Joker (comics)

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Joker
Personnage de fiction apparaissant dans
Batman.

Statue de cire du Joker du film Batman de Tim Burton
Statue de cire du Joker du film Batman de Tim Burton

Alias Jack/Red Hood,
Joseph ou Joe (nom de code)

Jack Napier (film), Jack The White (surnom)

Naissance 1936
Hackettstown (New Jersey New Jersey)[réf. nécessaire]
Origine Américaine
Sexe Masculin
Activité(s) Tueur en série, tueur de masse, tueur à la chaîne, terroriste, comédien raté, Chef de la mafia de Gotham City.
Adresse Gotham , New Jersey
Drapeau des États-Unis États-Unis
Capacités Génie criminel,
Excellentes connaissances en chimie
Affiliation Injustice Gang
Ennemi(s) Batman

Créé par Bill Finger
Bob Kane
Jerry Robinson
Interprété par Cesar Romero (Batman, 1966),
Jack Nicholson (Batman, 1989),
Mark Hamill (Batman contre le fantôme masqué, 1993),
Heath Ledger (The Dark Knight : Le Chevalier noir, 2008)
Première apparition Batman #1 (printemps 1940)
Éditeur(s) DC Comics

Le Joker est un personnage de fiction apparu dans les comic books de DC Comics. Le personnage a été créé par Jerry Robinson, Bill Finger et Bob Kane, et est apparu pour la première fois dans Batman #1 (printemps 1940). Le créateur du personnage est contesté, Kane et Robinson ayant à la fois revendiqué la conception du Joker mais reconnu l'écriture du personnage de la main de Finger. Destiné à être tué lors de sa comparution initiale, le Joker a été épargné par l'intervention éditoriale, ce qui permet au personnage de devenir le pire ennemi du super-héros Batman.

Tout au long de ses apparitions, le Joker est dépeint comme un personnage très intelligent, maître du crime. Initialement introduit comme un psychopathe avec un sens déformé et sadique de l'humour, le personnage est devenu un farceur maladroit dans les années 1950 en réponse à la réglementation du Comics Code Authority, avant d'être ramené à ses racines sombres. Connu comme étant l'ennemi juré de Batman, Joker a été responsable de la plupart des histoires qui définissent ce personnage, y compris la paralysie de l'alliée de Batman Batgirl et l'assassinat de Jason Todd, le second Robin. Le Joker a donné plusieurs versions de son passé tout au long de ses sept décennies de publication, mais la plus commune est la chute dans une baie de déchets toxiques, qui blanchit sa peau, transforme ses cheveux verts et ses lèvres rouge sang et sa défiguration le rend fou. Présenté comme l'antithèse complète du personnage de Batman, le Joker a été analysé à plusieurs reprises par la critique comme l'adversaire parfait pour le super-héros.

C'est l'un des personnages les plus emblématiques et reconnus dans la culture populaire. Le Joker a été reconnu à maintes reprises comme l'un des meilleurs méchants de la bande dessinée. Il s'est vu adapté en divers produits dérivés tels que des vêtements et articles de collection, des attractions, etc...

Le Joker a été incarné par plusieurs acteurs à l'écran, notamment par Cesar Romero dans la série Batman des années 60, Jack Nicholson dans le Batman de Tim Burton et Heath Ledger dans The Dark Knight, pour lequel il a gagné à titre posthume l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle. Mark Hamill, Brent Spiner et Michael Emerson ont également interprété le personnage dans des adaptations animées.

Biographie fictive[modifier | modifier le code]

Le Joker apparaît pour la première fois dans le comic book Batman #1 en 1940[1]. Aucune origine ne lui est attribuée et durant des années, cet aspect du personnage n'est pas traité. Par la suite, plusieurs scénarios ont relaté la jeunesse du personnage, mais pas nécessairement de manière cohérente, ainsi, son vrai nom est toujours inconnu. À la fin des années 1950, un malfrat du nom de Red Hood apparaît dans Detective Comics #168. On peut supposer qu'il s'agit là de la première véritable apparition de celui qui deviendra le Joker, mais plusieurs personnages ont emprunté cette identité (celle de Red Hood).


