Jean de Bourbon (1822-1887)
Jean de Bourbon
Photographie du prince Jean de Bourbon.
Titres
13 janvier 1861 — 3 octobre 1868
(7 ans, 8 mois et 20 jours)
| Nom revendiqué | « Jean III » |
|---|---|
| Prédécesseur | Charles de Bourbon |
| Successeur | Charles de Bourbon |
Prétendant aux trônes de France et de Navarre
24 août 1883 — 18 novembre 1887
(4 ans, 4 mois et 24 jours)
| Nom revendiqué | « Jean III » |
|---|---|
| Prédécesseur | Henri d’Artois |
| Successeur | Charles de Bourbon |
| Titulature | « Comte de Montizón » |
|---|---|
| Dynastie | Maison de Bourbon |
| Nom de naissance | Juan Carlos María Isidro de Borbón y Braganza |
| Naissance | 15 mai 1822 Aranjuez (Espagne) |
| Décès | 19 novembre 1887 (à 65 ans) Hove (Royaume-Uni) |
| Père | Charles de Bourbon, « comte de Molina » |
| Mère | Françoise de Portugal |
| Conjoint | Marie-Béatrice de Modène |
| Enfants | Charles de Bourbon Alphonse de Bourbon |
| Religion | Catholicisme romain |
Prétendants au trône d’Espagne
Prétendants au trône de France
Jean Charles Marie Isidore de Bourbon, « comte de Montizón », né au palais royal d'Aranjuez (Espagne) le 15 mai 1822 et décédé à Hove (près de Brighton), Sussex (Grande-Bretagne) le 18 novembre 1887, est un prétendant carliste au trône d’Espagne sous le nom de « Jean III » et également l’aîné des Capétiens et « chef de la maison de France » sous le nom de « Jean III » pour les légitimistes.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Jeunesse [modifier]
Il était le deuxième fils de Charles de Bourbon (1788-1855), infant d'Espagne puis « comte de Molina », et de sa première épouse l'infante Marie-Françoise de Portugal (1800-1834), fille du roi Jean VI de Portugal. À sa naissance, Jean de Bourbon fut titré infant d'Espagne par son oncle le roi Ferdinand VII.
Devenu adulte, et en exil, Jean de Bourbon prit le titre de comte de Montizón.
Le 6 février 1847 à Modène, Jean de Bourbon épousa la princesse Marie-Béatrice de Habsbourg-Lorraine-Este (1824-1906), fille de François IV (1779-1846), duc souverain de Modène, de la maison de Lorraine, et de son épouse la princesse Marie Béatrice de Sardaigne (1792-1840), de la maison de Savoie. De ce mariage Jean de Bourbon eut deux fils, Charles (1848-1909) et Alphonse (1849-1936).
Vie politique [modifier]
Prétendant carliste au trône d'Espagne [modifier]
Au décès de son frère aîné le « comte de Montemolín » à Trieste le 13 janvier 1861, le prince Jean devint pour les carlistes roi des Espagnes et des Indes sous le nom de « Jean III ».
Cependant, si Jean de Bourbon assuma son rôle de prétendant, il ne croyait pas aux chances de la cause carliste[1]. De plus, ses idées et ses centres d'intérêt l'éloignaient de ses partisans carlistes. Dépourvu d'ambition personnelle, il se passionnait davantage pour les sciences que pour la politique : il avait suivi à Londres les cours de l'école polytechnique et mené des expériences en daguerréotypie puis en photographie ; doté d'un esprit inventif, il avait mis au point un modèle de bateau en caoutchouc pour la marine préfigurant les zodiacs[2]. Ses réflexions personnelles le conduisaient à adopter des vues libérales et il était favorable à la souveraineté nationale, au suffrage universel, à l'indépendance de la justice, à la liberté d'expression et de culte, à l'égalité devant la loi et comprenait l'aspiration à l'unité italienne[Note 1]. Abhorrant les intrigues, il détestait aussi l'idée de faire couler le sang espagnol[3].
Ses idées étaient en opposition à celles de son épouse. Il refusa que l'éducation de ses enfant fût confiée aux Jésuites et ceci entraîna la séparation des époux. Jean s'installa à Brighton et son épouse et ses deux fils partagèrent leur vie entre Modène et Venise. Le comte de Chambord envoya une garde hongroise pour veiller sur sa belle-sœur et ses neveux[4].
