Prédicat nobiliaire

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Les prédicats nobiliaires sont l'ensemble des appellations de politesse et marques de respect en usage dans la noblesse.

Les codes régissant ces appellations différent d'un pays à l'autre en fonction de l'histoire de la noblesse locale. Il existe néanmoins un consensus international[1] concernant les monarques régnants qui sont désignés sous le prédicat Sa Majesté ou Sa Majesté impériale en fonction du type de monarchie.

Règles générales[modifier | modifier le code]

Sa Majesté Charles X à Mulhouse en 1828 examinant Monsieur le Canal, Theodore Jung, 1828

Lorsqu'ils sont nommés, notamment lors des cérémonies protocolaires on utilise le prédicat, suivi du titre pour les cérémonies où le monarque nommé est "souverain" et le prédicat suivi du titre et du nom du pays lors des cérémonies étrangères. Ainsi sur le sol français, le roi de France était désigné comme Sa Majesté le roi, mais Sa Majesté le roi de France sur un sol étranger.

Lorsque l'on s'adresse à la personne, on utilise de préférence le prédicat seul en transformant l'adjectif possessif singulier « sa » par sa forme à la 2e personne du pluriel.

Il existe néanmoins une dérogation pour les prétendants au trône de France, qui sont les seuls Français à avoir le droit au prédicat : on dira ainsi Son Altesse royale le prince Louis de Bourbon ou encore Son Altesse impériale le prince Jean-Christophe Napoléon.

L'usage, notamment français, qui veut que la femme porte le nom et le prénom de l'époux (on dira Madame Jacques Chirac pour désigner Bernadette Chaudron de Courcel, épouse Chirac) vaut également pour la noblesse, mais connait quelques adaptations. Ainsi on dira  : Leurs Grâces les très nobles et très honorables duc et duchesse de Norfolk mais, les prédicats étant liés au titre Sa Majesté la reine et Son Altesse royale le duc d'Edimbourg, la reine et son consort n'ayant pas le même titre, donc le même prédicat.

Il est également d'usage lorsqu'on s'adresse à un souverain régnant ou qu'on parle de lui dans le langage courant de ne pas faire mention du nombre de fois où son nom de règne a été porté. Ainsi on parlera de Sa Majesté le roi Louis s'agissant de Louis XVI. On utilise également parfois, notamment en présence de plusieurs souverains le nom du territoire sur lequel ils règnent (que ce soit sur le sol souverain ou à l'étranger). Cet usage, en principe courant, sert surtout aujourd'hui pour distinguer les monarques anglais et français ayant eu pour nom de règne Henri ou Charles. Ainsi on dira Sa Majesté le roi Henry d'Angleterre pour Henry VIII d'Angleterre.

Cet usage portait également, sous l'ancien régime français, sur les anciens monarques légitimes. Ainsi on parlait de Sa Majesté l'arrière-grand-père du roi pour parler de Louis XIV durant le règne de Louis XV. Parfois il était également utilisé les sobriquets donnés aux rois, par exemple Sa Majesté Saint Louis pour parler de Louis IX après sa mort.

Par contre, dans les textes officiels il est toujours utilisé un prédicat du type: Sa Majesté, Louis le quinzième, roi de France et de Navarre s'agissant par exemple de Louis XV[2]. Il peut y avoir des différences, notamment lorsqu'il s'agit du premier roi portant ce nom. Ainsi Marie Ire d'Angleterre ne se désignera pas comme Marie la première mais comme Marie, la première de ce nom[3]. il peut arriver aussi que l'on utilise le terme le premier nommé.

Sauf cas particuliers, les prédicats sont en général utilisés sous la forme suivante : Prédicat + Titre + prénom[4].

Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire romain germanique[modifier | modifier le code]

Les princes[modifier | modifier le code]

Cas particuliers[modifier | modifier le code]

Les descendants des anciens grands-duchés de Bade et de Hesse sont appelés Son Altesse grand-ducale.

Dans ce cas l'utilisation du prédicat se fait de la façon suivante : Prédicat + prénom + nom du grand-duché

Il était également d'usage d'utiliser le terme Sa Dilection qui est un titre ou une qualité qui se donnait en Allemagne aux électeurs. On disait Sa Dilection, comme on dit Sa Grandeur pour un évêque.

