Tératologie

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La tératologie (du grec ancien τέρας / téras (« monstre ») et λογία / logía (« étude »)) est l'étude scientifique des malformations congénitales. Elle est l'étude des monstres, ce terme étant ici à prendre selon sa définition dans les sciences de la vie (être vivant présentant une importante malformation). Il vient d'ailleurs du latin monstrum qui signifie « prodige ayant une valeur de présage », du fait de l'interprétation qui en était faite.

Grâce à une meilleure compréhension de l'origine de ces phénomènes, ce domaine chevauche actuellement d'autres disciplines, comme l'embryologie et la biologie du développement.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un aspect de la collection de tératologie au Musée d'Anatomie de Montpellier.
Les sœurs Salon ; les cirques étaient friands de personnages difformes, qu'ils soient vrais ou « truqués » dans le but d'impressionner le public.

Dans l'Antiquité, Ovide, un poète latin, rédige un traité sur les "monstres". Cet ouvrage servira de référence pour les siècles suivants mais il n'aborde le sujet que d'une façon mythologique.

Au Moyen Âge, les malformations sont supposées être l'œuvre de Satan ou d'une force maléfique étroitement liée à la sorcellerie. Les êtres difformes nourrissent l'imaginaire collectif entre les dragons et les bêtes terrifiantes des diverses mythologies. Les "monstres" désignent à l'époque les malformations humaines ou animales, mais gardent cette connotation mythologique. Les malformations ne font pas encore l'objet d'études médicales.

Ce n'est qu'avec l'apparition de l'anatomie grâce à André Vésale et la compréhension croissante des mécanismes de la reproduction et de la formation de l'embryon que l'on commence à pouvoir scientifiquement expliquer les malformations. Le terme de « monstre » évolue : Ambroise Paré rédige le traité Des monstres et prodiges (1573) qui aborde l'analyse d'une manière plus scientifique à travers des cas concrets : siamois, doigts surnuméraires, animaux à deux têtes, etc. L'imaginaire demeure très présent : Paré parle de « monstres célestes », évoque les animaux exotiques et décrit des créatures à mi-chemin entre l'homme et l'animal. Paré indique que les jumeaux soudés entre eux sont causés par une « abondance de semence ». Sur la planche, il est écrit : « les monstres ne vivent guère ».

Au début du XVIIe siècle, l'anatomie devient de plus en plus présente dans les études, la théologie cède sa place pour laisser apparaître des analyses plus détaillées et rationnelles. Plusieurs médecins s'intéressent aux « monstruosités » : Martin Weinrich (1595) ou encore André Dulaurens (1600). La tératologie avance alors à grand pas et écrase les mythes en apportant des preuves issues des dissections. Les travaux de Fabrice d'Acquapendente et William Harvey formeront des bases solides sur l'étude de l'embryon. Harvey découvre que les jumeaux rattachés l'un à l'autre sont issus de la présence de deux œufs qui se soudent. Les « hétéradelphes » issus de la jonction d'une partie d'un embryon sur un autre, sont décrits dans La Science des Monstres d'Étienne Wolff. La Chronique de Lycosthenes présente plusieurs configurations de malformations gémellaires.

Le siècle des Lumières confirmera cette tendance avec l'apparition d'autres sciences et les progrès apportés par les pathologistes. Le zoologiste français Étienne Geoffroy Saint-Hilaire est suivi par son fils Isidore Geoffroy Saint-Hilaire qui élabore de 1832 à 1837 "L'histoire générale et particulière des anomalies de l'organisation chez l'homme et les animaux". Les Saint-Hilaire et l'anatomiste allemand Johann Friedrich Meckel von Helmsbach (1781-1833) passent pour être les fondateurs de la tératologie.

Il faudra toutefois attendre le milieu du XXe siècle pour comprendre que le fœtus peut être perturbé par des substances provenant de l'extérieur. Jusqu'alors, l'utérus apparaissait comme une barrière infranchissable.

Tératologie végétale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tératologie végétale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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