Biographies alternatives[modifier | modifier le code]

  • Dans Rire et Mourir d'Alan Moore, Red Hood n'est rien d'autre qu'un humoriste raté dont le seul souci était de subvenir aux besoins de sa femme enceinte. Sans autre choix, il accepta de participer au cambriolage d'une fabrique de cartes à jouer en passant par une usine de déchets toxiques et franchit un point de non-retour dans la délinquance après la mort de sa femme. L'accident concrétisa définitivement sa perte de raison et son entrée dans le monde du crime. Il faut toutefois noter que cette histoire est racontée du point de vue du Joker et que sa vision des choses peut être altérée (le personnage avoue lui-même qu'il se souvient de tellement de versions de son passé qu'il ne sait plus discerner la vraie). À ce titre, Rire et Mourir peut être considéré comme faisant partie des elseworlds de Batman et non du canon. Cela dit, dans la mesure où Alan Moore fut le premier scénariste à relater avec précision l'origine du Joker, il est possible de considérer celle-ci comme « officielle ».
  • Dans Batman: Dark Knight (The Dark Knight Returns) de Frank Miller, le créateur, scénariste et dessinateur relate un futur hypothétique de Batman et du Joker. L'œuvre est centrée autour d'une question essentielle : le Joker éprouverait-il le besoin de poursuivre son activité criminelle si Batman n'existait pas ? Sa réponse est clairement « non », car ici Batman s'est retiré de son rôle de justicier et le Joker reste dans un état catatonique dans l'asile d'Arkham. Mais le retour du justicier va provoquer chez le Joker le besoin de s'évader pour l'affronter de nouveau, ce qui signifie que ses agissements n'ont pour lui de raison d'être qu'en opposition avec ceux de Batman, comme un double négatif (idée typique des comics). Cette relation d'interdépendance ambiguë est poussée assez loin par Miller, car les deux hommes vivent seuls et achèvent leur affrontement par une étreinte mortelle au cours de laquelle le Joker appelle Batman « mon ange ».
  • Dans Batman de Tim Burton, le Joker est connu sous le nom de Jack Napier, redoutable gangster. Il montre des aptitudes pour l'art, la science et la chimie. Se spécialisant dès l'âge de quinze ans dans l'attaque à main armée, il commet, quelques années plus tard, le double-meurtre des parents de Bruce Wayne. Ainsi, il est le créateur indirect de Batman. Il devient ensuite le bras droit du parrain Carl Grissom, entretenant une liaison amoureuse avec la petite amie de ce dernier. Grissom tend un piège à Jack Napier en l'envoyant à l'usine de produits chimiques Axis Chemicals. En se rendant à l'usine, Napier doit faire face à Batman, qui le fait chuter malgré lui dans une cuve d'acide, provoquant ainsi sa déformation physique. Survivant de justesse à son bain toxique, il se fait opérer, prend le surnom du Joker et assassine son patron, se rendant ainsi seul maître de la mafia qui gangrène Gotham City. Par la suite, il se lance à la conquête de l'opinion publique, d'abord en commercialisant le Risex (le fameux produit chimique qui l'a déformé physiquement), puis en organisant lui-même, dans Gotham City, la célébration du bicentenaire de la ville. S'ensuit un combat avec Batman à l'issue duquel il trouve la mort. Tim Burton a mis en avant sa version selon laquelle chacun des deux ennemis crée l'autre : en tuant Thomas et Martha Wayne, Jack Napier fait naître chez leur fils Bruce la volonté de vaincre le crime qui règne à Gotham City, s'habillant pour cela en homme-chauve-souris ; et réciproquement Bruce Wayne, sous les traits de Batman, provoque le processus qui verra la naissance du Joker en faisant tomber Jack Napier dans un bac d'acide.
  • Dans la série animée, le Joker s'appelle également Jack Napier. Il travaille d'abord pour le compte des mafieux Salvatore Valestra, Buzz Bronski et Chuckie Sol, avant de former par la suite son propre gang. À la tête de ce gang, il supervise le cambriolage de l'usine Ace Chemicals, où il rencontre Batman ; Jack Napier engage le combat contre ce dernier mais Batman le fait alors tomber dans une cuve d'acide. Défiguré, rendu complètement fou, il se donne le surnom de Joker.
  • Dans The Dark Knight : Le Chevalier noir de Christopher Nolan, le Joker possède deux longues cicatrices prolongeant sa bouche. Son passé est inconnu, la seule information apparemment fiable étant que son père le battait. Le Joker donne lui-même différentes explications concernant son sourire et sa déformation faciale, adaptant l'histoire à son interlocuteur pour l'effrayer ou l'apitoyer. La première explication qu'il donne relate que c'est son père qui l'a défiguré sous prétexte qu'il avait un air trop sérieux (d'où la célèbre phrase « Pourquoi cet air si sérieux ? », en version originale « Why so serious ? »), la seconde fois il explique qu'il les a faites lui-même avec une lame de rasoir pour prouver à sa femme, elle-même défigurée après une agression, qu'il se fichait de ses cicatrices. Il s'apprête à donner une troisième version à Batman mais n'en a pas le temps car il se fait capturer par celui-ci. Dans ce film, le Joker est le créateur indirect de Double-Face, puisqu'il fait enfermer Harvey Dent dans un entrepôt rempli de bidons d'essence prêts à exploser. Dent est sauvé de justesse par Batman, mais son visage est à moitié brûlé. Plus tard, le Joker lui rend visite dans sa chambre d'hôpital et le trompe en lui affirmant que Batman et la police sont responsables de la mort de sa petite amie Rachel Dawes ; Dent étant surnommé par les agents de la GPD Harvey Pile ou Face il jure de se venger.
  • Dans l'univers alternatif de Flashpoint, Bruce Wayne est celui qui a été assassiné dans la ruelle et non ses parents. Bouleversés par la mort de leur enfant, Martha Wayne devient alors le Joker (elle se tranche les joues pour se créer un sourire permanent[2]) et Thomas Wayne devient Batman. Après moult péripéties, Thomas parvient à confronter sa femme[3] et lui apprend qu’il est sur le point de réécrire l’histoire, empêchant la mort de leur fils mais signant ainsi leur fin. Lorsque Martha réalise que son fils Bruce deviendra alors Batman, elle prend la fuite et meurt en chutant dans la Bat-cave[2].