Drapeau de l'Autriche Autriche[modifier | modifier le code]

Les descendants de la famille impériale portent le prédicat Son Altesse impériale et royale.

L'ancien prédicat pour un éventuel prétendant au trône austro-hongrois est Son Altesse impériale et royale l'archiduc (suivi du prénom). Cette spécificité est due au fait que leurs ancêtres régnaient à la fois sur l'empire d'Autriche et le royaume de Hongrie.

Égypte antique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature des pharaons.

Dans l'Égypte antique, on ne parle pas de prédicat nobiliaire mais de titulature d'un roi ou d'un pharaon, terme qui désigne l'ensemble des cinq noms par lesquels il est désigné dans les textes et inscriptions. La titulature du roi d'Égypte ou du pharaon se compose donc de cinq « Grands Noms », chacun formé d'un titre suivi d'un nom proprement dit.

Drapeau de la France France[modifier | modifier le code]

Les règles d'usage données ici sont celles en usage entre membres de la noblesse et en présence de la famille royale. Ces règles ne sont plus en vigueur, la République ayant aboli les prédicats pour les membres de la noblesse française depuis Valéry Giscard d'Estaing (il n'est ainsi plus d'usage d'utiliser un prédicat pour un noble n'appartenant pas à une famille régnante, ou assimilée comme telle, à l'intérieur des palais nationaux).

Il existe néanmoins une dérogation pour les prétendants au trône de France[réf. nécessaire], le « comte de Paris », le « duc d'Anjou » et le prince Napoléon[réf. nécessaire], qui sont les seuls Français à avoir le droit au prédicat : Son Altesse royale ou Son Altesse impériale. Cependant, le « comte de Paris » lui-même ne fait plus valoir son prédicat « S.A.R. » depuis qu'il a succédé à son père qui, lui non plus n'utilisait plus son prédicat[réf. nécessaire].

Il faut distinguer les princes du sang, c'est-à-dire les membres de la famille royale ou impériale et les autres princes.

Les monarques[modifier | modifier le code]

En France, le roi ou l'empereur étaient appelés Monseigneur, Messire[5] ou Sire, la reine ou l'impératrice, Madame, avec le prédicat Sa Majesté. Cette appellation demeurait pour les reines mêmes lorsque le roi décédait. C'est pourquoi, Marie de Médicis ou Anne d'Autriche étaient appelées Votre Majesté malgré le fait qu'elles ne régnaient plus sur la France.

Il était d'usage depuis l'Entrevue du Camp du Drap d'or entre Henry VIII d'Angleterre et d'Irlande et François Ier, que les souverains étrangers en présence du roi de France et notamment les souverains anglais taisent leur prétention au trône de France, sauf à vouloir déclencher une guerre.

Ainsi, en Angleterre, Henry VIII était : Henry, par la grâce de Dieu, roi d'Angleterre, d'Irlande et de France[6], mais en présence du roi de France : Henry, par la grâce de Dieu, roi d'Angleterre et d'Irlande[réf. nécessaire].

Les princes du sang[modifier | modifier le code]

Les fils et les filles de France étaient appelés Monseigneur et Madame, avec le prédicat Son Altesse royale. Les princes de la famille impériale portaient, eux, le prédicat Son Altesse impériale.

Pour les autres princes du sang, quel que soit leur rang, le prédicat était : Son Altesse.

Le prédicat était toujours suivi de Monsieur ou Monseigneur[7].

À noter que certains princes du sang et notamment le puîné de la branche des Bourbon-Condé utilisait préférentiellement leur titre de noblesse plutôt que le titre de prince, ainsi le duc d'Enghien était appelé Son Altesse Monsieur le duc d'Enghien et non : Son Altesse Monsieur le prince de Condé, dans les appellations particulièrement protocolaires ou, en présence d'autres princes de la branche des Bourbon-Condé, il pouvait arriver que le puîné utilise le prédicat de : Son Altesse Monsieur le prince de Condé[8], duc d'Enghien[9].

Dans l'usage écrit pour les familiers de la famille royale et surtout dans l'usage oral, il n'était pas rare d'utiliser la formule Votre Altesse, mais l'usage était de faire suivre de prédicat d'une révérence afin de montrer qu'il ne s'agissait pas d'un manque de respect.

