Alphonse de Bourbon (1936-1989)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Alphonse de Bourbon.

Alphonse de Bourbon

Succession

Prétendant aux trônes de France et de Navarre


(&&&&&&&&&&&0506513 ans, 10 mois et 10 jours)

Nom revendiqué « Alphonse II »
Prédécesseur Jacques-Henri de Bourbon
Successeur Louis de Bourbon
Biographie
Titulature Duc de Cadix
« Duc d’Anjou »
Dynastie Maison de Bourbon
Nom de naissance Alfonso Jaime Marcelino Manuel Víctor María de Borbón y Dampierre
Naissance
Rome (Italie)
Décès (à 52 ans)
Beaver Creek (États-Unis)
Père Jacques-Henri de Bourbon
Mère Emmanuelle de Dampierre
Conjoint Carmen Martínez-Bordiú y Franco
Enfants François de Bourbon
Louis de Bourbon Prétendant légitimiste à la Couronne de France
Description de cette image, également commentée ci-après

Prétendants au trône de France

Alphonse Jacques Marcellin Emmanuel Victor Marie de Bourbon (en espagnol : Alfonso Jaime Marcelino Manuel Víctor María de Borbón y Dampierre), « duc de Bourbon », « duc de Bourgogne », puis duc de Cadix[1] et « duc d’Anjou » (Rome, Italie, , Beaver Creek, Colorado, États-Unis), était le chef de la maison de Bourbon dont il était l’aîné. Il possédait la double nationalité espagnole (héritée de son père) et française (héritée de sa mère) et son passeport français portait mention du titre de « duc d’Anjou » et du prédicat d’Altesse royale[2].

Connu en France sous le titre de courtoisie de « duc d’Anjou », il était considéré par les partisans légitimistes d’une restauration de la royauté comme le prince appelé à régner (« Alphonse II »), en qualité d’héritier des rois de France. En effet, il était l’aîné des descendants mâles par primogéniture d’Hugues Capet.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alphonse de Bourbon est le fils aîné de Jacques-Henri de Bourbon (1908-1975) et de sa première épouse Emmanuelle de Dampierre (1913-2012), fille de Roger de Dampierre (1892-1975).

Le , il est titré « duc de Bourbon et de Bourgogne » par son père, Jacques Henri de Bourbon, fils ainé du roi Alphonse XIII.

Le , ce dernier renouvelle, par une lettre envoyée à Francisco Franco, sa renonciation au trône d'Espagne, en faveur de son neveu, l'actuel Juan Carlos Ier. Cette renonciation est faite en vue du bien commun de l’Espagne, de la paix et de la prospérité du peuple espagnol.

Le à Madrid, Alphonse de Bourbon signe à son tour un acte d’acceptation de la désignation par Francisco Franco de son cousin germain Juan Carlos comme futur roi d’Espagne.

Le , en la chapelle du palais du Pardo (près de Madrid), il épouse Carmen Martínez-Bordiú y Franco (née en 1951), fille de Cristóbal Martínez-Bordiú (1922-1998), marquis de Villaverde, et de Carmen Franco (née en 1926), elle-même fille du général Francisco Franco. De ce mariage il a deux fils, François d'Assise (1972-1984) et Louis-Alphonse (né en 1974). Cette union est déclarée nulle par l'Église catholique le . Les deux époux s'étaient séparés dès 1979, puis avaient divorcé le 14 mai 1983 à Madrid.

Le , il est titré S.A.R. le duc de Cadix (le prédicat d'altesse royale étant attaché au titre de duc de Cadix et non transmissible) par le général Franco, à la demande du prince d'Espagne, futur Juan Carlos Ier.

Le , au décès de son père à Saint-Gall (Suisse), il devient l'aîné des Capétiens, il est donc le chef de la Maison de Bourbon, le roi de France de droit pour les légitimistes et prend le , le titre de « duc d'Anjou », comme l'avait fait son père en 1946.

Le , il est victime d'un grave accident automobile, qui coûte la vie à son fils aîné François d'Assise (décédé à l’hôpital de Pampelune le ). Il est soigné, à sa demande, en France, à Paris.

