Charles de Bourbon (1848-1909)

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Charles de Bourbon

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Photographie du prétendant Charles de Bourbon.

Titres

Prétendant au trône d’Espagne

3 octobre 186818 juillet 1909
(&&&&&&&&&&01489740 ans, 9 mois et 15 jours)

Nom revendiqué « Charles VII »
Prédécesseur Jean de Bourbon
Successeur Jacques de Bourbon

Prétendant aux trônes de France et de Navarre

18 novembre 188718 juillet 1909
(&&&&&&&&&&&0791221 ans, 8 mois et 0 jour)

Nom revendiqué « Charles XI »
Prédécesseur Jean de Bourbon
Successeur Jacques de Bourbon
Biographie
Titulature « Duc de Madrid »
« Comte d’Alcarrie »
Dynastie Maison de Bourbon
Nom de naissance Carlos María de los Dolores Juan Isidro José Francisco Quirín Antonio Miguel Gabriel Rafael de Borbón y Austria-Este
Naissance 30 mars 1848
Laibach (Autriche)
Décès 18 juillet 1909 (à 61 ans)
Varèse (Italie)
Père Jean de Bourbon,
« comte de Montizón »
Mère Marie-Béatrice de Modène
Conjoint Marguerite de Parme
(1867-1893)
Berthe de Rohan
(1894-1909)
Enfants Blanche de Bourbon
Jacques de Bourbon Prétendant carliste à la Couronne d’Espagne Prétendant légitimiste à la Couronne de France
Elvire de Bourbon
Béatrice de Bourbon
Alice de Bourbon
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Prétendants au trône de France
Prétendants au trône d’Espagne

Charles de Bourbon, né à Ljubljana le 30 mars 1848, et décédé à Varèse (Lombardie) le 18 juillet 1909, fut un prince espagnol. Il fut le prétendant carliste au trône d'Espagne sous le nom de Charles VII et l'aîné des Capétiens et chef de la maison de France. À ce titre, les légitimistes le considérèrent comme le roi de France « Charles XI ». Il porta les titres de courtoisie de « duc de Madrid » et « comte d’Alcarrie ».

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il était le fils aîné de Jean de Bourbon (1822-1887), infant d'Espagne puis comte de Montizón, et de son épouse la princesse Marie-Béatrice de Habsbourg-Lorraine-Este (1824-1906), fille de François IV, duc souverain de Modène.

Son père avait des idées opposées à celles de sa mère et il refusa que l'éducation de ses enfant fût confiée aux Jésuites, ce qui entraîna la séparation des époux[1]. Jean s'installa à Brighton et son épouse et ses deux fils partagèrent leur vie entre Modène et Venise.

Le comte de Chambord envoya une garde hongroise pour veiller sur sa belle-sœur et ses neveux, Charles et Alphonse[2]. Dans sa jeunesse, le prince Charles de Bourbon bénéficia de l'attention appuyée du comte de Chambord qui pressentait en lui une personnalité d'envergure, « taillée dans le bois dont on fait les grands rois[2] » ; il surveillait son éducation, ses loisirs, ses lectures, ses fréquentations. Il lui apprit à nager, à se tenir à cheval et l'entretint de l'Histoire et des devoirs qu'elle imposait à leur dynastie commune.

Mariage[modifier | modifier le code]

Le 4 février 1867 dans la chapelle du château de Frohsdorf (Autriche), Charles de Bourbon épousa la princesse Marguerite-Marie de Parme (1847-1893), fille aînée de Charles III (1823-1854), duc souverain de Parme, et de son épouse la princesse Louise Marie Thérèse d'Artois (1819-1864).

Du premier mariage naquirent cinq enfants :

  • Blanche (1868-1949), qui épousa le prince Léopold Salvator de Habsbourg-Toscane (1863-1931), de la maison de Lorraine
  • Jacques (1870-1931), « duc d'Anjou et de Madrid »
  • Elvire (1871-1929), qui aura trois enfants de sa relation avec le peintre Filippo Folchi (portent le nom de Bourbon)
  • Béatrice (1874-1961), qui épousa Fabrizio Massimo (1868-1944), prince de Roviano[Note 1]
  • Alice (1876-1975), qui épousa le prince Frédéric de Schönburg Waldenburg, chef de la maison de Schönburg Waldenburg (1872-1910), puis se remaria avec le général Lino del Prete (1877-1956)

La troisième guerre carliste[modifier | modifier le code]

5 Centimos à l'effigie de Charles VII (Charles de Bourbon, prétendant carliste), 1875

En 1869, le prétendant Charles VII publia un manifeste dans lequel il expose ses idées, parmi lesquelles celles de constituer des Cortès avec une structure traditionnelle et de promulguer une Constitution ou d'approuver une Charte, ainsi que de conduire une politique économique de style protectionniste. Dans son entourage, on retrouve des politiciens de droite derechistas, appelés spécialement les « Catholiques ».