Il était, par contre, strictement interdit de parler d'une altesse royale en tant que Son Altesse, sauf à vouloir montrer à son interlocuteur tout le dédain que ladite altesse inspirait à celui qui l'avait ainsi appelée. Mais peu de gens s'y risquaient, car le peu qui osaient ouvertement manquer de respect à une altesse royale, recevaient généralement une lettre de cachet.

Les princes non royaux[modifier | modifier le code]

Bien que sous l'ancien régime il n'existât en France quasiment pas de titres de princes inféodés à la Couronne, il pouvait arriver que des princes non régnants étrangers (notamment de Russie ou du Saint-Empire) fussent admis à la Cour. Ils avaient dès lors le droit au prédicat de Son Altesse.

En présence d'une altesse royale (ou d'une altesse sérénissime), nul ne pouvait nommer cette dernière autrement que par Son altesse royale ou sérénissime, de façon à marquer la préséance de la famille royale en territoire français.

À noter que les princes des familles régnantes étrangères admis à la Cour et surtout les altesses royales, conservaient leur prédicat, mais pour faire la distinction avec la famille royale, il était ajouté à la fin de l'appellation le nom du royaume d'origine du prince. Ainsi, la sœur d'Henry VIII, Margaret aurait été à la cour de François Ier : Son Altesse royale la princesse Margaret d'Angleterre et d'Irlande.

Autres titres[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas, dans ce cas, de prédicat particulier sauf pour les ducs qui sont automatiquement appelés Monsieur le Duc.

Par contre, il existait une appellation usuelle d'Ancien Régime qui était :

titre + prénom + nom + nom de terre Exemple : Le comte Louis Armand de Terrignac.

Il arrivait également que les chevaliers soient appelés Messire suivi du nom, voire du titre le cas échéant, notamment en remplacement de Monseigneur. Cet usage est conservé au Royaume-Uni (titre Sir).

Les prédicats simples[modifier | modifier le code]

En dehors de la Cour ou des cérémonies officielles, et notamment lorsqu'ils étaient appelés par des non-nobles, les appellations suivantes étaient tolérées pour la noblesse:

  • Monsieur, suivi du titre, par un serviteur ou un interlocuteur non noble. Il arrivait parfois que les pairs du Royaume aient le droit à cette appellation lorsqu'ils étaient présentés à un noble n'étant pas admis à la pairie[10], notamment parce que la plupart des pairs étaient ducs et que la pairie constituait une distinction dans la noblesse.
  • Monseigneur, par tous les non-nobles, en usage notamment chez les serviteurs de la noblesse.

De manière générale l'utilisation de Monseigneur par rapport à Monsieur marque un signe de servage et de soumission envers l'interlocuteur. Il n'était donc pas rare surtout durant le Moyen Âge que des nobles de moindre importance nomment leur suzerain par le terme Monseigneur[11].

Par contre, on se nommait entre nobles Monsieur le comte mais on s'appelait simplement Monsieur sans référence au titre.

Ces appellations sont encore en usage non officiel en France, surtout dans les campagnes.

Les prédicats non codifiés[modifier | modifier le code]

Outre ces appellations codifiées, il pouvait arriver que d'autres formules de politesse soient utilisées telle que Votre Grâce pour les ducs, Votre Magnificence pour les marquis et Votre Grandeur pour les Comtes.

Drapeau du Luxembourg Luxembourg[modifier | modifier le code]

La famille grand-ducale[modifier | modifier le code]

En tant que monarque régnant mais non royal, il ne peut avoir le droit au prédicat de Sa Majesté. L'appellation théorique serait « Son Altesse grand-ducale », bien que cette appellation soit correcte du point de vue protocolaire, étant liés aux familles royales de France, d'Espagne, d'Angleterre et de Russie, les grands-ducs de Luxembourg et la famille grand-ducale sont appelés Son Altesse royale[12] suivi du titre de grand-duc et du nom du grand-duché[13].

Le prédicat d'Altesse royale utilisé depuis 1919 par la maison grand-ducale de Luxembourg ne vient pas de la maison de Nassau-Weilbourg mais de la maison de Bourbon-Parme. En effet, c'est de cette famille qu'était issu Félix de Bourbon-Parme (1893-1970) époux de la grande-duchesse régnante Charlotte (1896-1985)[14].

Les autres membres[modifier | modifier le code]

Les autres membres de la famille grand-ducale peuvent utiliser le prédicat de Son Altesse suivi du nom et de l'énoncé du nom du grand-duché.

