Juan Carlos Ier d'Espagne

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Juan Carlos Ier
Le roi Juan Carlos Ier, en 2009.
Le roi Juan Carlos Ier, en 2009.
Titre
Roi d’Espagne
22 novembre 197519 juin 2014
(38 ans, 6 mois et 28 jours)
Couronnement 27 novembre 1975
En l’église Saint-Jérôme-le-Royal
(Misa de Espíritu Santo)
Président du gouvernement Carlos Arias Navarro
Adolfo Suárez González
Leopoldo Calvo-Sotelo
Felipe González
José María Aznar
José Luis Rodríguez Zapatero
Mariano Rajoy
Prédécesseur Francisco Franco (chef de l’État)
Successeur Felipe VI
Prince héritier d’Espagne[N 1]
22 juillet 196922 novembre 1975
(6 ans, 4 mois et 0 jour)
Chef de l'État Francisco Franco
Prédécesseur Alfonso, prince des Asturies
Lui-même (prétentions)
Successeur Felipe, prince des Asturies
« Prince héritier d’Espagne »
28 avril 194122 juillet 1969
(28 ans, 2 mois et 24 jours)
Monarque Juan de Borbón (prétendant)
Prédécesseur Juan, « prince des Asturies »
Successeur Lui-même
Biographie
Titre complet Roi d’Espagne
Prince d’Espagne
« Prince des Asturies »
« Infant d’Espagne »
Hymne royal La Marcha Real
Dynastie Maison de Bourbon
Nom de naissance Juan Carlos Alfonso Víctor María de Borbón y Borbón
Date de naissance 5 janvier 1938 (76 ans)
Lieu de naissance Rome (Italie)
Père Juan de Borbón,
comte de Barcelone
Mère María de las Mercedes de Borbón
Conjoint Sophie de Grèce
Enfant(s) Elena, duchesse de Lugo
Cristina, duchesse de Palma
Felipe VI Souverain
Résidence Palais royal de Madrid
Palais de La Zarzuela

Signature

Juan Carlos Ier d'Espagne
Monarques d’Espagne

Juan Carlos Ier d’Espagne[N 2], né le 5 janvier 1938 à Rome (Italie), est roi d’Espagne du 22 novembre 1975 au 18 juin 2014. Fils de Juan, comte de Barcelone et de María de las Mercedes de Borbón, il est un petit-fils du roi Alphonse XIII d’Espagne et un membre de la branche espagnole de la maison de Bourbon. Il abdique le 18 juin 2014 en faveur de son fils le prince Felipe[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et prince héritier[modifier | modifier le code]

Juan Carlos naît à Rome en 1938, où sa famille vit en exil. Son grand-père paternel, Alphonse XIII, a été écarté du pouvoir par la Deuxième République puis par l’avènement au pouvoir de Francisco Franco. Celui-ci désignera Juan Carlos comme futur roi à condition qu'il soit envoyé dans des écoles militaires réputées. Le 29 mars 1956, il tue accidentellement son frère cadet Alfonso d'une balle de pistolet en plein front, dans la résidence de ses parents à Estoril, au Portugal, les rumeurs et hypothèses abondant pour expliquer la cause exacte du drame[3],[4]. Le pistolet avait été offert quelques semaines auparavant par Franco[5]. Pendant la dictature en 1969, Franco crée le titre de prince d'Espagne (plutôt que prince des Asturies) pour Juan Carlos. Il occupe le palais de la Zarzuela puis épouse la princesse Sofía de Grèce. Il est nommé capitaine général des forces armées dès 1975, le grade le plus élevé, avant de prêter serment le lendemain de la mort de Franco (mais il ne prendra ses fonctions que le jour suivant). Il s'applique alors à démocratiser le système espagnol et apporte une certaine modernité à son pays. Il parvient également à unifier l'armée et les différentes régions d'Espagne, soutenant Felipe González.

