Marcha Real

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La Marcha Real (es)

La Marche royale

Hymne national et royal de Flag of Spain.svg Espagne
Autre(s) nom(s) La Marcha Granadera (es)
La Marche des grenadiers
Paroles pas de paroles officielles
Musique compositeur inconnu
Bartolomé Pérez Casas
Francisco Grau
1997
Adopté en 1761

La Marcha Real (La Marche royale) est l’hymne national et royal de l’Espagne. C'est l'un des plus vieux hymnes nationaux officiels encore utilisés au monde (avec l'hymne japonais). Il n'a pas de paroles officielles, malgré plusieurs tentatives pour lui en fournir.

L’hymne est un des plus vieux d’Europe, mais la musique n'a été imprimée pour la première fois sur un document daté qu'en 1761, dans un recueil intitulé El libro de Ordenanza de los toques militares de la Infantería Española (Le livre des sonneries de l’infanterie espagnole), par Manuel de Espinosa, sous le titre La Marcha Granadera (La Marche des grenadiers) et que le nom de son compositeur soit inconnu.

On retrouve en effet cet air dans une de ses compositions intitulée « Núba al-Istihlal » que les musiciens et musicologues spécialistes de l'Espagne médiévale, Omar Metioui et Eduardo Paniagua, ont mis en lumière dans cet extrait[1],[2].

En 1770, le roi Charles III déclara la Marcha Granadera « marche d’honneur » officielle, utilisée pour les événements cérémonieux (il est le premier de tous les hymnes actuellement joué dans le monde à être ainsi officialisé). Elle était toujours jouée lors des événements où la famille royale était présente et les Espagnols l’ont peu à peu considérée comme leur hymne national. Ils la renommèrent Marcha Real (en français, Marche royale).

Sous la Seconde République espagnole (19311939), El Himno de Riego remplaça La Marcha Real comme hymne officiel de l’Espagne. À la fin de la guerre civile, le général Francisco Franco restaure La Marche royale comme hymne national sous son ancien nom de La Marcha Granadera. Les nouvelles paroles sont apprises dans toutes les écoles. À la fin de la dictature, le texte officiel de Franco disparaît. La Marche royale est toujours l’hymne officiel de l’Espagne mais se voit dépourvue de paroles.

Paroles[modifier | modifier le code]

L’hymne est joué, mais jamais chanté, à l'instar de l'Intermeco de Bosnie-Herzégovine ou de l'hymne de Saint-Marin.

En juin 2007, le Comité olympique espagnol propose de lancer un concours pour choisir un texte qui deviendrait le texte officiel, le but principal étant de redonner enfin un hymne digne de ce nom au peuple espagnol et d’avoir des paroles à chanter en cas de victoires sportives. Mais l'essai n'a pas eu de suite.

L'hymne national reste actuellement sans paroles, malgré plusieurs propositions de textes, qui n'ont jamais obtenu l'approbation officielle (par manque d'enthousiasme populaire et refus des communautés galicienne, basque ou catalane-valencienne de paroles exclusivement en castillan). En conséquence, lors d'événements sportifs, les supporters espagnols se contentent de chantonner « lalalala » en chœur.

Première version d'E. Marquina[modifier | modifier le code]

Sous Alphonse XIII, des paroles écrites par E. Marquina ont été ajoutées mais jamais officialisées.

Paroles d'E. Marquina
Texte original (es) Traduction

Gloria, gloria, corona de la Patria,
soberana luz
que es oro en tu pendón.
Vida, vida, futuro de la Patria,
que en tus ojos es
abierto corazón.
Púrpura y oro: bandera inmortal;
en tus colores, juntas, carne y alma están.
Púrpura y oro: querer y lograr;
Tú eres, bandera, el signo del humano afán.
Gloria, gloria, corona de la Patria,
soberana luz
que es oro en tu pendón.
Púrpura y oro: bandera inmortal;
en tus colores, juntas, carne y alma están

Gloire, gloire, couronne de la Patrie,
souveraine lumière
que l’or soit sur ta bannière.
La vie, la vie, futur de la Patrie
qu'à tes yeux est
un cœur ouvert.
Pourpre et or : drapeau immortel
en tes couleurs, ensemble, sont la chair et l'âme.
Pourpre et or : vouloir et obtenir ;
Tu es, drapeau, le signe de l’ardeur humaine.
Gloire, gloire, couronne de la Patrie,
souveraine lumière
que l’or soit sur ta bannière.
Pourpre et or : drapeau immortel
en tes couleurs, ensemble, sont la chair et l'âme.

