Magnétothérapie
La magnétothérapie fait partie des médecines non conventionnelles. Les praticiens magnétothérapeutes prétendent pouvoir soigner diverses maladies en utilisant des aimants. La magnétothérapie est considérée comme non scientifique par le corps médical car, jusqu'à présent, aucune des multiples études médicales n'a pu montrer une efficacité supérieure à l'effet placebo (par exemple en cas de douleurs arthrosiques[1], de talalgies[2], de douleurs plantaires[3], de douleurs lombaires basses[4]).
Peu répandue en Europe, la magnétothérapie est plus connue au Japon, aux États-Unis et dans les pays de l'Est, mais elle connaît un développement progressif en France. Malgré l'absence de résultats confirmés, la magnétothérapie fait l'objet d'un marché important estimé à 252 millions d'euros à l'échelle mondiale[5]. La magnétothérapie ne doit pas être confondue avec les techniques d'intervention médicale conventionnelles qui font appel à des champs magnétiques artificiels d'intensité beaucoup plus forte, comme dans la stimulation magnétique transcranienne.
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[modifier] Historique
La première utilisation des aimants à des fins thérapeutiques semble remonter à Paracelse, un médecin suisse du XVIe siècle qui en fait mention dans ses écrits. Au cours des XVIIe et XIXe siècles, on peut noter un recours anecdotique aux aimants par certains médecins. Cependant, c'est surtout à partir des années 1950 que la magnétothérapie fait davantage parler d'elle sous l'impulsion de travaux conduits par des chercheurs japonais en rapport avec le traitement de douleurs de l'épaule par le biais de bracelets aimantés. Ces travaux n'ont jamais pu établir l'efficacité des champs magnétiques faibles et statiques produits par des aimants permanents.
[modifier] La thérapie par les aimants
Les aimants utilisés en magnétothérapie se présentent généralement sous la forme de pastilles rondes ou rectangulaires dont les faces correspondent aux pôles Nord et Sud. Selon l'effet recherché un des deux pôles est appliqué sur la peau. Il s'agit toujours d'aimants permanents dont le champ magnétique avoisine les 1000 Gauss. Les propriétés thérapeutiques généralement attribuées aux aimants sont : une action antalgique qui serait exercée par le pôle Sud et une action décontracturante sur les muscles attribuée au pôle Nord. Les magnétothérapeutes en préconisent ainsi l'usage pour lutter contre les douleurs ostéo-articulaires, les tendinites, les entorses, l'arthrose et les rhumatismes. En fonction de la douleur à traiter, ils utilisent les pôles Nord ou Sud selon le degré de participation des muscles au phénomène douloureux.
D'un point de vue scientifique, ces principes n'ont pas de fondements[6]. D'autre part, le fait que la plupart des sources d'information sur le sujet en faveur de la magnétothérapie émanent d'entreprises dont c'est l'activité commerciale laisse présager là un conflit d'intérêt, voire de la publicité mensongère.
L'utilisation des aimants est déconseillée chez les personnes porteuses d'un pacemaker, car les aimants génèrent un champ magnétique qui peut perturber le fonctionnement de cet appareil.
[modifier] Notes & références
- (en) Tim Harlow, Colin Greaves, Adrian White, Liz Brown, Anna Hart et Edzard Ernst, « Randomised controlled trial of magnetic bracelets for relieving pain in osteoarthritis of hip and knee », dans British Medical Journal, vol. 329, 2004, p. 1450 [texte intégral, lien DOI (pages consultées le 23 novembre 2011)]
- (en) MA Caselli, N Clark, S Lazarus, Z Velez et L Venegas, « Evaluation of magnetic foil and PTT Insoles in the treatment of heel pain », dans Journal of the American Podiatric Medical Association, vol. 87, no 1, 1997, p. 11-16 [texte intégral, lien PMID (pages consultées le 23 novembre 2011)]
- (en) Mark H. Winemiller, Robert G. Billow, Edward R. Laskowski et W. Scott Harmsen, « Effect of Magnetic vs Sham-Magnetic Insoles on Plantar Heel Pain: A Randomized Controlled Trial », dans [The Journal of the American Medical Association], vol. 290, no 11, 2003, p. 1474-1478 [texte intégral, lien PMID, lien DOI (pages consultées le 23 novembre 2011)]
- (en) Edward A. Collacott, John T. Zimmerman, Donald W. White et Joseph P. Rindone, « Bipolar Permanent Magnets for the Treatment of Chronic Low Back Pain », dans [The Journal of the American Medical Association], vol. 283, no 10, 2000, p. 1322-1325 [texte intégral, lien PMID, lien DOI (pages consultées le 23 novembre 2011)]
- (en) Leonard Finegold et Bruce L Flamm, « Magnet therapy: EDITORIAL », dans [Medical Journal], vol. 332, no 7532, 2006, p. 4 [texte intégral, lien PMID, lien DOI (pages consultées le 23 novembre 2011)]
- (en) Bruce Flamm, « Magnet therapy: A Billion-dollar Boondoggle », dans Skeptikal Inquirer, The Commitee for Skeptical Inquiry, vol. 30, no 4, july/august 2006 [texte intégral (page consultée le 23 novembre 2011)]
[modifier] Voir aussi
[modifier] Bibliographie
- Pierre Martignac, Les vertus du magnétisme, des aimants et de la terre, Grancher (26 février 1997), ISBN: 978-2733905449
- Yves Rocard, La Science et les sourciers ; baguettes, pendules, biomagnétisme, Paris: Dunod 1989, (ISBN 2-10-002996-7).