Il n'y a plus de noblesse au Luxembourg et le grand-duc ne confère pas de titres de noblesse, à l'exception du titre de comte Bernadotte af Wisborg (4 bénéficiaires dont le prince Sigvard de Suède).

Drapeau du Liechtenstein Liechtenstein et Drapeau de Monaco Monaco[modifier | modifier le code]

Le prince souverain de Monaco et sa famille portent le prédicat de Son Altesse Sérénissime[15] pour les membres en ligne directe et Son Altesse pour les autres.[réf. nécessaire]

Les prédicats de ces principautés étant systématiquement et pour tous sous la forme : Prédicat + titre + prénom (ou nom de règne) + territoire. On dira donc : Son Altesse sérénissime le prince Albert II de Monaco[16].

Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Au Royaume-Uni, Il existe des appellations propres aux anciens royaumes composant l'actuel Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, ainsi que des appellations d'usage issues de la tradition française.

Le monarque[modifier | modifier le code]

Concernant, le prédicat du monarque britannique est comme il se doit Sa Majesté, néanmoins, durant tout le temps où dura l'Empire des Indes, le monarque britannique portait préférentiellement le prédicat de "Sa Majesté impériale".

Depuis les premiers rois d'Angleterre, le souverain de Grande-Bretagne a le droit au prédicat de Par la Grâce de Dieu suivi de l'énoncé de l'ensemble des possessions sous la forme suivante : Nom de règne + Par la Grâce de Dieu, suivi des territoires et des titres correspondants en commençant toujours par le plus ancien.

Depuis qu'Henry VIII est devenu le chef de l'Église, les monarques l'ayant suivi portent le prédicat de Fidei defensor ou Défenseur de la foi[17].

Après l'unification du royaume d'Angleterre et de celui d'Écosse, ces derniers titres ont été réunis sous celui de roi de Royaume-Uni de Grande Bretagne. Le titre de roi d'Irlande fut transformé en roi d'Irlande du Nord suite à l'indépendance de l'Irlande. Victoria du Royaume-Uni, bien qu'impératrice des Indes préféra utiliser le terme de Monarque des îles Britanniques.

L'actuelle titulature en vigueur pour le monarque britannique est : Élisabeth, par la Grâce de Dieu, Reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord ainsi que des autres terres et territoires, chef du Commonwealth, Défenseur de la Foi[18].

À noter qu'en Grande-Bretagne, la reine survivante d'un souverain change de titre et devient Sa Majesté la reine douairière, ceci étant dû à l'absence de loi salique, permettant à une femme de monter sur le trône et la volonté d'éviter toute confusion entre l'ancienne reine et la reine régnante. Cette appellation est automatique, y compris lorsque c'est un mâle qui monte sur le trône ou qu'il y a régence.

Le cas d'Elizabeth Bowes-Lyon est particulier. En effet, à la mort du roi George VI (le mari d'Elizabeth Bowes-Lyon), c'est sa fille Élisabeth II qui monte sur le trône. Ainsi, Elizabeth Bowes-Lyon aurait dû devenir Sa Majesté la reine douairière Elizabeth afin de la distinguer de sa fille. Seulement le titre de reine douairière était déjà porté par la mère de George VI, survivante du roi George V. Le titre de « Reine mère » avec le prédicat de Sa Majesté, lui sera accordé en 1952. Elle le conservera jusqu'à son décès en 2002 malgré la mort de la reine douairière en 1953[19].

Les princes[modifier | modifier le code]

Au Royaume-Uni, les princes de sang titrés utilisent exclusivement le titre de prince au niveau protocolaire, ainsi que leurs conjoints. L'ensemble de la famille royale à droit au prédicat Son Altesse royale. Ainsi, on dira : Son Altesse royale le comte de Wessex, et non Son Altesse royale le prince Edward. Sa femme sera Son Altesse royale la comtesse de Wessex.

Dans le cas où le prince n'est pas titré[20] (c'est, par exemple, le cas de Son Altesse royale la princesse royale), le conjoint a seulement droit au prédicat suivi du prénom et du nom.

La seule exception notable concerne le conjoint du prince ou de la princesse de Galles, qui, de par le fait qu'il ou elle deviendra le consort du futur monarque a le droit d'utiliser le titre de prince ou princesse de Galles.