À cette époque, Isabelle II avait déjà été détrônée (1868) et après la période de régence du général Serrano, le Parlement désigna en 1870 roi d'Espagne Amédée de Savoie sous le nom de Amédée Ier d'Espagne.

Charles VII qui voyait s'éloigner la possibilité de la restauration bourbonienne, dans chacune de ses deux branches, déclencha en 1872 la troisième guerre carliste, d'abord contre le roi Amédée Ier, puis contre la Première République espagnole, proclamée en 1873 après l'abdication du roi, puis finalement contre Alphonse XII, fils d'Isabelle II, qui fut proclamé roi par le général Martínez Campos à Sagunto (Valence).

Le 16 juillet 1873, Charles franchit la frontière espagnole depuis la France et pénètre en Navarre par la Venta de Laputsagarra. L'accueil que lui réserve ses partisans revêt l'allure de celui qu'on doit à un chef d'État. À seulement vingt-cinq ans, on croirait plus âgé ce colosse d'un mètre quatre-vingt-cinq[3]. Son épouse Marguerite, installée en Aquitaine, se dévoue pour créer les services sanitaires de l'armée carliste[3]. Le gouvernement carliste siège à Estella (Navarre) et Charles y pose les bases d'un État organisé, avec une fonction publique, une police, une justice, un service postal, une monnaie, l'escudo, une école militaire et université. Les populations locales encensent le roi Charles VII dont la réputation commence à se propager dans le reste de l'Espagne[4].

Poètes et écrivains glorifient Don Carlos en qui ils voient un maillon glorieux de l'Espagne éternelle, héritière de Récarède, de Pélage, du Cid et de Don Quichotte, mêlant souvenirs magnifiés de la Reconquête, épopée picaresque, espérance patriotique et ferveur religieuse[5]. Ainsi, l'écrivain Julio Nombela consacre au prétendant un recueil de poésies, El romancero de Carlos VII[6].En France, le mouvement carliste cherche à recruter des troupes ; le comte de Foudras est condamné pour cette entreprise, de plus entachée d 'escroquerie cf Jugement correctionnel d ' Amiens 1873 .

Cependant, la guerre se termina en 1876 avec la perte d'Estella, la capitale carliste, et par la fuite vers la France du prétendant. Il y eut quelques tentatives postérieures, en profitant du mécontentement lié à la perte des dernières possessions d'outre-mer en 1898, mais qui n'eurent pas de succès.

Prétendant au trône de France[modifier | modifier le code]

Au décès de son père le 18 novembre 1887, Charles de Bourbon devint l'aîné des descendants d'Hugues Capet, de saint Louis, d'Henri IV et de Louis XIV. Les légitimistes français le reconnurent alors comme roi de France et de Navarre sous le nom de « Charles XI ».

Cependant, dans une lettre privée envoyée le 3 septembre 1883, il avait alors notifié « la force des liens indissolubles » qui l'attachait à l'Espagne, affirmant : « C'est à elle seule que j'appartiens et je lui appartiendrai toujours ».

Néanmoins, le 11 juin 1889, il charge son Représentant en France, Joseph du Bourg, en obéissance aux demandes transmises par Marguerite-Marie Alacoque, de déposer en la Cité du Sacré Cœur (Paray-le-Monial) un document officiel consacrant sa personne et la France au Sacré-Cœur.

Il écrit parfois à ses partisans comme le 14 septembre 1888, réunis à Sainte-Anne d’Auray : « Il n’y a que deux politiques en présence dans l’histoire contemporaine : le droit traditionnel et le droit populaire. Entre ces deux pôles, le monde politique s’agite. Au milieu, il n’y a que des royautés qui abdiquent, des usurpations ou des dictatures. Que des Princes de ma famille aient l’usurpation triomphante, soit. Un jour viendra où eux-mêmes ou leurs descendants béniront ma mémoire. Je leur aurai gardé inviolable le droit des Bourbons dont je suis le chef, droit qui ne s’éteindra qu’avec le dernier rejeton de la race issue de Louis XIV ».