Roi d'Espagne[modifier | modifier le code]

Transition démocratique[modifier | modifier le code]

100 pesetas à l'effigie de Juan Carlos (1988)

Durant les périodes de maladie de Franco en 1974 et 1975, Juan Carlos est nommé chef de l'État par intérim. Proche de la mort, Franco avoua[réf. souhaitée] le 30 octobre 1975 qu'il était trop malade pour gouverner, mais ce ne sera que deux jours après la mort du dictateur, survenue le 20 novembre 1975, que Juan Carlos sera proclamé roi d'Espagne. Les manifestations et les grèves se multiplient à travers le pays, malgré la répression sanglante, face à la résistance armée de l’ETA et des communistes du Front révolutionnaire antifasciste patriotique (FRAP) et des Groupes de résistance antifasciste du premier octobre (GRAPO), le roi d’Espagne prend conscience que le maintien du franquisme est impossible et que le changement est inévitable. Juan Carlos promulgue ainsi des réformes démocratiques, au grand dam des éléments conservateurs, notamment les forces armées, qui s'attendaient à ce qu'il maintînt l'État franquiste (mais ce sur quoi Franco lui-même ne nourrissait aucune illusion, se considérant comme une sorte de régent à l'instar de l'amiral Horthy en Hongrie[6]). Juan Carlos nomme pourtant Adolfo Suárez, ancien chef du Mouvement national, au poste du président du gouvernement. La pièce maîtresse des réformes démocratiques est la Loi pour la réforme politique (Ley para la Reforma Política) présentée par le gouvernement Suárez, adoptée par le Parlement le 18 novembre 1976 et par le peuple espagnol lors du référendum du 15 décembre 1976 (94,2 % de oui). Cette loi, de rang constitutionnel (« loi fondamentale », selon la terminologie franquiste), crée les bases juridiques nécessaires à la réforme des institutions franquistes depuis l'intérieur et permet que se déroulent le 15 juin 1977 les premières élections démocratiques depuis l'instauration de la dictature. Le Congrès des députés (Congreso de los Diputados) et le Sénat (Senado) issus de ces élections seront chargés d'élaborer, notamment, la nouvelle Constitution démocratique que le roi approuvera au cours d'une session conjointe des deux Chambres le 27 décembre 1978.

En 1977, le père du roi, Juan de Borbón, est obligé par son fils de renoncer à ses prétentions au trône ; Juan Carlos le dédommagera en confirmant le titre de comte de Barcelone, titre suzerain appartenant à la couronne espagnole, que Juan de Borbón s'était donné pendant son exil. Dans son article 57 al. 1, la Constitution de 1978 désigne Juan Carlos comme l'« héritier légitime de la dynastie historique ».

La Constitution de 1978[modifier | modifier le code]

L'Espagne a été un pays sans Constitution de 1936 à 1978. Après la prise du pouvoir, le général Franco légiférait à coups de Fuero de los españoles, de lois organiques et de lois de succession.

Point d'orgue de l'idéal consensuel de la transition, l'élaboration du texte constitutionnel repose sur un esprit de tolérance prôné conjointement par le parti au pouvoir et les formations de l'opposition. Celles-ci — PSOE et PCE notamment — acceptent la voie ouverte par la « loi de réforme politique » et finissent par conserver le seul héritage qui leur paraît acceptable : le système monarchique, signe que le seul dilemme d'actualité se réduit désormais à l'alternative entre monarchie parlementaire et monarchie absolue, et non plus, comme en 1931, à l'alternative république-monarchie.