En 1987, en tant que président du comité olympique, il visite l'Abbaye de Saint-Gilles au cours d'un déplacement dans le Gard qui avait pour but d'identifier de possibles lieux d'entraînement pour les sportifs des JO de Barcelone. Il est accueilli par le député Charles de Chambrun et le peintre Josette Spiaggia[3]. Au cours de la visite, il admire la crypte, la vis et une exposition sur les rois de France.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

  • Avocat au Barreau de Madrid
  • Ambassadeur d'Espagne à Stockholm (1969-1972)
  • Banquier
  • Président du Comité olympique espagnol

Activités en tant qu'aîné de la maison de Bourbon[modifier | modifier le code]

À partir de la fin de l'année 1984, après des mois d'hospitalisation et de rééducation, il vit entre Madrid et la France, multipliant les rencontres, les échanges avec les autorités françaises et les Français, épaulé par l'Institut de la maison de Bourbon.

Pendant l’année 1987, il participe à plusieurs commémorations officielles du Millénaire capétien en qualité d'aîné des descendants d’Hugues Capet, le fondateur en l’an 987 de la dynastie capétienne.

Il est membre titulaire de la Société des Cincinnati de France, où il représente Louis XVI de France, chef suprême des armées françaises lors de la guerre d'indépendance des États-Unis, Alphonse de Bourbon étant le plus proche parent de Louis XVI par les mâles. La Société des Cincinnati de France regroupe les descendants en primogéniture mâle des officiers français ayant combattu aux côtés des indépendantistes américains.

Mort[modifier | modifier le code]

En 1989, alors qu'il teste une piste de ski pour le Championnat du monde de ski alpin à Beaver Creek (Colorado (États-Unis), il heurte à pleine vitesse un câble tiré en travers de la piste, qui le blesse mortellement au cou[4]. L'enquête fut ouverte pour homicide avant de conclure au tragique accident. Il décède peu après et est inhumé à Madrid, dans la chapelle du monastère des Déchaussées royales, aux côtés de son fils aîné.

Après la messe funéraire, l'aumônier Christian-Philippe Chanut se présente sur la tombe encore ouverte du Prince Alphonse pour dire la prière issue de la liturgie des rois de France. Puis il prononça l'éloge funèbre du Prince Alphonse à la Basilique Saint-Denis[5].

La double tombe porte l’inscription en espagnol « Sus Altezas Reales don Alfonso y don Francisco de Borbón 20-IV-1936 - 30-I-1989 22-XI-1972 - 7-II-1984 » ainsi que les armes pleines de France, d'azur à trois fleurs de lys d'or.

Querelles dynastiques françaises[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Querelles dynastiques françaises.

Alphonse de Bourbon était considéré par les légitimistes comme successeur des rois de France et de Navarre sous le nom d'« Alphonse II », ce qui était contesté par les orléanistes, quant à eux partisans d’Henri d'Orléans. Les orléanistes arguaient notamment des renonciations faites lors des traités d'Utrecht (1713) par Philippe de France, ancêtre direct d’Alphonse de Bourbon, à ses droits sur le trône de France, d'un « vice de pérégrinité » affectant des princes devenus étrangers « sans esprit de retour », ainsi que d’une « fusion » intervenue de facto en 1883 à la mort du comte de Chambord entre orléanistes et légitimistes de l’époque.

Aux yeux des orléanistes, Alphonse de Bourbon n'était « que » Son Altesse royale[6] don Alfonso de Borbón y Dampierre, duc de Cadix. Les orléanistes déniaient à Alphonse de Bourbon le droit de porter les pleines armes de France ainsi que le titre de duc d'Anjou, mais la justice française, saisie en 1988 par le « comte de Clermont »[7], a déclaré irrecevable la demande d'interdiction.

Les légitimistes arguaient au contraire, au regard du droit monarchique stricto sensu — notamment loi de succession par primogéniture mâle et règle d'indisponibilité de la couronne (le roi reçoit la couronne pour en exercer droits et devoirs mais il n'en dispose pas : il ne peut ni abdiquer, ni désigner ni écarter de successeur) —, d'une nullité des renonciations faites lors des traités d'Utrecht[8].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Le prince Alphonse est le héros de la mini-série espagnole Alfonso, el príncipe maldito de 2010. Son rôle est interprété par l'acteur José Luis García Pérez[9].