Les membres de la famille royale ne descendant pas en ligne directe du souverain ont le droit au prédicat Altesse royale.

Les prédicats tout comme les titres se perdent avec le divorce[21]. Ainsi, Lady Diana Spencer fut, jusqu'à son divorce, Son Altesse royale la princesse de Galles, puis au jour de son divorce Lady Diana Spencer puisqu'elle était déjà noble mais non titrée avant son mariage. Néanmoins, compte tenu de la grande popularité de Lady Diana Spencer auprès du peuple et du fait qu'elle était la mère d'un futur roi, la reine lui accorda le droit de conserver le titre de princesse de Galles mais pas le prédicat d'altesse royale.

Contrairement à une idée reçue, Camilla Parker Bowles, est de facto devenue princesse de Galles en épousant l'héritier du trône. Néanmoins, vu le décès tragique de la précédente princesse de Galles ainsi que la désapprobation du peuple britannique pour le second mariage du prince de Galles, il fut décidé que la nouvelle épouse du prince ne ferait pas usage du titre de princesse de Galles, mais seulement du second titre du prince à savoir : Son Altesse royale la duchesse de Cornouailles. Il est également probable que Camilla, si elle venait à monter sur le trône aux côtés de Charles, ne prendra pas le titre de Sa Majesté la reine, mais plutôt celui de Son Altesse royale la Princesse consort.

Les ducs[modifier | modifier le code]

Les ducs britanniques sont désignés par le prédicat Sa Grâce.

Les marquis, comtes, vicomtes et barons[modifier | modifier le code]

Tout comme en France, ces titres ne s'utilisent jamais avec le prédicat Monsieur ou son équivalent anglais.

Les marquis ont droit au prédicat de Le Plus honorable. Les marquis, comtes, vicomtes et barons non-Ecossais ont droit au prédicat de Le Très honorable suivi du titre puis du prénom et enfin du nom de terre attaché au titre. Les barons écossais ont droit au prédicat de Le Très honoré (The Much Honoured).

La Gentry[modifier | modifier le code]

Aucun membre de la Gentry n'a droit au prédicat de Sir[22] sauf s'il est baronnet (titre de "Sir" héréditaire de père en fils ainé) ou s'il devient membre d'un ordre de chevalerie (ou « knighthood »).

Drapeau de la Russie Russie[modifier | modifier le code]

La Russie a ses propres appellations en langue russe qui ne connaissent pas de traduction en français, néanmoins, l'habitude prise par la cour impériale depuis Catherine II d'utiliser des rites occidentaux (notamment français) pour l'étiquette de ladite cour ont donné par traduction les règles suivantes :

Le monarque[modifier | modifier le code]

Le premier à prendre le titre de tsar de toutes les Russies est Ivan IV (précédemment grand-duc de Moscou) : il s'agit d'une russification du prédicat honorifique latin Caesar pris par les premiers empereurs romains. Il n'est alors pas utilisé de prédicat pour désigner le souverain qui est seulement nommé par le terme « tsar de toutes les Russies » qui est une marque honorifique en soi. Les prédicats n'ont donc pas d'existence dans la Russie des origines.

Pierre Ier, souhaitant faire de la Russie la « Troisième Rome », ordonne que le titre d'imperator[23] soit utilisé. Les souverains russes prendront dès lors le titre d'empereur de toutes les Russies. Il n'est toujours pas utilisé de prédicat pour désigner le souverain. Les termes Monsieur, Madame ou leurs dérivés (Monseigneur, par exemple) n'ayant pas cours en Russie, le tsar est simplement nommé empereur de toutes les Russies.

Catherine II, souhaitant marquer le fait qu'il n'y a qu'un seul souverain en Russie, se fera appeler par le terme d'impératrice et autocrate de toutes les Russies[24]. Son rapprochement avec les cours européennes, et notamment la cour de France, introduira progressivement l'usage des prédicats tels que Sa Majesté impériale.

Dès lors les souverains russes seront connus comment étant : Sa Majesté impériale, [Nom de règne], autocrate et empereur de toutes les Russies. Malgré tout, le terme tsar (et ses dérivés) reste principalement utilisé, tant en Russie qu'à l'étranger, comme titre et prédicat.