Le 25 juillet 1977, la nomination de la Commission des affaires constitutionnelles et les libertés publiques, présidée par le centriste Emilio Atard ouvre la période constituante. De cette première émane un groupe de sept personnalités qui constituent la Ponencia Constitucional : Manuel Fraga Iribarne, Gabriel Cisneros Laborda, Miguel Herrero, Gregorio Peces Barba, José Pedro Pérez Llorca, Miquel Roca et Jordi Solé Tura. Après quatre mois de travail, les « Pères de la Constitution » achèvent la rédaction de l'avant-projet qui sera modifié par près de 2000 amendements présentés par les députés et les sénateurs. Enfin, le 31 juillet 1978, le texte est adopté par les parlementaires. Au Congrès des Députés, l'approbation est écrasante : 94,2 % sont favorables au « oui » (UCD, PSOE, PCE et la plupart des députés d' Alliance populaire — dont Manuel Fraga Iribarne et une partie du groupe mixte). Au Sénat, les résultats sont identiques : 94,5 % de « oui ». Le corps électoral apparaît cependant un peu moins motivé que ne l'est la classe politique, un tiers des électeurs ne prenant pas part au référendum du 6 décembre. Près de 88 % se prononcent en faveur du texte.

Finalement le 27 décembre 1978, le roi d'Espagne se présente devant le Parlement — députés et sénateurs réunis — pour ratifier la Constitution.

Effigie du roi Juan Carlos sur les anciennes pesetas

Le roi règne en tant que monarque constitutionnel, sans exercer de réel pouvoir sur la politique du pays. Il est considéré comme un symbole essentiel de l'unité du pays, et ses interventions et points de vue sont écoutés respectueusement par des politiciens de tous les côtés. Son discours annuel la veille de Noël est diffusé par la plupart des chaines de télévision espagnoles. Étant le chef suprême des forces armées espagnoles, son anniversaire est une fête militaire.

Coup d'État du 23 février 1981[modifier | modifier le code]

Une tentative de coup d'État militaire surprend le Congrès des députés le 23 février 1981. Des officiers, avec à leur tête le lieutenant-colonel Tejero, tirent des coups de feu dans la Chambre parlementaire durant une session retransmise en direct à la télévision. On craint alors la déroute du processus démocratique, jusqu'à ce que le roi étonne la nation par une allocution télévisée exigeant que l'armée apporte son soutien inconditionnel au gouvernement démocratique légitime. Le roi avait auparavant appelé plusieurs chefs de l'armée pour leur ordonner en tant que commandant en chef de défendre la démocratie.

Lors de sa prestation de serment devant les Cortes Generales (le Parlement), un chef communiste, Santiago Carrillo, lui avait donné le sobriquet « Juan Carlos le Bref », prédisant qu'il se trouverait rapidement écarté avec les autres restes du fascisme. Après l'échec du coup d'État du 23 février 1981, ce même homme politique, ému, dira aux médias : Dieu protège le Roi ![réf. souhaitée] Si les démocrates et les partis de gauche s'étaient jusque-là montrés réservés, après l'échec du coup d'État, leur soutien deviendra inconditionnel, un ancien chef de la IIe République déclarera : « Nous sommes tous des monarchistes maintenant »[réf. souhaitée]. Néanmoins, une expression courante dit que les Espagnols ne sont pas des monarchistes, mais des « juancarlistes ».

Plus tard, une tentative d'assassinat par des membres du groupe séparatiste basque ETA avortera à Majorque, lieu de villégiature de la famille royale.

Une fin de règne ébranlée par les scandales[modifier | modifier le code]

Le roi Juan Carlos Ier et, plus généralement, la famille royale espagnole sont ébranlés suite à plusieurs scandales dus à leur train de vie et à des affaires d’infidélités et de corruption[7],[8].

En avril 2012, Juan Carlos Ier est victime d’une fracture de la hanche lors d’une expédition de chasse à l'éléphant au Botswana[9]. Beaucoup se sont scandalisés de ce voyage qui a coûté plusieurs dizaines de milliers d’euros aux contribuables espagnols alors que le pays traversait une grave crise économique et que les personnes les plus vulnérables étaient abandonnées à leur sort par un gouvernement qui avait décidé une politique d’austérité ainsi que le démantèlement du système de protection sociale. Le Roi dût présenter ses excuses à la nation le 18 avril 2012 : « Je suis profondément désolé. J’ai commis une erreur et cela ne se reproduira pas »[10].