Ayant refusé le trône de l'empire du Mexique que lui proposa Napoléon III, il fit sa soumission à Isabelle II en juillet 1862 et ne voulut plus porter que le titre de courtoisie de « comte de Montizón », du nom d'une ancienne seigneurie andalouse fondée par Charles III en 1767[5].
Déçus par l'inaction de Jean de Bourbon, les carlistes se tournèrent vers son fils aîné, qu'ils proclamèrent roi des Espagnes et des Indes sous le nom de Charles VII, à Londres le 20 juillet 1868.
En conséquence de quoi, à la demande de son fils aîné, Jean de Bourbon abdiqua ses droits au trône d'Espagne, à Paris le 3 octobre 1868.
Prétendant légitimiste au trône de France [modifier]
Puis au décès de son cousin le comte de Chambord à Frohsdorf (Autriche) le 24 août 1883, Jean de Bourbon devint l'aîné des descendants d'Hugues Capet, de saint Louis, d'Henri IV et de Louis XIV. Une partie des légitimistes français le reconnurent alors comme roi de France et de Navarre sous le nom de Jean III.
Jean de Bourbon déclara :
« Devenu le chef de la Maison de Bourbon par la mort de mon beau-frère et cousin M. le comte de Chambord, je déclare ne renoncer à aucun des droits au trône de France que je tiens de ma naissance. »
Mort [modifier]
Jean de Bourbon mourut dans sa maison sise au n° 25, Seafield Road, à Hove, près de Brighton, dans le Sussex (Angleterre), où il vivait incognito sous le nom de Mr. Montagu. Son acte de décès britannique le mentionne comme don Juan de Bourbon, male, 65 years, of Royal Rank.
Ses obsèques furent célébrées le 24 novembre 1887 dans l'église du Sacré-Cœur de Brighton. L'office fut chanté par le révérend père Hayes, ancien précepteur du petit-fils de Jean de Bourbon, Jacques de Bourbon, futur « duc d'Anjou et de Madrid ».
Le 27 novembre, l'hebdomadaire français le Journal de Paris parut bordé de noir avec comme grand titre « MORT DU ROI JEAN III ».
Le 29 novembre les légitimistes français firent célébrer une messe de requiem à Paris en l'église Notre-Dame des Victoires.
Jean de Bourbon est inhumé à Trieste, dans la cathédrale Saint-Just, en tant que Jean III, roi d'Espagne.
Le légitimiste français Maurice d'Andigné déclara :
« Le roi Jean III nous avait donné l'assurance que s'il s'asseyait un jour sur le trône de France, son programme et son drapeau seraient ceux de monsieur le comte de Chambord. »
Le photographe [modifier]
Les œuvres photographiques de Jean de Bourbon sont notamment présentes dans la collection de la Royal Photographic Society.
Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
- Il était aussi hostile au pouvoir temporel du pape
Références [modifier]
- Daniel de Montplaisir, Louis XX, petit-fils du roi Soleil, éd. Jacob-Duvernet, juin 2011, p. 198.
- Daniel de Montplaisir, Louis XX, petit-fils du roi Soleil, éd. Jacob-Duvernet, juin 2011, p. 199.
- Daniel de Montplaisir, Louis XX, petit-fils du roi Soleil, éd. Jacob-Duvernet, juin 2011, p. 199.
- Daniel de Montplaisir, Louis XX, petit-fils du roi Soleil, éd. Jacob-Duvernet, juin 2011, p. 200.
- Daniel de Montplaisir, Louis XX, petit-fils du roi Soleil, éd. Jacob-Duvernet, juin 2011, p. 201.
| Précédé par | Jean de Bourbon (1822-1887) | Suivi par | |
|---|---|---|---|
| Charles VI |
|
Charles VII | |
| Henri V |
|
Charles XI |
Voir aussi [modifier]
- Deuxième branche légitimiste
- Prétendant légitimiste au trône de France
- Prétendant carliste au trône d'Espagne
- Photographe français
- Photographe espagnol
- Photographe du XIXe siècle
- Naissance en 1822
- Naissance dans la communauté de Madrid
- Décès en 1887
- Décès à Hove
- Chevalier de l'ordre espagnol de la Toison d'Or (XIXe siècle)