L'impératrice consort est la tsaritsa ou, en français courant, la tsarine, mais jamais Sa Majesté impériale, titre réservé au tsar ou à une tsaritsa régnante. Comme au Royaume-Uni, le conjoint d'une tsarine régnante ne peut être nommé tsar, il est alors kniaz jusqu'à Pierre le Grand puis prince, et prend sous Catherine II le prédicat d'Altesse impériale.

Les princes du sang[modifier | modifier le code]

Jusqu'à Pierre Ier puis Catherine II, les termes suivants étaient en vigueur :

  • Pour la primogéniture mâle du tsar : tsesarevitch[25] , sa femme prend le titre de tsesarevna[26].
  • Pour les descendants mâles en ligne direct du tsar : tsarevitch, leur femme étant alors tsarevna.
  • Pour la descendance féminine en ligne directe du tsar : tsarevna[27], leurs maris étant alors Kniaz.

Les autres membres ne descendant pas en ligne directe du tsar n'avaient pas de titre ou de prédicat particulier.

Les membres de la famille du souverain, tout comme ce dernier ne sont pas titrés à l'exception du tsesarevitch qui est titré Velikii Kniaz (le Grand-Prince)[28].

Sous Pierre Ier les titres russes prennent une dénomination occidentale. Le titre de kniaz étant assez courant[29] au sein des différentes composantes de l'Empire, il est choisi le terme de duc pour le traduire au lieu du terme de prince[30] qui lui était autrefois préféré.

Le tsesarevitch devant toujours être distingué par rapport aux autres descendants mâles du tsar prit le titre du premier des tsars, grand-duc de Moscou et sa femme devient la grande-duchesse de Moscou[31]. Les tsarevitch deviennent « grands-ducs » et leurs femmes « grandes-duchesses ». Les tsarevna deviennent « grandes-duchesses » et leurs époux « ducs ».

Sous Catherine II, il fut ajouté des prédicats occidentaux. Pour les descendants en ligne direct du tsar Son Altesse impériale pour les autres membres de la famille impériale, le prédicat Son Altesse".

Le titre de prince (ou sa traduction russe) n'est pas utilisé après le prédicat.

Les kniaz[modifier | modifier le code]

Outre certains membres de la famille impériale, le terme de kniaz désignait les anciens souverains des principautés ayant été conquises par les grands-princes de Moscou, puis par les tsars.

Ils conserveront jusqu'à Catherine II le titre de kniaz sans prédicat particulier. Puis prirent le prédicat Son Altesse sérénissime. Les nouveaux « princes » créés à partir de Catherine II prirent le prédicat de Son Altesse illustrissime[32].

Les membres de la noblesse[modifier | modifier le code]

Avant Pierre Ier, la noblesse n'avait pas de prédicat particulier et seule l'organisation interne des boyard établissait une hiérarchie dans la noblesse. Avec l'instauration de la Table des Rangs et la disparition de cette classe de la population, des prédicats apparurent, notamment sous Catherine II :

  • 1er et 2e rang : Sa Haute Excellence
  • 3e et 4e rangs : Son Excellence
  • 5e rang : Sa Haute Naissance
  • 6e au 8e rang : Sa Haute noblesse

En dessous du 8e rang, les membres de la Table des Rangs ne sont plus considérés comme nobles, mais étant « sur le chemin de la noblesse » ils ont droit au prédicat de Sa Noblesse, afin de les distinguer du reste de la population.

Drapeau : Vatican Église catholique[modifier | modifier le code]

Depuis 308[33], l'autorité des papes a toujours été assimilée à celle d'un souverain. En tant que monarchie élective, la cité du Vatican et les autres territoires pontificaux l'ayant précédée, ont toujours été reconnus comme des territoires indépendants dont le souverain est le pape.

Ainsi, bien que le pape ne soit ni roi ni empereur, il leur est assimilable[34].

Le prédicat du pape est Sa Sainteté suivi de son nom de règne. Ce prédicat vient du fait que tous les papes sont les descendants de saint Pierre dans la liturgie catholique romaine[35]. Par exemple: Sa Sainteté le pape François.