L'affaire Nóos met en évidence le détournement de 6,5 millions d’euros de fonds publics et choque les Espagnols, car elle implique le gendre du roi, Iñaki Urdangarin, et peut-être l'infante Cristina elle-même[11],[12].

Abdication[modifier | modifier le code]

Le 2 juin 2014, le président du gouvernement, Mariano Rajoy, déclare, lors d'une conférence de presse, que le roi Juan Carlos a décidé d'abdiquer en faveur de son fils, le prince Felipe, prince des Asturies. Le même jour, le monarque s'exprime pour justifier sa décision[2]. Le 18 juin, l'abdication est effective[2].

Coût de la monarchie espagnole[modifier | modifier le code]

La monarchie espagnole perçoit de l'État environ 10 millions d'euros par an. Selon le quotidien espagnol El Economista, son coût réel est de 25 millions d'euros si l'on inclut l'entretien des édifices royaux, celui du yacht et du parc automobile du roi Juan Carlos, ainsi que les 5,8 millions d'euros versés aux 130 fonctionnaires à son service[13]. Selon La Dépêche du Midi : « Le roi, Juan Carlos Ier, perçoit 266 436 euros par an, soit quatre fois plus que le chef du gouvernement. Le prince Felipe, 45 ans, touche 127 636 euros annuels »[14].

À titre de comparaison, en 2006, le député socialiste René Dosière estimait le coût de la présidence de la République française à 90 millions d'euros annuels[15]. Mais celle-ci abrite le véritable chef de l'exécutif contrairement à la reine d'Angleterre, qui est dans une situation constitutionnelle comparable au roi d'Espagne et qui percevait en 2013 42,5 millions d'euros annuels[16].

La fortune du roi était estimée, en 2013, à 300 millions d'euros[17].

Citations[modifier | modifier le code]

  • En septembre 2007 lors du 17e Sommet ibéro-américain, l'intervention de roi Juan Carlos sera rendue célèbre (par les médias et des sites de partage de vidéo) pour son fameux "¿Por qué no te callas?" (« Mais pourquoi est-ce que tu ne te tais pas ? ») à l'encontre du président vénézuélien Hugo Chávez, alors qu'il interrompait sans cesse le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, qui lui demandait de retirer le qualificatif de fasciste à l'encontre de son prédécesseur, José María Aznar.
  • Lors de la réception donnée au palais du Pardo le 9 janvier 2008, à l'occasion du 70e anniversaire du roi, son fils, le prince Felipe, s'adressa à son père en ces termes : « Merci, cher patron (Gracias, querido patrón) puisque c'est comme cela que nous t'appelons ».

Autres activités[modifier | modifier le code]

  • Passionné de voile, le roi Juan Carlos participe régulièrement à des régates.
  • L'indicatif radioamateur du roi est EA0JC.
  • Il est membre honoraire du Club de Rome[18].
  • En tant que pilote professionnel, il a participé à un vol d'essai de l'A400M[19].
  • Amateur de chasse au gros gibier, le roi s'est rendu plusieurs fois au Botswana pour y chasser l'éléphant, une espèce menacée. La chasse à l'éléphant coûte en moyenne 37 000 euros par animal tué[20].

Famille[modifier | modifier le code]

Juan Carlos de Bourbon épouse, le 14 mai 1962, d’après les rites orthodoxe et catholique, la princesse Sophie de Grèce (1938), fils du roi Paul de Grèce (1901-1964) et de la princesse Frédérique de Hanovre (1917-1981)[21]. De cette union naissent trois enfants :

Titres, honneurs et armoiries[modifier | modifier le code]

Titres et honneurs
Juan Carlos Ier d’Espagne

alt=Description de l'image Coat of Arms of Juan Carlos I of Spain.svg.
Prédicat Sa Majesté
Style oral Votre Majesté
Style alternatif Sire

Titulature[modifier | modifier le code]

