Alliance populaire (Espagne)

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Alliance populaire (en espagnol : Alianza Popular) (AP) est une fédération de partis politiques d'idéologie conservatrice, fondée au début de la Transition démocratique espagnole par une majorité d'anciennes personnalités politiques du franquisme[1] rejointes par diverses formations de centre-droit, et plus tard constituée en parti politique. Après plusieurs participations électorales au sein de coalitions, AP fusionne en 1989 avec d'autres groupes pour former le Parti populaire, qui constitue encore aujourd'hui le parti hégémonique de la droite espagnole.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

AP est fondée le 9 octobre 1976 comme une fédération de petits partis conservateurs. De ses sept membres fondateurs, Manuel Fraga (son leader), Federico Silva Muñoz, Cruz Martínez Esteruelas, Gonzalo Fernández de la Mora, Laureano López Rodó, Licinio de la Fuente et Enrique Thomas de Carranza, tous sauf le dernier sont d'anciens ministres du franquisme[2].

Le 15 juin 1977, à l'occasion des élections constituantes, AP arrive en quatrième position, derrière le Parti communiste d'Espagne, se contentant de 8,21 % des voix et 16 sièges sur 350 au Congrès des députés.

La Coalition démocratique[modifier | modifier le code]

Après ces mauvais résultats, une nouvelle coalition de droite se forme en vue du scrutin du 1er mars 1979 : la Coalition démocratique (Coalición Democrática), qui désigne comme candidat à la présidence du Gouvernement le leader de l'AP, Manuel Fraga. Le jour du scrutin, les résultats sont pires que deux ans plus tôt : la CD reste quatrième, mais ne recueille que 6,05 % des voix et 10 sièges. Fraga démissionne de la présidence de la Coalition mais conserve celle de l'AP.

À la fin de l'année, l'organisation interne de AP est revue et une nouvelle structure beaucoup plus présidentielle, encore en vigueur aujourd'hui, est instaurée. Manuel Fraga est réélu Président, tandis que Jorge Verstrynge est désigné secrétaire général. Il démissionne cependant le 2 septembre 1986 pour divergences idéologiques (il rejoindra plus tard le PSOE, puis le PCE) et se voit remplacé par le très jeune (28 ans) Alberto Ruiz-Gallardón (ultérieurement maire de Madrid entre 2007 et 2011).

La Coalition populaire[modifier | modifier le code]

Après l'explosion de l'Union du centre démocratique, au pouvoir depuis 1977, AP forme, avec deux de ses dissidences (le Parti démocrate populaire et le Parti libéral), la Coalition populaire (Coalición Popular), qui devient le premier parti d'opposition lors des élections générales de 1982 avec 26,36 % des suffrages et 107 députés sur 350. Quatre ans plus tard, au moment des législatives de 1986, la CP reste stable (25,97 % des voix et 105 sièges).

À l'occasion du référendum sur le maintien de l'Espagne dans l'OTAN, organisé le 12 mars 1986, l'AP appelle à l'abstention ou au vote blanc. En décembre suivant et suite à la défaite d'AP aux élections régionales de novembre dans la Communauté autonome du Pays basque, Manuel Fraga démissionne de la présidence du parti.

En février 1987, Antonio Hernández Mancha est élu président contre Miguel Herrero lors d'un congrès extraordinaire de l'AP.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es)P. Marcos, De cuando Alianza Popular nació con siete padrinos - Manuel Fraga creó hace 30 años AP como una federación de partidos dirigida por ex ministros de Franco, El País, 08/10/2006.
  2. Francisco Campuzano (préf. Guy Hermet), L'élite franquiste et la sortie de la dictature, Paris, L'Harmattan,‎ 1997, 1e éd., 263 p. (ISBN 2-7384-5888-2), p. 240

Article connexe[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Personnalité d'Alliance populaire.