Décès[modifier | modifier le code]

Il y a plusieurs versions de la mort du Joker suivant le support où il apparaît. En règle générale, dans le dessin animé ou les comics, le corps du Joker n'est pas retrouvé, c'est le cas notamment dès sa première apparition (à la suite d'une chute dans le vide par exemple ou dans une explosion) et ce dernier réapparaît dans un épisode ultérieur sans trop d'explication. Cependant il y a plusieurs cas où sa mort est clairement identifiée.

  • Dans Kingdom Come, le Joker est tué par Magog.
  • Dans le film Batman de Tim Burton, le Joker tombe dans le vide du haut d'une cathédrale en tentant d'échapper à Batman.
  • Dans le dessin animé Batman, la relève : Le Retour du Joker, le Joker est tué par Robin en état de choc. Son corps est ensuite enterré par Batman et Batgirl dans les ruines de l'asile d'Arkham. Ce passage n'est visible que dans la version non censurée du dessin animé.
  • À la fin du jeu vidéo Batman: Arkham City, il meurt des suites de son infection par le virus Titan. Le corps est remis par Batman à la police.
  • Dans Batman: Dark Knight (The Dark Knight Returns), Batman tente de tuer le Joker mais échoue. Déçu, le Joker se suicide en se tordant le cou jusqu'à se briser la nuque.
  • Au début du jeu Injustice : Les Dieux sont parmi nous, le Joker de Terre unie meurt de la main de Superman qui lui arrache le cœur.

Vie affective[modifier | modifier le code]

Le Joker est aidé depuis 1992 par Harley Quinn (première apparition dans Batman, la série animée). Ancienne psychiatre d'Arkham, Harleen Franzes Quinzel, de son vrai nom, tombe folle amoureuse du Joker alors qu'elle tente de le soigner. Elle se surnomme Harley Quinn et elle l'aide fréquemment à s'évader de l'asile d'Arkham. C'est une relation amoureuse trouble et très forte qui unit les deux personnages, voire violente comme on peut le voir dans l'épisode "Harlequinade" de la série animée.

Dans Batman: Arkham City, à côté d'un des costumes d'Harley, se trouve un test de grossesse positif. Mais, dans le contenu supplémentaire du jeu, il est révélé que l'appareil avait fait un faux-positif, car de nombreux autres tests de grossesse qui se trouvaient à terre démontrent qu'Harley n'est pas enceinte .

Alliances[modifier | modifier le code]

Le Joker, au fond de l'image, tel qu'il apparaît dans la série télévisée de 1966.

Le Joker a parfois travaillé en accord avec les ennemis de Batman, et même avec des gangsters du Marvel Universe (Jigsaw).

Récemment, le Sphinx a conclu un marché avec le Joker : ce dernier doit le libérer de prison et le protéger de Silence, un tueur psychopathe. Il doit, en échange, lui livrer le nom de l'assassin de sa femme, Jeannie.

Cependant, son instabilité notoire lui aliène la confiance d'alliés potentiels : ainsi, il n'est pas invité à rejoindre la Société des Super-vilains formée par Alexander Luthor III (ce rejet mènera d'ailleurs à l'assassinat de ce dernier par le Joker).

Il est d'autre part entré en conflit avec Lex Luthor à plusieurs reprises, notamment au cours de la présidence de Luthor, puis durant l'opération Salvation Run, histoire dans laquelle Luthor et le Joker mènent chacun un clan de super-vilains aux objectifs opposés.