  • 5 janvier 1938 — 15 janvier 1941 : Son Altesse royale Juan Carlos de Borbón y Borbón, « infant d’Espagne »
  • 15 janvier 1941 — 21 juillet 1969 : Son Altesse royale le « prince des Asturies », « infant d’Espagne »
  • 21 juillet 1969 — 22 novembre 1975 : Son Altesse royale le prince d’Espagne
  • 22 novembre 1975 — 18 juin 2014 : Sa Majesté le roi d’Espagne
  • depuis le 18 juin 2014 : Sa Majesté le roi Juan Carlos

Après son abdication, Juan Carlos continue de porter le titre de roi à vie, avec le prédicat de majesté[24].

Alors que le 5 février 1941 le roi Alphonse XIII abdique de ses droits à la Couronne en faveur de son fils, Juan, « prince des Asturies », héritier du trône, ce dernier devient le prétendant officiel au trône d’Espagne et prend le titre de « comte de Barcelone »[25]. Don Juan Carlos, son fils, reçoit par la suite la Toison d’or, ce qui le désigne comme le successeur potentiel du « comte de Barcelone »[26]. Ainsi, il est usuellement qualifié du titre officieux de « prince des Asturies » (non reconnu par le régime franquiste), avec le prédicat d’altesse royale[27].

Conformément à la Constitution espagnole, Juan Carlos a porté légalement le titre de roi d’Espagne et a pu utiliser « les autres titres qui reviennent à la Couronne » (deuxième alinéa de l’article 56 du titre II « De la Couronne »), sans pour autant les spécifier [28]. En outre, le décret royal 1368/1987, promulgué le 6 novembre 1987 en Conseil des ministres, confère au titulaire de la Couronne (le roi ou la reine d’Espagne) le prédicat de majesté et lui donne la possibilité d’utiliser les « autres titres qui correspondent à la Couronne »[29]. L’ensemble de ces titres, qui forment la titulature traditionnelle des souverains espagnols, contient une liste d’une vingtaine de royaumes faisant aujourd’hui partie d’États souverains, ce qui fait qu’il n’est utilisé ni par les agences de l’État espagnol ni par la diplomatie du royaume. La titulature espagnole complète a été officiellement utilisée avant l’instauration de la Constitution de 1837, sous le règne d’Isabelle II d’Espagne. Elle est la suivante[28],[30] :

« Sa Majesté catholique [nom de règne], roi d’Espagne, de Castille, de Léon, d’Aragon, des Deux-Siciles, de Jérusalem, de Navarre, de Grenade, de Tolède (es), de Valence, de Galice, de Majorque, de Minorque, de Séville, de Sardaigne, de Cordoue (es), de Corse, de Murcie, de Jaén, des Algarves, d’Algésiras, de Gibraltar (es), des îles Canaries (es), des Indes orientales et occidentales, de l'Inde et du continent océanien, de la terre ferme et des îles des mers océanes, archiduc d’Autriche, duc de Bourgogne, de Brabant, de Milan, d’Athènes, de Néopatrie, comte de Habsbourg, de Flandre, de Tyrol et de Barcelone, seigneur de Biscaye et de Molina (es), marquis d’Oristan et de Gozianosetc. »

Pour les légitimismes français, il est « petit-fils de France » en tant que fils de Juan de Borbón, comte de Barcelone, fils cadet d’Alphonse XIII (ou « Alphonse Ier » selon le courant) et frère de Jacques-Henri de Bourbon (prétendant au trône de France sous le nom de « Henri VI »). Selon cette théorie, Juan Carlos occuperait la 3e place dans l’ordre de succession derrière Alphonse de Bourbon, « duc de Berry », et devant son fils, le prince Felipe, considéré par certains comme premier prince du sang.

