Maureen O'Hara

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Maureen O'Hara

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Maureen O'Hara dans Le Cygne noir (1942)

Nom de naissance Maureen FitzSimons
Surnom Queen of Technicolor
Naissance 17 août 1920 (94 ans)
Ranelagh, Dublin, Irlande
Nationalité Drapeau de l'Irlande Irlandaise
Profession Actrice
Films notables Qu'elle était verte ma vallée
Le Cygne noir
Sinbad le marin
L'Homme tranquille
Ce n'est qu'un au revoir
Site internet http://www.moharamagazine.com/

Maureen O'Hara (née Maureen Fitzsimons) est une actrice irlandaise née à Dublin le 17 août 1920. Elle débute avec L'auberge de la Jamaïque et Quasimodo où elle partage l'affiche avec Charles Laughton. Prise sous contrat par la RKO (qui la cèdera bientôt à la Fox), elle commence une carrière à Hollywood ; elle a 19 ans. Aux États-Unis, elle tourne beaucoup, notamment sous la direction de John Ford en compagnie de John Wayne (L'Homme tranquille ou Rio Grande).

Biographie[modifier | modifier le code]

Des débuts prometteurs[modifier | modifier le code]

Maureen O'Hara en 1940

Maureen O’Hara est la fille d'une comédienne et chanteuse irlandaise[1], très tôt, elle suit les conseils de sa mère et prend des leçons de diction et de danse. Possédant une voix de soprano, elle rêvera longtemps d’une carrière de cantatrice[2]. Son père, Charles FitzSimons, gère une entreprise à Dublin, il est également propriétaire d’une équipe de football « Le Shamrock Rovers[3] ».
Maureen O'Hara dès l’âge de dix ans participe à un show radiophonique[4]. Puis elle se forme au théâtre et à 15 ans elle intègre le prestigieux Abbey Theatre en Irlande[5] où elle pratique le théâtre classique et l'opéra[3]. Son père ne croit pas aux aspirations de sa fille et insiste pour qu’elle apprenne un métier. Elle prend des cours de comptabilité et de dactylo, une compétence qui s’avérera bien utile quand John Ford lui demandera de taper ses notes et le script lors de la mise en chantier de L'Homme tranquille[2].

Elle est remarquée dans une interprétation d’une pièce de Shakespeare par Harry Richman, un chanteur populaire de music-hall américain. Il la recommande dans un de ses films, pour un petit rôle, Kicking the Moon Around (1938) comédie musicale de Walter Forde[6].
Le célèbre acteur Charles Laughton la remarque[5] également dans un bout d’essai et est tout de suite séduit par le charisme de l’Irlandaise, ses yeux verts et sa flamboyante chevelure rousse[7]. Il la présente à son associé Erich Pommer le producteur et lui fait signer un contrat de sept ans dans leur société de production Mayflower Pictures Corporation[2]. Sur les conseils de Pommer, Maureen Fitzsimons change son nom en O’Hara[8].
Elle est tout de suite dirigée aux côtés de Charles Laughton par Alfred Hitchcock, dans sa dernière réalisation britannique, L'auberge de la Jamaïque. Film d’aventures maritimes qui remporte un grand succès commercial malgré de mauvaises critiques[9]. Enthousiasmé par sa prestation, Charles Laughton déclara qu’elle avait fini par voler la vedette à tous les acteurs et que non seulement c’était une comédienne mais de plus une très bonne actrice[9], il embarque avec la jeune actrice sur le Queen Mary et appareille pour l’Amérique, direction Hollywood pour tourner un nouveau film pour la RKO[2].
Laughton est désigné pour incarner le Bossu de Notre-Dame et Maureen est proposée par l’acteur pour interpréter le rôle d’Esméralda dans une super production particulièrement coûteuse[10] Quasimodo d'après le roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, remarquable adaptation dirigée par William Dieterle. La RKO fit construire d’immenses studios et Van Nest Polglase, le décorateur, reconstitua la façade de Notre-Dame et tout un quartier médiéval avec trois mille cinq cents figurants en costumes[10]. Le film est un nouveau succès.
La société de production RKO rachète alors le contrat de Maureen O’Hara à Charles Laughton[2]. Profitant du talent de chanteuse et de danseuse de l’actrice, la RKO l’emploie dans divers films musicaux comme Dance, Girl, Dance ou They Met in Argentina mais malgré ses capacités pour la comédie musicale elle ne sera que très rarement employée dans ce genre.