Le 23 mai 1892, il protesta auprès du comte de Paris contre l’emploi que celui-ci faisait des pleines armes de France (c’est-à-dire sans la brisure des cadets constitué par le lambel à trois pendants des Orléans).

Le Prince entra en conflit avec son représentant, le Prince de Valori en 1892 et le mouvement légitimiste connut une première scission : des légitimistes se rallièrent à la branche des ducs de Séville. Le « Journal de Paris » accepta le ralliement prôné par le Pape Léon XIII et cessa d’être un soutien au légitimisme. Charles, suivant lui-même les consignes du Pontife, refusa de nommer un nouveau représentant en France et le mouvement légitimiste s’en trouva une nouvelle fois affecté par une crise de confiance.

Il fallut attendre 1896 pour que le Prétendant acceptât de nouveau de nommer un représentant en la personne du comte Urbain de Maillé de la Tour Landry. Ce dernier réorganisa le mouvement légitimiste en un Conseil Central des Comités légitimistes qui allait exister jusqu’en 1914. Mais les actions politiques du prince Charles se firent de plus en plus rares. La dernière survint lors de la crise liée à la séparation de l'Église et de l'État, le 9 décembre 1905. Le 12 mars 1906, Charles condamna la loi de séparation et déclara lors d’un manifeste : « Comme l’aîné de la race de nos rois et successeur salique, par droit de primogéniture de mon oncle Henri V, je ne puis rester plus longtemps spectateur impassible des attentats qui se commettent contre la religion, et aussi Sa Sainteté Pie X. J’élève la voix pour repousser de toutes les forces de mon âme de chrétien et de Bourbon, la loi de séparation. Catholiques français, l’avenir de la France est entre vos mains, sachez donc vous affranchir d’un joug maçonnique et satanique, en revenant franchement et avec l’ardeur qui vous caractérise, à la vraie tradition chrétienne et nationale dont, par ma naissance, c’est-à-dire par la volonté de Dieu, je suis le seul représentant légitime ».

À son décès, le mouvement légitimisme était en déliquescence, il n’y avait plus aucun député légitimiste au parlement.

Devenu veuf, Charles de Bourbon se remaria le 28 avril 1894 à Prague, dans la chapelle du primat de Bohême, avec la princesse Marie-Berthe de Rohan (1860-1945), seule fille du prince Arthur de Rohan (1826-1885) (de la branche de Guémené) et de son épouse la comtesse Gabrielle de Waldstein[Note 2].

Mort[modifier | modifier le code]

Charles de Bourbon est décédé à l'hôtel Excelsior à Varèse (Lombardie) le 18 juillet 1909. Il fut inhumé à Trieste, dans la cathédrale Saint-Just.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La princesse Béatrice héritera du château de Frohsdorf à la mort de son frère en 1931.
  2. La princesse Marie-Berthe de Rohan était la grand-tante de l'actuel duc de Bouillon et de Montbazon, le prince Charles Alain de Rohan.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel de Montplaisir, Louis XX, petit-fils du roi Soleil, éd. Jacob-Duvernet, juin 2011, p. 199.
  2. a et b Daniel de Montplaisir, Louis XX, petit-fils du roi Soleil, éd. Jacob-Duvernet, juin 2011, p. 200.
  3. a et b Daniel de Montplaisir, Louis XX, petit-fils du roi Soleil, éd. Jacob-Duvernet, juin 2011, p. 232.
  4. Daniel de Montplaisir, Louis XX, petit-fils du roi Soleil, éd. Jacob-Duvernet, juin 2011, p. 233.
  5. Daniel de Montplaisir, Louis XX, petit-fils du roi Soleil, éd. Jacob-Duvernet, juin 2011, p. 242.
  6. Daniel de Montplaisir, Louis XX, petit-fils du roi Soleil, éd. Jacob-Duvernet, juin 2011, p. 243.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Bernot, Les princes cachés : Histoire des prétendants légitimistes 1883-1989, Paris, Lanore,‎ 2014, 288 p. (ISBN 226200725X).

Articles connexes[modifier | modifier le code]