Honneurs[modifier | modifier le code]

En Espagne[modifier | modifier le code]

Ordres héréditaires[modifier | modifier le code]

La Couronne d’Espagne admet différents ordres en tant que tels et d’autres placés sous sa protection[31] :

Ordres dynastiques
Souverain grand-maître de l’ordre illustre et royal de la Toison d’or Chevalier de l’ordre illustre et royal de la Toison d’or (depuis 1941), ancien souverain grand maître (14 mai 1977-18 juin 2014)
Grand-maître de l’ordre royal et distingué de Charles-III Grand-croix de l’ordre royal et distingué de Charles-III (1962-1975), ancien grand maître (22 novembre 1975-18 juin 2014)
Grand-maître de l’ordre royal des dames nobles de la reine Marie-Louise Ancien grand maître de l’ordre royal des dames nobles de la reine Marie-Louise (14 mai 1977-18 juin 2014)
Grand-maître de l’ordre royal et militaire de Saint-Ferdinand Ancien grand maître de l’ordre royal et militaire de Saint-Ferdinand (22 novembre 1975-18 juin 2014)
Grand-maître de l’ordre royal et militaire de Saint-Herménégilde ancien grand maître de l’ordre royal et militaire de Saint-Herménégilde (22 novembre 1975-18 juin 2014)
Grand-maître de l’ordre royal et militaire de Saint-Herménégilde ancien grand maître de l’ordre royal d’Isabelle-la-Catholique (22 novembre 1975-18 juin 2014)
Ordres sous la protection du roi d’Espagne
Ancien grand maître de l’ordre de Montesa (14 mai 1977-18 juin 2014)
Ancien grand maître de l’ordre d’Alcantara (14 mai 1977-18 juin 2014)
Ancien grand-maître de l’ordre de Calatrava (14 mai 1977-18 juin 2014)
Ancien grand maître de l’ordre de Saint-Jacques-de-l’Épée (14 mai 1977-18 juin 2014)
Décorations militaires[modifier | modifier le code]
Grand-croix du Mérite militaire Grand-croix du Mérite militaire (division blanche)
Grand-croix du Mérite naval Grand-croix du Mérite naval (es) (division blanche)
Grand-croix du Mérite aéronautique Grand-croix du Mérite aéronautique (es) (division blanche)