La reine du Technicolor[modifier | modifier le code]

Son prochain film va être décisif pour la suite de sa carrière. L’attention d’un grand réalisateur, John Ford, va se porter vers cette rousse aux yeux verts qui lui rappelle ses origines irlandaises[11]. John Ford vient de reprendre les rênes d’un film commencé par William Wyler et choisit Maureen O’hara pour interpréter le rôle d’Angharad dans Qu'elle était verte ma vallée à la place de Katharine Hepburn et de Gene Tierney alors pressenties[11]. Ce bouleversant hommage d’une communauté de mineurs gallois, révèle la véritable nature passionnée et volontaire de l’actrice. Maureen O’Hara trouvera ses meilleurs rôles dans les films de John Ford et tournera avec lui quatre autres films. Elle est désormais star à la 20th Century Fox qui a racheté son contrat à la RKO.

Son tempérament et ses aptitudes sportives cultivées pendant l’enfance lui valent d’être spécialisée dans de nombreux films d’aventures exotiques et de films de cape et épée. Magnifiquement mise en valeur par la couleur elle sera surnommée « La Reine du Technicolor[8] » et un journaliste écrira  : « photographiée en Technicolor, Maureen O'Hara est plus éblouissante qu'un coucher de soleil[7] ».

Maureen O'Hara et Tyrone Power dans Le Cygne noir

Elle sera remarquable dans un des meilleurs films de pirates de toute l’histoire du cinéma[12] Le Cygne noir d'Henry King. Elle sera encore au cœur de la piraterie avec des films comme Pavillon noir, Tripoli ou À l'abordage ou l’épée à la main en fille d’Athos dans Les Fils des Mousquetaires, elle jouera les princesses exotiques dans des fantaisies orientales Sinbad le marin, Bagdad ou Flame of Araby. Beaucoup de ses films auront des connotations exotiques  : Les Rivages de Tripoli, Aventure en Libye, Kangaroo, Malaga, L'Homme de Lisbonne, Notre Agent à La Havane...
De tous ces films, bien souvent tournés avec des réalisateurs médiocres et sur des scénarios légers[12] certains sont des classiques du genre. Comme Le Cygne noir, premier film de pirates entièrement en couleurs (Technicolor)[13], où elle est aux côtés de Tyrone Power digne successeur d’Errol Flynn et de son Capitaine Blood[13] et de George Sanders remarquable en « méchant » arborant tignasse et barbe rousses[14].
La RKO fait souvent appel à elle, notamment pour un autre classique de films de pirates, Pavillon noir. Maureen demande Frank Borzage comme metteur en scène après un rendez-vous manqué en 1944 pour le film Till we meet again[15].C’est son retour à l’écran après une absence causée par sa maternité[15] et la naissance de sa fille Bronwyn[3].
À la fois exercice de style et œuvre de commande, Pavillon noir est conduit par l’enthousiasme communicatif des interprètes et la réalisation flamboyante de Borzage rehaussée par le Technicolor. Couvert d’éloges, il reçoit un accueil triomphal du public et les recettes sauveront momentanément la RKO alors en difficulté[15].

Elle fait désormais partie des plus célèbres rousses d’Hollywood aux côtés de Rita Hayworth et de Susan Hayward.