L'imprévisibilité du personnage s'illustre avec son entourage et ses alliés : il peut abattre le plus fidèle de ses collègues par simple caprice (comme dans le film de Tim Burton, où il tue son bras droit après avoir raté un carnage au gaz toxique), ou se retourner contre ses alliés occasionnels contre toute logique juste par goût du risque, du chaos et de l'humour noir (dans le comics de Brian Azzarello, il conclut un accord avec un criminel qu'il semble apprécier dans un restaurant, il sort de l'établissement, change brusquement d'avis et rentre à nouveau pour abattre son associé). Parmi d'autres exemples, on peut citer la série animée de Paul Dini où il se prépare à faire exploser Gotham mais néglige de quitter la ville avec sa compagne Harley Quinn, dont le sort ne l'inquiète pas du tout, ou encore dans The Dark Knight, où il prend un malin plaisir à faire s’entre-tuer ses collègues lors d'un hold-up.

Description[modifier | modifier le code]

Physique[modifier | modifier le code]

À la suite de son accident, sa peau est devenue blanche comme la craie et ses cheveux sont verts. Il arbore également un large sourire, mais il semble que celui-ci soit volontaire car le Joker ne l'affiche pas en permanence. On notera que dans Batman: Dark Knight (The Dark Knight Returns) de Frank Miller comme dans The Dark Knight de Christopher Nolan, la couleur écarlate des lèvres du Joker est dû à l'utilisation d'un rouge à lèvres, alors que dans la plupart des autres comics, elle est une conséquence de son bain d'acide.

Une fois, un détenu de l'asile d'Arkham, déguisé en Batman, a tiré une balle sur le visage du clown et a jeté son corps dans une benne à ordures. Le Joker se retrouvera dans un fauteuil roulant et le visage refait. Mais dans l'aventure récente intitulée Le clown de Minuit, le Joker réussit à sortir de son fauteuil roulant et à marcher. Par ailleurs, sa bouche a dorénavant deux longues cicatrices aux commissures des lèvres, le faisant ressembler au Joker du film The Dark Knight de Christopher Nolan.

Dernièrement, le Joker s'est fait scalper le visage par un autre méchant nommé le Taxidermiste pour pouvoir disparaître. Lorsqu'il réapparaît un an plus tard, il porte son visage comme un masque, grossièrement retenu par des élastiques.

Dans Batman, le Joker a une apparence assez différente des itérations précédentes, avec des yeux rouges et des cheveux longs. Au début de la série, le Joker ressemble à un clown bariolé mais au fil de la série il adoptera un look plus conforme au comics, bien que toujours débraillé.

Au cinéma, on observe certaines différences. Dans le Batman de Tim Burton le Joker a la peau blanche et les cheveux verts à la suite de son bain chimique. Cependant, il utilise du fond de teint couleur chair pour ses apparitions en public. Dans The Dark Knight de Christopher Nolan, le Joker a les cheveux mi-longs et grossièrement teints en vert, ses lèvres sont prolongées par deux cicatrices qui remplissent une bonne partie de la surface de ses joues. Cette cicatrice fait référence au roman L'Homme qui rit de Victor Hugo, et au sourire de l'ange, légende urbaine répandue : l'agresseur prolongeant le sourire de sa victime avec un fil de nylon ou un couteau. La couleur blanche de sa peau n'est due qu'à un maquillage négligé destiné à effrayer les habitants de Gotham. Il donne deux versions de la cause de ces cicatrices d'abord il dit à un criminel de la pègre que c'est son père alcoolique qui, à l'aide d'un couteau, lui a tranché les joues, puis que c'était pour montrer à sa femme qu'il l'aimait toujours. Mais la vraie version reste ignorée.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Le produit chimique infiltré dans le corps du premier Red Hood a entraîné des changements physiques irrémédiables, mais également des incidences sur son état psychologique.

Une psychiatre a avancé le fait que le Joker possède un « super-équilibre mental ». En fait, elle explique que le Joker n'a aucune personnalité propre, que pour s'y retrouver dans le monde où il vit, il est obligé de se réinventer chaque jour, passant par exemple du clown blagueur au tueur en série complètement fou, d'où son côté imprévisible. En dépit de ces « transformations quotidiennes », certains traits de caractères subsistent : il est rusé, sadique, complètement égocentrique, et fait de l'humour à tout bout de champ, bien que ses blagues soient très douteuses. Par ailleurs, il est conscient de sa propre folie mais se voit comme irrécupérable.