Les cardinaux, en leur qualité d'électeurs du pape sont princes de la Sainte Église romaine. Ce titre et le statut lui étant lié sera d'ailleurs à l'origine d'un profond conflit entre le pape Paul III et Henry VIII d'Angleterre. Ce dernier ayant fait exécuter John Fisher, un évêque que Paul III venait de nommer cardinal pensant que ce statut le protégerait[36] et ont droit au prédicat Son Éminence (S.Ém.). Par contre, on appellera un cardinal Monseigneur et non Votre Éminence[37], l'énoncé le plus complet étant Son Éminence Monseigneur le cardinal.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir les messages de condoléances suite au décès de Rainier III de Monaco
  2. Voir les actuels décrets du roi des Belges.
  3. Voir sceau des rois d'Angleterre
  4. Dans le cas des souverains le prénom et le titre sont systématiquement inversés lorsque le nom du territoire est utilisé.
  5. "Monseigneur" et "Messire", appellations déjà peu usitées ont complètement disparu au XVIIe siècle avec l'unification du royaume.)
  6. Voir le sceau d'Henry VIII
  7. En usage pour les serviteurs et roturiers.
  8. Très rarement de Bourbon-Condé.
  9. Voir les lettres de Saint-Simon.
  10. Seulement en privé ou dans les correspondances pour honorer son interlocuteur
  11. La disparition de la suzeraineté seigneuriale pour faire place à la suzeraineté générale du Roi a rendu cette appellation archaïque
  12. Voir les messages de condoléances suite au décès de Rainier III. . En référence à leur liens avec les différentes familles royales et impériales ayant contrôlées l'Europe
  13. Il est parfois utilisé le titre de prince du Grand-Duché de Luxembourg. Dans ce cas il y inversion entre le prénom et le titre.
  14. "Arrêté grand-ducal du 21 septembre 1995 concernant le nom de famille et les titres des Membres de la Famille grand-ducale" et "Arrêté grand-ducal du 3 février 2006 portant modification de l'arrêté grand-ducal du 21 septembre 1995 concernant le nom de famille et les titres des membres de la Famille grand-ducale"
  15. Voir la déclaration du ministre d'État monégasque en date du 4 juin 2005 annonçant la mort de Son Altesse sérénissime le prince Rainier III.
  16. Seul le prince régnant voit son nom de règne énoncé, les autres princes utilisent leur prénom d'état civil.
  17. Il s'agissait autrefois d'une distinction accordée par le pape à un souverain. Cette distinction fut conférée à Henry VIII par Jules II pour son hostilité envers Luther. Malgré son excommunication le roi conserva cette distinction en tant que chef de l'Église reformée d'Angleterre
  18. voir le Grand sceau du Royaume-Uni
  19. Cette appellation de fantaisie reste un cas unique dans l'histoire de la monarchie britannique.
  20. Cela reste assez rare.
  21. Autorisé depuis Henry VIII.
  22. A ne pas confondre avec « Sire »
  23. Titre donné dans la Rome antique aux généraux en chef victorieux, puis, sous le Principat, de manière systématique aux empereurs romains. Le mot a ainsi donné, par glissement de sens, le français empereur.
  24. Le terme sera repris par tous ses successeurs jusqu'à Nicolas II
  25. En français le terme est Tsarévitch. Il s'agit d'une erreur d'interprétation, le terme de tsarevtich (littéralement "fils du tsar") désignant en réalité tous les fils mâles du tsar sans distinction avec l'héritier du trône
  26. Terme également utilisé pour désigner Catherine II juste avant son accession au trône.
  27. Terme quasiment inconnu en français qui lui préfère le terme grande-duchesse
  28. Lui donnant ainsi une préséance sur les Boyards.
  29. Bien que l'on ne compte qu'une vingtaine de famille princière, il y avait plus de 250 princes et princesses dans l'Empire. Cette particularité venant du fait que le titre princier touche tous les membres de la famille du prince, branche cadette comprise et se transmet de façon héréditaire par tous les membres de la famille du prince.
  30. Bien qu'il existe une certaine confusion quant à la traduction de "Kniaz"
  31. Ce titre est encore porté par les prétendants au trône impérial
  32. Sous la pression des boyards conservateurs.
  33. Date de l'apparition du nom de « pape » en qualité de souverain de l'Église catholique.
  34. On le désigne d'ailleurs comme le Souverain pontife et le terme « pontificat » s'applique pour désigner la période durant laquelle il se trouve à la tête de l'Église catholique romaine
  35. Généralement en latin
  36. Larousse encyclopédique en couleurs, France Loisirs, 1978
  37. Bien qu'il soit parfois utilisé, le terme éminence est un prédicat et non un titre d'appel.