Honneurs étrangers[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

Juan Carlos descend de la branche espagnole de la maison de Bourbon, ayant pour auteur le roi Philippe V d’Espagne (1683-1748), né prince Philippe de France, duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV. Le roi Juan Carlos est aussi l’arrière-arrière-petit-fils de la reine Victoria, par sa petite-fille Victoire-Eugénie de Battenberg (1887-1969), l’épouse d’Alphonse XIII d’Espagne (1886-1941). Au travers de différents ascendants, et notamment par son arrière-grand-mère Marie-Christine de Habsbourg-Lorraine-Teschen, épouse d’Alphonse XII, descend de la maison de Habsbourg-Lorraine fondée par le mariage de Marie-Thérèse d’Autriche avec François de Lorraine.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le roi Juan Carlos a été « prince des Asturies » de droit de 1941 à 1975, titre dynastique attribué par son père, le comte de Barcelone, prétendant au trône d’Espagne après la mort du roi Alphonse XIII. Parallèlement, le général Franco a octroyé le titre inédit de prince d’Espagne à Juan Carlos, alors « prince des Asturies », faisant de lui son héritier officiel (Ley 62/1969, de 22 de julio, por la que se provee lo concerniente a la sucesión en la Jefatura del Estado (es)).
  2. Le nom du roi d’Espagne est usuellement adapté dans les autres langues officielles du royaume (en dehors du castillan) : en catalan (soit Joan Carles I), en galicien (soit Xoán Carlos I) et en basque (soit Joan Karlos I.a). Inusitée dans les médias, la francisation du nom de règne du souverain espagnol serait « Jean-Charles Ier »[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cannuyer 1989, p. 23
  2. a, b et c « Espagne : le roi Juan Carlos abdique », Le Point,‎ 2 juin 2014 (lire en ligne)
  3. Laurence Debray, Juan Carlos d'Espagne, Perrin,‎ 2013 (lire en ligne), p. 47
  4. Philippe Nourry, Juan Carlos. Un roi pour les républicains, Le Centurion,‎ 1986, p. 139
  5. http://www.lepoint.fr/societe/nouveau-derapage-dans-la-famille-royale-espagnole-11-04-2012-1450349_23.php, Diane Cambon, Le Point.fr.
  6. Pío Moa, « Franco, un balance histórico », Planeta 2005
  7. (fr) « Justice. Ces affaires qui font trembler la couronne d'Espagne »,‎ 7 avril 2013
  8. (fr) François Musseau, « Les faux pas de Juan Carlos », Le Point,‎ 16 août 2012 (lire en ligne)
  9. « Chasse aux éléphants : Juan Carlos avoue s'être trompé », sur liberation.fr,‎ 18 avril 2012
  10. (fr) « 50 vérités sur le roi d’Espagne Juan Carlos I de Bourbon »
  11. El juez cita como imputada a la infanta Cristina en el ‘caso Urdangarin’, El País, 03-04-2013
  12. (es) La Fiscalía Anticorrupción recurrirá la imputación de la Infanta Cristina, El Mundo, 3/4/2013.
  13. « 8,28 millions d'euros pour la monarchie espagnole », sur liberation.fr,‎ 8 décembre 2006
  14. (fr) « Espagne. La monarchie ébranlée et critiquée »,‎ 28 avril 2013
  15. (fr) « "En douze ans, le budget officiel de l'Elysée a été multiplié par 9" »,‎ 2006
  16. La reine Elizabeth savoure son augmentation sur leparisien.fr (consulté le 3 juin 2014)
  17. http://www.challenges.fr/galeries-photos/galeries-photos/20120531.CHA7037/voici-les-rois-les-plus-riches-du-monde.html
  18. (en) Liste des membres honoraires du Club de Rome
  19. En mars 2012, grâce à cette qualité, il rejoignit un des vols d'essai de l'A400M, en effectuant lui-même plusieurs manœuvres pendant 20 minutes. Cette proclamation est très importante, car les appareils sont assemblés à Séville en Espagne, après que le programme avait subi d'énormes difficultés, y compris certaines annulations importantes. www.airbus.com/presscentre/pressreleases/press-release-detail/detail/the-king-of-spain-becomes-first-head-of-state-to-fly-in-airbus-military-a400m.
  20. http://www.lepoint.fr/societe/juan-carlos-choque-l-espagne-17-04-2012-1452465_23.php
  21. a et b Badts de Cugnac et Coutant de Saisseval 2002, p. 360
  22. a et b Badts de Cugnac et Coutant de Saisseval 2002, p. 422
  23. Badts de Cugnac et Coutant de Saisseval 2002, p. 423
  24. (es) Mariano Calleja, « Don Juan Carlos y Doña Sofía se situarán detrás de los Reyes y sus hijas », ABC,‎ 13 juin 2014 (lire en ligne)
  25. Badts de Cugnac et Coutant de Saisseval 2002, p. 418
  26. Debray 2013, p. 6
  27. Coutant de Saisseval 1966, p. 200
  28. a et b Badts de Cugnac et Coutant de Saisseval 2002, p. 364
  29. (es) « Real Decreto 1368/1987, de 6 de noviembre, sobre régimen de títulos, tratamientos y honores de la Familia Real y de los Regentes », sur Agencia Estatal Boletín Oficial del Estado,‎ 6 novembre 1987
  30. Gómez Sánchez 2008, p. 105
  31. Badts de Cugnac et Coutant de Saisseval 2002, p. 365
  32. Michel Wattel et Béatrice Wattel, Les Grand’Croix de la Légion d’honneur de 1805 à nos jours, Paris, Éditions Archives & Culture,‎ 2009, 701 p. (ISBN 978-2-35077-135-9), p. 454

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]