En outre, le personnage est extrêmement manipulateur et conçoit des plans d'un génie hors du commun, qu'il est capable d'adapter et de modifier constamment selon les circonstances. Très fin psychologue, il est capable de contrôler ou de faire douter n'importe qui, ce qui en fera peut-être l'ennemi psychologique de Batman le plus puissant. (Dans The Dark Knight, il ira jusqu'à se faire passer pour un simple « chien enragé qui court après les voitures » afin de faire croire à Harvey Dent qu'il n'est pas réellement responsable de la mort de Rachel, comme s'il n'était qu'un innocent incapable de se contrôler).

Le Joker ne s'appuie pas sur ses seuls dons. Il mise énormément sur une part d'improbabilité et de chaos, de risque (ce qui lui permet de ne jamais s'ennuyer). Il aime se lancer à lui-même des défis macabres et soudains, n'éprouve aucune peur de souffrir ou mourir ; c'est justement cet aspect de sa personnalité qui le rend imprévisible, renforçant son narcissisme et sa folie. (Dans Joker d'Azzarello, le Joker joue à la roulette russe sur lui-même avec un revolver en plein milieu d'une rue sur un coup de tête, et il y survit, ce qui ne manquera pas de lui octroyer un énorme fou rire ; dans The Dark Knight, il donnera un pistolet chargé à Harvey Dent et laissera celui-ci jouer sa vie à pile ou face.)

Cette intelligence hors du commun peut mettre des doutes sur la réelle folie du Joker. Est-il simplement fou ou « trop » lucide ? Jason Todd par exemple, peu après sa « résurrection », réussit à faire cesser de rire quelques instants le Joker en l'accusant de n'avoir jamais été fou, mais de simuler.

Ses actions ne sont pas motivées par l'argent ou le pouvoir, ce dont le Joker n'a cure, mais par la seule volonté d'instaurer le chaos, car ça l'amuse (Alfred Pennyworth, majordome de Bruce Wayne, résumera cette volonté par « Certains hommes veulent juste voir le monde brûler » (« Some men just want to watch the world burn »). Il fait le mal pour le mal, et n'a donc ni morale ni éthique. De fait, c'est sa propre psychose, sociopathie et psychopathie, qui motive toutes ses décisions. Son obsession reste, notamment dans The Dark Knight, de prouver aux yeux des représentants de la loi, et surtout à Batman, que le monde partage sa folie, mais la réprime. C'est ainsi qu'en manipulant psychologiquement Harvey Dent, il a réussi à le pousser peu à peu dans la folie, et qu'il a voulu pousser au crime les citoyens de Gotham et les criminels qui étaient dans des ferries, en les manipulant eux aussi, ce qui ne porta pas ses fruits.

Le Joker est très rusé et capable de manipuler beaucoup de monde à sa guise, en particulier les gardes de son asile d'Arkham. Le Joker connaît parfaitement les faiblesses de Batman et il a réussi à se faire une idée de la psychologie de ce dernier. Il sait par exemple que Batman a enduré d'énormes souffrances pour devenir ce qu'il est, qu'il a eu lui aussi une « mauvaise journée » qui l'a transformé. Le Joker est par ailleurs très fort en ce qui concerne la torture psychologique : il a perverti l'esprit de Harley Quinn qui deviendra sa compagne ; il a failli rendre fou Jim Gordon et il a fait douter plus d'une fois Batman sur sa propre santé mentale. Dans la série animée, il rackette durant deux années un pauvre homme sous prétexte qu'il l'avait insulté (voir le 22e épisode de Batman : La Série animée (Chantage à crédit)), et est même parvenu à rendre irrémédiablement fou Robin.

Dans le jeu vidéo Batman: Arkham Asylum qui met en avant le Joker (avec une histoire de Paul Dini, auteur de la série animée des années 1990), on apprend que tous les psychiatres qui l'ont examiné ont conclu à chaque fois qu'il souffrait d'une pathologie mentale différente.

Pourtant, il arrive que le Joker ressente des émotions « normales ». Sa relation avec Harley Quinn en est témoin. Bien que le Joker passe le plus clair de son temps à la mépriser et parfois même à tenter de la tuer, le couple a quelquefois connu de rares moments de tendresse.

Le Joker se souvient parfois aussi de l'homme qu'il était, même si ses souvenirs sont peu fiables. Il utilise ses souvenirs comme garantie, pour faire croire aux gens qu'il a mal tourné sans avoir eu le choix, ce qui est contradictoire avec le personnage, car il affirmera, lors de son interrogatoire avec Batman dans The Dark Knight, que le meurtre est un choix (ce qui montre sa lucidité quant à sa maladie mentale, et aussi par rapport à tous les autres psychopathes).