Du mélodrame au western[modifier | modifier le code]

Pendant vingt ans Maureen O’Hara va tourner énormément, elle enchaîne film sur film et ne fera pas que des films d’aventures. Après sa composition dramatique de Qu'elle était verte ma vallée, elle joue dans plusieurs drames dont Aventure en Libye et La Fière Créole de John M. Stahl qui la dirigera trois fois[16],Vivre libre avec son ami Charles Laughton, réalisé par Jean Renoir alors exilé aux Etats-Unis. La RKO « emprunte » à nouveau la vedette à la Fox pour Secret de femme, un mélodrame mis en scène par Nicholas Ray, alors à ses débuts, mais le film est accueilli par les sarcasmes des critiques et s’avère décevant[17]. En 1944, elle tourne son premier Western, Buffalo Bill de William A. Wellman, un genre qu’elle pratiquera fréquemment dans les années 1950.

Mais c’est avec un film auquel personne ne croit qu’elle va connaître un de ses plus grands succès populaires. Le Miracle de la 34e rue, comédie sentimentale qui raconte avec une gentillesse et un optimisme à la Capra[18] l’histoire d’un vieil homme (Edmund Gwenn) qui prétend être le Père Noël. Succès retentissant, le film recevra 3 oscars et sera l’un des plus programmés de la télévision américaine à l’occasion des fêtes de Noël[19].

Après cette décennie variée et marquée par de grands réalisateurs comme Henry Hathaway, Henry King, John M. Stahl, Jean Renoir, William Wellman, Frank Borzage, Nicholas Ray... Maureen O’Hara va aborder les années 1950 avec son réalisateur fétiche John Ford. Il va lui offrir avec les personnages de Kathleen, Mary Kate, Mary et Min ses plus beaux rôles qui donneront au réalisateur une brillante période de maturité dans ses portraits féminins[20].

L’héroïne fordienne[modifier | modifier le code]

Rio Grande de John Ford
de g. à d. : J. Carrol Naish, John Wayne et Maureen O'Hara

Depuis l’expérience heureuse de Qu'elle était verte ma vallée, l’équipe du film se retrouve chaque année autour de John Ford[21]. Un lien fort presque familial continuait à unir les interprètes du film et Maureen a même prénommé sa fille, Bronwyn, comme celui du rôle que tenait Anna Lee dans le film[21].

De son côté, John Ford a toujours dans l’idée de retravailler avec son Angharad de Qu'elle était verte ma vallée. Un projet lui tient d’ailleurs particulièrement à cœur. Depuis 1936, il a acquis les droits d’une nouvelle de Maurice Walsh, The Quiet Man, qu’il n’arrive pas à monter faute de producteur désireux de le financer[22] et très vite il voit John Wayne et Maureen O’Hara comme les meilleurs interprètes capables de jouer les rôles principaux[23] mais la production s’éternise à se monter.

Entre-temps, John Ford monte une pièce de Maxwell Anderson What Price Glory en 1949 pour un spectacle de bienfaisance donné pour les vétérans décorés de la Purple Heart,décoration attribuée aux blessés de guerre (Military Order of the Purple Heart)[24]. Il réunit une partie de sa « famille » cinématographique John Wayne, Maureen O’Hara, George O'Brien, Ward Bond, Harry Carey Jr.... mais également Gregory Peck pour quelques représentations en février/mars 1949[25].

À son grand mécontentement, Ford ne peut pas reprendre John Wayne et Maureen O’Hara pour l’adaptation filmée en 1952 de What Price Glory[26]. De même pour sa comédie Planqué malgré lui où Maureen avait été le premier choix du réalisateur, la 20th Century Fox lui préférant pour les deux films une nouvelle venue, Corinne Calvet, avec qui Ford s’entendra mal[27].

