre XXIV, chap. 42, 453 ; livre XXXVI chap. 25, 520-521 et chap. 28, 523. Traduction française Littré, Paris, 1848
  13. (la) Marcel l'Empirique. Marcelli viri illustris Burdigalensis : de medicamentis empiricis, etc. Liber I, cap. I, 35-36, 1536
  14. a et b Abbé Le Noble, Effets de l'aimant. Mémoire lu à la Société Royale de Médecine, Paris, septembre 1777.
  15. Andry et Thouret, Observations et Recherches sur l'usage de l'aimant en médecine ou Mémoire sur la magnétisme médicinal, extrait des Mémoires de la Société Royale de Médecine, année 1779, Paris, Monnier, 1782.
  16. Jacob de Harsu, Franz Anton Mesmer et M Sigaud de La Fond, Recueil des effets salutaires de l'aimant dans les maladies, Genève, Barth. Chirol et chez Emmanuel Didier & Cie, libraires,‎ , 276 p. (OCLC 14860707)
  17. R. Laennec, Traité de l'auscultation médicale et des maladies des poumons et du cœur, Paris, 1883, tome 3, p. 368 et 497-499.
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  19. (en) Schmidt Ch. « Some Practical and Medical Contributions to the Science of Mineral Magnetism » London Medical and Surgical Journal 1836. vol III, 538-543.
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  21. Georges Lakhovsky, Les Ondes qui guérissent, Gauthier-Villars et Cie, 1929.
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  29. Baron, Jean-Bernard, Les aimants dans la médecine d'aujourd'hui (ISBN 978-2-918795-15-5)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-José Boutaric, Les applications médicales de l'aimant de l'Antiquité au XIXe siècle in Histoire des Sciences Médicales, Organe Officiel de la Société Française d'Histoire de la Médecine, ISSN 0440-8888, Trimestriel, Tome XXVIII, no 3, 1994.
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