La personnalité du Joker est fondamentalement liée à celle de Batman : l'un rit sans cesse, l'autre est austère. L'un est blanc, l'autre est noir. Mais chacun, à sa façon, détourne la loi et l'ordre établi pour assouvir sa vengeance : Joker sur les innocents, Batman sur les coupables. Ils sont tous deux plus dans l'acte que dans la réflexion, et sont chacun, à leur façon, des psychopathes[4].

Enfin, le Joker évolue selon le support et l'époque, ainsi le Joker décrit dans la série télévisée des années 60 est différent de celui des comics Jeph Loeb et de ces versions cinématographiques. Le dénominateur commun restant que chaque auteur se sert du Joker comme d'un anti-Batman, plus ou moins cynique et violent suivant sa propre vision de Batman.

Aptitudes et armes[modifier | modifier le code]

L'arme de prédilection du Joker est la substance toxique qu'il a inventée et qui porte son nom : le "Venin Joker" ("Gaz Hilarex" dans le film de Tim Burton). Cette substance provoque un choc anaphylactique dû au blocage des canaux de calcium et de potassium. L'effet visible est un sourire figé sur le visage de la victime, signe du Joker. Suivant la dose, la peau peut se décolorer et les cheveux peuvent virer au vert, autres signes du clown criminel.

Le Joker utilise aussi des armes portant les signes du clown, qu'il transforme en armes mortelles, comme des tartes au cyanure ou explosives, des poignées électriques mortelles, des cartes à jouer tranchantes ou sa fleur qui projette un jet d'acide, ou parfois son Venin Joker. Dans le dessin animé, il utilise une bombe à son effigie dans l'épisode de l'anniversaire du commissaire Gordon.

Sans oublier le pistolet d'où sort un drapeau "BANG!", qui fait parfois office de symbole. Dans le film Batman la relève : le retour du Joker, le pistolet est capable de tirer le drapeau (en V.O seulement).

Le Joker se plaît à alterner des armes en apparence dangereuse et en apparence inoffensive. Il s'en est pris à Black Mask avec un pistolet à fléchette tirant des fléchettes à l'acide, que celui-ci avait cru non dangereux, alors qu'il venait de tirer avec son pistolet à drapeau que Black Mask avait pris pour un vrai.

Le Joker utilise aussi des armes "classiques", tels des mitraillettes ou son couteau qu'il dissimule sous sa manche. En outre, le Joker est un piètre combattant en ce qui concerne la technique, bien qu'il puisse parfois se révéler dangereux au corps-à-corps. Cela dit, il est souvent représenté grand et large d'épaules ; pas autant que Batman, mais suffisamment pour intimider le citoyen lambda, surtout si celui-ci sait ce dont il est capable.

Méthodes[modifier | modifier le code]

Bien qu'il soit difficile de déterminer si son basculement dans la folie pure a été provoqué par un phénomène organique ou bien par le choc psychologique causé par l'accident, Red Hood adopta un comportement exubérant et emprunta le surnom de Joker donné par les médias.

Le Joker affiche un goût particulier pour les farces macabres. Son premier coup d'éclat consista à empoisonner les réserves d'eau de Gotham City. Les armes chimiques n'ont pas de secret pour lui et il porte en permanence plusieurs sortes d’acides ainsi que son venin de Joker, un composé binaire faisant littéralement mourir de rire ceux qu’il infecte en paralysant leur faciès avec un rictus semblable au sien.

Le but du Joker est de rendre fous ses ennemis afin que le monde entier lui ressemble. Pour cela, il n’hésita pas à tuer Jason Todd, le second Robin, à l'aide d'une bombe (Un deuil dans la famille) ; à enlever Jim Gordon, à paralyser sa fille Barbara Gordon (ex-Batgirl, devenue Oracle) à vie avant de la déshabiller et de la photographier pour rendre fou son père (dans Rire et Mourir) et à tuer Sarah Gordon Essen, la femme du commissaire, en la menaçant d'exécuter des nouveau-nés si elle résiste (dans Batman : No Man's Land). Bien que cela ne soit pas explicitement dit, il est suggéré que Barbara Gordon ait également été violée par le Joker et ses hommes[5].

L'identité secrète de Batman[modifier | modifier le code]

À l'instar du commissaire Gordon, des allusions de moins en moins subtiles suggèrent que le Joker sait que Bruce Wayne et Batman ne font qu'un, mais s'en moque.