Néanmoins Rio Grande (1950), L'Homme tranquille (1952), Ce n'est qu'un au revoir (1955, où Tyrone Power remplace exceptionnellement John Wayne) et L'aigle vole au soleil (1957) constituent un cycle inégalé, entre action et humour, où l'Irlande et l'armée se disputent la vedette.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Maureen O'Hara été mariée avec :

  • George H. Brown (1939-1941)
  • William Houston Price (1941-1953)
    • une fille : Bronwyn FitzSimons Price
  • Général Charles F. Blair, Jr. (en) (1968-1978)

Elle a eu une relation avec Enrique Parra (banquier et homme politique mexicain) de 1953 à 1967.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Années 1930[modifier | modifier le code]

Années 1940[modifier | modifier le code]

Maureen O'Hara dans Le Cygne noir (The Black Swan) d'Henry King

Années 1950[modifier | modifier le code]

Années 1960[modifier | modifier le code]

Maureen O'Hara dans Le Grand McLintock (McLintock) d'Andrew V. McLaglen

Années 1970[modifier | modifier le code]

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'encyclopédie du cinéma - Tome 2 - Roger Boussinot - Les Savoirs Bordas (ISBN 2-04-027052-3)
  2. a, b, c, d et e wikipedia anglais
  3. a, b et c Biographie IMDb
  4. allmovie.com
  5. a et b Dictionnaire du cinéma - les acteurs - Jean Tulard - Éditions Robert Laffont – 2004 – (ISBN 2-221-10259-2)
  6. Alice cinéma
  7. a et b Biographie Allocine
  8. a et b Films des années 1940 - Jürgen Muller - Éditions Tashen - 2005 - (ISBN 3-8228-3985-X) p. 53.
  9. a et b Alfred Hitchcox par Robert A. Harris et Michael S. Lasky – Henri Veyrier (ISBN 2-85199-214-7)
  10. a et b William Dieterle, un humaniste au pays du cinémaHervé Dumont – CNRS éditions Cinémathèque française (ISBN 2-271-06001[à vérifier : isbn invalide])
  11. a et b À la recherche de John Ford - Joseph McBride - Institut lumière/Actes Sud (ISBN 2-7427-6830-1[à vérifier : isbn invalide]) p. 445.
  12. a et b Encyclopédie alpha du cinéma - Le cinéma d’aventures Volume 2 - Éditions Grammont S.A. - Alpha Éditions
  13. a et b Le Cinéma d'Aventures, Patrick Brion, Éditions de la Martinière, (ISBN 273-242-157-5[à vérifier : isbn invalide])
  14. Le Cinéma Grande histoire illustrée du 7e art. Volume 3. Éditions Atlas
  15. a, b et c Frank Borzage - Sarastro à Hollywood – Hervé Dumont- Mazzotta – Cinémathèque française – (ISBN 88-202-1065-7)
  16. Le troisième sera une comédie Father Was a Fullback.
  17. Roman américain – Les vies de Nicolas Ray – Bernard Eisenschitz - Christian Bourgois, 1990 (ISBN 2-267-00648-0)
  18. 50 ans de cinéma américain par Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier – Éditions Nathan - 1991, 1995 - (ISBN 2-258-04027-2)
  19. commeaucinema.com
  20. John Ford – Le pionnier du 7e art 1884/1973 Scott Eyman/Paul Duncan – Éditions Taschen (1973) (ISBN 3-8228-3092-5)
  21. a et b À la recherche de John Ford - Joseph McBride - Institut lumière/Actes Sud (ISBN 2-7427-6830-1[à vérifier : isbn invalide]) p. 446.
  22. dvdclassik.com
  23. Allocine
  24. John Ford en était alors le président.
  25. John Ford - Patrick Brion - Éditions de la Martinière – 2002 (ISBN 2-7324-2878-7)
  26. John Ford – Andrew Sinclair – Éditions France Empire, 1980.
  27. À la recherche de John Ford - Joseph McBride - Institut lumière/Actes Sud (ISBN 2-7427-6830-1[à vérifier : isbn invalide]) p. 662.

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