Ascendance[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
16. François d'Assise, roi consort d’Espagne
 
 
 
 
 
 
 
8. Alphonse XII, roi d’Espagne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
17. Isabelle II, reine d’Espagne
 
 
 
 
 
 
 
4. Alphonse XIII, roi d’Espagne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
18. Archiduc Charles-Ferdinand d’Autriche
 
 
 
 
 
 
 
9. Archiduchesse Marie-Christine d’Autriche
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
19. Archiduchesse Élisabeth-Françoise de Hongrie
 
 
 
 
 
 
 
2. Jacques-Henri de Bourbon, duc de Ségovie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
20. Prince Alexandre de Hesse-Darmstadt
 
 
 
 
 
 
 
10. Prince Henri de Battenberg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
21. Julie-Thérèse de Hauke, princesse de Battenberg
 
 
 
 
 
 
 
5. Princesse Victoire-Eugénie de Battenberg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
22. Prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha
 
 
 
 
 
 
 
11. Princesse Béatrice du Royaume-Uni
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
23. Reine Victoria du Royaume-Uni
 
 
 
 
 
 
 
1. Alphonse de Bourbon, duc de Cadix
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
24. Vicomte Henri de Dampierre
 
 
 
 
 
 
 
12. Richard de Dampierre, 1er duc de San Lorenzo Nuovo
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
25. Elizabeth Tayloe Corbin
 
 
 
 
 
 
 
6. Roger de Dampierre, 2e duc de San Lorenzo Nuovo
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
26. Pierre Étienne Carraby
 
 
 
 
 
 
 
13. Jeanne Marie Carraby
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
27. Marie Marguerite Ybry
 
 
 
 
 
 
 
3. Emmanuelle de Dampierre, duchesse de Ségovie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
28. Prince Bartolomeo Ruspoli
 
 
 
 
 
 
 
14. Emanuele Ruspoli, 1er prince de Poggio Suasa
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
29. Carolina Ratti
 
 
 
 
 
 
 
7. Princesse Vittoria Ruspoli de Poggio Suasa
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
30. Joseph David Beers-Curtis
 
 
 
 
 
 
 
15. Josephine Mary Beers-Curtis
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
31. Elizabeth Shipton-Giles
 
 
 
 
 
 

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Titre régulier conféré en 1972 par le général Franco, chef de l’État espagnol.
  2. Rue89.com, « S. A. R. » (Son Altesse royale).
    Une telle qualification sur les papiers d’identité n’a pas d’existence juridique puisque S. A. R. n’est pas une mention strictement légale
  3. Article du Midi-Libre, 1987
  4. (en) Associated Press (auteur), « Alfonso de Borbon, 52, of Spain Dies in Colorado Skiing Accident », Nytimes.com,‎ 1er février 1989
    Cette nécrologie rédigée par Associated Press a été rectifiée le 3 février suivant, en raison d'une erreur sur l'identité de la femme du prince.
  5. http://www.institutducdanjou.fr/fr/actualites-diverses/247-deces-de-monsieur-labbe-christian-philippe-chanut.html
  6. d'après la qualification espagnole
  7. Tribunal de grande instance de Paris, 21 décembre 1988, Prince Henri d'Orléans, JCP 89.II.21213, confirmé par la cour d'appel de Paris, 22 novembre 1989 (appel de TGI Paris 21.12.1988 ; D.90, I.R. 4 ; JCP 90.II.21460 ; GP 08.03.1990
  8. À noter que, dès l'Ancien Régime, le nombre et la teneur des lois fondamentales fut fort discuté, les parlements y voyant, selon F. Olivier-Martin dans son manuel d'histoire du droit, un moyen de limiter le pouvoir royal.
  9. Informations sur l'IMDB.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Marc Dem, Le duc d'Anjou m'a dit - La vie de l'aîné des Bourbons, Perrin, Paris, 1989. (ISBN 226200725X)
  • (es) Pilar Eyre, Dos Borbones en la corte de Franco, La Esfera de los Libros, Madrid, 2005. (ISBN 849734393X)
  • (es) José Maria Zavala, El Borbon non grato, Altera, Madrid, 2008 (ISBN 0000075620014)
Précédé par Alphonse de Bourbon (1936-1989) Suivi par
Henri VI
France moderne
Alphonse II
Succession légitimiste
1975-1989
Louis XX