La première allusion notable est dans le cycle Un deuil dans la famille : après avoir sauvagement assassiné Jason Todd (le deuxième Robin), le Joker et Bruce Wayne se croisent au siège de l’ONU (le Joker - bénéficiant de l’immunité diplomatique grâce à l'Iran - y avait donné rendez-vous à Batman). Apercevant Bruce Wayne, le Joker s'arrête ostensiblement devant lui pour le fixer de longues secondes (où le justicier de Gotham se demande s’il a été percé à jour) et ensuite continuer son chemin, donnant l’impression de le narguer afin de voir s’il craquerait et se jetterait sur lui afin de venger la mort récente du deuxième Robin.

De nombreux exemples montrent le Joker tenant Batman à sa merci, sans jamais chercher à savoir qui se trouvait sous le masque, interdisant même à ses acolytes de lui enlever son masque, déclarant que « Batman était son vrai visage ».

Cependant depuis le cycle « Batman R.I.P. » (Grant Morrison et Tony Daniel chez DC comics, actuellement en cours aux Éditions Urban Comics), les choses sont plus explicites : en effet, Batman sous la personnalité de « Batman de Zur-en-arrh » affronte le Joker à Arkham afin d’y délivrer son actuelle compagne, Jezebel Jet. Celle-ci l’appelle à l’aide en présence de son ennemi juré en le nommant Bruce. Ce dernier ensuite n’hésite pas à enlever son masque devant le Joker avant de libérer Jezebel Jet.

Des allusions sont également présentes dans des histoires se déroulant « hors de la continuité » de la mythologie de Batman (Le clou 1 et 2 d’Alan Davis et de Mark Farmer chez Panini comics).

Batgirl et Robin appellent Batman « Bruce » alors qu’ils sont torturés à mort par le Joker. Ici cependant, le Joker est tué peu après par Batman.

De façon générale, le Joker est décrit comme très peu intéressé par l’identité secrète du justicier de Gotham. Il aime avoir Batman comme ennemi et se satisfait de le torturer en tuant (Jason Todd, le second Robin) ou torturant (Barbara Gordon la première Batgirl) ses proches (en tant que Batman).

Cette attitude est à rapprocher de celle de Silence qui, connaissant l’identité secrète de Batman, ne l’a jamais révélé à ses alliés afin de se « réserver » l’opportunité de le détruire.

Cependant, il est à imaginer que ceux qui découvrent que Batman est en fait le directeur d'une multinationale n'ont pas grand intérêt à révéler ce secret, par ailleurs peu crédible, comme le démontre Lucius Fox dans The Dark Knight.

Lorsque le Joker montre dans un film projeté sur écran à Batman comment il a torturé Robin, le Joker dit cette phrase qui fera prendre conscience à Batman que le Joker connaît son identité : « Tu aurais été heureux de voir comment Robin a lutté, mais il s'est affaibli et a tenu à me faire partager quelques-uns de tes petits secrets, Bruce… ».

Dans l'arc récent Death of the Family, on apprend que Batman a déduit depuis longtemps que le Joker n'accordait aucune importance à sa vraie identité, mais lorsque le clown réapparaît après un an d'absence, il attaque personnellement tous les alliés de Batman en s'attaquant à leurs familles, comme Alfred, qu'il enlève.

Création du personnage[modifier | modifier le code]

Bien que Bob Kane se soit approprié la paternité du Joker, il semble plus vraisemblable que son acolyte Bill Finger soit le véritable créateur du personnage. Le film L'Homme qui rit, basé sur le roman homonyme de Victor Hugo, aurait inspiré l'artiste, désireux d'opposer un adversaire haut en couleurs à Batman. L'acteur Conrad Veidt sert donc de modèle graphique au personnage.

Tout comme pour Batman, il existe un conflit quant à savoir à qui l'on doit la création du Joker. Jerry Robinson dit qu'il a créé le personnage. La position de Kane est que « Bill Finger et moi avons créé le Joker. (…) Jerry Robinson est venu me voir avec une carte à jouer du joker. C'est ainsi que je résume l'histoire. Le Joker ressemble à Conrad Veidt – vous savez, l'acteur de L'Homme qui rit, le film de 1928 adapté du roman de Victor Hugo… Bill Finger avait un bouquin avec une photo de Conrad Veidt, il me l'a montré et m'a dit "Voilà le Joker.". Jerry Robinson n'a absolument rien à voir avec ça. Mais il maintiendra le contraire jusqu'à sa mort. Il a apporté une carte à jouer que nous avons utilisée dans quelques numéros afin que le joker s'en serve[6],[7]. »

Œuvres où le personnage apparaît[modifier | modifier le code]

Comics[modifier | modifier le code]