Seconde version chantée sous le franquisme[modifier | modifier le code]

Au début du régime de Franco, de nouvelles paroles ont été aussi ajoutées. Un temps chanté dans les écoles, ces paroles n’ont jamais non plus été officialisées malgré leur popularité.

Version chantée sous Franco
Paroles franquistes (es) Traduction

Viva España, alzad los brazos, hijos
del pueblo español,
que vuelve a resurgir.
Gloria a la Patria que supo seguir,
sobre el azul del mar el caminar del sol.

Gloria a la Patria que supo seguir,
sobre el azul del mar el caminar del sol.

¡Triunfa España! Los yunques y las ruedas
cantan al compás
del himno de la fe.

¡Triunfa España! Los yunques y las ruedas
cantan al compás
del himno de la fe.

Juntos con ellos cantemos de pie
la vida nueva y fuerte del trabajo y paz.

Juntos con ellos cantemos de pie
la vida nueva y fuerte del trabajo y paz.

Viva España, alzad los brazos, hijos
del pueblo español,
que vuelve a resurgir.

Viva España, alzad los brazos, hijos
del pueblo español,
que vuelve a resurgir.

Gloria a la Patria que supo seguir,
sobre el azul del mar el caminar del sol.

Gloria a la Patria que supo seguir,
sobre el azul del mar el caminar del sol.

Vive l'Espagne, levez les bras, fils
du peuple Espagnol
qui recommence à s'élever
Gloire à la patrie qui a su suivre
sur le bleu de la mer, le chemin du soleil

Gloire à la patrie qui a su suivre
sur le bleu de la mer, le chemin du soleil

Triomphe Espagne ! Les enclumes et les rouages
chantent sur le rythme
de l'hymne de la foi

Triomphe Espagne ! Les enclumes et les rouages
chantent sur le rythme
de l'hymne de la foi

Ensemble avec eux, chantons debout
la vie nouvelle et forte de travail et de paix

Ensemble avec eux, chantons debout
la vie nouvelle et forte de travail et de paix

Vive l'Espagne, levez les bras, fils
du peuple Espagnol
qui recommence à s'élever

Vive l'Espagne, levez les bras, fils
du peuple Espagnol
qui recommence à s'élever

Gloire à la patrie qui a su suivre
sur le bleu de la mer, le chemin du soleil

Gloire à la patrie qui a su suivre
sur le bleu de la mer, le chemin du soleil

Troisième version (projet du COE)[modifier | modifier le code]

(Actualisé le )


Le , un texte est interprété publiquement par le ténor Plácido Domingo et devait être proposé comme l’hymne espagnol. Toutefois, l’initiative n’a suscité que peu d’intérêt, voire le rejet, de la part des différents partis politiques, résumé souvent par la phrase « ce n’est pas à l’ordre du jour ». Pendant les élections législatives générales en mars, aucun parti n’est prêt à perdre des voix pour un sujet pouvant se révéler polémique. La population espagnole a réservé un accueil, pour le moins, mitigé envers la chanson choisie comme hymne, les réactions allant de l’hilarité ou le dénigrement pur et simple, à la conviction que cet hymne sera le bon.

Les organisateurs ont un temps envisagé de réunir au moins 50 000 signatures de citoyens, ce qui aurait permis de soumettre la proposition au Parlement. Toutefois, devant l'accueil mitigé qu'a reçu le texte, le COE a décidé en janvier 2008 de ne pas pas lancer d'initiative populaire[3] et a abandonné le texte.

Texte choisi par le C.O.E.
Texte original (es) Traduction

¡Viva España!
Cantemos todos juntos
Con distinta voz
Y un solo corazón

¡Viva España!
Desde los verdes valles
Al inmenso mar,
Un himno de hermandad

Ama a la Patria
Pues sabe abrazar,
Bajo su cielo azul,
Pueblos en libertad

Gloria a los hijos
Que a la Historia dan
Justicia y grandeza
Democracia y paz
¡Viva España!

Vive l’Espagne !
Chantons tous unis
Avec une voix distincte
Et un seul cœur

Vive l’Espagne !
Des vertes vallées
À l’immense mer,
Un hymne de fraternité

Aime la Patrie
Car elle sait embrasser
Sous son ciel bleu
Les peuples en liberté

Gloire aux fils
Qui donnent à l’Histoire
Justice et grandeur
Démocratie et paix
Vive l’Espagne !

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]