  • 1940 : Batman #1
  • 1986 : Batman: Dark Knight (The Dark Knight Returns) (Édition Delcourt - Collection Contrebande, dessins et scénario : Frank Miller, encrage : Klaus Janson). : Après 10 ans d'état catatonique, le joker, la cinquantaine passée, reprend du service quand il apprend que Batman est de retour.
  • 1988 : Rire et mourir (Édition Delcourt, dessins : Brian Bolland, scénario : Alan Moore, couleurs : John Higgins) Réédition de l'album "Souriez !". : Une histoire où l'on découvre les origines du Joker.
  • 1989 : Un Deuil dans la famille (Édition Semic - Collection Prestige, dessins : Jim Aparo, scénario : Jim P. Starlin). : Le joker assassine Jason Todd, le deuxième Robin.
  • 1990 : L'Asile d'Arkham (Édition Reporter, dessins : Dave McKean, scénario : Grant Morrison) Réédition de l'album "Les Fous d'Arkham". : Le joker prend le contrôle de l'asile d'Arkham et va se mesurer une fois de plus au chevalier noir;
  • 2009 : JoKeR (Édition PaniniComics, dessins : Lee Bermejo, scénario : Brian Azzarello). : Après plusieurs années d'internement à l'asile, tout l'empire du Joker s'est effondré et est aujourd'hui partagé par tous les criminels de Gotham. Le joker sort de l'asile et compte bien récupérer son territoire.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Costume du Joker dans le film The Dark Knight : Le Chevalier noir

Film directement en vidéo[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

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Il affrontera des personnages de Mortal Kombat comme Sonya Blade mais, ne suivant pas de réelle logique par rapport à son camp, affrontera aussi les autres personnages de son monde (celui de l'Univers DC) alors qu'ils sont censés s'entraider entre bons et méchants pour vaincre leurs ennemis de Mortal Kombat et même Deathstroke qui était son allié.

  • Le Joker est le principal adversaire de Batman dans Batman: Arkham Asylum qui après avoir été arrêté par Batman et emmené à l'asile d'Arkham, tend un piège au Chevalier noir en libérant les dangereux internés étant à son service et empêchant l'entrée et sortie totale de l'asile, enfermant de nombreux médecins et services de sécurité dans le danger le plus risqué. De plus, le Joker menace de faire exploser des bombes tout autour de Gotham si n'importe qui tenterait d'entrer dans l'asile.

Dans cette nouvelle histoire, le Joker est gravement malade à la suite de son exposition au sérum Titan, poison issu du Venin de Bane. Son corps a retrouvé une apparence "normale", mais son organisme meurt à petit feu. Grâce à la complicité d'Harley Quinn, il oblige Batman à récupérer un antidote gardé par Mr Freeze (pour se faire, le Joker va injecter son propre sang dans Batman, ne lui donnant plus que quelques heures à vivre).

Dans ce jeu (sorti le 8 février 2012 sur le Playstation Network, le Xbox Live Arcade et sur Steam), il n'y a pas de réels héros et méchants issus des comics. Le look de ces derniers est juste imité.

- Le Joker est un personnage jouable dans Injustice: Les dieux sont parmi nous.

Il sera de mèche avec d'autres ennemis de Batman tel que Deathstroke, Black Mask ou Bane. Le jeu se déroulera avant Batman: Arkham Asylum et Batman: Arkham City

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Scott Beatty, Batman. Le justicier de Gotham (traduit de l'anglais par Nicolas Folliot), Éditions Hurtubise HMH limitée, Montréal, 2002, 128 pages (ISBN 2-89428-609-0)
  • Un Deuil dans la famille (Édition Semic - Collection Prestige, dessins : Jim Aparo, scénario : Jim P. Starlin)
  • Le clou 1 et Le clou 2 (Édition Panini comics, scénario et dessin : Alan Davis, encrage :Mark Farmer).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Randy Duncan et Matthew J. Smith, Icons of the American Comic Book : From Captain America to Wonder Woman, ABC-CLIO,‎ 2013, 920 p. (ISBN 9780313399237), p. 69
  2. a et b Brian Azzarello (w). "Batman Knight of Vengeance" Flashpoint 3 of 3: 27-33 (August 2011), Detective Comics
  3. Brian Azzarello (w). "Batman Knight of Vengeance" Flashpoint 2 of 3: 33 (July 2011), Detective Comics
  4. Analyse clinique du Joker et de Batman
  5. Comic Box N°8, p. 50, article « Dr Psycho. Viol : entre censure et fantasme »
  6. Le site officiel du journaliste d'Entertainment Weekly Frank Lovece : Web Exclusives - interview de Bob Kane
  7. Olivier Pallaruelo, « Le Joker », Super-vilains : les secrets de leurs origines, Allociné,‎ 1er mai 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]

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